Commentaire Eleison 881
1er juin 2024
Dieu fit deux Testaments. Pourquoi deux et pas un ?
Saint Paul nous l’expliqua dans l’Épître aux Romains.
par Mgr Williamson »

La Fidélité Catholique
Commentaire Eleison 881
1er juin 2024
Dieu fit deux Testaments. Pourquoi deux et pas un ?
Saint Paul nous l’expliqua dans l’Épître aux Romains.

Méditations sur les mystères de notre sainte foi
du vénérable père Du Pont, s. j.
Considérons, en premier lieu, que le corps de Notre-Dame, durant les trois jours qu’il resta dans le sépulcre, demeura aussi intact que si l’âme n’en était pas séparée. Car, comme Dieu, par un privilège spécial, la préserva de la tache du péché originel, bien que sa conception, dans l’ordre naturel, n’ait pas été différente de celle des autres enfants d’Adam, de même, quoique sa mort ait ressemblé à celle des autres hommes, son corps néanmoins, par une grâce singulière, fut exempt de la corruption du tombeau, qui est la peine du péché. En sorte qu’elle n’eut point de part à la malédiction que le Seigneur avait lancée contre l’homme, en lui disant : Tu es poussière, et tu retourneras en poussière. Or Dieu lui accorda ce privilège pour trois raisons.
1) Ce fut pour honorer sa pureté virginale qui avait été toute miraculeuse et sans exemple, confirmée par un vœu exprès, et gardée inviolablement jusqu’à la mort. Une semblable pureté méritait sans doute une récompense extraordinaire. Or pouvait-elle en avoir une qui lui fût plus proportionnée que l’incorruptibilité de ce corps, dont elle avait toujours été le principal ornement ?
2) Ce fut pour récompenser l’innocence et la sainteté de son âme qui, dans un corps mortel, n’avait jamais senti le ver intérieur des consciences coupables, à laquelle il ne s’était jamais attaché la moindre poussière, et qui n’avait participé en rien aux imperfections d’Adam terrestre. C’est pour ce sujet que les vers ne touchèrent point au corps de la plus pure des vierges, et qu’il ne fut point réduit en poussière, non plus que celui de l’Adam céleste, dont le Prophète, admirant la sainteté, disait : Vous ne permettrez pas, Seigneur, que votre Saint voie la corruption.
3). Il était de l’honneur du Fils de conserver dans son intégrité le corps de sa Mère. Car la chair de Jésus, dit saint Augustin, est la chair de Marie. Puis donc que la chair de Jésus n’avait pas éprouvé la corruption, il était juste que celle de Marie en fût exempte.
Ô digne Mère de mon Sauveur, arche du Nouveau Testament, fabriquée de bois incorruptible de Sétim, et revêtue d’un or très pur, dans laquelle a reposé celui qui est le propitiatoire commun de tous les pécheurs ; je me réjouis de l’incorruptibilité de votre corps, et de la beauté de votre âme, à qui les vertus, comme un or fin et brillant, donnent un merveilleux lustre. Obtenez-moi cette pureté incorruptible d’un esprit doux et modeste, qui est un riche ornement aux yeux de Dieu, afin que mon âme étant exempte de la corruption du péché, mon corps, au dernier Jour, soit délivré de la corruption qui est la peine du péché.
Considérons, en second lieu, la résurrection de la bienheureuse Vierge, dont le corps sortit vivant et glorieux du sépulcre au troisième jour, par la toute-puissance de son Fils. Jésus, plein d’amour et de tendresse pour sa Mère, crut que ce serait trop peu faire pour elle de conserver son corps sans corruption jusqu’au temps de la résurrection générale. Il voulut prévenir ce temps et lui rendre la vie au bout de trois jours : ce qu’il fit pour plusieurs raisons.
1) Comme le corps et l’âme de Marie avaient toujours travaillé de concert pour accomplir la volonté de Dieu sur la terre, il était conforme à sa bonté de les réunir au plus tôt, afin qu’ils recommençassent à le louer et à le servir dans le ciel, avec plus de ferveur que jamais.
2) Ce fut encore pour nous donner une ferme espérance de notre résurrection future. Car ce n’est pas seulement Jésus-Christ, Dieu et homme, qui est ressuscité ; c’est encore sa Mère, bien qu’elle ne soit qu’une pure créature. Que cette pensée excite en nous de vifs désirs d’aller à Jésus et de rechercher, non les choses de la terre, mais celles du ciel, où il a établi son trône, et où celle en qui il a pris un corps semblable au nôtre est assise à sa droite.
3) Il fallait en outre que Notre-Dame conservât dans tous les siècles, jusqu’au jour du jugement, la qualité de Mère de Dieu. Or ce glorieux titre ne convient pas à son âme seule, mais à son âme et à son corps réunis ensemble.
4) Il était à souhaiter qu’elle pût exercer dans le ciel l’office de mère et d’avocate des hommes, et apaiser la colère de son Fils irrité contre eux en lui montrant ses mamelles, comme le Fils adoucit le courroux de son Père en lui découvrant ses plaies.
5) Enfin, comme le premier Adam avait eu, dans le paradis terrestre, une aide et une compagne semblable à lui par les qualités naturelles, de même le second Adam voulut en avoir une dans le ciel, qui lui ressemblât en ce qui concerne la gloire du corps et de l’âme.
Ces raisons, et quelques autres, déterminèrent Dieu à tirer du tombeau la dépouille mortelle de l’auguste Marie, et à réunir sans retard son âme à son corps pour jamais. Oh ! Qui pourrait dire de quelle joie ce nouveau bienfait remplit le cœur de Notre-Dame, et avec quel transport elle entonna, dans ce troisième jour, son admirable Cantique : Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit est ravi en Dieu mon Sauveur ! Le Tout-puissant a fait en moi de grandes choses, en glorifiant mon âme et mon corps. Oh ! Quel contentement ressentit ce corps sacré quand il se vit réuni à cette âme bénie, qui lui communiqua les quatre qualités des corps glorieux ! Car il devint à l’instant même plus resplendissant que le soleil, plus beau que la lune. Il fut doué de l’immortalité, de l’impassibilité, de la légèreté, de la subtilité, exempt désormais de la faim, de la soif, de la fatigue ; à l’abri de tous les changements et de toutes les misères ; en un mot, ressuscité à une vie nouvelle et bienheureuse pour ne plus mourir.
Je vous rends grâces, ô Verbe éternel, de cette dernière faveur que vous ajoutez à toutes celles dont il vous a plu d’enrichir votre Mère. En songeant à son honneur, vous n’oubliez pas le vôtre ; car la gloire d’une mère est celle de ses enfants. Ô glorieuse Vierge, toutes les puissances de mon âme vous félicitent du nouveau privilège que votre Fils vous accorde en ce jour. Vous n’avez plus rien à lui demander, puisqu’il rend votre corps impassible et immortel comme le sien. Soyez donc ma médiatrice auprès de lui ; montrez-lui les mamelles qui l’ont nourri ; priez-le d’exaucer mes désirs, et de me faire la grâce de le servir si fidèlement en cette vie, que je mérite de participer à sa gloire en l’autre.
Considérerai, en troisième lieu, l’Assomption du corps glorieux de la Vierge dans le ciel. Nous ne savons pas, il est vrai, comment s’opéra cette merveille. Nous pouvons toutefois nous le figurer, en comparant l’Assomption de la Mère avec l’Ascension du Fils. Supposons donc que Marie ressuscita dans le tombeau, où son âme descendit pour se réunir à son corps, de la même manière que tous les hommes ressusciteront à la fin des siècles.
1) Des milliers d’anges gardaient le sépulcre de la Mère de Dieu. Ils y faisaient entendre des concerts célestes, comme nous l’avons dit plus haut ; et dirigeant de là leurs voix vers le ciel, ils adressaient à Jésus-Christ ces paroles de David : Levez-vous, Seigneur, entrez dans votre repos, vous, et l’arche de votre sanctification. Car ne sera-ce pas vous procurer un délicieux repos d’emmener avec vous l’arche vivante, dans laquelle fut déposé le trésor infini de la sainteté ?
2) Aussitôt l’arche commença à s’élever, portée par les mains des chérubins et des séraphins. Elle franchit majestueusement les régions de l’air, au milieu des acclamations des esprits bienheureux, enivrés d’une joie et d’une allégresse inexprimables, et perçant tous les cieux, elle arriva enfin jusqu’à l’empyrée.
3) Son Fils bien-aimé, qui l’y attendait, la reçut avec un contentement ineffable, et la plaça, en sa qualité d’arche de la nouvelle alliance, dans le Saint des saints, au lieu le plus élevé du temple, c’est-à-dire sur le premier siège d’honneur de la cité de Dieu. Il la couronna ensuite, comme l’arche ancienne, d’une couronne d’or très pur, la revêtant d’une beauté indicible, et environnant son corps d’une clarté qui surpassait la lumière même du ciel. Oh ! Que la Jérusalem céleste fut splendidement éclairée en ce jour par ces deux astres, ce Soleil et cette Lune, Jésus et Marie ! Oh ! Que les anges furent ravis de voir leur Reine ainsi honorée, dans l’espoir que, par son intercession, tant de places laissées vides dans leurs rangs par la chute des esprits rebelles seraient remplies ! Oh ! Combien les autres bienheureux se réjouirent en voyant ainsi glorifiée cette Mère de miséricorde qui devait, par ses prières, ouvrir le ciel à une infinité d’enfants d’Adam, rachetés par le sang de son Fils ! Oh ! Que cette humble Mère fut elle-même comblée d’allégresse lorsqu’elle se vit élevée du plus bas de la terre au plus haut des cieux.
Je me réjouis, ô Mère très sainte, de ce que vous êtes parée aujourd’hui de deux vêtements de gloire : l’un pour votre âme, commun aux autres âmes bienheureuses ; l’autre, par anticipation et par privilège, pour votre corps. Oui, le Seigneur Jésus accomplit fidèlement ses promesses ; car il vous donne au lieu de la cendre, une couronne ; au lieu de larmes, une huile de Joie ; au lieu d’un esprit affligé, un manteau de gloire ; et il veut que, dès maintenant, vous possédiez dans votre terre une double récompense, avec une joie qui ne finira jamais. Ô ma douce Mère, attirez mon esprit au ciel, où vous êtes assise à la droite de votre Fils. Car, où est la Mère, là doivent être les enfants ; où est le corps, là les aigles se rassembleront. Qui me donnera les ailes de l’aigle, afin que je vole jusqu’au ciel, et que j’y contemple la gloire de votre corps sacré ! Apprends, ô mon âme, à t’élever dans un saint transport au-dessus de toi-même, au-dessus de toutes les créatures. Oublie les choses de la terre, et ne soupire plus qu’après celles du ciel. Là est ton Père céleste ; là est ta glorieuse Mère ; humilie-toi comme elle en ce monde, et tu participeras à son élévation dans le royaume éternel. Ainsi soit-il.
Considérons enfin l’entrée triomphante de la Reine du ciel dans le séjour des bienheureux. À peine eut-elle rendu le dernier soupir, que son âme, dégagée des liens du corps, s’envola au ciel, et entra au même moment dans la gloire qui lui était préparée. Mais afin de mieux comprendre ce mystère, il faut méditer successivement, à notre manière, ce qui s’exécuta en un seul et même instant.
1) Représentons-nous l’accueil plein de tendresse que Jésus fit à sa Mère, et la joie ineffable dont il se plut à la combler. C’est alors que s’accomplirent ces paroles de l’Épouse : Sa main gauche est sous ma tête, et il m’embrasse de sa main droite. Il l’avait soutenue, pendant sa vie, par la contemplation des mystères et des œuvres de son humanité, figurée par la main gauche : et maintenant, il l’embrasse et l’environne par la vue claire de sa divinité, signifiée par la main droite. Oh i qui pourrait exprimer l’allégresse de cette âme bienheureuse en ce premier moment ! Avec quel transport et quel amour ne dit-elle pas : J’ai trouvé celui que j’aime ; je le tiens, et je ne le laisserai point aller qu’il ne m’emmène avec lui, et ne m’introduise dans la maison de ma mère, dans la Jérusalem céleste !
Ô glorieuse Vierge, obtenez-moi une si parfaite pureté de cœur, et une charité si ardente, que mon âme, au sortir de son corps, soit reçue entre les bras de son Bien-aimé, et qu’elle monte avec lui dans la maison de ma mère, c’est-à-dire dans le ciel, où vous, qui êtes ma vraie Mère, vivez enivrée dans la compagnie de votre Fils, durant les siècles des siècles.
2) Imaginons l’illustre cortège des neuf chœurs des anges qui accompagnent leur auguste Reine dans son Assomption. Ils la saluent, dit saint Athanase, en lui donnant mille titres d’honneur ; ils lui témoignent la joie qu’ils ressentent de conduire leur souveraine dans la cité du Dieu vivant ; ils la félicitent des grandes choses que Dieu a faites en elle ; ils chantent d’une voix unanime la salutation de l’archange Gabriel, où sont compris en abrégé ses plus glorieux privilèges. Pour nous, nous nous mêlerons en esprit parmi les hiérarchies célestes ; nous chanterons avec elles les louanges de la Mère de Dieu ; nous célébrerons son triomphe, et nous lui dirons, comme les Hébreux à Judith leur libératrice :
Vous êtes la gloire de Jérusalem, de l’Église militante, de l’Église triomphante ; vous êtes la joie des vrais Israélites, de ceux qui voient Dieu par la contemplation en cette vie, et de ceux qui le voient en l’autre par la lumière de la gloire ; vous êtes l’honneur de notre peuple, parce que vous avez agi avec courage, et que vous avez gardé une chasteté parfaite. C’est pourquoi vous serez bénie éternellement ; et le Seigneur bénira, en votre considération ; tous ceux que vous aurez pris sous votre maternelle et puissante protection.
3) Remarquons que Marie fut portée au ciel, non par les anges, comme Lazare avait été porté dans le sein d’Abraham ; mais par les mains et dans les bras de son divin Fils. Ainsi voulut-il reconnaître les services qu’elle lui avait rendus, et les caresses qu’elle lui avait faites, lorsqu’elle le portait dans ses bras pendant son enfance. C’est ce qui remplissait d’étonnement les esprits célestes. Quelle est celle-ci, se demandaient-ils, qui monte du désert, pleine de délices, appuyée sur son Bien-Aimé ? Comme s’ils disaient : Quelle est cette Vierge privilégiée qui sort du monde, désert stérile, où il n’y a que travail et que douleur ; et qui néanmoins est riche, heureuse, opulente, pleine de délices spirituelles, appuyée, non sur elle-même, non sur les anges, mais sur le Seigneur qu’elle aime uniquement ?
C’est ainsi qu’elle s’éleva jusqu’au plus haut des cieux, aux applaudissements universels de la cour céleste, et au plein contentement de la très sainte Trinité. Le Père éternel se réjouissait d’avoir auprès de lui sa Fille chérie ; le Fils, de posséder sa douce Mère ; le Saint-Esprit, de voir en sa compagnie son Épouse bien-aimée. Oh ! Quelle réception pleine d’allégresse ! Quels tendres baisers de paix ! Quels affectueux embrassements ! quels colloques amoureux entre une telle Fille et un semblable Père, une telle Mère et un pareil Fils, une telle Épouse et un tel Époux ; entre les trois Personnes divines délibérant sur les moyens d’honorer la Reine des vertus
Le fruit principal que nous devons retirer de cette contemplation, c’est un désir efficace d’imiter Marie dans la plus glorieuse des entreprises, celle de gagner le ciel, commençant à nous y disposer dès maintenant. En premier lieu, nous renoncerons de cœur au monde, le considérant comme un désert, et nous privant des plaisirs des sens, pour nous rendre capable de goûter les délices de l’esprit. En second lieu, nous nous efforcerons d’avancer et de monter chaque jour dans le chemin de la vertu, ne nous appuyant ni sur nos propres forces, ni sur un bras de chair, mais sur le bras du Tout-Puissant qui est seul notre force et notre soutien. En troisième lieu, nous ferons en sorte de nous réjouir toujours en Dieu et dans les œuvres de son service. Nous mériterons ainsi de recevoir ses dons avec abondance, et d’être riche en Jésus-Christ ; et il ne nous manquera aucune des grâces qui nous sont nécessaires pour attendre avec confiance le jour où il daignera nous manifester sa gloire.

Méditations sur les mystères de notre sainte foi
du vénérable père Du Pont, s. j.
Et tous furent remplis du Saint-Esprit.
1) Considérons la bonté et la libéralité des trois personnes divines : du Père et du Fils qui envoient le Saint-Esprit ; du Saint-Esprit qui veut bien se donner Lui-même. Parmi les disciples réunis dans le cénacle, il y a inégalité de rang et de mérites ; cet Esprit divin les remplit tous de ses dons, les comble tous de joie et se donne tout entier à chacun d’eux, en sorte que tous sont vraiment pleins du Saint-Esprit, tous contents et satisfaits, sans désirer pour lors autre chose que Dieu. Il remplit principalement les puissances de leur âme et n’en laisse aucune vide. Il imprime dans leur mémoire les saintes Écritures afin qu’ils s’en souviennent toutes les fois qu’ils en auront besoin ; Il éclaire leur intelligence afin qu’ils comprennent tous les mystères qui y sont cachés ; Il grave en un instant dans leur cœur la loi de la charité en traits si profonds que, quand il n’y aurait au monde ni Loi écrite, ni Évangile, ils seraient eux-mêmes une loi vivante et l’Esprit qui les enseigne intérieurement la leur ferait observer dans toute sa perfection. En un mot, Il exerce à l’égard de chacun des disciples tous les offices qui Lui sont propres. Comme un vent rafraîchissant, Il les récrée avec suavité ; comme un soleil, Il les inonde de lumière ; comme un feu, Il les pénètre d’une chaleur céleste ; comme médecin, Il les guérit de tous leurs maux ; comme maître, Il leur apprend toutes choses et fait d’eux les maîtres des nations. De timides, Il les rend courageux ; de faibles, forts ; d’ignorants, savants ; d’envieux, charitables ; d’ambitieux, humbles ; d’imparfaits, consommés en toutes les vertus. Ô changement prodigieux ! Ô miracle de la droite du Très-Hauts ! Ô puissance infinie de l’Esprit de Dieu ! Ce que Jésus, durant trois ans, n’a fait ni par ses prédications, ni par ses exemples, ni par ses miracles, l’Esprit de Jésus, qui est la vertu d’en haut, l’opère en un moment, sans peine et sans travail.
Ô mon Sauveur, envoyez-moi ce divin Esprit afin qu’Il me change en un homme nouveau, entièrement selon votre cœur. Venez, Esprit sanctificateur ; remplissez-moi de vos dons afin que je vive non plus d’une vie terrestre, mais d’une vie céleste ; détachez-moi des biens passagers de ce monde et faites que je ne cherche ni ne désire rien hors de Vous, puisque je trouve et possède tout en Vous.
2) Tous les disciples, il est vrai, furent remplis du Saint-Esprit ; tous cependant ne le reçurent pas avec une égale plénitude. On remplit d’eau deux vases d’une grandeur inégale ; celui qui a plus de capacité en reçoit plus que celui dont la capacité est moindre. C’est ainsi que, parmi les disciples, ceux qui étaient le mieux disposés eurent une part plus abondante aux dons de l’Esprit-Saint. D’où il suit que la très sainte Vierge reçut, elle seule, plus de grâces que tous les autres ensemble, les apôtres plus que le reste des disciples, tous heureux, tous louant et remerciant le Seigneur de la faveur insigne qu’Il venait de leur accorder. Réjouissons-nous nous-même du bonheur qui leur est commun ; mais félicitons surtout la Reine du ciel des grâces extraordinaires dont elle est comblée et de la joie qu’elle ressent de voir tous les apôtres et tous les disciples remplis de l’Esprit de Dieu, selon la promesse de son divin Fils.
3) Puisqu’il est certain que le Saint-Esprit se communique avec plus de profusion aux âmes qu’Il trouve mieux disposées, excitons en nous un vif désir de préparer la nôtre avec toute la ferveur possible de Le recevoir. Quatre vertus contribueront à cette préparation. La première est la pureté de conscience ; nous l’obtiendrons en nettoyant avec soin le vase où l’Esprit-Saint doit verser ses dons. La seconde est la pureté de cœur ; nous viderons le nôtre de lui-même et de tout esprit contraire à celui de Dieu. La troisième est la confiance en Dieu ; cette vertu élargit et dilate le cœur de l’homme, non selon la mesure des mérites de l’homme-même, mais selon celle des mérites de Jésus-Christ et de sa bonté infinie. La quatrième est une oraison fervente ; elle attire le Saint-Esprit en lui demandant que, dans la distribution de ses grâces, Il ait plus égard à ce qu’Il est qu’à ce que je suis, à sa grandeur qu’à ma bassesse. Plus je m’efforcerai de pratiquer ces quatre vertus, plus j’acquerrai de dispositions pour recevoir l’Esprit-Saint avec l’abondance de ses richesses.
Ô Dieu tout-puissant, qui avez dit à votre peuple : Ouvrez votre bouche, dilatez votre cœur, et je le remplirai, voici que j’ouvre ma bouche pour attirer votre divin Esprits ; je ne souhaite rien tant que d’avoir une âme assez grande pour contenir tous ses trésors. Remplissez mon cœur tel qu’il est et étendez-le toujours davantage par votre miséricorde afin que, s’agrandissant de plus en plus, rien ne l’empêche de recevoir sans cesse de nouvelles faveurs.
4) Considérons que la plénitude avec laquelle les disciples reçurent le Saint-Esprit, fut en rapport non seulement avec leurs dispositions personnelles, mais encore avec leurs différents ministères. Car Dieu notre Seigneur ne manque jamais de donner à chaque homme en particulier la grâce qui lui est nécessaire pour s’acquitter des fonctions qu’Il lui confie et pour satisfaire aux obligations de l’état auquel Il l’appelle. C’est ainsi qu’Il remplit de grâces la glorieuse Vierge, saint Jean-Baptiste et les apôtres, proportionnant ses dons à leur dignité et à leur emploi. Il en use de même aujourd’hui à l’égard de ceux qu’Il destine à quelque état ou à quelque ministère dans l’Église.
Contemporain de François de Sales et de Vincent de Paul, Josaphat Kuncewiez a l’allure d’un moine grec du XIe siècle, pénitent à la façon d’un ascète de la Thébaïde. Étranger à la culture intellectuelle de l’Occident, il ne connaît que les livres liturgiques et les textes sacrés à l’usage de son église ; prêtre, archimandrite[1], réformateur de son Ordre basilien[2], et enfin archevêque, il combat toute sa vie contre les conséquences du schisme de Photius[3] ; et, martyr, il cueille enfin dans cette lutte la palme de la victoire. Cependant, la scène se passe en pleine Europe, dans des contrées soumises alors à la Pologne catholique, sous le règne du plus pieux de ses rois. Comment expliquer ce mystère ?
« Au lendemain des invasions mongoles, la Pologne reçut dans ses bras bien plus qu’elle ne conquit la nation ruthène, c’est-à-dire les Slaves du rit grec du Dniepr et de la Dina, qui avaient formé autour de Kiev – leur métropole religieuse et leur capitale – le noyau primitif de cette puissance appelée aujourd’hui la Russie. En faisant participer à sa vie nationale ces frères séparés, mais non pas ennemis de l’unité romaine, qui venaient à elle pleins de confiance dans sa force et dans son équité, la Pologne aurait assuré le triomphe de la cause catholique et sa propre hégémonie dans le monde slave tout entier. L’union au Pontife romain des nouveaux arrivants, qui avec plus d’esprit politique et de zèle religieux, aurait dû être conclue dès le XIVe siècle, ne fut proclamée qu’en 1595.
« Ce fut l’Union de Brest-Litovsk. Par le pacte signé dans cette petite ville de Lituanie, le métropolite de Kiev et les autres évêques grecs, sujets de la Pologne, déclaraient rentrer dans la communion du Saint-Siège apostolique. Chefs spirituels de la moitié de la nation, ils achevaient ainsi la fusion des trois peuples ruthène, lithuanien et polonais, réunis alors sous le sceptre de Sigismond III. Or une réforme religieuse, fût-elle décrétée dans un concile, ne devient une réalité que si des hommes de Dieu, de vrais apôtres et, au besoin, des martyrs apparaissent pour la consommer. Tel fut le rôle de saint Josaphat, l’apôtre et le martyr de l’Union de Brest-Litovsk. Ce qu’il ne fit pas lui-même, ses disciples l’achevèrent. Un siècle de gloire était assuré à la nation, et sa ruine politique en fut de deux cents ans retardée.
« Mais la Pologne laissa dans un état d’infériorité humiliante ce clergé et ce peuple du rit gréco-slave qui s’abritaient dans son sein ; ses politiques n’admirent jamais dans la pratique que des chrétiens du rit grec pussent être de véritables catholiques, égaux à leurs frères latins. Bientôt cependant, un duel à mort allait s’engager entre la Moscovie, personnifiant l’influence gréco-slave, et la Pologne latine. On sait comment cette dernière fut vaincue. Les historiens signalent les causes de sa défaite ; mais ils oublient d’ordinaire la principale, celle qui l’a rendue irrémédiable : la destruction presque totale de l’Union de Brest-Litovsk, le retour forcé au schisme de l’immense majorité des Ruthènes ramenés autrefois à l’Église catholique par saint Josaphat. La consommation de cette œuvre néfaste, bien plus que les circonstances politiques et les triomphes militaires, a rendu définitive la victoire de la Russie. La Pologne, réduite à ses neuf ou dix millions de Latins, ne peut plus lutter contre sa rivale d’autrefois, devenue sa rude dominatrice d’aujourd’hui.
« La puissance des Slaves séparés de l’unité catholique grandit chaque jour. De jeunes nations, émancipées du joug musulman, se sont formées dans la presqu’île des Balkans ; la fidélité au rite gréco-slave, dans lequel s’identifiaient pour eux leur nationalité et le christianisme, a été la force unique qui a empêché ces peuples d’être broyés sous les pieds des escadrons turcs ; victorieux de l’ennemi séculaire, ils ne peuvent oublier d’où leur est venu le salut : la direction morale et religieuse de ces nations ressuscitées appartient à la Russie. Profitant de ces avantages avec une habileté constante et une énergie souveraine, celle-ci développe sans cesse son influence en Orient. Du côté de l’Asie, ses progrès sont plus prodigieux encore. Le tzar qui, à la fin du XVIIIe siècle, commandait seulement à trente millions d’hommes, en gouverne aujourd’hui cent vingt-cinq et, par la seule progression normale d’une population exceptionnellement féconde, l’Empire comptera avant un demi-siècle, plus de deux cents millions de sujets.
« Pour le malheur de la Russie et de l’Église, cette force est dirigée présentement par d’aveugles préjugés. Non seulement la Russie est séparée de l’unité catholique, mais l’intérêt politique et le souvenir des luttes anciennes lui font croire que sa grandeur est identifiée avec le triomphe de ce qu’elle appelle l’orthodoxie et qui est simplement le schisme photien. Pourtant, toujours dévouée et généreuse, l’Église romaine ouvre les bras pour recevoir sa fille égarée ; et, oubliant les affronts qu’elle en a reçus, elle réclame seulement qu’on la salue du nom de mère. Que ce mot soit prononcé, et tout un douloureux passé sera effacé.
« La Russie catholique, c’est la fin de l’Islam et le triomphe définitif de la Croix sur le Bosphore, sans péril aucun pour l’Europe ; c’est l’empire chrétien d’Orient relevé avec un éclat et une puissance qu’il n’eut jamais ; c’est l’Asie évangélisée, non plus seulement par quelques prêtres pauvres et isolés, mais avec le concours d’une autorité plus forte que celle de Charlemagne. C’est enfin la grande famille slave réconciliée dans l’unité de foi et d’aspirations pour sa propre grandeur. Cette transformation sera le plus grand événement du siècle qui la verra s’accomplir et changera la face du monde.
« De pareilles espérances ont-elles quelque fondement ? Quoi qu’il arrive, saint Josaphat sera toujours le patron et le modèle des futurs apôtres de l’Union en Russie et dans tout le monde gréco-slave. Par sa naissance, son éducation, ses études, toutes les allures de sa piété et toutes les habitudes de sa vie, il ressemblait plus aux moines russes d’aujourd’hui qu’aux prélats latins de son temps. Il voulut toujours la conservation intégrale de l’antique liturgie de son Église, et, jusqu’à son dernier soupir, il la pratiqua avec amour sans altération, sans diminution aucune, telle que les premiers apôtres de la foi chrétienne l’avaient apportée de Constantinople à Kiev. Puissent s’effacer les préjugés, fils de l’ignorance ; et, si décrié, que soit aujourd’hui son nom en Russie, saint Josaphat sera, aussitôt que connu, aimé et invoqué par les Russes eux-mêmes. « Nos frères gréco-slaves ne peuvent fermer plus longtemps l’oreille aux appels du Pontife suprême. Espérons donc qu’un jour viendra et qu’il n’est pas éloigné, dans lequel la muraille de division s’écroulera pour jamais, et le même chant d’action de grâces retentira à la fois sous le dôme de Saint-Pierre et les coupoles de Kiew et de Saint-Pétersbourg. » [4]
Josaphat Kuncewicz naquit de parents nobles et catholiques, à Vladimir en Volhynie. Étant tout petit enfant, tandis qu’il écoutait sa mère lui parler de la passion du Christ devant une image de Jésus crucifié, un trait, parti du côté du Sauveur, vint le blesser au cœur. Embrasé de l’amour de Dieu, il s’adonna dès lors avec une telle ferveur à l’oraison et à d’autres exercices de piété, qu’il était un modèle et un sujet d’admiration pour les jeunes gens plus âgés que lui. À vingt ans, entrant dans le cloître, il embrassa la vie monastique parmi les religieux de l’Ordre de saint Basile et fit de merveilleux progrès dans la perfection évangélique. Il marchait nu-pieds, malgré l’excessive rigueur de l’hiver dans ces contrées, ne mangeait jamais de viande, et ne prenait de vin que par obéissance ; jusqu’à la fin de sa vie, un cilice très rude affligea son corps. Josaphat conserva inviolée la fleur de sa chasteté qu’il avait dès l’adolescence consacrée à la Vierge Mère de Dieu. La renommée de sa science et de ses vertus n’ayant pas tardé à se répandre, on le chargea, quoique très jeune encore, de gouverner le monastère de Bytène ; peu de temps après, il devint Archimandrite de Vilna, et enfin, bien malgré lui, mais sur les instances des catholiques, fut nommé archevêque de Polotsk.
Revêtu de cette dignité, Josaphat ne se relâcha en rien du genre de vie qu’il menait auparavant, et eut uniquement à cœur de favoriser le culte divin et d’assurer le salut du troupeau confié à sa vigilance. Énergique défenseur de l’unité et de la vérité catholiques, il travailla de tout son pouvoir à faire rentrer les schismatiques et les hérétiques dans la communion avec la chaire de saint Pierre. Il ne cessa de prendre la défense du souverain Pontife et de la plénitude de son autorité contre les calomnies impudentes et les erreurs des impies, soit par des discours, soit par des écrits pleins de piété et de doctrine. Il revendiqua la juridiction épiscopale et les biens de l’Église, que des laïques avaient usurpés. On aurait peine à croire combien d’hérétiques furent ramenés par lui dans le sein maternel de l’Église. Les déclarations des souverains Pontifes attestent expressément que Josaphat a été le plus illustre promoteur de l’union de l’Église grecque avec l’Église latine. À cette fin, et aussi pour rendre aux édifices sacrés leur magnificence, construire des demeures destinées aux vierges consacrées au Seigneur et soutenir d’autres œuvres pies, il donna spontanément les revenus de son évêché. Sa libéralité envers les indigents alla si loin que, un jour, ne trouvant plus rien pour soulager la misère d’une pauvre veuve, il fit mettre en gage son pallium épiscopal.
Un si grand développement de la foi catholique excita la haine de certains hommes corrompus, au point qu’il se forma un complot pour attenter à la vie de ce champion du Christ. Dans un sermon à son peuple, le saint annonça lui-même la mort dont il était menacé. Comme il s’était rendu à Vitebsk dans le but d’y faire la visite pastorale, les conspirateurs envahissent le palais archiépiscopal, frappent et massacrent tous ceux qu’ils y rencontrent. Aussitôt Josaphat, admirable de douceur, s’élance au-devant de ceux qui le cherchent et, leur adressant avec charité la parole : « Mes chers enfants, leur dit-il, pourquoi maltraiter mes serviteurs ? Si c’est à moi que vous en voulez, me voici. » Aussitôt les meurtriers se précipitent sur lui, l’accablent de coups, le percent de leurs armes, jusqu’à ce qu’enfin, l’ayant tué d’un violent coup de hache, ils jettent son cadavre dans le fleuve. C’était le douzième jour de novembre, de l’an mil six cent vingt-trois, Josaphat étant alors dans la quarante-troisième année de son âge. Son corps, entouré d’une merveilleuse lumière, fut retiré du fond du fleuve. Les meurtriers du martyr furent les premiers à ressentir les effets salutaires de son sang : condamnés presque tous à la peine capitale, ils abjurèrent le schisme et reconnurent l’horreur de leur crime. Le saint Évêque après sa mort, s’étant illustré par de nombreux miracles, le souverain Pontife Urbain VIII lui décerna les honneurs de la béatification. Pie IX, le vingt-neuf juin mil huit cent soixante-sept, à l’occasion des fêtes solennelles célébrées pour honorer le centenaire des princes des Apôtres, devant l’assemblée des Cardinaux, en présence des Patriarches, Métropolitains et Évêques de tous les rites, venus de toutes les parties du monde et réunis au nombre de cinq cents environ dans la basilique Vaticane, le mit solennellement au nombre des saints, comme étant, parmi les Orientaux, le premier défenseur de l’unité de l’Église. Le souverain Pontife Léon XIII a étendu à l’Église universelle l’office et la messe de saint Josaphat.
« Daignez, Seigneur, nous écouter et susciter en votre Église l’Esprit dont fut rempli le bienheureux Josaphat, votre Martyr et Pontife. » Ainsi, dans la collecte de cette fête, prie aujourd’hui la Mère commune ; et l’Évangile achève de montrer son désir d’obtenir des chefs qui vous ressemblent. Le texte sacré nous parle du faux pasteur qui fuit dès qu’il voit le loup venir ; mais l’Homélie qui l’explique dans l’Office de la nuit flétrit non moins du titre de mercenaire le gardien qui, sans fuir, laisse en silence l’ennemi faire son œuvre à son gré dans la bergerie. Ô Josaphat, préservez-nous de ces hommes, fléau du troupeau, qui ne songent qu’à se paître eux-mêmes. [5] Puisse le Pasteur divin, votre modèle jusqu’à la fin, jusqu’à la mort pour les brebis, revivre dans tous ceux qu’il daigne appeler comme Pierre en part d’un plus grand amour.
Apôtre de l’unité, secondez les vues du Pontife suprême rappelant au bercail unique ses brebis dispersées. Les Anges qui veillent sur la famille Slave ont applaudi à vos combats : de votre sang devaient germer d’autres héros ; les grâces méritées par son effusion soutiennent toujours l’admirable population des humbles et des pauvres de la Ruthénie, faisant échec au schisme tout-puissant ; tandis que, sur les confins de cette terre des martyrs, renaît l’espérance avec le renouvellement de l’antique Ordre basilien dont vous fûtes la gloire. Puissent-elles ces grâces déborder sur les fils des persécuteurs ; puisse l’apaisement présent préluder au plein épanouissement de la lumière, et les ramener à leur tour vers cette Rome qui a pour eux les promesses du temps comme de l’éternité !
[1] Équivalent d’un père abbé monastique.
[2] Ordre monastique oriental fondé par saint Basile.
[3] Premier patriarche de Constantinople à avoir rompu l’union avec Rome. Ce schisme fut consommé en 1054 par Michel Cérulaire.
[4] Rme D. A. Guépin, Un apôtre de l’union des Églises au XVIIe siècle, saint Josaphat ; Avant-propos, passim.
[5] St Jean Chrysostome, homélie 69 sur s. Jean.
Livre 3, chapitre 31
Fils de Léovigilde, roi des Visigoths, le roi Herménégilde, fut converti de l’hérésie arienne à la foi catholique par les prédications du vénérable Léandre, Évêque de Séville, avec lequel je suis lié depuis longtemps d’une étroite amitié. Son père, demeuré arien, s’efforça, et de le gagner par des promesses, et de l’effrayer par des menaces, pour le ramener à l’hérésie. Comme Herménégilde répondait avec une constance inébranlable qu’il ne pourrait jamais quitter la vraie foi après l’avoir connue, son père irrité le priva de ses droits au trône et le dépouilla de tous ses biens. Un traitement si dur n’ayant pu abattre son courage,- Léovigilde le fit jeter dans une étroite prison et charger de fers au cou et aux mains. Le jeune roi commença alors à mépriser les royaumes de la terre, et à rechercher par les plus ardents désirs le royaume du ciel. Couvert d’un ciliée, et gisant à terre accablé par ses liens, il adressait des prières au Dieu tout-puissant, pour qu’il le fortifiât ; et plus il reconnaissait par sa captivité même le néant des biens qui avaient pu lui être ravis, plus il regardait avec dédain la gloire de ce monde qui passe.
La fête de Pâques étant survenue, son perfide père lui envoya durant le silence d’une nuit profonde un Évêque arien, afin qu’il reçût la communion eucharistique de cette main sacrilège, et qu’il rentrât par ce moyen en grâce auprès de son père. Mais Herménégilde, tout dévoué à Dieu, adressa à l’Évêque arien, quand il l’aborda, les reproches qu’il était de son devoir de lui faire, et repoussa avec une juste indignation ses propositions insidieuses ; car, s’il gisait corporellement sous le poids de ses chaînes, intérieurement il se tenait dans une sécurité profonde et conservait toute l’élévation de son âme. Mais quand l’Évêque revint auprès de Léovigilde, ce prince arien frémit de rage et envoya aussitôt ses appariteurs pour tuer dans sa prison le très courageux confesseur de la foi ; ces ordres s’exécutèrent. Dès que les satellites furent entrés, ils lui fendirent la tête d’un coup de hache, mais en lui ôtant ainsi la vie du corps, ils ne purent lui enlever que ce que l’héroïque victime avait constamment méprisé en sa personne. Les miracles ne manquèrent pas pour manifester la véritable gloire dont il jouissait ; dans le silence de la nuit on entendit tout à coup le chant des Psaumes qui retentissait près du corps de ce roi martyr, d’autant plus véritablement roi qu’il avait obtenu la couronne du martyre.
Quelques-uns rapportent aussi que des flambeaux allumés parurent la nuit autour de son corps, ce qui porta tous les fidèles à le révérer comme celui d’un Martyr, ainsi qu’ils le devaient. Le père, plein de perfidie et souillé du sang de son fils, se sentit enfin touché de repentir ; il déplora ce qu’il avait fait, mais ce regret n’alla pas jusqu’à lui obtenir le salut. Tout en reconnaissant la vérité de la foi catholique, il fut retenu par la crainte que lui inspirait son peuple, et n’eut pas le courage de se convertir. Une maladie l’ayant réduit à l’extrémité, il recommanda à l’Évêque Léandre, qu’il avait auparavant persécuté avec tant de rigueur, le roi Récarède. son fils, qu’il laissait plongé dans l’hérésie, afin que les exhortations du saint Prélat opérassent en lui l’heureux changement qu’elles avaient produit en son frère. Après avoir fait cette recommandation, Léovigilde mourut. Le roi Récarède, suivant alors, non les traces de son coupable père, mais l’exemple de son frère le Martyr, renonça aux erreurs de l’hérésie arienne, amena à la vraie foi toute la nation des Visigoths, et refusa de recevoir sous ses étendards, dans tout son royaume, ceux qui ne craindraient pas de se constituer les ennemis de Dieu en restant infectés d’hérésie. Il ne faut pas s’étonner que le frère d’un Martyr soit devenu le prédicateur de la vraie foi : les mérites du second aident le premier à ramener un grand nombre d’âmes au sein [de l’Église] du Dieu tout-puissant.
Sur le trône royal de la vaillante Ibérie,
Ô Herménégilde, lumière et gloire des martyrs,
Que l’amour du Christ introduit
Aux saintes assemblées du ciel,
Tu demeures inébranlable dans la souffrance
Pour garder à Dieu le service juré ;
Rien à tes yeux ne surpasse cet honneur
Et sagement, tu écartes les plaisirs dangereux.
Comme tu contiens ces passions
Qui servent de nourriture au vice naissant,
Tu marches sans hésiter
Sur le chemin où la vérité te guide.
Honneur continuel au Père, Seigneur du monde
Et que nos prières célèbrent le Fils,
Qu’elles exaltent le divin Flamine
par des louanges souveraines.
Amen.
Par aucune flatterie, ton père ne t’entraîne,
Tu n’es pris ni par le repos d’une vie opulente
Ni par l’éclat des diamants
Ni par l’ambition de régner.
De ses cruelles menaces, le tranchant du glaive
Ne t’effraie pas plus que l’homicide fureur
Du bourreau car, comparant le durable au périssable,
Tu préfères les joies du ciel.
Et maintenant, protège-nous du séjour d’en-haut
Dans ta clémence et, tandis que nous chantons
La palme que ta mort a conquise,
D’une oreille favorable reçois nos prières.
Honneur continuel au Père, Seigneur du monde
Et que nos prières célèbrent le Fils,
Qu’elles exaltent le divin Flamine
par des louanges souveraines.
Amen.
Le mystère de la Pâque nous apparaît aujourd’hui à travers les palmes d’un Martyr. Herménégilde , jeune prince visigoth, est immolé par l’ordre d’un père que l’hérésie aveugle ; et la cause de son trépas est la constance avec laquelle il a repoussé la communion pascale qu’un évêque arien voulait le contraindre à recevoir de ses mains. Le martyr savait que la divine Eucharistie est le signe auguste de l’unité catholique, et qu’il n’est pas permis de participer à la chair de notre Agneau pascal avec ceux qui ne sont pas dans la véritable Église. Une consécration sacrilège peut mettre les hérétiques en possession du divin Mystère, si le caractère sacerdotal existe en celui qui a osé franchir la barrière de l’autel du Dieu qu’il blasphème ; mais le catholique qui sait qu’il ne lui est pas même permis de prier avec les hérétiques, tremble à la vue du Mystère profané, et s’éloigne pour ne pas faire outrage au Rédempteur jusque dans le Mystère qu’il n’a établi que pour s’unir à ses fidèles.
Le sang du martyr fut fécond. L’Espagne asservie à l’erreur secoua ses chaînes ; un concile tenu à Tolède consomma la réconciliation que la sainte victime avait commencée. Ce fut un spectacle sublime et rare dans les siècles de voir une nation entière se lever pour abjurer l’hérésie ; mais cette nation a été bénie du ciel. Soumise bientôt à la terrible épreuve de l’invasion sarrasine, elle sut en triompher par ses armes, et sa foi toujours pure depuis lui a mérité le plus beau des titres pour un peuple, celui de Catholique.
Le Pape Urbain VIII a composé les deux Hymnes pour l’Office du saint Martyr.
Courageux témoin de la vérité du Symbole de la foi, Herménégilde, nous vous offrons aujourd’hui nos hommages et nos actions de grâces.
Votre mort courageuse a montré l’amour que vous aviez pour le Christ, et votre mépris des honneurs de la terre nous apprend à les mépriser. Né pour le trône, un cachot est devenu votre séjour ici-bas ; et c’est de là que vous êtes parti pour le ciel, le front ceint des palmes du martyre, couronne mille fois plus éclatante que celle qui vous était offerte pour prix d’une honteuse apostasie. Priez maintenant pour nous ; l’Église, en inscrivant votre nom sur le Cycle sacré, vous y convie en ces jours. La Pâque fut le jour de votre triomphe ; obtenez qu’elle soit pour nous une véritable Pâque, une complète résurrection qui nous conduise sur vos traces jusqu’à l’heureux séjour où vos yeux contemplent Jésus ressuscité. Rendez-nous fermes dans la foi, dociles à l’enseignement de la sainte Église, opposés à toute erreur et à toute nouveauté. Veillez sur l’Espagne votre patrie, qui doit à votre sang versé en témoignage de la vraie foi tant de siècles de pure orthodoxie ; préservez-la de toute défection, afin qu’elle ne cesse jamais de mériter le beau titre qui fait sa gloire.
Méditations sur les mystères de notre sainte foi
du vénérable père Du Pont, s. j.
1) Tous les disciples du Sauveur, en compagnie de sa bienheureuse Mère, étant arrivés au mont des Oliviers, Il leur apparut avec une douceur ravissante et un éclat incomparable. Au lieu de les embrasser comme des amis dont Il était sur le point de se séparer, Il leur permit de baiser les plaies sacrées de ses pieds et de ses mains, d’où émanait une odeur très suave qui leur réconfortait le cœur. La très pure Marie se présenta la première, et, en qualité de mère, elle colla ses lèvres sur la plaie du côté, dans lequel elle aurait souhaité entrer, pour monter au ciel avec son Fils. Mais elle était trop résignée à la volonté de Dieu pour désirer autre chose que ce qu’Il voulait. Saint Pierre, saint Jean ainsi que les autres apôtres et les disciples s’approchèrent ensuite et baisèrent avec une dévotion et une vénération singulières les cicatrices des mains et des pieds de leur divin Maître.
2) Après cette touchante cérémonie, le Sauveur, au rapport de saint Luc, leva les mains et les bénit.
D’abord, Il leva les mains pour signifier que la bénédiction qu’Il se préparait à donner à ses amis avait pour but d’attirer sur eux, non les biens de la terre, mais ceux du ciel ; biens qui sont le fruit de sa mort sur la croix à laquelle ont été attachées ses mains divines. Il les leva toutes deux, parce que toutes deux ont été élevées étendues, et clouées au bois de son supplice ; toutes deux encore, pour représenter l’abondance de ses bénédictions et pour nous montrer qu’il est prêt à verser sur nous à pleines mains les richesses de la grâce et de la gloire. Cette considération doit produire en nous des sentiments de louange et de reconnaissance, que l’on pourrait exprimer par ces paroles du grand Apôtre : Béni soit Dieu, le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui nous a comblés de toutes les bénédictions spirituelles et célestes, par les mérites de son Fils.
Ô mon Sauveur, digne d’être béni à jamais, je vous le demande par ces mains que Vous avez levées sur la croix avec autant de douleur que d’amour, pour attirer sur moi les bénédictions d’en haut, daignez les lever encore maintenant pour bénir votre serviteur. De mon côté, je lèverai les miennes vers Vous par de ferventes prières et par des œuvres qui méritent que Vous me donniez votre bénédiction.
Ensuite Jésus bénit ses disciples, accompagnant son geste de paroles qui déclaraient la nature des biens qu’Il leur souhaitait et qu’Il demandait pour eux à son Père. On ne sait pas précisément de quels termes Il se servit, ni quelle grâce en particulier Il leur souhaita ; mais il est probable qu’Il employa quelqu’une des formules que Dieu avait dictées à Moïse et que les prêtres de l’ancienne loi devaient prononcer pour bénir les enfants d’Israël. Il leur dit donc, par exemple : Que le Seigneur vous bénisse et qu’Il veille sur vous ; que le Seigneur vous regarde d’un œil favorable et qu’Il ait pitié de vous ; que le Seigneur tourne son visage vers vous et qu’Il vous donne la paix. Peut-être aussi répéta-t-Il quelque passage de la prière qu’Il avait faite pour eux dans son discours de la Cène, où Il exprime les derniers vœux qu’Il adressa en leur faveur à son Père céleste : Père saint, conservez en votre nom ceux que Vous M’avez donnés, afin qu’ils soient un comme nous ; prenez-les sous votre puissante protection ; qu’ils Me suivent un jour dans votre royaume, pour y contempler la gloire que Je tiens de Vous, parce que Vous M’avez aimé avant la création du monde. Et comme les bénédictions du Fils de Dieu ne sont pas de simples paroles, mais des effets réels, en souhaitant à ses disciples l’abondance des biens du ciel, Il les combla lui-même de tous les dons surnaturels qu’Il demandait pour eux.
Ô mon Jésus, qui, lorsque Vous bénissiez vos premiers disciples, aviez présents à l’esprit tous ceux qui devaient croire en vous dans la suite des âges, faites-moi part de cette bénédiction, de laquelle dépend mon bonheur. Ne me rejetez pas comme Ésaü, qui ne put obtenir d’Isaac son père, une bénédiction pleine et entière. Bénissez-moi, Père infiniment bon, avant de me quitter ; mais que votre bénédiction attire sur moi les biens du ciel, non ceux de la terre puisque ce ne sont pas les biens de la terre, mais ceux du ciel qui peuvent me rendre heureux.
Le Seigneur, ayant béni ses disciples, se sépara d’eux, et ils Le virent s’élever peu à peu de la terre vers le ciel. Il y monta, non comme le prophète Élie, sur un char de feu, mais par sa propre vertu ; sa divinité, semblable à la flamme la plus pure et la plus ardente, Le transportant par un mouvement naturel au plus haut des cieux. Il s’élevait ainsi, accompagné de toutes les âmes des justes et d’un grand nombre d’esprits célestes qui étaient venus au-devant de lui. Les disciples suivaient des yeux le corps de leur. Maître, et sentaient leurs cœurs partagés par trois sentiments.
Le premier était un sentiment d’admiration. Quoi de plus nouveau que de voir un homme s’élever de lui-même dans les airs, sans difficulté et sans efforts, avec des marques illustres de puissance et de grandeur !
Le second, un sentiment de joie inexprimable. Ils se réjouissaient de voir que leur Maître était dans l’allégresse et commençait à faire éclater sa divinité. Ils n’eurent garde de déchirer leurs vêtements, comme Élisée déchira les siens lorsque Élie fut enlevé au ciel. Loin de là, ils furent ravis de voir leur Seigneur monter dans sa gloire avec tant de majesté.
Enfin, le troisième sentiment était un désir extrême de suivre celui qu’ils aimaient uniquement. Leurs cœurs du moins ne consentirent point à se séparer de Lui ; et c’est alors que s’accomplit à la lettre cette prophétie de David : En s’élevant vers le ciel, Il entraîna après Lui la captivité captive. Il emmena en effet deux sortes de captifs. Les uns, à savoir, tous les justes qu’Il avait retirés des Limbes, Le suivirent véritablement et en personne ; les autres, comme sa Mère et ses disciples, Le suivaient de toutes les affections de leurs cœurs, que l’amour avait attachés et inséparablement unis au sien.
Oh ! Que n’ai-je été du nombre de ces heureux captifs ! – Ô mon Jésus, captivez mon cœur et emmenez-le au ciel, afin qu’il y soit toujours en votre compagnie. Quelle joie je ressens de Vous voir au milieu des airs, comme un aigle qui excite ses petits à prendre leur essor et à voler après lui. Donnez-moi, Seigneur, les ailes de l’aigle, afin que je Vous suive partout. Que toute mon ambition soit de m’élever avec Vous au-dessus des choses terrestres. Hors de Vous, je ne veux rien sur la terre, et je n’ai d’autre désir que de jouir de votre présence dans le ciel.
Cela reste un lieu commun de penser que le Moyen Âge a cru en une terre plate, par ignorance scientifique autant que coercition religieuse. Il aurait fallu attendre les navigateurs, Colomb ou Magellan, ou encore les astronomes modernes, Copernic ou Galilée, pour que les ténèbres se dissipent et qu’enfin la Terre devînt ronde.
Or, de l’Antiquité grecque à la Renaissance européenne, on n’a pratiquement jamais défendu et encore moins enseigné, en Occident, l’idée que la Terre était plate.
Continuer la lecture de « La Terre plateEn l’absence de notice de Dom Guéranger dans l’Année Liturgique, voici celle du bréviaire romain.

Jean Bosco, né dans un humble village, auprès de Castel Nuovo d’Asti, ayant perdu son père fut élevé par sa mère et dès son premier âge fit présager de lui-même des merveilles. Doux de caractère, et enclin à la piété, il se comportait parmi ses égaux avec une singulière autorité, et commença de bonne heure, avec maturité, à trancher leurs différends, à apaiser leurs querelles si facilement éveillées, à contenir les paroles honteuses et les plaisanteries lascives. Dès lors, il s’efforça de les attirer à lui par des paroles agréables, de mêler aux jeux des prières, de leur rappeler avec une merveilleuse abondance et douceur de langage, ce qu’il avait entendu aux sermons à l’église, et de presser les petits enfants d’aller le plus tôt possible et très souvent recevoir comme il convient les sacrements de Pénitence et d’Eucharistie. La beauté modeste de son visage, la douceur de ses mœurs, et la candeur de sa vie très innocente attiraient à lui tous les cœurs. Bien qu’étroitement pressé par la pauvreté de son bien familial, il ait passé une adolescence pleine de labeurs et de soucis, il n’a jamais eu, dans sa joyeuse confiance en Dieu, qu’une seule ambition, recevoir le pouvoir du sacerdoce.
Son vœu s’étant enfin réalisé, il se rendit d’abord à Chieri, puis il gagna Turin, afin d’y progresser plus activement sous le bienheureux maître Joseph Cafasso, dans la science des saints et d’adapter son esprit à l’étude de la doctrine sacrée des mœurs. Mais là, excité tout à la fois et par l’inclination de sa volonté, et par un instinct d’en haut, il tourna toute son application vers les adolescents, pour leur donner les premiers rudiments de la sagesse chrétienne. Leur nombre s’augmentant tous les jours, il chercha non sans une inspiration spéciale d’en haut, un lieu de réunion stable et sûr où il put les rassembler, et après avoir triomphé de longues et dures difficultés il l’établit dans cette partie de la ville qu’on appelle vulgairement Valdocco et se donna tout entier à cette œuvre. Peu après, avec le secours de la Vierge Mère, qui dans un songe de son enfance, lui avait fait pressentir l’avenir, Jean se décida à fonder la Société des Salésiens, dont le but serait de gagner au Christ principalement les âmes des jeunes gens. Il entreprit de même l’institution d’une nouvelle famille de Religieuses qui sous le vocable de la Mère de Dieu Auxiliatrice dirigeraient les jeunes filles dans les voies du Seigneur ; à ces deux fondations il ajouta la pieuse association des coopérateurs destinés à favoriser par leurs bons soins et leur piété les œuvres des Salésiens. C’est ainsi qu’en peu de temps un immense service fut rendu à la société chrétienne et civile.
Brûlant de la passion des âmes, il n’épargna nulle peine et nulle dépense pour faire établir largement et au loin à travers l’univers, des asiles de recueillement pour les adolescents aux jours de fête, des hospices pour les orphelins, des écoles pour les petits garçons d’ouvriers, des maisons pour la nourriture et l’éducation des enfants, et des temples à Dieu. En même temps il ne cessait pas de réchauffer la foi dans les régions subalpines, par sa parole et son exemple, de la défendre à travers toute l’Italie, en composant, éditant et publiant d’excellents livres, ni d’en propager le règne, en envoyant des missionnaires de l’Évangile, aux régions infidèles. Homme de Dieu, simple et droit, armé pour toute œuvre bonne, il se distinguait en toutes sortes de vertus que nourrissait en lui l’ardeur d’une charité très intense. L’esprit constamment élevé en Dieu et comblé de célestes charismes, ce très saint homme ne se laissait ni effrayer par les menaces, ni fatiguer par ses travaux, ni écraser par ses soucis, ni troubler par les adversités. Il recommanda par-dessus tout aux siens trois devoirs de piété : la fréquentation des sacrements de Pénitence et de la sainte Eucharistie, le culte très affectueux de Marie Auxiliatrice et l’obéissance de fils très attachés au Souverain Pontife.
On ne doit pas non plus passer sous silence qu’en de très difficiles circonstances il est allé plus d’une fois trouver le Pontife Romain pour lui demander d’adoucir les maux dérivés des lois portées en ce temps-là, contre l’Église. Ayant ainsi rempli sa vie de tant et de si grandes œuvres et peines, il en acheva le cours au premier jour des Calendes de février, en l’an du salut mil huit cent quatre-vingt-huit, la soixante-treizième année de son âge. Après que beaucoup de miracles l’eurent glorifié, le Souverain Pontife Pie XI, en l’année mil neuf cent vingt-neuf l’inscrivait au nombre des Bienheureux, et cinq ans après au rang des Saints, au jour solennel de Pâques, au dix-neuvième centenaire de la réalisation de la Rédemption du genre humain, devant une foule de pèlerins de toute nation venus à Rome, de toutes les régions du globe.
Bréviaire romain, fête de saint Jean Bosco
Chers fidèles et amis :
Je voudrais partager avec vous brièvement les événements les plus importants
qui ont marqué notre apostolat en Colombie en 2023.
D’une manière générale, ce fut une année mêlée de joies et d’épreuves, comme
le sont toujours nos vies. Continuer la lecture de « Chronique de l’apostolat de la Fidélité Catholique en Colombie en 2023 »
Ami ou Ennemi ? Courageux ou fourbe ? Ceux qui donneront les meilleures réponses en expliquant leur jugement je leur ferai présent d’un livre. Voici le texte à analyser.
Un message diffusé par le cardinal Fridolin Ambongo, président du Sceam (Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar), fait la synthèse des positions des différentes conférences épiscopales du continent africain et répond, en accord avec le Souverain pontife, à l’inquiétude exprimée par des fidèles laïcs, des personnes consacrées et des pasteurs, après la publication de Fiducia Supplicans.
La bénédiction des couples homosexuels proposée par Fiducia supplicans ne peut être mise en œuvre en Afrique « sans s’exposer au scandale », mais chaque évêque sera libre de choisir comment agir dans son diocèse. Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et président du Sceam, a rendu public un message jeudi 11 janvier sur les bénédictions « extra-liturgiques » proposées dans la déclaration du dicastère pour la Doctrine de la foi, qui – rendue publique le 18 décembre dernier – ouvre la possibilité de bénir les couples en situation « irrégulière » au regard de la morale catholique, y compris ceux formés par des personnes de même sexe, mais en dehors de toute ritualisation et imitation du mariage.
Le cardinal Ambongo souligne une spécificité culturelle de l’Afrique, profondément enracinée dans les valeurs de la loi naturelle concernant le mariage et la famille, qui complique l’acceptation des unions de personnes de même sexe, considérées, relève le message du Sceam, « comme contradictoires aux normes culturelles et intrinsèquement mauvaises ».
Continuer la lecture de « Je soumets ce texte à votre jugement.