Je viens de publier la transcription du sermon de la Fête-Dieu que j’adresse surtout à ceux qui ne peuvent assister à la sainte messe et sont privés de la communion sacramentelle. Il sera également utile à tous pour mieux comprendre la nature de la vie chrétienne en union avec le Christ. Je l’illustre par la communion que l’Ange donne aux enfants de Fatima.
Je vous encourage à diffuser largement la transcription de ce sermon qui fera beaucoup de bien.
En résumé
« Faites ceci en mémoire de moi. » Le Christ nous associe à son Sacrifice eucharistique, source et sommet de notre consécration à Dieu. Ce sermon montre comment participer réellement à la Messe, même lorsqu’on ne peut communier sacramentellement, par la communion spirituelle et le don total de soi.
1. L’Eucharistie nourrit notre consécration à Dieu.
2. Entrer par la communion spirituelle dans le mystère de la Croix.
3. Notre participation est essentiellement spirituelle, non d’abord sensible.
4. Mariage et consécration: consacrer les enfants à Dieu.
5. Dieu nous détache du sensible pour nous élever dans la foi et la charité.
Transcription du sermon
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.
Mes bien chers Frères,
Nous fêtons aujourd’hui la Fête-Dieu, grande fête du Corps du Christ que nous avons déjà fêté le Jeudi-Saint, mais nous étions alors préoccupés par la méditation de la Passion, et nous n’avons pas pu apporter autant d’attention que nous l’aurions désiré à la Sainte Eucharistie. C’est ce que nous faisons aujourd’hui, à la demande de l’Église qui a institué cette fête.
1. L’Eucharistie nourrit notre consécration à Dieu
Qu’est-ce que la sainte Eucharistie ?
C’est le sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ renouvelé sur nos autels. L’enseignement du concile de Trente est formel : à la messe comme à la croix, c’est la même victime, c’est le même prêtre Jésus-Christ, c’est la même offrande dans le même but pour porter les mêmes fruits, essentiellement pour le pardon de nos péchés et, nous allons le voir, pour nous consacrer à Notre Seigneur et, à travers lui, à la Sainte Trinité tout entière.
Dieu veut nous consacrer. Qu’est-ce que consacrer ? C’est rendre sacrée une chose qui était jusqu’alors profane. Adam et Eve étaient consacrés à Dieu dans le Paradis Terrestre, mais ils ont profané cette consécration, et Dieu est venu les sortir de ce monde profane pour les consacrer de nouveau à lui et, par Jésus-Christ, cette consécration atteint sa plénitude.
Il y a deux images, deux comparaisons pour nous faire comprendre cette consécration. D’une part, nous sommes les temples de la Sainte Trinité, c’est-à-dire que Dieu vit en nous et, d’autre part, nous sommes les membres de son Corps dont il est la Tête.
Ce que nous fêtons aujourd’hui, c’est la nourriture que Dieu, que Jésus-Christ, apporte à son corps. Et ce qui est absolument merveilleux, c’est que cette nourriture, c’est lui-même. Il le proclame ouvertement dans l’Évangile « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. »
C’est ainsi que nous sommes consacrés, et cette consécration est un sacrifice, parce que c’est la même signification pour les deux mots. Sacrifice : faire du sacré, comme bénéfice : faire du bien. Faire du sacré ou consacrer à partir d’une chose profane.
Entrons un peu plus loin dans le mystère, si vous le voulez bien, mes bien chers Frères.
2. Entrer dans le mystère de la Croix
Notre Seigneur offre son sacrifice sur la croix à Dieu le Père, et il gagne par-là de consacrer le monde entier, c’est-à-dire tous les hommes avec leurs activités, avec leur famille, avec leur pays, de tout consacrer à Dieu le Père. Il le gagne. Encore faut-il que cela soit réalisé ou, pour le dire autrement, que cela soit appliqué.
Prenez l’exemple d’un pays dans la famine. On a vu cela avec Joseph dans l’Ancien Testament : Joseph accumule dans les greniers suffisamment de blé pour toute la période de la famine. Encore faut-il que ceux qui sont concernés viennent chercher le blé.
Eh bien, Notre Seigneur par le sacrifice de la croix a, dans les greniers divins, accumulé de quoi sauver le monde entier. Encore faut-il que chacun d’entre nous, nous recevions ce salut, c’est-à-dire que ce salut nous soit appliqué à nous-mêmes.
Ce salut nous est appliqué par notre participation à la Sainte Eucharistie, c’est-à-dire par notre participation au sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ. Cette participation est évidemment essentiellement spirituelle, mais des signes peuvent y aider. Le Bon Dieu avait institué dans l’Ancien Testament des sacrifices dans lesquels on mangeait réellement la victime : on consacrait la victime à Dieu, puis ensuite le fidèle la mangeait lui-même en esprit de consécration et de victime.
Dans le Nouveau Testament, le Bon Dieu n’a pas voulu abandonner totalement cette manière de faire parce qu’elle nous aide beaucoup. Mais, pour éviter que nous n’ayons qu’une vue charnelle, matérielle de ce sacrifice, la victime, Notre Seigneur Jésus-Christ, est présente sous les apparences du pain et du vin, et ainsi nous gardons le fait de manger la victime, mais en même temps, cette manière de faire nous oblige à avoir une démarche très spirituelle.
3. Cette participation est essentiellement spirituelle

Il est évident que lorsque nous participons au sacrifice de la messe par la communion, nous sommes invités tout naturellement à une démarche spirituelle, sinon cela n’aurait aucun sens de recevoir la Sainte Hostie.
Il faut insister sur cette participation spirituelle. Il n’y a pas de vraie communion sans elle. Bien plus, saint Thomas d’Aquin nous enseigne que celui qui communierait sacramentellement — c’est-à-dire qui recevrait le corps de Jésus-Christ dans la Sainte Hostie — mais sans communier spirituellement — c’est-à-dire en négligeant la démarche spirituelle — celui-ci ferait un sacrilège. D’ailleurs, Notre Seigneur le dit très clairement dans l’Évangile en Saint Jean chapitre 6 : « C’est l’esprit qui vivifie — c’est-à-dire qui donne la vie — la chair ne sert de rien. Or, les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. »
Et l’Église nous fait méditer un enseignement de saint Augustin en ces jours de la Fête-Dieu, qui s’applique directement à notre sujet de la communion. « Ces paroles sont esprit et vie. Que cela signifie t-il ? Qu’il faut les entendre dans un sens spirituel. Vous les avez entendues spirituellement : elles sont esprit et vie. Vous les avez comprises d’une manière charnelle : elles sont encore esprit et vie, mais elles ne le sont pas pour vous. »
Il est donc très important, mes bien chers Frères, que les paroles de Notre Seigneur, autant que la communion à son Très Précieux Corps, soient pour nous esprit et vie.
Comment le seront-elles ? Par un grand désir de nous consacrer à lui.
Regardez les trois enfants de Fatima. Ils n’avaient pas encore fait leur première communion, mais Dieu leur envoie un ange qui a pris dans un tabernacle de la terre les Très précieux Corps et Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ et qui leur donne la communion. Et à partir de ce moment, ces enfants vont être de plus en plus attentifs à étendre cette consécration à tous leurs actes, à vivre avec lui, en lui et pour lui.
La Sainte Vierge va leur faire découvrir en quoi consiste cette consécration : elle consiste essentiellement à prolonger le sacrifice de Notre Seigneur sur la croix pour le salut des pécheurs. C’est la grande réalité.
Celui qui est uni à Dieu fait les œuvres de Dieu. Celui qui est uni au Christ fait les œuvres du Christ. Celui qui est uni à la croix fait les œuvres de la croix.
D’où cette préoccupation constante chez les enfants de Fatima, préoccupation qui leur a été enseignée par la Très Sainte Vierge de sauver les pécheurs. Du coup, ils se sauvent de même bien entendu.
4. Mariage et consécration
Il y a un sacrement qui vient préciser, concrétiser cette démarche, c’est le sacrement de mariage. L’enseignement de saint Paul est très clair sur ce sujet : le mariage est la prolongation du sacrifice de la croix. C’est, évidemment, pour le salut des enfants. Le mariage a pour objet de sauver les enfants, c’est-à-dire de les sortir de leurs habitudes profanes, de leur vie profane, et de les consacrer à Dieu.
C’est pourquoi il est très important de ne pas laisser les enfants, même tout petits, dans leurs caprices. Un caprice d’enfant nous paraît petit parce que l’enfant est petit. En réalité, leurs caprices sont des fils par lesquels Satan essaie de le retenir pour l’empêcher de se consacrer à Dieu.
Imaginez un oiseau qui soit retenu par quelques fils aussi fins que des fils à coudre, vous vous diriez : oh, ces fils ne sont pas grand-chose, on les casse facilement ; oui mais quand ils sont attachés à la patte d’un oiseau, ils suffisent pour l’empêcher de voler, et ils suffisent pour que le chat saute dessus et dévore l’oiseau. Ne négligeons pas les petits fils par lesquels Satan attache la patte des enfants afin, plus tard, de pouvoir sauter dessus et les dévorer.
Le seul moyen de sortir les enfants de ce monde profane, c’est de les consacrer à Dieu. Et par conséquent, mes bien chers Frères, vous qui êtes parents, pères et mères de famille, votre premier travail dans l’éducation première des enfants, c’est-à-dire lorsqu’ils ont encore quelques années seulement avant l’âge de raison, est de préparer cette consécration qui va se réaliser lors de leur première communion. Et pour cela il est très important que vous coupiez les fils, et que vous leur donniez déjà le sens du sacrifice en leur montrant Jésus en croix et la Très Sainte Vierge au pied de la croix. À chaque fois qu’il faut leur demander quelque chose, surtout lorsque c’est quelque chose de difficile, c’est pour Jésus. Comme les petits enfants de Fátima.
Les célibataires me diront : alors, et nous qui n’avons pas le sacrement de mariage ? Je leur rappellerai qu’ils ont le sacrement de baptême — qui est une première consécration, le sacrement de confirmation qui rend cette consécration plus parfaite, plus active, plus dans la main de Dieu, et le sacrement de l’Eucharistie qui nourrit cette consécration. Vous me direz que les époux ont cela aussi. Oui, mais les époux ont un sacrement spécial à cause de leur mission auprès des enfants. Mais ceux qui sont célibataires n’ont pas de mission auprès des enfants, et par conséquent le sacrement de l’Eucharistie pour eux-mêmes personnellement leur suffit pleinement.
Avec tout ce que je viens de vous expliquer, mes bien chers Frères, il est facile de comprendre que la communion sacramentelle, lorsque vous recevez le corps de Jésus dans la Sainte Hostie, est une aide à la communion spirituelle, un support de la communion spirituelle.
5. Dieu nous détache du sensible pour nous élever dans l’esprit de foi et de charité
Or, le Bon Dieu, dans sa grande bonté, parce qu’il sait que nous avons tendance à nous arrêter aux choses extérieures, à nous en satisfaire et à négliger, hélas, les choses intérieures, le Bon Dieu dans sa grande bonté a voulu limiter le nombre de nos communions sacramentelles. Les religieux, les prêtres qui vivent constamment en union avec Jésus-Christ et avec Jésus crucifié, ne communient cependant qu’une seule fois par jour. Les prêtres ne célèbrent la messe qu’une seule fois par jour. La plupart des fidèles ne communient qu’une fois par semaine. Les malades ne communient qu’une fois par mois, par trimestre. Les vieillards, qui sont retenus à la maison par la maladie ou par la vieillesse, communient très peu également. Les chrétiens dans les pays de mission communient une fois par trimestre, par an.
Pourquoi cela ?
Parce que le Bon Dieu veut purifier leurs intentions, purifier leur attachement spirituel à Notre Seigneur Jésus-Christ, et c’est ce que saint Augustin, que je vous ai cité, nous fait bien comprendre :
Entendez-vous les paroles du Christ spirituellement : elles sont esprit et vie. Les entendez-vous de façon charnelle : elles sont encore esprit et vie mais elles ne le sont pas pour vous.
Or, dans la situation actuelle du monde, il y a une gourmandise sensible qui a tout envahi, même le domaine religieux. C’est pourquoi, mes bien chers Frères, il faut nous séparer des écrans le plus possible parce que, tout ce qui est spirituel en nous, ils le rendent visuel, sensible, charnel. Le Bon Dieu, parce que les chrétiens tièdes sont devenus de plus en plus nombreux et abusent du sacrement de l’Eucharistie, communient sans faire attention et même, hélas trop souvent, communient sans respect et en état de péché, et donc commettent des sacrilèges, le Bon Dieu pour remédier à cet état de choses dans l’Église permet que les chrétiens soient privés de la communion sacramentelle pour mieux découvrir la communion spirituelle, et c’est notre devoir, à nous les prêtres, de vous faire comprendre que lorsque Dieu retire, c’est pour mieux donner. Et c’est à nous prêtres, notre devoir, de vous expliquer comment mieux vous unir au sacrifice eucharistique spirituellement pour correspondre aux vues de Dieu sur vous.
J’aimerais que ce sermon soit entendu par toutes les personnes qui sont bloquées chez elles, par toutes les personnes qui ne peuvent plus assister à la messe parce que la messe n’est maintenant plus célébrée dans tous les villages de France, et encore moins dans tous les villages du monde, et que, en raison du tout petit nombre de prêtres, beaucoup de chrétiens ne peuvent plus aller dans les grands centres où la messe est célébrée. Celui qui leur portera la doctrine de la communion spirituelle leur fera un grand bien.
Faites-le, mes bien chers Frères. Faites-leur connaître cette doctrine, diffusez ce sermon audio.
Et à vous, mes bien chers Frères, qui avez compris qu’il est malsain et qu’il est quelquefois sacrilège, hélas, de participer à la messe avec des rites vulgaires, ce rite vulgaire de la messe nouvelle, à vous de comprendre, mes biens chers Frères, que dans ce cas mieux vaut participer spirituellement seulement que, sous prétexte de recevoir corporellement Notre Seigneur Jésus-Christ, participer à la messe de façon vulgaire, voire sacrilège.
Vous ai-je rendu plus d’espoir ? Je l’espère. Mais ce n’est pas moi, c’est saint Augustin, saint Augustin fidèle à l’enseignement de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est la Très Sainte Vierge à Fatima, et donc je vous invite après ce sermon à faire une communion spirituelle.
Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.
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