Comment un synode fait avancer la révolution

📖 Présentation

On parle sans cesse de synodes, mais sait-on vraiment comment ils fonctionnent et pourquoi ils aboutissent toujours au même résultat que la vérité intangible finit toujours par céder devant le « progrès » ? Il s’agit d’une mécanique précise, celle du « groupe réducteur » et du « noyau dirigeant », de la démocratie moderne jusqu’à Vatican I, dont il faut connaître le processus.

Le synode : une grande assemblée autour de multiples tables rondes
Synode au Vatican

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C’est la technique des groupes réducteurs et noyaux dirigeants.

Le principe de départ

Le principe de départ est le constat que la société a évolué, et qu’il faut suivre cette évolution, ce changement.

Il y a de plus en plus de « nouvelles formes de famille », il faut donc changer la définition de la famille. Il y a de plus en plus d’avortements, il faut donc faire évoluer la morale. Les gens aspirent à de plus en plus de « liberté », il faut donc changer la société. Il y a de nouvelles formes d’amour, auxquelles il faut laisser la possibilité de s’exprimer, c’est Amoris Laetitia exhortation de Bergoglio qui ouvre les vannes à la réception des sacrements par des couples adultères en fonction de leur conscience.

C’est le principe posé par Vatican II : le Saint-Esprit est appelé à accompagner et à bénir tous les changements de notre époque. Principe clairement énoncé dans Gaudium et Spes et sous-jacent à tous les textes du Concile.

Le groupe réducteur

Chacun dans le groupe émet en toute liberté son opinion — c’est une règle fondamentale — même en faveur de la vérité et de la morale et contre l’avis général. Toutefois, le manque de courage réduit souvent au silence celui qui défend trop nettement la vérité. On le taxe de « réactionnaire », ce qui est normal, puisqu’on est dans une dynamique de progrès.

Cette règle de la liberté d’émettre toute opinion est fondamentale au groupe réducteur, car c’est elle qui permet de laisser croire à une démarche objective de recherche de la vérité. Même si elle permet aux défenseurs de la vérité de s’exprimer, elle permet surtout à tous les révolutionnaires d’exposer ce qu’ils attendent. En réalité, elle fait disparaître la nature de l’intangibilité de la vérité : en entrant dans le groupe, on peut tout remettre en cause, y compris la vérité ; c’est cette règle qui est la plus fondamentale.

Puis le groupe fait une synthèse, qui ne peut être qu’une sélection et non une vraie synthèse, parce qu’on ne peut faire une synthèse d’énoncés contradictoires, cela ne ferait rien avancer. On ne peut pas faire la synthèse entre les positions de partisans de l’avortement et celles des défenseurs de la vie, ni entre l’adultère et la fidélité.

Cette sélection est guidée principalement par le refus de tout dogmatisme et de tout esprit réactionnaire. Elle est donc nécessairement conforme à l’évolution voulue, à des degrés divers, peu importe : elle va nécessairement dans le sens de l’évolution. Cela est dû au principe de base de la réunion de groupe : la vérité a été mise en discussion, alors qu’elle est intangible. Tous ceux qui entrent dans le processus acceptent, consciemment ou non, le principe que la vérité est discutable. Si on la discute, c’est prétendument pour l’améliorer, c’est donc qu’on estime cette vérité « dépassée », donc pas vraie, ou plus vraie, ce qui est bien la démarche de l’évolution ou du « progrès ».

Ceux qui sont en faveur du changement méprisent la tradition et ne s’en cachent pas. Face à eux, les défenseurs de la vérité et de la tradition ne peuvent la défendre que mollement puisque, en entrant dans le groupe, ils ont accepté de mettre en discussion même les choses les plus stables, saintes et intangibles.

Ceci pour chaque groupe, c’est-à-dire chaque table. Quand il faut faire une « synthèse » des « synthèses » de chaque table, le processus recommence : c’est une nouvelle réduction.

Si le processus n’est pas allé assez loin, on fera d’autres réunions, synodes, etc.

Le noyau dirigeant

Il est composé soit de personnes profondément convaincues par le « progrès », qu’il n’y a pas besoin de guider, leurs convictions suffisent à en faire des révolutionnaires, soit de personnes nommées par celui qui a décidé le changement.

Ainsi, il n’y a pas besoin de guider les féministes car elles feront spontanément valoir leurs convictions. Mais sont également présents des « animateurs » nommés spécialement pour cela, formés dans les loges ou les écoles de « communication ».

Le noyau dirigeant se doit d’être assez discret : il veille premièrement au respect de la règle de la liberté. Celle-ci suffit à détruire toute vérité. Accessoirement, il oriente la discussion pour favoriser les révolutionnaires et décrédibiliser les défenseurs de la vérité qui ne sont — dit-il — que des « réactionnaires », des ennemis du progrès, qui ne défendent que leur opinion et n’ont pas le souci de permettre à la société de s’adapter.

Vatican II, le plus parfait groupe réducteur

Le concile Vatican II fut un des plus notables groupes réducteurs : une majorité d’évêques fidèles au dogme et à la morale, une minorité de « progressistes », c’est-à-dire de partisans de la révolution dans l’Église et, au milieu des évêques qui souhaitaient allier le changement avec le dogme. Dès le début, ces « progressistes » font mettre à la poubelle les schémas guidant les discussions dans le sens d’une plus grande clarté de la vérité, une meilleure exposition du dogme, une plus grande fidélité à la morale, une meilleure manière d’éduquer les fidèles au respect de la morale. Ils déclarent que le Concile est souverain et qu’on ne doit rien lui imposer. Le principe de liberté est posé, la vérité n’est plus la référence, inéluctablement le processus révolutionnaire est enclenché. Les évêques qui ne sont pas conscients de l’enjeu finissent presque tous par accepter la révolution. S’ils rechignent, on les ridiculise, et s’ils insistent, on fait intervenir le pape pour les réduire au silence.

La démocratie

La « démocratie » est un vaste groupe réducteur. Chaque élection est la remise en cause de la société, de ses règles, de son idéal.

La télévision est un puissant noyau dirigeant.

La Franc-Maçonnerie de même : tout y est remis en cause au nom du progrès, et elle fournit les meilleurs noyaux dirigeants à la démocratie.

Objection : le changement, c’est la vie

L’objection habituelle, c’est que la vie est une perpétuelle évolution et que ne pas la suivre, c’est la mort.

Réponse : la vie est l’évolution d’une nature stable vers un but lui-même stable. L’évolution est encadrée entre ces deux stabilités et, si elle les remet en cause, c’est alors qu’on va à la mort.

Un homme est une nature qui ne changera pas, un corps, une âme, une intelligence, une volonté, une sensibilité, une faculté de génération… c’est le point de départ et, si on le change, ce n’est plus un homme.

L’intelligence est faite pour contempler Dieu et toute vérité, laquelle vient nécessairement de Dieu. La volonté est faite pour le bien et non pour le mal. La sensibilité est faite pour nourrir l’âme et non pour engraisser le corps. La faculté de génération, pour engendrer et non pour nourrir l’égoïsme. Une intelligence qui cultiverait le faux se détruirait elle-même, ce serait la mort de l’intelligence. Une volonté qui aimerait le mal devrait détruire tout bien jusqu’à la racine et donc se détruire soi-même. Une sensibilité qui refuserait de servir l’âme deviendrait un animal — et encore les animaux respectent-ils leur nature, c’est l’instinct de conservation. Une faculté d’engendrer qui cultiverait l’égoïsme n’engendrerait plus, et ce serait la mort de l’humanité. Etc.

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Test de connaissances

Réfléchissez à chaque question, puis affichez la réponse.

1. Pourquoi la règle de la liberté d’émettre toute opinion est-elle dite « fondamentale » au groupe réducteur, alors qu’elle semble garantir l’objectivité ?

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Parce qu’elle permet de faire croire à une recherche objective de la vérité, alors qu’en réalité elle met la vérité elle-même en discussion comme une opinion parmi d’autres, ce qui détruit son caractère intangible. C’est cette mise en discussion, acceptée dès l’entrée dans le groupe, qui ouvre la voie au changement voulu.

2. Pourquoi le résultat d’un groupe réducteur est-il une « sélection » et non une véritable « synthèse » ?

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Parce qu’on ne peut pas faire une synthèse d’énoncés contradictoires. On ne peut pas faire une synthèse entre l’avortement et le respect de la vie. Il faut nécessairement choisir entre eux. Cette sélection est guidée par le refus du dogmatisme et va donc toujours dans le sens de l’évolution voulue.

3. Comment répondre à l’objection selon laquelle refuser le changement reviendrait à refuser la vie ?

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Tout changement va dans le sens d’un plus grande stabilité. Il repose sur une nature stable et atteint un état stable. Le changement moderne refuse ce qui est stable et c’est une course perpétuelle qui mène à la mort. Une intelligence, une volonté ou une sensibilité qui trahiraient leur finalité propre se détruiraient elles-mêmes.

4. Dans l’exemple de Vatican II, comment le processus s’est-il concrètement déroulé malgré une large majorité d’évêques fidèles au dogme ?

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Les évêques progressistes ont fait écarter dès le début les schémas préparatoires et imposé le principe que le Concile était souverain, posant ainsi le principe de liberté au détriment de la référence à la vérité. Les évêques fidèles, non conscients de l’enjeu, ont ensuite cédé, parfois sous la pression du pape ou par ridicule imposé aux réticents.