Mes biens Chers Frères,
Voici mon sermon pour ce deuxième dimanche de carême. Il porte sur la contemplation et l’oraison. Continuer la lecture de « Sermon du 2e dimanche de Carême
La Transfiguration ~ Oraison, contemplation »

La Fidélité Catholique
Mes biens Chers Frères,
Voici mon sermon pour ce deuxième dimanche de carême. Il porte sur la contemplation et l’oraison. Continuer la lecture de « Sermon du 2e dimanche de Carême
La Transfiguration ~ Oraison, contemplation »
dicté par Notre-Seigneur Jésus
à Sœur Josepha Menendez
Texte que Notre-Seigneur dicta à Sœur Josepha Menendez le Mercredi Saint 28 mars 1923, et qu’Il lui fit écrire deux jours après le Vendredi 30 mars.
Viens Me contempler sur le chemin du Calvaire où mon Sang va se répandre. Adore-Le et offre-Le à mon Père Céleste pour le salut des hommes.
~ Nous Vous adorons, Jésus, et nous Vous bénissons,
~ Parce que Vous avez racheté le monde par votre Sainte Croix.
Notre Père… Je vous salue Marie…
~ Ayez pitié de nous, Seigneur, ayez pitié de nous.
∼ Jésus, tout pécheur que nous sommes, soyez-nous propice.
« Père éternel, recevez le Sang divin que Jésus-Christ Votre Fils a répandu dans sa Passion. Par ses plaies, par Sa tête transpercée d’épines, par son Cœur, par tous ses Mérites divins, pardonnez aux hommes et sauvez-les ! »
« Sang divin de mon Rédempteur, je vous adore avec un grand respect et un grand amour pour réparer les outrages que vous recevez des hommes. »
Écoute prononcer ma sentence de mort. Vois avec quel silence, quelle patience et quelle mansuétude mon Cœur la reçoit.
Vous qui voulez imiter ma conduite, apprenez à garder le silence et la sérénité devant ce qui vous mortifie et vous contrarie.
Regarde la Croix chargée sur mes épaules. Son poids est grand mais combien plus encore mon Amour pour les hommes !
Vous qui M’aimez, comparez vos souffrances avec l’amour que vous avez pour Moi et ne laissez pas l’abattement éteindre la flamme de cet amour.
Le poids de la Croix me fait tomber à terre. Mais mon amour pour les hommes Me relève et Me rend un nouveau courage afin de poursuivre le chemin.
Vous que J’appelle à partager ma Croix, voyez si l’amour de vos frères vous donne une nouvelle vigueur pour avancer sur le chemin de l’abnégation ou si l’amour excessif de vous-mêmes vous abat sous le poids de ma Croix.
Ici, Je rencontre ma Mère très sainte et très aimée. Contemple le martyre de ces deux cœurs. Mais leur douleur s’unit. Elle les fortifie mutuellement, et bien que douloureusement, l’Amour triomphe.
Vous qui cheminez par le même sentier et qui M’aimez, que la vue de mes mutuelles souffrances vous anime et vous fortifie afin que l’Amour triomphe. Que l’union dans la douleur vous soutienne et vous fasse embrasser généreusement les épines du chemin.
Voyez comment cet homme accepte pour un faible gain cette charge pénible et cruelle. Contemplez aussi mon Corps qui perd ses forces…
… Si le courage vous manque en face de l’effort à soutenir contre votre nature, comprenez bien que ce n’est pas une jouissance terrestre que vous vous êtes engagé à porter ma Croix mais pour acquérir la Vie éternelle et procurer le même bonheur à beaucoup d’autres.
Voyez avec quelle charité cette femme vient essuyer mon Visage et comment son amour sait vaincre tout respect humain.
… Ne permettez pas que la crainte de perdre l’estime des hommes vous empêche aujourd’hui d’essuyer, par des actes généreux, les Blessures de mon Visage. Regardez le Sang qui L’inonde.
La Croix épuise mes forces, le chemin est long et pénible. Personne ne s’approche de moi pour Me soutenir et mon angoisse est telle que Je tombe pour la seconde fois.
Ne vous découragez pas, vous qui cheminez à ma suite, si votre vie est sans consolation, plaine de sécheresse et d’aridité, abandonné de tout appui spirituel.
Ranimez votre courage en contemplant votre Modèle sur le chemin du Calvaire. C’est la seconde fois qu’Il tombe… Mais il se relève et poursuit sa route jusqu’à la fin. Si vous voulez reprendre un peu de force, venez et baisez ses Pieds.
Les femmes de Jérusalem pleurent en Me voyant dans un tel état d’ignominie. Le monde pleure devant la souffrance. Mais moi, Je vous dis : vous qui Me suivez sur la voie étroite, plus tard le monde vous verra cheminer dans les verts pâturages tandis que lui et les siens marcheront sur le feu que leurs plaisirs et leurs jouissances leur auront préparé.
Contemplez-Moi approchant du Calvaire et tombant pour la troisième fois… Ici Je fortifierai ceux qui sont sur le point de tomber dans la mort éternelle. Le Sang des Blessures que Me causa cette troisième chute les purifiera. Il leur obtiendra de se relever une dernière fois, afin d’arriver à la Vie éternelle.
Vous qui désirez Me ressembler, ne refusez jamais un acte coûteux, dût-il vous faire une nouvelle blessure. Qu’importe !
Ce Sang donnera la vie à une âme ! Imitez Votre modèle qui avance vers le Calvaire !
Voyez avec quelle cruauté on Me dépouille de mes vêtements. Contemplez dans le silence et dans quel abandon Je demeure !
Laissez-vous dépouiller de vos biens, de votre propre volonté, de tout ce que vous possédez… En échange, Je vous revêtirai de pureté et Je vous couvrirai des trésors de mon Cœur.
Me voici au sommet du Calvaire où Je vais me livrer à mort. On M’étend, on Me cloue sur la Croix. Je n’ai plus rien… pas même la liberté de mouvoir une Main… un Pied… Mais ce ne sont pas les clous qui M’assujettissent ainsi, c’est l’Amour ! Aussi ne sort-il de mes Lèvres ni une plainte ni un soupir.
Si Vous êtes cloués sur la Croix, ne vous plaignez pas, ne murmurez pas quand ces clous bénis vous déchirent les mains et les pieds. Venez et baisez mes Plaies : là vous trouverez la force !
La Croix est ma compagne sur le chemin du Calvaire et c’est sur la Croix que Je rends mon dernier soupir.
Vous qui avez la Croix comme compagne inséparable de votre vie, soyez sûr que dans ses bras vous rendrez le dernier soupir. Soyez sûr qu’elle sera la porte par où vous entrerez dans la Vie. Embrassez-la avec amour et aimez-la comme le plus grand de vos trésors.
Considérez avec quelle charité cet homme juste descend mon Corps de la Croix. Il le remet entre les bras de ma Mère. Elle L’adore, Le baise, laisse tomber ses larmes sur mon Visage et sur tous mes Membres. Puis elle Le livre à ceux qui vont l’embaumer et Le déposer dans le sépulcre.
… Si le courage vous manque en face de l’effort que vous devez soutenir contre votre nature, comprenez bien que ce n’est pas pour une jouissance terrestre que vous vous êtes engagé à porter ma Croix mais pour acquérir la Vie éternelle et procurer le même bonheur à d’autres.
Voyez avec quelle délicatesse on Me dépose dans le sépulcre. Il est neuf et net de la plus légère souillure.
Cherchez toutes les délicatesses que vous suggérera l’amour, afin que votre cœur soit pur et prêt à M’ensevelir dans l’amour tendre, l’amour fort, l’amour constant et généreux.
Maintenant, adore mes Plaies, baise-les et récite le Miserere
Ayez pitié de moi, ô Dieu, selon Votre grande miséricorde ; et selon la multitude de vos bontés, effacez mon iniquité.
Lavez-moi de plus en plus de mon iniquité, et purifiez-moi de mon péché.
Car je connais mon iniquité, et mon péché est toujours devant moi.
J’ai péché contre Vous seul, et j’ai fait ce qui est mal à vos yeux, afin que Vous soyez trouvé juste dans vos paroles, et victorieux lorsqu’on Vous jugera.
Car j’ai été conçu dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché.
Car Vous avez aimé la vérité ; Vous m’avez révélé les secrets et les mystères de Votre sagesse.
Vous m’arroserez avec l’hysope, et je serai purifié ; Vous me laverez, et je deviendrai plus blanc que la neige.
Vous me ferez entendre une parole de joie et de bonheur, et mes os, qui sont brisés et humiliés, tressailliront d’allégresse.
Détournez Votre face de mes péchés, et effacez toutes mes iniquités.
Ô Dieu, créez en moi un cœur pur, et renouvelez un esprit droit dans mon sein.
Ne me rejetez pas de devant Votre face, et ne retirez pas de moi Votre Esprit-Saint.
Rendez-moi la joie de Votre salut, et affermissez-moi par un esprit généreux.
J’enseignerai vos voies aux méchants, et les impies se convertiront à Vous.
Délivrez-moi du sang que j’ai versé, ô Dieu, Dieu de mon salut, et ma langue célébrera avec joie Votre justice.
Seigneur, Vous ouvrirez mes lèvres, et ma bouche publiera vos louanges.
Car si Vous aviez désiré un sacrifice, je Vous l’aurais offert ; mais Vous ne prenez pas plaisir aux holocaustes.
le sacrifice digne de Dieu, c’est un esprit brisé ; Vous ne mépriserez pas, ô Dieu, un cœur contrit et humilié.
Seigneur, traitez favorablement Sion dans Votre bonté, afin que les murs de Jérusalem soient bâtis.
Alors Vous agréerez un sacrifice de justice, les oblations et les holocaustes ; alors on offrira de jeunes taureaux sur Votre autel.
Les indulgences du chemin de Croix
Remarques
Prières
Les brefs et constitutions des Papes Innocent X, Innocent XII, Benoit XIII, Clément XII, Benoit XIV, déclarent que ceux qui font le Chemin de la Croix avec les dispositions convenables gagnent toutes les indulgences accordées aux fidèles qui visitent en personne les Saints Lieux, et ces indulgences sont applicables aux défunts.
Or les indulgences, tant plénières que partielles, accordées par les Souverains Pontifes aux pèlerins de Jérusalem, furent nombreuses.
Quand on ne fait ce pieux exercice qu’une seule fois le jour on obtient toutes les indulgences plénières et partielles qui y sont attachées ; parmi ces indulgences plénières, on n’en peut gagner qu’une seule pour soi-même, mais on peut appliquer toutes les autres aux âmes du purgatoire.
Si, le même jour, on fait le Chemin de la Croix à différentes reprises, on ne peut pas, il est vrai, en gagner plusieurs fois les indulgences plénières ; mais on peut à chaque fois gagner de nouveau pour soi-même ou pour les âmes du purgatoire toutes les indulgences partielles qui y sont attachées.
Deux conditions sont nécessaires pour gagner ces indulgences.
La première, c’est de parcourir toutes les stations sans en omettre aucune. Il faut donc que l’on change de place et qu’on aille d’une station à l’autre. Toutefois, si pour cause d’infirmité, ou en raison de l’exiguïté du lieu, ou parce que la foule est trop nombreuse on ne pouvait changer de place, il faudrait au moins faire un mouvement (aliquem corporis motum) et se tourner vers la station dont on médite le mystère. C’est ainsi que, sans sortir du sanctuaire, et même de la tribune, on pourrait suivre le chemin de la croix en faisant le mouvement requis, et en se plaçant, quoiqu’à distance, en face des différentes stations.
Il est même permis, quand le Chemin de la Croix se fait publiquement, de se conformer à la méthode suivie par Saint Léonard de Port-Maurice, et que l’Église a approuvée en l’adoptant. Le prêtre, accompagné des clercs ou des chantres, parcourt seul les stations, et les fidèles restent à leur place, se levant et s’agenouillant à chaque station et répondant aux prières.
Il faut que toutes les stations soient parcourues successivement, sans interruption notable, de sorte que le Chemin de la Croix, dans son ensemble, soit un seul et même exercice. Une interruption légère, qui ne détruirait pas l’unité morale de la méditation prescrite, n’empêcherait pas de gagner les indulgences ; par exemple, si l’on adressait quelques paroles, ou si on rendait un léger service à une personne qui se trouve sur le passage. D’après une décision de la Sacrée-Congrégation, l’unité morale ne cesserait pas si quelqu’un interrompait l’exercice du Chemin de la Croix pour entendre la messe, recevoir la communion, se confesser (16 Décembre 1760).
La seconde condition pour gagner les indulgences du Chemin de la Croix, c’est de méditer la Passion du Sauveur en parcourant les quatorze stations. Mais une méditation générale sur les souffrances de Notre Seigneur semble suffire, et il n’est pas rigoureusement nécessaire de méditer sur le mystère spécial représenté par chaque station. C’est ce qui résulte d’un décret de la Congrégation des Indulgences où il est dit qu’une méditation même courte, sur la Passion du Seigneur, est l’œuvre prescrite pour gagner les indulgences.
De la sorte, même les personnes simples qui ne sont pas capables de faire une méditation suivie, peuvent remplir cette condition en pensant affectueusement à quelque circonstance de la Passion.
Toutefois la méthode la plus ordinaire et peut-être la plus facile est de méditer sur le mystère représenté par chaque station.
La confession et la communion ne sont pas nécessaires pour gagner les indulgences du Chemin de la Croix ; il suffit d’être en état de grâce, et d’avoir un sincère repentir de ses fautes.
Aucune prière vocale n’est exigée, ni le Pater, ni l’Ave, ni l’Adoramus te Christe, ni les autres invocations, ni les pieuses réflexions qui se trouvent dans les livres composés sur le Chemin de la Croix. Nous le répétons, la seule chose requise est la méditation des souffrances de Notre Seigneur. Mais ces prières et ces réflexions, pouvant aider la dévotion des fidèles, il leur est habituellement très utile de s’en servir.
Le chemin de la vie est un chemin de croix…
Entre les diverses stations de la Voie douloureuse et les différentes étapes de la vie humaine il y a de remarquables ressemblances et d’harmonieux rapports.
La raison en est bien simple : C’est que, pendant sa Passion, Jésus laisse voir tout particulièrement son humanité.
Jusque-là, le Dieu se révélait et s’affirmait par des prodiges sans nombre, et, même au Jardin des Olives, il terrassait encore d’un regard les soldats venus pour l’arrêter.
Mais dans les dernières heures de sa vie, qui commencent au prétoire et qui finissent au Calvaire, le Dieu reste voilé.
La divinité se cache, et l’homme seul apparaît pour endurer toutes les humiliations, toutes les tortures et la mort la plus cruelle.
C’est donc à ce moment de sa vie que Jésus personnifie mieux l’humanité ; c’est à ce moment qu’il ressemble davantage à chacun de nous, et Pilate a prononcé, sans le savoir, une grande et éloquente parole quand il a dit aux Juifs en leur présentant Jésus : Ecce homo ! Voilà l’homme !
Voilà la plus haute et la complète personnification de l’humanité ! Voilà l’homme type, l’homme modèle, l’homme idéal, à l’image duquel tous les autres ont été faits. Aussi tous les actes de Jésus dans le chemin de la croix sont-ils les leçons les plus touchantes qu’il nous ait laissées, pour nous apprendre à marcher sans faiblir dans le chemin douloureux de la vie.
| v. Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi. | v. Nous vous adorons, ô Jésus, et nous vous bénissons. | |
| r. Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum. | r. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix. |
| Pater Noster, etc. | Notre Père, etc. | |
| Ave Maria, etc. | Je vous salue, Marie, etc. | |
| Gloria, Patri, etc. | Gloire au Père, etc. | |
| v. Miserere nostri, Domine. | v. Ayez pitié de nous, Seigneur. | |
| r. Miserere nostri. | r. Ayez pitié de nous. | |
| v. Fidelium animæ per misericordiam Dei requiescant in pace. | v. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. | |
| r. Amen. | r. Ainsi soit-il. |
On peut omettre ces prières, et lire seulement les Méditations, ou bien réciter seulement les prières, sans lire les Méditations, mais en méditant les sujets qui y sont développés.
Prière préliminaire :
Pour donner plus de prix à nos faibles prières, nous nous adressons à Vous, très aimable Jésus Christ et nous vous supplions humblement : offrez Vous-même à Votre Père Eternel les Plaies Sacrées de Vos pieds, de Vos mains et de Votre côté ; offrez-Lui en même temps Votre Sang très précieux, Votre agonie et Votre mort.
Et vous aussi, Vierge Marie, Mère des douleurs, offrez-Lui avec la cruelle passion de votre Fils bien-aimé, vos soupirs, vos larmes et toutes les douleurs que vos souffrances vous ont causées, afin que, par leurs mérites, les âmes qui sont dans les flammes dévorantes du purgatoire obtiennent le rafraîchissement, que, délivrées de cette douloureuse prison, elles soient dans le Ciel, revêtues de la gloire et qu’elles y chantent à jamais les divines miséricordes. Ainsi soit-il.
1ère station : Jésus est condamné à mort.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ, flagellé, rejeté par son peuple et condamné à la mort cruelle et ignominieuse de la Croix pour expier les péchés du genre humain.
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus Christ, accordez-nous le pardon de nos péchés et faites que tous les agonisants trouvent miséricorde auprès de Vous.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
2ème station : Jésus est chargé de sa Croix.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies profondes et douloureuses de Jésus Christ couronné d’épines.
Par les mérites de ces Saintes Plaies, accordez-moi la contrition de mes péchés et la grâce d’accepter avec paix et douceur d’esprit, toutes les Croix qu’il Vous plaira de m’envoyer.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
3ème station : Jésus tombe sous le poids de sa Croix.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ, tombé sous le poids écrasant de sa Croix et je Vous prie, par les mérites de cette première chute et des Saintes Plaies de Jésus, de nous accorder la grâce de commencer une nouvelle vie de ferveur et d’amour et de marcher d’un pas ferme et constant dans la voie de Vos Saints commandements.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
4ème station : Jésus rencontre Sa Très Sainte Mère.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ qui transpercèrent d’un glaive de douleur le Cœur si aimant de Sa Très Sainte Mère lorsqu’elle Le rencontra, chargé de Sa Croix, sur le chemin du calvaire.
Par l’angoisse des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie et par les mérites des Saintes Plaies de Jésus, accordez-nous la contrition parfaite de nos péchés, maintenant et à l’heure de la mort.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
5ème station : Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter Sa Croix.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies si profondes de Notre Seigneur Jésus Christ, qui L’épuisèrent de sang et de force, de sorte que Ses ennemis, malgré leur cruauté, furent obligés de Le décharger de Sa Croix et de Le faire aider par le Cyrénéen.
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus Christ et par Son épuisement total, accordez-nous le véritable esprit de pénitence et l’amour de la Croix.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
6ème station : Sainte Véronique essuie la Sainte face de Jésus.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies de la Sainte Face de Jésus Christ, qui Le rendirent semblable à un lépreux, sans forme ni beauté, ou, selon la parole du prophète : « comme un objet dont on se détourne ».
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus Christ, purifiez, je Vous en supplie, la face de mon âme et donnez-moi, comme à Sainte Véronique, un cœur bon et compatissant pour le prochain.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
7ème station : Jésus tombe pour la deuxième fois.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ rouvertes et avivées par ses chutes réitérées.
Par les mérites de cette deuxième chute si douloureuse et des Saintes Plaies de Jésus, préservez-moi de la rechute dans le péché, et accordez-moi la grâce de mettre en pratique des moyens efficaces pour me corriger de mes défauts et de mes mauvaises habitudes.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
8ème station : Jésus console les filles de Jérusalem.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ qui émurent de pitié les pieuses femmes de Jérusalem, pleurant de compassion de Le voir si maltraité et si défiguré.
Au Nom des Saintes Plaies de Jésus, jetez un regard de miséricorde sur les enfants d’Israël, afin que, reconnaissant leur Divin Messie, ils aient part au grand bienfait de la rédemption et deviennent de zélés apôtres du Christ.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
9ème station : Jésus tombe une troisième fois.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ, aggravées et élargies par la violence de cette chute si douloureuse qui excita la colère et les moqueries de ses ennemis.
Par les mérites de cette troisième chute et des Saintes Plaies de Jésus Christ, préservez-nous de l’aveuglement spirituel, et accordez à tous Vos prêtres et à Vos religieux et religieuses la grâce de marcher d’un pas ferme et constant dans le chemin de l’abnégation et du renoncement à soi-même.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
10ème station : Jésus est dépouillé de Ses vêtements.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies béantes du Corps Sacré de Jésus Christ, tout ruisselant de sang, après avoir été inhumainement dépouillé de Ses vêtements qui étaient collés à Ses chairs.
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus et de la confusion dont il était couvert, accordez-moi la sainte humilité et un complet détachement de moi-même.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
11ème station : Jésus est cloué à la Croix.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies des mains et des pieds de notre Divin Sauveur et la douleur de sa tête adorable qui, à chaque coup de marteau, bondit et retombe durement contre le bois de la Croix.
Par les mérites des douleurs indicibles de Jésus et par Ses Saintes Plaies, transpercez d’un rayon de votre grâce les cœurs endurcis des infidèles et des pécheurs obstinés, et amenez-les, contrits et humiliés, au pied de la croix de Votre Fils bien-aimé.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
12ème station : Jésus meurt sur la Croix.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre, en réparation des péchés du monde, les Plaies Sacrées de Votre Fils bien-aimé, agonisant sur la Croix, les tortures lancinantes de Sa tête adorable, couronnée d’épines, de Ses mains et de Ses pieds transpercés de gros clous, et de tout Son corps en proie à des souffrances indicibles.
Au Nom et par les Saintes Plaies de Jésus, délivrez, nous Vous en supplions, les Saintes âmes du purgatoire, faites miséricorde aux âmes agonisantes, et ensevelissez tous nos péchés dans l’abîme sans fond de Votre divine miséricorde.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
13ème station : Jésus est remis à Sa Très Sainte Mère.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies de Notre Seigneur Jésus Christ, déposé dans les bras de Sa Très Sainte Mère.
O Reine des martyrs, imprimez dans mon cœur les plaies de Jésus Crucifié. Apprenez-moi à méditer comme vous Sa sainte couronne d’épines, Ses mains et Ses pieds transpercés, Son côté ouvert par la lance et tout Son corps labouré par les fouets de la flagellation.
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus, obtenez-nous, ô Mère Bien-aimée, la contrition parfaite de nos péchés maintenant et à l’heure de la mort.
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
14ème station : Jésus est déposé dans le tombeau.
V./ : Nous Vous adorons, ô Christ, et nous Vous bénissons.
R./ : Parce que Vous avez racheté le monde par Votre Sainte Croix.
Père Eternel, je Vous offre les Plaies du corps sacré de Jésus, dans le sépulcre, de ce corps dont le prophète Isaïe nous dit que « de la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête, il n’y avait plus rien de sain en Lui… Ce n’était que blessures, meurtrissures, plaies vives qui n’ont pas été pansées, ni bandées, ni adoucies avec de l’huile ».
Par les mérites des Saintes Plaies de Jésus, ayez pitié de mon âme lorsqu’elle se séparera de mon corps. Ne soyez pas alors mon Juge mais mon Sauveur !
V./ : Mon Jésus, pardon et miséricorde.
R./ : Par les mérites de Vos Saintes Plaies.
Oraison de la Messe des Cinq Plaies de Notre-Seigneur :
O Dieu qui, par la Passion de Votre Fils unique, et par l’effusion de Son Sang découlant de Ses cinq plaies, avez rétabli la nature humaine perdue par le péché, faites, nous Vous en supplions, qu’en vénérant ici-bas les plaies qu’Il a reçues pour nous, nous méritions de recueillir dans le ciel le fruit de ce même Sang très précieux. Nous Vous le demandons par ce même Jésus-Christ Notre-Seigneur, Votre fils, qui vit et règne avec Vous, dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Ainsi soit-il !
Victor Kinon, poète belge ( – )
Puis il faut, sur la colline,
Suivre la Mère divine
Dans son chemin douloureux.
Pendant l’ascension lente
Un rossignol se lamente
Sous les lilas blancs et bleus.
Oh ! quelle tristesse amère
De voir cette bonne Mère
En mortelle angoisse ainsi.
Tandis que la Croix s’élève,
Par les lames de sept glaives
Son cœur est transverbéré.
Et les sept horribles lames,
Et les sept glaives de flamme,
Nous les avons enfoncés !
Douce Dame en blanc martyre,
Douce Dame en pâle cire,
Douce Dame en sang pour nous,
Par les fouets et la colonne,
Par le jonc et la couronne,
Par la croix et par les clous,
Fais-nous, à l’heure suprême,
Trouver grâce tout de même
Auprès du Juge en courroux.
par l’abbé Routhier
Ô Jésus, mon Sauveur, je viens me ranger à votre suite, et vous accompagner dans le chemin qui vous conduit au supplice.
Ce n’est plus par des paroles, mais par des actes, que vous allez maintenant m’enseigner la science de vivre.
C’est quand vous souffrez que j’ose m’approcher de vous parce que la souffrance vous rend plus semblable à nous. Mais, quelque défiguré que vous m’apparaissiez dans la Voie Douloureuse, je vous reconnais encore pour mon Dieu, afin que vous reconnaissiez aussi mon âme sous les haillons et les plaies qui la couvrent. Faites que ma vie ressemble à la vôtre, et quand j’arriverai à mon Calvaire à votre suite, faites que mon âme, en s’échappant de mon corps crucifié, vous suive également au delà du tombeau.
Pourquoi Jésus est-il condamné à mort ? A‑t-il commis quelque crime ? Non. Personnellement il est l’innocence même. Et cependant il faut qu’il meure pour les péchés des hommes dont il s’est fait le frère. En entrant dans la famille humaine, il est devenu solidaire de nos fautes, et il doit subir la sentence de mort portée contre le péché.
En entrant dans la vie, nous aussi sommes condamnés à mort.
Pourquoi ? Pour nos fautes personnelles ? — Non, puisque nous n’avons pas encore péché ; mais pour la faute de nos premiers parents.
Terrible et mystérieuse solidarité ! Par le seul fait que nous naissons hommes, nous recevons au même instant et le bienfait de la vie et notre condamnation à mort !
La sentence est irréformable, et sans commutation de peine possible — morte morieris ! Seule la date de l’exécution est incertaine.
Ah ! quel mal épouvantable est-ce donc que le péché puisqu’il a attiré un pareil châtiment sur l’humanité, et puisqu’il a fallu le dernier supplice d’un Dieu pour l’expier !
Ô mon Jésus, qui avez voulu mourir pour moi, vous ne me demandez pas de mourir mais de vivre pour vous en ce monde afin de vivre avec vous dans l’autre. Car je ne mourrai pas tout entier, non omnis moriar.
Voilà l’arbre de vie qui va réparer tous les maux causés par l’arbre de mort du paradis terrestre.
C’est instrument du supplice de Jésus, mais c’est aussi l’instrument de notre salut. C’est par la croix qu’un Dieu va mourir, mais c’est aussi par elle qu’il va triompher de l’enfer et racheter l’humanité.
C’est l’étendard qui va remplacer les aigles romaines, et reconquérir l’univers pour les siècles des siècles !
Dès notre entrée dans la vie, chacun de nous est aussi chargé de sa croix. À peine nés, nous sommes en proie aux maladies et aux souffrances physiques ; puis viennent le travail, la lutte pour la vie, les peines d’esprit et les douleurs morales.
Mais la croix principale qui blesse nos épaules et nous fait succomber sous son poids, c’est notre nature portée au mal.
Voilà l’instrument du supplice qui doit devenir pour nous l’instrument du salut.
On raconte que la croix de Jésus fut taillée dans un arbre, qui avait poussé au bord du torrent de Cédron, et qui, ayant été renversé, servait de pont pour franchir le torrent, et relier la Vallée de Josaphat à Jérusalem. Touchant symbole !
La croix est aussi pour chacun de nous le pont mystérique qui relie cette vallée de larmes à la Jérusalem céleste !
Ô mon Jésus, puisque telle est la vertu et la puissance de la croix, je l’accepte de vos mains, et je veux la porter courageusement tous les jours de ma vie.
Jésus n’a fait encore que quelques pas dans la Voie douloureuse, et déjà les forces lui manquent. Le poids de la croix l’accable, et il tombe.
Hélas ! Tel est le sort de chacun de nous à ses premiers pas dans le chemin de la vie. Rappelons nos souvenirs, remontons jusqu’à notre enfance, et nous serons forcés d’avouer que nous avons péché dès que nous sommes devenus responsables de nos actes.
La première étape de notre voyage en ce monde a été marquée par une chute.
Mais entre nos chutes et celles de Jésus il y a une différence essentielle. Les nôtres sont morales, celles de Jésus sont physiques. C’est la force corporelle qui manque au Sauveur, c’est le courage moral qui nous fait défaut.
Le poids de la croix était hors de proportion avec la vigueur physique de notre doux Jésus, et c’est pourquoi il succombe, malgré son courage et son énergie. Mais nous, pourquoi tombons-nous ? La croix qu’il plait à Dieu de mettre sur nos épaules est-elle au-dessus de nos forces ? Jamais ! Dieu est juste et il proportionne les grâces aux épreuves. C’est le bon vouloir et le courage qui nous font défaut. Quand nous tombons c’est que nous le voulons bien ; c’est que la chute a pour nous des charmes ; c’est que la terre nous attire avec ses fleurs et ses fanges.
Ô mon Jésus, je veux être à l’avenir plus généreux et plus fort ; plus généreux dans mes épreuves, plus fort contre mes passions mauvaises.
Dans l’abattement qui suit la chute, il faut quelque chose qui réconforte. Sans doute, il était triste pour Jésus de rencontrer sa mère dans les douloureuses circonstances où il se trouvait. Et cependant, au milieu de tous ces ennemis acharnés, qui l’accompagnaient en vociférant, ce dût être un soulagement d’apercevoir tout-à-coup l’angélique figure de sa mère bien-aimée. Il s’en allait mourir, et cette dernière rencontre sur terre avec celle qui lui avait donné la vie fut sans doute sa dernière lueur de bonheur en ce monde. Mais en même temps il a dû puiser dans la vue de cette mère intrépide, qu’aucun obstacle n’arrêtait, un nouveau courage pour accomplir son sacrifice.
Rappelez-vous les souvenirs de votre première chute, et vous y retrouverez quelque scène analogue.
Dans les jours de stupeur, de tristesse et de remords qui ont suivi, vous avez aussi rencontré votre mère ; ou, si elle était loin de vous, dans un monde meilleur, peut-être, vous vous êtes souvenu d’elle et de ses enseignements.
Sa vue ou son souvenir ont suffi pour vous faire regretter votre chute.
Mais, hélas ! peut-être êtes-vous de ceux qui n’ont pas eu de mère digne de ce nom, et qui n’ont pas reçu les salutaires leçons de l’amour maternel.
Alors il y a une autre mère qui s’est certainement trouvée sur votre chemin, et dont la rencontre a dû vous faire rentrer en vous-même : c’est l’Église.
Elle vous a appelés pour vous consoler et vous donner de nouvelles forces — L’avez-vous écoutée ?
Ô Marie, quand vous me voyez faiblir sous le poids de ma croix, venez à ma rencontre. Un regard de vous m’encouragera à la porter généreusement jusqu’à mon calvaire.
Un homme aidant un Dieu à porter sa croix ! Quel sujet de méditation !
Cette aide était bien due, certes, puisque c’était pour les péchés de l’humanité que Jésus souffrait.
Et cependant il semble que le secours donné par l’homme à Dieu ne fut que prêté, et que Jésus ait contracté l’engagement de le rendre. Car aujourd’hui c’est nous qui portons notre croix et c’est Jésus qui nous aide.
« Venez à moi, vous tous qui êtes chargés, et je vous soulagerai, » nous dit-il.
Et les prêtres qui sont d’autres Christs sont toujours à nos côtés, prêts à nous assister, et à soulever nos croix quand elles nous écrasent.
Mais pour mériter que Dieu nous aide, il faut que nous aidions nos frères.
Dans ce grand pèlerinage de la vie où nous cheminons tous si péniblement, chargés de nos croix, c’est un devoir social de nous aider mutuellement. Il faut que les forts assistent les faibles, et que les moins chargés viennent au secours de ceux dont les croix sont plus lourdes.
Ô mon Jésus ! Ai-je bien compris ce grand devoir de la charité ? Au lieu d’allégir les croix des autres ne les ai-je pas rendues plus lourdes par mes dénigrements, mes injustices, mes envieuses et basses jalousies ? Au lieu d’aplanir le chemin qu’ils suivent, n’y ai-je pas plutôt semé des obstacles pour les faire tomber ? Ne me suis-je pas réjoui de leurs misères et de leurs chutes ?
Ô Jésus, donnez-moi pour mon prochain la charité du Cyrénéen, et faites moi bien comprendre que qui donne aux pauvres et aux faibles prête à Dieu.
Que représentent cette femme et sa louable action ? Quand nos crimes ont défiguré notre âme, quand ployant sous le poids de notre croix, meurtris, brisés et souillés, nous ne pouvons plus être regardés comme des images de Dieu, trouvons-nous en ce monde une Véronique qui vienne essuyer notre visage, en effacer les souillures, et nous rendre notre ressemblance avec le Créateur ?
Oui, l’Église remplit ce rôle. Comme Véronique, qui s’ouvrit un chemin à travers les soldats et les bourreaux, elle s’avance au milieu des démons qui entourent notre âme pécheresse, et elle leur dit : arrêtez, cet homme est un enfant de Dieu ; laissez-moi essuyer sa face et lui rendre sa primitive beauté.
Et par ses prières, et par ses signes mystérieux qu’elle nomme Sacrements, l’Église rétablit en nous les divins caractères ; elle fait reparaître au front du chrétien les traits célestes qu’il avait après son baptême, et, s’il meurt en cet état, les anges le reconnaissent au seuil du paradis et s’écrient : Voilà bien l’image de notre Dieu ! Voilà son portrait fidèle. Deus, ecce Deus !
Pourquoi ces chutes réitérées de Jésus dans la Voie douloureuse ?
Sans doute, notre divin Sauveur a voulu nous apprendre que même après plusieurs chutes nous ne devons pas nous décourager et perdre espérance.
Mais pourquoi ce chiffre mystérieux de trois chutes ? Il doit y avoir une raison qui explique ce nombre ; car Dieu ne fait rien au hasard.
Serait-ce parce que nos chutes dans le chemin de la vie sont de trois espèces, puisque nous péchons envers Dieu, envers le prochain et envers nous-mêmes ?
Serait-ce parce que nous sommes soumis dans ce monde à trois genres d’épreuves qui nous accablent tour à tour, 1o dans nos corps, par les maladies, les infirmités et les fatigues ; 2o dans nos âmes, par les peines d’esprit et les angoisses du cœur ; 3o dans nos biens, par les revers de fortune, la pauvreté et la misère ?
Ces explications sont peut-être plausibles ; mais je croirais plutôt que Jésus a voulu par ses trois chutes expier les péchés que nous commettons contre chacune des personnes de la Sainte Trinité.
Ô mon Jésus, je confesse à vos pieds que je ne saurais calculer le nombre de mes chutes, tant elles ont été multipliées ! N’en tenez pas vous-même un compte trop rigoureux, et faites en sorte qu’elles ne m’enlèvent pas les forces nécessaires pour continuer de marcher à votre suite.
À la vue de ces femmes qui pleuraient sur son sort, Jésus fut sans doute bien touché, et il dût leur en être reconnaissant. Mais il vit en même temps qu’elles s’affligeaient de ses souffrances, sans songer aux péchés des hommes qui en étaient la cause.
Leur douleur était toute naturelle, un effet purement nerveux, peut-être, et elles étaient loin de penser que c’était pour leurs propres fautes et pour les crimes de leur nation et du monde entier que Jésus allait mourir.
Le divin condamné veut les éclairer, et leur adresse cette leçon, que nous avons nous-mêmes méritée tant de fois :
« Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! »
Cette scène pleine d’enseignements est une des plus fréquentes dans la vie.
Nos âmes sont des filles de la Jérusalem céleste ; et quels sont les maux qui les attendrissent et les font pleurer ? Ce sont les maux purement temporels et elles restent insensibles aux maux spirituels. Les spectacles de la souffrance, de la misère, de la maladie, de la mort, les émeuvent jusqu’aux larmes ; et elles regardent d’un œil sec les révoltes contre Dieu, les crimes, les immoralités, les scandales. Que dis-je ? Les scandales les amusent, et elles ne s’affligent pas même sur leurs propres misères morales et sur leurs fautes sans nombre !
Ô Jésus, faites-moi comprendre de plus en plus que, parmi tous les maux qui affligent l’humanité, le plus digne de nos larmes est le nombre et l’énormité des péchés que nous commettons contre vous.
Scrutons encore ce mystère douloureux des trois chutes de Jésus.
La troisième est plus profonde que les deux autres. Jésus est littéralement écrasé sous le poids de sa croix. Il est étendu, le front dans la poussière, et les bourreaux craignent qu’il ne puisse plus se relever ; car la vie semble éteinte en lui.
Ce triste état de Jésus est celui de l’homme qui a péché contre la troisième personne de la Sainte Trinité. Sa condition est désespérée parce que son crime est presque irrémissible. Tant que le chrétien n’a péché que contre Dieu le Père, ou Dieu le Fils, il peut encore se repentir parce qu’il lui reste la volonté de se sauver. Mais quand il a péché contre le Saint-Esprit, c’est sa volonté qui est pervertie ; c’est son intelligence qui s’est rendue coupable, en repoussant et reniant la vérité qu’elle reconnaît, en fermant les oreilles pour ne pas entendre Dieu qui lui parle, et en n’ouvrant la bouche que pour l’outrager et le blasphémer !
C’est le crime presque irréparable, la déchéance finale. Le pécheur ressemble alors à un cadavre, car toute vie surnaturelle est éteinte en lui.
Ô Jésus, ne permettez pas que je tombe jamais dans ce lamentable état. Mais s’il m’arrivait d’y tomber, ne m’abandonnez pas, vous qui vous êtes relevé de votre troisième chute, et donnez-moi encore une fois la force et la volonté de me sauver.
Jésus est arrivé au bout de la Voie douloureuse, au sommet de la montagne où il doit mourir, et c’est alors qu’il est dépouillé de ses vêtements.
Ce dépouillement symbolise le détachement de toutes choses qu’il faut subir bon gré mal gré à la fin de la vie. Quand l’homme achève de parcourir son pénible chemin, et a gravi la montagne de la vieillesse, tous les biens de ce monde lui sont ravis les uns après les autres. Les forces l’abandonnent, la santé lui fait défaut, les espérances, les amours, les illusions se flétrissent et tombent comme des vêtements en lambeaux. Il a encore des richesses, peut-être, mais il n’en peut plus jouir ; des honneurs, mais il n’y tient plus.
Tous les vains dehors du faste et des plaisirs n’ont plus de charme pour lui, et il les sacrifierait pour une seule année de jeunesse. Mais la jeunesse ne reviendra plus ; et les vains ornements de sa vie, tombant les uns après les autres, le laissent bientôt dans cet état de nudité qu’il avait à son entrée dans le monde.
Une seule chose lui reste encore. C’est la croix, et il n’en sera séparé que par la mort.
Ô mon Jésus, faites-moi la grâce de l’aimer cette croix, puisqu’elle doit être ma compagne pendant toute ma vie. Car pour le chrétien qui l’aime elle devient un appui, un bâton de vieillesse, une échelle merveilleuse qui lui sert à monter vers vous.
Voilà bien le dernier acte du drame de la vie.
Jusque là l’homme a seulement porté la croix ; mais rien ne l’y attachait, et il pouvait encore la rejeter loin de lui. Dorénavant il y sera attaché, cloué. Il ne formera plus avec elle qu’un seul être, et la mort seule pourra les séparer.
Mais si cette immolation du chrétien sur la croix est volontaire et résignée, quelle transformation elle opère en lui !
Jusque là la croix pesait sur lui et l’écrasait. Maintenant c’est lui-même qui s’étend sur elle, qui la domine comme un vainqueur, qui en prend possession comme un roi fait de son trône. Elle est encore l’instrument du supplice, mais elle rayonne déjà comme un instrument de glorification.
Pour reconnaître et honorer les plus méritants de leurs sujets, les souverains de ce monde attachent sur leurs poitrines des croix d’honneur. Ainsi la croix de Jésus devient la décoration du chrétien, et le signe qui le fera reconnaître par le roi du ciel.
Ô mon Jésus, je veux m’attacher volontairement à la croix, puisque vous avez transformé ce signe d’ignominie en signe de gloire, et puisque c’est la marque à laquelle vous reconnaîtrez vos élus.
Voilà le commencement de l’apothéose. La croix se fait piédestal, et le supplicié est élevé au-dessus des autres hommes. Il domine la terre dont il est dorénavant détaché. La Jérusalem terrestre est sous ses pieds, et les rayons qui descendent du ciel, en perçant les ténèbres qui l’enveloppent, lui révèlent que les portes de la Jérusalem céleste sont ouvertes pour le recevoir.
Il meurt ; et dès lors le Dieu, qui s’était éclipsé, reparaît et manifeste sa puissance. La terre tremble, les tombeaux s’ouvrent et les morts ressuscitent.
Ô Jésus ! j’allais déjà m’habituer à ne voir en vous que l’homme ! Pardon, je reconnais en vous mon Dieu, et je vous adore ! J’adore aussi votre croix sainte, et je reconnais qu’elle est l’arbre de la vie. Greffez-moi sur ce bois sacré comme un rameau vivace afin que j’y puise la sève divine que votre sang y fait circuler !
La mission de la croix est finie, et Jésus peut maintenant en être détaché. Elle devait être pour lui une source de mérites infinis et racheter l’humanité. C’est fait ; consummatum est, tout est consommé. C’est pourquoi le corps est détaché de la croix, devenue inutile ; et il est remis à sa mère qui reconnaît à peine le fruit de ses entrailles tant il est défiguré.
Le même sort nous attend. Un jour, qui est peut être bien proche, après notre crucifixion dans les terreurs et les angoisses de l’agonie, notre âme s’envolera vers la patrie ; et notre corps descendu de la croix — c’est-à-dire délivré enfin de toute douleur, — sera remis à notre mère, la sainte Église.
Elle nous recevra sur ses genoux, comme elle nous a reçus au jour du baptême, et, gémissant tristement, elle dira à son époux Jésus : « Voyez comme nos enfants sont fatigués, et comme leurs yeux sont fermés à la lumière de ce monde ; donnez-leur le repos et la lumière de l’éternité, requiem æternam dona eis Domine, et lux perpetua luceat eis !
Tout défiguré qu’il est, le corps de Jésus est encore un objet d’amour et de vénération pour sa mère. Elle l’embaume, elle l’enveloppe dans un linceul parfumé, et elle le dépose dans un sépulcre neuf, où il attendra sa résurrection.
Ainsi fera l’Église de nos corps. Envahis déjà par la corruption du tombeau, ils seront devenus pour tous un objet d’horreur ; mais notre mère l’Église leur témoignera du respect et de la vénération. Elle n’oubliera pas qu’ils ont été les compagnons de nos âmes, et qu’ils sont destinés à revivre. Elle jettera sur eux ses longs voiles de deuil ; elle les parfumera de son encens, et enfin elle les confiera à la mère primitive du genre humain, la terre, d’où l’homme a été tiré.
Mais, se ressouvenant aussitôt de l’âme, elle chantera son entrée triomphale dans l’immortalité : In paradisum deducant te Angeli.….….….….… Au paradis que les Anges te conduisent !
Ô mon Jésus, quand l’Église catholique, dans le sein de laquelle je veux vivre et mourir, entonnera sur ma dépouille mortelle cet admirable chant d’adieu, daignez écouter sa prière et ses vœux, et commandez vous-même à vos Anges de m’ouvrir les portes de la bienheureuse éternité.
Car je crois en vous, et vous l’avez promis : celui qui croit en vous ne mourra pas pour toujours, qui credit in me non morietur in æternum.
Mon Dieu, je crois fermement tout ce que la Sainte Église catholique croit et enseigne, par ce que c’est vous qui l’avez dit, et que vous êtes la vérité même.
Mon Dieu, appuyé sur vos promesses et sur les mérites de Jésus-Christ, mon Sauveur, j’espère avec une ferme confiance que vous me ferez la grâce d’observer vos commandements en ce monde, et d’obtenir par ce moyen la vie éternelle.
Mon Dieu, qui êtes digne de tout amour, à cause de vos perfections infinies, je vous aime de tout mon cœur, et j’aime mon prochain comme moi-même pour l’amour de vous.
Ainsi soit-il.
Indulgence de sept ans et sept quarantaines chaque fois que l’on récite ces trois actes.
L’été dernier, le pape François nommait Mgr Paglia président de l’Académie pontificale pour la Vie et Grand-Chancelier de l’Institut pontifical Jean-Paul II. Ce qui en fait un quelque sorte le Ministre de la Famille du Vatican. Continuer la lecture de « Rome penche
vers toutes les déviances »
Le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a réfléchi sur le sens de la commémoration des 500 ans de la « Réforme » protestante sur les pages de L’Osservatore Romano en italien du 21 février 2017 en précisant que cette commémoration sera imprégnée d’un « un esprit œcuménique » et que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a été parmi les précurseurs de l’œcuménisme. Continuer la lecture de « Rome de plus en plus protestante »
Quelles sont les raisons de nos échecs, en politique, en religion, en éducation ?
Autrefois, les camps étaient nettement définis, et on luttait sans relâche pour le triomphe de ses convictions. Nul ne songeait à s’arrêter en chemin. Face à cela, le génie de notre ennemi est Continuer la lecture de « Quelles sont les raisons de nos échecs ? »
Lettre de Mgr Lefebvre sur le carême 1982
Lettre de Mgr Lefebvre sur le carême 1987
Consignes de Mgr Lefebvre
Commandements de l’Église
+ le 14 février 1982
Bien chers fidèles,
Selon une ancienne et salutaire tradition dans 1’Église, à l’occasion du Carême, je vous adresse ces quelques paroles pour vous encourager à entrer de toute votre âme dans ce temps de pénitence, avec les dispositions voulues par l’Église et dans le but pour lequel elle l’a prescrit.
Si je recherche dans les livres du début du siècle les fins pour lesquelles l’Église a prescrit ce temps de pénitence, ils en indiquent trois :
– d’abord réprimer la concupiscence de la chair
– puis faciliter l’élévation de nos âmes vers les réalités divines
– enfin satisfaire pour nos péchés.
N’est-ce pas ce dont Notre Seigneur nous montre l’exemple au cours de son existence ici-bas : prier et faire pénitence. Mais n’ayant ni concupiscence, ni péché, il a fait pénitence et satisfait pour nos péchés, nous montrant par là que notre pénitence peut être bénéfique non seulement pour nous, mais pour notre prochain.
Prier et faire pénitence. Faire pénitence pour mieux prier, pour nous approcher davantage de Dieu, voilà ce que tous les Saints ont fait, ce que la Vierge Marie rappelle dans tous ses messages.
Oserons-nous dire que cette nécessité est moins grande à notre époque qu’aux époques précédentes ? Nous pouvons et devons au contraire affirmer que jamais plus qu’aujourd’hui la prière et la pénitence sont nécessaires, parce qu’on a tout fait pour diminuer et mépriser ces deux éléments fondamentaux de la vie chrétienne.
A‑t-on jamais comme aujourd’hui cherché à satisfaire sans aucune limite tous les instincts désordonnés de la chair, jusqu’à l’assassinat de millions d’innocents. On croirait de même que la société n’a de raison d’être que de donner le maximum de “standing” de vie à tous les hommes, pour leur éviter toute privation des biens matériels.
Ainsi le but de la Société serait opposé à ce que prescrit 1’Église. Et l’on comprend qu’en ces temps où les hommes d’Église s’alignent sur l’esprit du monde, on assiste à la disparition de la prière et de la pénitence, et particulièrement dans leur aspect de réparation pour les péchés, d’obtention du pardon des fautes. Qui aime aujourd’hui redire le psaume si émouvant du “Miserere” et répéter avec le psalmiste « Peccatum meum contra me est semper : mon péché est toujours devant moi » ? Et comment une âme chrétienne peut-elle éloigner la pensée du péché si l’image du crucifix est toujours devant ses yeux ?
*
Les Évêques ont demandé au Concile une diminution telle du jeûne et de l’abstinence que ces prescriptions ont pratiquement disparu. Nous devons reconnaître que cette disparition est une conséquence de l’esprit œcuménique et protestant qui nie la nécessité de notre participation pour l’application des mérites de Notre Seigneur à chacun de nous, pour la rémission de nos péchés et la restauration de notre filiation divine.
Tandis qu’autrefois les commandements de l’Église prévoyaient :
– le jeûne obligatoire pour tous les jours du Carême excepté les Dimanches, pour les jours des Quatre-temps et plusieurs vigiles
– l’abstinence pour tous les Vendredis de l’année, les Dimanches de Carême, et dans de nombreux diocèses tous les Samedis de l’année.[1]
Que reste-t-il aujourd’hui de ces prescriptions ?
– le jeûne le Mercredi des cendres et le Vendredi Saint
– l’abstinence le Mercredi des cendres et les Vendredis de Carême.
On peut se demander, pourquoi une telle diminution.
Quels sont ceux qui sont astreints au jeûne ?
— les adultes de 21 ans jusqu’à l’âge de 60 ans
Qui doit observer l’abstinence ?
— Sont astreints à l’abstinence tous les fidèles à partir de l’âge de 7 ans.
Qu’est-ce que le jeûne ? C’est ne faire qu’un repas par jour, auquel il est permis d’ajouter deux collations, une le matin et une le soir, ne dépassant pas deux onces, soit 60 g d’aliment solide.
Qu’est-ce que l’abstinence ? C’est s’abstenir de viande.
Les fidèles qui ont vraiment l’esprit de foi et qui comprennent profondément les motifs de l’Église, qui ont été indiqués ci-dessus, auront à cœur non seulement d’accomplir ces légères prescriptions d’aujourd’hui, mais entrant dans l’esprit de Notre Seigneur et de la Vierge Marie, ils porteront les péchés qu’ils ont commis et ceux de leur prochain, de leur famille, de leurs amis, de leurs concitoyens.
C’est pourquoi ils ajouteront à ces prescriptions soit le jeûne tous les Vendredis de Carême, soit l’abstinence d’alcool ou de vin, ou ils s’abstiendront de télévision. Ils s’efforceront de prier davantage, d’assister plus souvent à la Sainte Messe, de réciter le Rosaire, de ne pas manquer la prière du soir en famille. Ils se sépareront de biens superflus pour aider les Séminaires, pour fonder des écoles, pour aider leurs prêtres à l’aménagement des chapelles, pour aider le développement des maisons des religieux et des religieuses.
Les prescriptions de l’Église ne concernent pas seulement le jeûne et l’abstinence, mais encore le devoir pascal.
Voici ce que recommandait le Vicaire capitulaire de Sion aux diocésains le 20 février 1919 :
1. Pendant le Carême, Messieurs les Curés feront deux fois le chemin de la Croix chaque semaine : un jour avec les enfants des écoles, un autre jour avec les autres paroissiens. Après le chemin de la Croix, on récitera les litanies du Sacré Cœur.
2. La Semaine de la Passion, c’est-à-dire la Semaine avant le Dimanche des Rameaux, il y aura un triduum dans toutes les églises paroissiales. Instruction – Litanies du Sacré Cœur en présence du St Sacrement – Bénédiction.
Dans ces trois instructions, Messieurs les Curés rappelleront à leurs paroissiens simplement et clairement quelles sont les principales conditions pour recevoir dignement le Sacrement de pénitence.
3. Le temps pendant lequel on peut remplir le devoir pascal est fixé pour toutes les paroisses du Dimanche de la Passion au 1er Dimanche après Pâques.
Pourquoi ces directives ne seraient-elles plus valables aujourd’hui ?
Profitons de ce temps salutaire au cours duquel Notre Seigneur a coutume de dispenser d’abondantes grâces. N’imitons pas les vierges insensées qui n’ayant pas d’huile dans leur lampe trouvèrent la porte de la maison de l’époux fermée et entendirent cette terrible réponse “Nescio vos” : “Je ne vous connais pas”.
*
Bienheureux ceux qui ont l’esprit de pauvreté, car le royaume des Cieux est à eux ; c’est-à-dire l’esprit de détachement des biens de ce monde.
Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés. Pensons à Jésus au jardin des oliviers qui pleura nos péchés. A nous désormais de pleurer les nôtres et ceux de nos frères.
Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la sainteté car ils seront rassasiés. La sainteté passe par la croix, la pénitence, la privation. Si vraiment nous recherchons la perfection, nous devons emprunter le chemin de la Croix.
Puissions-nous en ce Carême entendre l’appel de Jésus et Marie et nous engager à leur suite dans cette croisade de prière et de pénitence.
Que nos prières, nos supplications, nos privations obtiennent du Ciel que les responsables dans l’Église retournent à ses vraies et saintes traditions, seule solution pour que les institutions de l’Église revivent et refleurissent à nouveau.
Aimons à redire cette conclusion du “Te Deum” :
“In te Domine speravi, non confundar in aeternum” : “En vous, Seigneur, j’ai placé mon espoir, je ne serai jamais déçu.”
+ Marcel Lefebvre
Ancien Archevêque de Tulle
Fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X
Rickenbach, le 14 février 1982 Dimanche de la Sexagésime
C’était autrefois une excellente coutume que l’évêque du diocèse adressât une lettre à ses fidèles diocésains à l’approche du carême.
En effet, comme le dit l’Épître du 1er dimanche du carême : “Frères, nous vous exhortons à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu… C’est maintenant le temps favorable, c’est maintenant le jour du salut” (2e Cor. 6,1 à 10).
Bien chers fidèles, lisez et relisez les notes qui, dans vos anciens missels, vous présentent le temps du carême. Elles vous rappelleront l’origine et la signification de ces quarante jours de prière et de jeûne, qui nous préparent à la Semaine Sainte, au grand mystère de la Croix pour arriver à la Résurrection.
L’Église veut nous entraîner à la pratique d’une vie chrétienne plus parfaite. Elle nous montre l’exemple du Christ et par le jeûne et la pénitence nous associe à ses souffrances pour nous donner part à sa rédemption.
Tout au long de cette “sainte quarantaine” elle nous rappelle que nous sommes des pécheurs, assaillis par la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux et l’orgueil de cette vie, elle met sur nos lèvres des supplications émouvantes : “Seigneur ne nous traite pas selon nos péchés, ne nous châtie pas selon nos fautes… hâte-toi, préviens-nous de tes miséricordes” (Trait, Mercredi des Cendres).
Bienheureux êtes-vous, chers fidèles, qui avez gardé l’esprit de foi et qui vous disposez à cette période de prière et de pénitence avec dévotion, persuadés que vous vous sanctifierez par l’assistance plus assidue à la Sainte Messe, par la communion fréquente, par le sacrement de pénitence, par le jeûne et l’abstinence, par l’aumône, par une plus grande pratique des vertus chrétiennes l’humilité, la douceur, la patience, la bonté, la mansuétude ; et, si possible par une sainte retraite, qui vous éloignera du péché, de l’attachement à ce monde pour trouver l’intimité de l’amour de Jésus et de Marie et ainsi transformer votre vie.
Mais pour croire à cette reviviscence de la grâce dans les âmes, il faut avoir non seulement la foi, mais l’esprit de foi, c’est-à-dire une foi vive animée de l’Esprit Saint, qui entraîne nos âmes dans la voie de la perfection, dans une charité toujours plus grande envers Dieu et envers le prochain.
Or nous constatons que l’esprit de foi qui croît et vit de la grâce du baptême a disparu dans les milieux les plus élevés de la hiérarchie, les principes qui orientent et dirigent l’esprit du pape et des évêques ne sont plus les principes de la foi, mais les principes de la raison désordonnée, comme ceux qui sont à l’origine du libéralisme protestant, du modernisme, de l’américanisme et du sillonisme, autant de principes qui ont été condamnés par le concile de Trente et tous les papes jusqu’à Pie XII inclusivement.
Les derniers papes ont rejeté l’héritage de vingt siècles de l’Église pour se faire les héritiers des libéraux et des modernistes. Tout ce qu’ils disent ou ce qu’ils font n’est que l’écho de ce qui a été dit et fait par ceux qui depuis quatre siècles sont imbus de ces faux principes. Assise est le fruit le plus parfait du catholicisme libéral condamné par tous les papes qui ont précédé Vatican II.
Nous nous trouvons donc affrontés à un monde ecclésiastique en pleine incohérence, en plein illogisme, cherchant des compromis entre la Vérité et l’erreur, le Bien et le mal, la Lumière et les ténèbres, Dieu et Bélial.
Cet ébranlement de la foi semble bien préparer l’Antéchrist, selon les prédictions de saint Paul aux Thessaloniciens et selon les commentaires des Pères de l’Église.
Lorsque Notre Seigneur décrit la fin des temps, et à Sa suite les apôtres dans leurs lettres, ils s’adressent à ceux qui demeureront fidèles en leur disant Vigilate, vigilate. Veillez et soyez prêts. “Ainsi donc, frères, dit saint Paul, demeurez fermes et gardez les enseignements que vous avez reçus…”
“Cependant le jour du Seigneur viendra comme un voleur, dit saint Pierre, dans sa deuxième épître, en ces jours les cieux passeront avec fracas… la terre sera consumée… Dans cette attente, bien aimés, faites tous vos efforts, afin d’être trouvés par Lui sans tache et irréprochables dans la paix”.
Que nos prières et nos jeûnes soient donc pour nous une source de sanctification, et une supplication pour le retour des pasteurs à la Vérité du Magistère traditionnel de l’Église pour l’honneur de Notre Seigneur, pour son règne universel et pour le règne de Marie, sa Sainte Mère.
+ Marcel LEFEBVRF
Arch. Evèque émérite de Tulle
Fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X
Ecône, le 25 janvier 1987,
en la fête de la Conversion de St Paul.
Mgr Lefebvre publia le 1er mai 1980 un recueil de règles et de facultés pour tous les prêtres de la Fraternité Saint Pie X. On y lisait les règles suivantes que son successeur immédiat fit disparaître :
Du jeûne et de l’abstinence
– Le jeûne est à observer : le Mercredi des Cendres, le Vendredi Saint, aux Vigiles de l’immaculée Conception et de Noël, aux Quatre-temps et aux vendredis de carême.
– L’abstinence les mêmes jours, plus les vendredis de Carême.
Nous conseillons vivement d’encourager les fidèles à observer l’abstinence tous les vendredis et de jeûner les vendredis de Carême, et s’ils le peuvent d’étendre le jeûne et l’abstinence à tout le Carême et aux Quatre-Temps.
Fin des consignes de Mgr Lefebvre édictées dans les « Ordonnances ».
Canon[2] 1251 § 1 La loi du jeûne prescrit qu’il ne soit fait qu’un repas par jour ; mais elle ne défend pas de prendre un peu de nourriture matin et soir, en observant toutefois la coutume approuvée des lieux, relativement à la quantité et à la qualité des aliments.
§ 2 Il n’est pas défendu de consommer viandes et poissons au même repas ; ni de remplacer la réfection du soir par celle de midi.
Canon 1252 § 1 L’abstinence seule est prescrite les vendredis de chaque semaine.
§ 2 A la fois le jeûne et l’abstinence sont prescrits le mercredi des Cendres, les vendredis et samedis de carême, les jours des Quatre-Temps ; les vigiles de la Pentecôte, de l’Assomption, de la Toussaint et de Noël. (Pie XII transféra le jeune et l’abstinence la vigile de l’Assomption à celle de l’Immaculée Conception.)
§ 3 Le jeûne seul est prescrit tous les autres jours du Carême.
§ 4 La loi de l’abstinence, ou de l’abstinence et du jeûne, ou du jeûne seul, cesse les dimanches et les fêtes de précepte, exceptées les fêtes qui tombent en Carême ; on n’anticipe pas les vigiles ; cette loi cesse aussi le Samedi Saint à partir de midi.
Canon 1254 § 1 Sont obligés par la loi de l’abstinence tous ceux qui ont atteint sept ans révolus.
§ 2 Par la loi du jeûne, ceux qui ont accompli leur vingt et unième année et ce jusqu’au commencement de leur soixantième.
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[1] Sa mémoire a trompé Mgr Lefebvre comme le montrent les commandements de l’Église énoncés dans le code de droit canonique et rapportés ci-dessus.
[2] « Canon » est un terme ecclésiastique qu’il faut traduire par « règle ».