Marie co-rédemptrice,
c’est « non » déclare le Saint-Siège au nom de Léon XIV

Le dicastère pour la doctrine de la foi vient de publier (4 novembre 2025) un texte sur les titres à donner ou à ne pas donner à la Très Sainte Vierge Marie. Il est précisé que « Le Souverain Pontife Léon XIV, le 7 octobre 2025, Mémoire Liturgique de la Sainte Vierge du Rosaire, il a approuvé la présente Note, délibérée lors de la session ordinaire de ce Dicastère, en date du 26 mars 2025, et en a ordonné la publication. »

Ce document veut mettre fin à l’appellation de Marie Co-rédemptrice. Voici ce qu’on y lit :

« Le Concile Vatican II a évité d’utiliser le titre de Co-rédemptrice pour des raisons dogmatiques, pastorales et œcuméniques.

…l’utilisation du titre de Co-rédemptrice pour définir la coopération de Marie est toujours inopportune. »

En quoi l’œcuménisme importe-t-il ? On ne défini pas les vérités chrétiennes en fonction de l’œcuménisme, c’est-à-dire en fonction des refus opposés par ceux qui n’ont plus la foi. Tenir compte de l’œcuménisme, c’est déclaré que, en considération du refus de la foi catholique par les protestants, on taira désormais certaines vérités. On les taira ou on les refusera.

Comme il n’est pas possible de nier que Marie est co-rédemptrice, on déclare que cette appellation est inopportune. De tout le document, c’est cela qui a été retenu par le monde catholique. Et avec l’approbation explicite de Léon XIV.

Et pourtant :

Léon XIII (1878-1903) : Supremi Apostolatus Officio (1er septembre 1883) : « Rien ne nous est imparti sinon par Marie ». Adjutricem Populi (5 septembre 1895) : « Marie est la Dispensatrice de toutes les grâces ».

Saint Pie X (1903-1914) : Ad Diem Illum (n. 13) : « Marie, associée au Fils dans l’œuvre du salut, est la Réparatrice du monde perdu… Sa douleur au pied de la croix fait partie de la rédemption ».

Benoît XV (1914-1922) : Inter Sodalicia (22 mars 1918) : « Avec son Fils souffrant et mourant, Marie a souffert et agonisé… On peut affirmer véritablement que, conjointement avec le Christ, elle a racheté le genre humain ».

Pie XI (1922-1939) : Explorata Res (2 février 1923) : « La Vierge a participé avec Jésus-Christ à l’acte très douloureux de la rédemption ». Miserentissimus Redemptor (8 mai 1928) : « Marie Co-rédemptrice qui se tenait aux côtés de son très doux Fils souffrant avec Lui quand Il consommait la rédemption du genre humain sur la Croix ».

Pie XII (1939-1958) : Mediator Dei (20 novembre 1947, n. 367) : « Marie, associée au Médiateur divin, coopère dans l’application de la rédemption ». Ad Caeli Reginam (11 octobre 1954, n. 39) : « Marie, Reine de l’Univers, est Médiatrice de toutes les grâces, car de son sein est né l’Auteur de la grâce ».

Saint Bernard de Clairvaux (Docteur de l’Église, XIIe siècle, Sermon sur l’Assomption 2, 4) : « Offre ton Fils, Vierge très sainte… Pour notre réconciliation, offre la Victime céleste ».

Saint Bonaventure (Docteur de l’Église, XIIIe siècle, Speculum Beatae Mariae Virginis 7,65) : « Marie a tant participé à la souffrance du Fils qu’elle aurait souffert tous ses tourments si cela avait été possible ».

Saint Thomas d’Aquin (Docteur de l’Église, XIIIe siècle, Somme Théologique III, q. 26, a. 1 ; q. 48, a. 2) : « Marie, comme Mère de Dieu, coopère dans l’application de la Rédemption, distribuant les mérites infinis du Christ ».

Saint Alphonse-Marie de Liguori (Docteurde l’Église, XVIIIe siècle, Les Gloires de Marie, chap. 1, sect. 3) : « Au Calvaire, Marie a offert au Père la vie de son Fils pour notre salut… Ainsi elle est devenue mère de nos âmes ».

Sainte Catherine de Sienne (XIVe siècle, Dialogues 124) : « Marie est Rédemptrice du genre humain ».

Saint Maximilien Kolbe (martyr, 1941, Écrits 133) : « Dieu a promis un Rédempteur et une Co-rédemptrice (Gn 3,15) ».

Si la Très Sainte Vierge Marie est co-rédemptrice, c’est non seulement parce qu’elle a uni ses souffrances à celles de son fils au Calvaire, mais parce qu’elle a offert son Fils au nom de toute l’humanité.

« Offre ton Fils, Vierge très sainte… Pour notre réconciliation, offre la Victime céleste ». Saint Bernard de Clairvaux

« Au Calvaire, Marie a offert au Père la vie de son Fils pour notre salut… Ainsi elle est devenue mère de nos âmes ». Saint Alphonse de Liguori.

Et ceci dès l’Annonciation. Elle connaissait parfaitement les Écritures et la Révélation, et elle savait que le Messie Sauveur dont Dieu lui demandait de devenir la mère s’offrirait sur la Croix pour la rédemption des hommes. C’est en cela que son acceptation par le « Fiat » est déjà une offrande sacrificielle en union avec le sacrifice de celui qui devient son fils.