Sermon ~ Mon Dieu, je vous offre les très précieux Corps et sang de Jésus

En résumé

Envoyé par le Ciel, l’Ange enseigne comment communier aux trois enfants de Fatima. On ne communie pas pour soi, mais pour offrir Jésus à Dieu son Père, pour le salut des pécheurs. 1. Première visite de l’Ange : « Mon Dieu, je crois… je vous aime, je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas et ne vous aiment pas. 2. Faites des sacrifices avec tout ce que vous pouvez. 3. Mon Dieu, je vous offre les très précieux Corps … et divinité de Jésus-Christ.

« Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime ! Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas, qui ne vous aiment pas ! Priez ainsi ! Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications ».

« Priez, priez beaucoup ! Offrez sans cesse au Très-Haut des prières et des sacrifices ». « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs. Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra ».

« Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément, et je vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs ». « Mangez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu ».

Transcription du sermon

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.

Mes bien chers frères, j’interromps provisoirement la série de sermons sur les morales de Job pour traiter un sujet absolument essentiel, en lien avec le sermon que je viens de publier de nouveau ce matin. Voici ce dont il s’agit.

Il est très important de nous rendre compte de ce que Dieu nous demande lorsqu’il nous offre de communier. Comme tant de choses dans l’Église, les vérités sur la communion ont été plus ou moins occultées, oubliées, et il est dramatique de voir que beaucoup de chrétiens ne savent plus communier. Dieu, dans sa grande bonté, a envoyé sa très sainte mère, la mère de Jésus, à Fatima, et le trait essentiel de l’enseignement de la très sainte Vierge, de ses rappels, c’est que nous devons nous préoccuper du salut des pauvres pécheurs.

Mais l’enseignement ne suffit pas, et donc le Ciel a envoyé un ange trois fois aux petits enfants de Fatima pour leur apprendre à communier, parce que c’est dans la sainte communion qu’on trouve cette préoccupation essentielle du salut des âmes.

Première apparition de l’ange : « Mon Dieu je crois… »

« Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas. »

Vous vous rendez bien compte, mes bien chers frères, qu’il y a dans cette prière deux choses.

La première : l’ange rappelle aux enfants de Fatima qu’ils doivent adorer, croire, espérer, aimer. Ne passons pas trop vite sur ces vérités, sur l’importance des trois vertus théologales et de l’adoration qui en est la conséquence. Croire, espérer, aimer et adorer, c’est la vie du chrétien.

Mais dès que l’ange a enseigné cela, ou rappelé cela, aux enfants de Fatima, il ajoute « Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas. » C’est-à-dire qu’immédiatement, il tourne leurs dispositions personnelles vers le souci du salut des âmes. Ce sont les préoccupations de Notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix. C’est un premier enseignement qui est absolument capital.

Lorsque notre Seigneur se donne à nous dans la sainte communion, il donne pour demander. Saint Paul nous dit « Ayez les mêmes sentiments que le Christ Jésus. » La vie chrétienne consiste justement à avoir les mêmes sentiments que le Christ Jésus.

Et ces sentiments, c’est la préoccupation du salut des âmes.

Les enfants vont être très marqués par cette prière et vont la répéter constamment.

Deuxième apparition : Offrez des prières et des sacrifices

Quelques mois après, alors que les enfants étaient en train de jouer, l’ange leur apparaît de nouveau et leur dit « Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup, offrez sans cesse au Très-Haut des prières et des sacrifices. » Lucie demande alors « Comment on fait des sacrifices ? » Et l’ange répond « De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels il est offensé et de supplication pour la conversion des pécheurs. Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra. »

On ne peut pas bien recevoir Notre Seigneur dans la communion si l’on n’a pas ces dispositions et si on ne les met pas en pratique de prière et de pénitence pour le salut des pécheurs et la réparation des péchés.

L’union à Jésus est une union à son sacrifice, une union à ses souffrances. Il n’est pas possible de prendre dans Notre Seigneur Jésus-Christ tout ce qui est heureux, agréable, sans d’abord s’identifier à Lui en prenant tout ce qui est pénible et sacrifice. Ce serait une grossière erreur et c’est la raison pour laquelle tant de nos communions ne sont pas fructueuses.

Notre Seigneur se communique pleinement à ses amis et ses amis ce sont ceux qui se trouvent au pied de la croix et qui souffrent avec Lui et qui offrent des sacrifices avec Lui pour le salut des pécheurs et la réparation des péchés.

Ces sacrifices n’ont pas à être grands, extraordinaires — ce n’est pas du tout ce que demande l’ange — ils se présentent tout au long de la journée : de tout ce que vous pourrez offrez à Dieu un sacrifice.

Et rappelez-vous ce que l’ange avait dit à la première apparition : « Les cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications ». Les enfants de Fatima vont multiplier les sacrifices.

La petite Jacinthe était malade et sa mère lui apporte du lait. Elle lui dit de boire cela et de faire un effort pour retrouver des forces, mais Jacinthe n’a pas envie du lait. Lucie est à côté et quand sa mère est partie elle lui dit : « Mais tu avais là l’occasion de faire un sacrifice. Si le lait ne te plaît pas, profites-en ! » Et désormais à chaque fois que sa mère lui apportait du lait, Jacinthe acceptait très volontiers. Une fois sa mère lui dit « Choisis : le lait ou une grappe de raisin. » Jacinthe avait bien envie de la grappe de raisin — on la comprend — mais comme elle voulait faire des sacrifices, elle choisit le verre de lait. Et elle dira à Lucie après cela « Ôh, si tu savais comme cette grappe de raisin me faisait envie, mais j’ai offert un sacrifice au bon Dieu ! » Si je vous raconte cela, ce n’est pas seulement pour vous raconter une belle histoire de saints enthousiasmants qui nous font la leçon parce que tout petits ils ont mieux pratiqué le sacrifice que nous adultes souvent hélas nous le faisons.

Il est important de voir que l’ange leur enseigne ici à communier. Je vous transmets l’enseignement du ciel sur ce qu’est la communion. Je vous ai fait un sermon vous rappelant que la communion est essentiellement spirituelle. Et ici, dans ce deuxième sermon, je vous rappelle dans quel esprit cette communion doit se faire.

Mais ce n’est pas tout. Il reste une troisième apparition dans laquelle l’ange va révéler à quel point Dieu dans sa grande bonté associe les chrétiens au sacrifice de Jésus.

Troisième apparition de l’Ange : « Mon Dieu je vous offre les très précieux Corps et divinité de Jésus

L’ange est venu leur donner la communion. Ce sera leur première communion.

Mais le ciel ne veut pas les laisser dans un état inférieur pour communier. Je veux dire qu’il ne veut pas les laisser à mi-route.

Quand Dieu se donne, il se donne pleinement avec ses dons et ses exigences, même à de petits enfants. Et quand il se donne dans la communion, il se donne tout entier avec son corps, son sang, son âme, sa divinité. Par conséquent, avec tous ses sentiments. L’ange révèle donc ce qui est la réalité ultime, la réalité parfaite de la communion. Voici :

Il est venu avec le Saint Sacrement, une hostie, un calice avec le Précieux Sang consacré. Mais avant de leur donner la communion, il laisse le calice et l’hostie suspendus en l’air pour se prosterner devant et demander aux enfants de se prosterner.

Et il répète trois fois cette prière. « Très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre le très précieux corps, sang, âme et divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges, indifférences par lesquels il est lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très saint Cœur et du Cœur immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs. » Et après cela, il leur donne la sainte communion : « Mangez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ, horriblement outragés par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu. »

On arrive ici à un sommet d’union avec Dieu. Jamais on n’aurait pu imaginer une telle chose si elle n’était pas révélée dans l’Évangile. Mais comme il s’agit d’un sommet, hélas, on n’est pas toujours très attentif à monter jusque là. Et c’est la cause de tous nos désordres.

Puisque on omet souvent d’offrir les très précieux corps, sang, âme et divinité de Jésus-Christ pour la conversion des pécheurs, c’est pour cette raison que les pécheurs se multiplient sur la terre.

Vérité absolument extraordinaire : Jésus nous invite à l’offrir en même temps qu’il s’offre soi-même à Dieu le Père. Ce n’est pas nouveau, c’est dans le canon de la messe.

Juste après la consécration, nous rappelons à Dieu que nous lui offrons ce sacrifice à partir de ce qu’il nous a donné, lui, « de tuis donis ac datis », en utilisant « vos dons et vos présents ». C’est absolument extraordinaire et pourtant c’est absolument essentiel : nous pouvons, nous devons offrir Jésus-Christ à Dieu le Père en même temps qu’il s’offre soi-même.

Le caractère baptismal

C’est cela le grand acte de culte de l’Église. Et ce grand acte de culte n’est pas réalisé seulement par les prêtres, il est réalisé par toute l’Église, c’est-à-dire par tous les fidèles et particulièrement par ceux qui communient, parce que c’est le but de la communion. Les prêtres font venir sur la terre le corps et le sang de Jésus-Christ dans le tabernacle.

Ils font venir Jésus sur l’autel en renouvelant son sacrifice pour que nous nous associions à ce sacrifice.

Et s’associer, ce n’est pas seulement en recevoir les fruits, ce n’est pas seulement aimer Dieu, c’est aimer Dieu comme Jésus-Christ l’aime, c’est faire comme lui, « faites ceci en mémoire de moi », c’est ce à quoi les chrétiens sont appelés par leur caractère baptismal, qui leur permet non seulement de recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ, mais qui leur permet de s’associer à Jésus dans sa propre offrande.

C’est ce qu’on appelle le sacerdoce baptismal, sur lequel on prêche peu, et il faut croire qu’on a tort de prêcher peu sur cette vérité puisque, au moment où la situation du monde devient dramatique — 1917 c’est un nouveau triomphe de Satan à travers le communisme qui va envahir le monde — au moment où la situation de l’Église devient dramatique, — les chefs de l’Église, au lieu de résister aux démons et au communisme, vont faire une alliance avec les puissants de la terre, en espérant les amadouer et éviter ainsi les lourds sacrifices qu’ils prévoient — c’est alors que la Sainte Vierge vient leur rappeler au contraire qu’on ne peut pas, qu’on ne doit pas fuir le sacrifice, et que son Fils est venu sur la terre pour cela, non seulement pour souffrir, Lui, mais pour nous associer à ses souffrances, et beaucoup plus qu’à ses souffrances, pour nous associer à son offrande.

Il aurait suffi que les chefs de l’Église recueillissent l’enseignement de Fatima et le prêchent et le diffusent sur la terre entière pour que le communisme recule.

Il est dramatique de voir que beaucoup de chrétiens n’ont pas compris cela et communient de façon égoïste. Combien de fois nous entendons « j’ai besoin de la communion, on ne peut pas vivre sans la communion ». Sans la communion spirituelle, certes, c’est vrai, sans la communion sacramentelle, non, ce n’est pas vrai. C’est ce que je vous ai expliqué dans le sermon de la Fête-Dieu que je publie de nouveau, et dont je vous ai fait la transcription parce que cela me paraît absolument essentiel. Non, on ne doit pas dire, on ne peut pas dire « j’ai besoin de la communion ». Ce qu’on peut dire c’est « je veux offrir Jésus en même temps qu’il s’offre ». L’ange le dit bien aux enfants de Fátima : offrez des sacrifices avec tout ce que vous pourrez, et donc toute la journée. Les enfants de Fatima l’auront bien compris, ils vont répéter presque à satiété cette prière : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément et je vous offre le très précieux corps, sang, âme et divinité de Jésus-Christ ». Ils attendront encore longtemps avant de pouvoir faire leur deuxième communion sacramentelle. Il y avait encore des relents de jansénisme à l’époque, et on n’osait pas donner la communion trop tôt aux enfants.

Pourquoi le bon Dieu, qui leur a envoyé un ange pour leur donner leur première communion, n’inspire-t-il pas aux prêtres de leur donner très vite leur deuxième, puis leur troisième et toutes les communions suivantes ? Parce que le bon Dieu veut attirer leur attention sur l’essentiel. La communion nous fait entrer dans les sentiments de Jésus, et les sentiments de Jésus, c’est de s’offrir à son Père.

Alors mes bien chers frères, lorsque nous pouvons communier, communions de cette manière. Et lorsque nous ne pouvons pas communier sacramentellement, alors continuons à communier spirituellement toujours de cette manière.

Notre Dame de Fatima, priez pour nous !

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.