J’aimerais mieux une de ces époques où l’on croit que l’Eglise va disparaître dans les flots de sang. J’aurais meilleure espérance de la voir se relever. Bien heureux ceux qui ont entendu la messe dans les catacombes, Continuer la lecture de « Heureux ceux qui ont entendu la messe dans les catacombes
par Louis Veuillot »
Heureux ceux qui ont entendu la messe dans les catacombes
Les tribulations des Franciscains de l’Immaculée ou l’attitude de Rome devant « l’expérience de la Tradition »
par Serge Iciar
Bien chers lecteurs, depuis notre dernier entretien j’ai eu le privilège d’écouter quelques conférences données par Mgr Lefebvre aux séminaristes d’Écône, notamment en 1988 où il explique le déroulement des événements qui ont précédé et suivi le sacre des évêques. C’est assez étrange d’entendre cette voix d’outre-tombe expliquer le cheminement moral et intellectuel de ce prélat hors du commun. Quelle simplicité, quel calme, quelle douceur, quelle modération ; mais aussi quelle assurance, quelle fermeté, quelle rigueur, quelle intelligence ! Aucune place aux interprétations. Une chose me frappe, c’est la permanence des principes. Pas d’ambiguïté.
Et je fus reporté malgré moi aux interviews de Mgr Fellay en février dernier commentés ici même. Continuer la lecture de « Les tribulations des Franciscains de l’Immaculée ou l’attitude de Rome devant « l’expérience de la Tradition »
par Serge Iciar »
La Fidélité catholique au Gabon
par M. l’Abbé Pierre Célestin Ndong Ondo
C’est un honneur pour moi de publier cette lettre que j’ai reçue d’un confrère, vaillant défenseur de la foi. Abbé François Pivert Continuer la lecture de « La Fidélité catholique au Gabon
par M. l’Abbé Pierre Célestin Ndong Ondo »
Comment la Fraternité Saint Pie X accepte le concile Vatican II
Le pape François vient de dédier le lundi de Pentecôte à Marie mère de l’Église. La Fraternité Saint Pie X rapporte aussitôt l’information et en profite subtilement pour rapporter que Mgr Lefebvre s’était réjoui de la proclamation de Marie comme Mère de l’Église par le Concile. Comme quoi il y aurait de bonnes choses à accepter dans ce concile… ! Continuer la lecture de « Comment la Fraternité Saint Pie X accepte le concile Vatican II »
L’office des complies
Texte latin et français
Office des Complies
Texte latin et français
Complies, vient du latin complere achever, compléter, parce que cet Office couronne, complète, les autres Heures du jour. C’est la prière liturgique du soir ou du coucher. Elle est admirablement adaptée à cette fin.
Nous prions à cette heure : 1° Pour imiter N. S. qui, après la Cène, fit une longue prière au jardin des Oliviers, et pour honorer la sueur de sang qu’il y versa pour nos péchés ; 2° pour consacrer à Dieu le repos de la nuit ; 3° pour nous rappeler le souvenir salutaire de la mort, dont le sommeil est l’image ; 4° pour nous armer nous-mêmes et implorer la protection de Dieu contre la malice du démon, qui choisit de préférence le temps des ténèbres pour nous tendre ses embûches. [1]
Cette édition est enrichie de nombreuses notes. Il suffit de cliquer sur le chiffre d’appel. Pour revenir au texte, cliquer sur le chiffre en tête de note.
Ordinarium divini Officii ad Completorium |
Ordinaire de l’Office divin à Complies |
| De lectione brevi | La lecture brève |
| Lector absolute incipit : | Le lecteur commence directement par : |
| V/. Iube, domne (Dómine), benedícere. | V/. Père, veuillez bénir. |
| Bened. Noctem quiétam et finem perféctum concédat nobis Dóminus omnípotens. | Bened. Que le Seigneur tout-puissant nous accorde une nuit tranquille et une fin parfaite. |
| R/. Amen. | R/. Amen |
| Lectio brevis. 1 Petri 5, 8-9 | Leçon brève. |
| Fratres : Sóbrii estóte, et vigiláte : quia adversárius vester diábolus tamquam leo rúgiens círcuit, quærens quem dévoret : cui resístite fortes in fide. Tu autem, Dómine, miserére nobis. |
Mes frères : Soyez sobres et veillez, car votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui il pourra dévorer : résistez-lui, forts dans la foi. Vous, Seigneur, ayez pitié de nous. |
| R/. Deo grátias. | R/. Rendons grâces à Dieu. |
| De examine conscientiæ et confessione | L’examen de conscience et la confession |
| V/. Adiutórium nostrum in nómine Dómini. | V/. Notre secours est dans le nom du Seigneur. [2] |
| R/. Qui fecit cælum et terram. | R/. Qui a fait le Ciel et la terre. [3] |
| Examen conscientiæ vel Pater noster totum secreto. | On fait l’examen de conscience ou bien on récite le Notre Père à voix basse. |
| Hebdomadarius facit confessionem : | L’Hebdomadier récite le confiteor : |
| Confíteor Deo omnipoténti, beátæ Maríæ semper Vírgini, beáto Michaéli Archángelo, beáto Ioánni Baptístæ, sanctis Apóstolis Petro et Paulo, ómnibus Sanctis, et vobis, fratres, quia peccávi nimis cogitatióne, verbo et opere : mea culpa, mea culpa, mea máxima culpa. Ideo precor beátam Maríam semper Vírginem, beátum Michaélem Archángelum, beátum Ioánnem Baptístam, sanctos Apóstolos Petrum et Paulum, omnes Sanctos, et vos, fratres, oráre pro me ad Dóminum Deum nostrum. | Je confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, aux saints Apôtres Pierre et Paul, à tous les saints et à vous mes frères, que j’ai beaucoup péché en pensée, en parole et par action : c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute. C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les saints Apôtres Pierre et Paul, tous les saints et vous aussi mes frères de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. |
| Chorus respondet : | Le chœur répond : |
| Misereátur tui omnípotens Deus, et, dimíssis peccátis tuis, perdúcat te ad vitam ætérnam. | Que le Dieu tout-puissant vous fasse miséricorde et qu’après avoir pardonné vos péchés, il vous conduise à la vie éternelle. |
| R/. Amen. | R/. Amen |
| Deinde repetit confessionem, et ubi dicitur : vobis, fratres, et vos, fratres, dicat : tibi, pater, et te, pater. | Ensuite le chœur répète la confession, mais remplace à vous mes frères, et vous aussi mes frères, par à vous mon Père, et vous aussi mon Père. |
| Facta confessione a choro, hebdomadarius dicit : | Quand le chœur a fini la confession, l’Hebdomadier dit : |
| Misereátur vestri omnípotens Deus, et, dimíssis peccátis vestris, perdúcat vos ad vitam ætérnam. | Que le Dieu tout-puissant vous fasse miséricorde et qu’après avoir pardonné vos péchés, il vous conduise à la vie éternelle. |
| R/. Amen. | R/. Amen |
| Indulgéntiam, absolutiónem et remissiónem peccatórum nostrórum tríbuat nobis omnípotens et miséricors Dóminus. | Que le Dieu tout-puissant et miséricordieux nous accorde le pardon, l’absolution et la rémission de nos péchés. |
| R/. Amen. | R/. Amen |
| In recitatione a solo, et quando non præest sacerdos, semel tantum ac simul ab omnibus ita fit confessio : | Dans la récitation a solo et quand il n’y a pas de prêtre présent, la confession n’est faite qu’une seule fois en même temps par tous de cette manière : |
| Confíteor Deo omnipoténti, beátæ Maríæ semper Vírgini, beáto Michaéli Archángelo, beáto Ioánni Baptístæ, sanctis Apóstolis Petro et Paulo, et ómnibus Sanctis, quia peccávi nimis cogitatióne, verbo et opere : mea culpa, mea culpa, mea máxima culpa. Ideo precor beátam Maríam semper Vírginem, beátum Michaélem Archángelum, beátum Ioánnem Baptístam, sanctos Apóstolos Petrum et Paulum, et omnes Sanctos, oráre pro me ad Dóminum Deum nostrum. | Je confesse à Dieu tout-puissant, à la bienheureuse Marie toujours Vierge, à saint Michel Archange, à saint Jean-Baptiste, aux saints Apôtres Pierre et Paul, à tous les saints que j’ai beaucoup péché en pensée, en parole et par action : c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute. C’est pourquoi je supplie la bienheureuse Marie toujours Vierge, saint Michel Archange, saint Jean-Baptiste, les saints Apôtres Pierre et Paul, tous les saints de prier pour moi le Seigneur notre Dieu. |
| Deinde dicitur : | On dit ensuite : |
| Misereátur nostri omnípotens Deus, et, dimíssis peccátis nostris, perdúcat nos ad vitam ætérnam. Amen. | Que le Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde et qu’après avoir pardonné nos péchés, il nous conduise à la vie éternelle. Amen. |
| Indulgéntiam, absolutiónem et remissiónem peccatórum nostrórum tríbuat nobis omnípotens et miséricors Dóminus. Amen. | Que le Dieu tout-puissant et miséricordieux nous accorde le pardon, l’absolution et la rémission de nos péchés. Amen. |
| V/. Convérte nos, Deus, salutáris noster. | V/. Convertissez-nous, ô Dieu, notre Sauveur. [4] |
| R/. Et avérte iram tuam a nobis. | R/. Et détournez de nous votre colère. [5] |
| V/. Deus, in adiutórium meum inténde. | V/. O Dieu, voyez à me secourir. [6] |
| R/. Dómine, ad adiuvándum me festína. | R/. Seigneur, hâtez-vous de me venir en aide. |
| Glória Patri. Sicut erat. | Gloire au Père. Comme il était. |
| Allelúia vel Laus tibi, Dómine. | Alléluia ou Louange à vous, Seigneur |
| De antiphona et psalmis | La psalmodie |
| Psalmi de Dominica | Psaumes du Dimanche |
| Psalmi de feria IIª | Psaumes du Lundi |
| Psalmi de feria IIIª | Psaumes du Mardi |
| Psalmi de feria IVª | Psaumes du Mercredi |
| Psalmi de feria Vª | Psaumes du Jeudi |
| Psalmi de feria VIª | Psaumes du Vendredi |
| Psalmi de Sabbato | Psaumes du Samedi |
Psalmi de Dominica ad Completorium |
Psaumes du Dimanche à Complies |
| Extra tempus paschale : Ant. Miserére * mihi, Dómine, et exáudi oratiónem meam. | En dehors du Temps Pascal : Ant. Ayez pitié de moi, Seigneur, et exaucez ma prière. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
| I Psalmus 4 | I Psaume 4 |
| Cum invocárem exaudívit me Deus iustítiæ meæ : * in tribulatióne dilatásti mihi. Miserére mei, * et exáudi oratiónem meam. Fílii hóminum, úsquequo gravi corde ? * ut quid dilígitis vanitátem, et quǽritis mendácium ? Et scitóte, quóniam mirificávit Dóminus sanctum suum : * Dóminus exáudiet me cum clamávero ad eum. Irascímini et nolíte peccáre : quæ dícitis in córdibus vestris, * in cubílibus vestris conpungímini. Sacrificáte sacrifícium iustítiæ, et speráte in Dómino. * Multi dicunt : Quis osténdit nobis bona ? Signátum est super nos lumen vultus tui, Dómine : * dedísti lætítiam in corde meo. A fructu fruménti, vini, et ólei sui * multiplicáti sunt. In pace in idípsum * dórmiam et requiéscam ; Quóniam tu, Dómine, singuláriter in spe * constituísti me |
Lorsque je l’invoquais, il m’a exaucé, le Dieu de ma justice ; * dans la tribulation, vous m’avez mis au large. [7] Ayez pitié de moi, * et exaucez ma prière. Fils des hommes, jusqu’à quand aurez-vous le cœur appesanti ? * Pourquoi aimez-vous la vanité, et cherchez-vous le mensonge ? Sachez donc que le Seigneur a glorifié son saint : * le Seigneur m’exaucera, lorsque je crierai vers lui. Irritez-vous et ne péchez pas ; * et ce que vous dites en vos cœurs, repassez-le sur vos lits avec componction. Offrez un sacrifice de justice [8], * et espérez dans le Seigneur. Beaucoup disent : Qui nous montrera les biens [qu’on nous promet] ? La lumière de votre visage a été marquée sur nous, Seigneur [9] ; * vous avez donné la joie à mon cœur. Le fruit de leur froment, de leur vin et de leur huile, * ils l’ont eu en abondance. Dans la paix tout à la fois * je m’endormirai et je reposerai. [10] Parce que vous, Seigneur, vous seul, dans l’espérance * m’avez établi. |
| 2 Psalmus 90 | 2 Psaume 90 |
| Qui hábitat in adiutório Altíssimi, * in protectióne Dei cæli commorábitur. Dicet Dómino : Suscéptor meus es tu, et refúgium meum : * Deus meus sperábo in eum. Quóniam ipse liberávit me de láqueo venántium, * et a verbo áspero. Scápulis suis obumbrábit tibi : * et sub pennis eius sperábis. Scuto circúmdábit te véritas eius : * non timébis a timóre noctúrno, A sagítta volánte in die, a negótio perambulánte in tanebris : * ab incúrsu, et dæmónio meridiáno. Cadent a látere tuo mille, et decem mília a dextris tuis : * ad te autem non appropinquábit. Verúmtamen óculis tuis considerábis : * et retributiónem peccatórum vidébis. Quóniam tu es, Dómine, spes mea : * Altíssimum posuísti refúgium tuum. Non accédet ad te malum : * et flagéllum non appropinquábit tabernáculo tuo. Quóniam Angelis suis mandávit de te : * ut custódiant te in ómnibus viis tuis. In mánibus portábunt te : * ne forte offéndas ad lápidem pedem tuum. Super áspidem, et basilíscum ambulábis : * et conculcábis leónem et dracónem. Quóniam in me sperávit, liberábo eum : * prótegam eum, quóniam cognóvit nomen meum. Clamábit ad me, et ego exáudiam eum : cum ipso sum in tribulatióne : erípiam eum et glorificábo eum. Longitúdine diérum replébo eum : * et osténdam illi salutáre meum. |
Celui qui habite dans le secours du Très-Haut * demeurera sous la protection du Dieu du ciel. Il dira au Seigneur : Vous êtes mon soutien et mon refuge ; * [il est] mon Dieu, j’espérerai en lui. Parce que c’est lui-même qui m’a délivré d’un filet de chasseurs* et d’une parole meurtrière. Il te mettra à l’ombre sous ses épaules, * et sous ses ailes tu espéreras. [11] Sa vérité t’environnera de son bouclier, * et tu n’auras pas à craindre d’une terreur nocturne. D’une flèche volant pendant le jour, d’un complot dont la marche se poursuit dans les ténèbres, * et de l’attaque du démon de midi. Mille tomberont à ton côté, et dix mille à ta droite ; * mais [nul] n’approchera de toi. Et même tu considéreras de tes propres yeux, * et tu verras la punition méritée des pécheurs. Parce que tu as dit : Seigneur, [vous .êtes] mon espérance, * et que tu as choisi le Très-Haut pour ton refuge. Le mal ne viendra pas jusqu’à toi, * et aucun fléau n’approchera de ton tabernacle. Parce qu’il a commandé à ses anges à ton sujet, * de te garder dans toutes tes voies. Ils te porteront dans leurs mains, * de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. [12] Tu marcheras sur l’aspic et le basilic, * et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon. [13] Parce qu’il a espéré en moi, je le délivrerai : * je le protégerai, parce qu’il a connu mon nom. Il criera vers moi, et je l’exaucerai : * avec lui, je serai dans la tribulation, je le sauverai et le glorifierai. Je le comblerai d’une longue suite de jours, * et je lui montrerai mon salut. [14] |
| 3 Psalmus 133 | 3 Psaume 133 |
| Ecce nunc benedícite Dóminum, * omnes servi Dómini ; Qui statis in domo Dómini, * in átriis domus Dei nostri. In nóctibus extóllite manus vestras in sancta, * et benedícite Dóminum. Benedícat te Dóminus ex Sion, * qui fecit cælum et terram. |
Vous maintenant, [15] bénissez le Seigneur, * vous tous serviteurs du Seigneur ; Qui demeurez dans la maison du Seigneur, * dans les parvis de la maison de notre Dieu. [16] Durant les nuits, [17] élevez vos mains vers le sanctuaire, * et bénissez le Seigneur. Que le Seigneur te bénisse de Sion, * lui qui a fait le ciel et la terre. |
| Extra tempus paschale : Ant. Miserére * mihi, Dómine, et exáudi oratiónem meam. | En dehors du Temps Pascal : Ant. Ayez pitié de moi, Seigneur, et exaucez ma prière. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
reliqua ut in ordinario
retour à l’ordinaire des Complies
Psalmi de Feria IIª ad Completorium |
Psaumes du Lundi à Complies |
| Extra tempus paschale : Ant. Salvum me fac, * Dómine, propter misericórdiam tuam. | En dehors du Temps Pascal : Ant. Sauvez-moi, Seigneur, à cause de votre miséricorde. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
| I Psalmus 6 | I Psaume 6 |
| Dómine, ne in furóre tuo árguas me, * neque in ira tua corrípias me. Miserére mei, Dómine, quóniam infírmus sum : * sana me, Dómine, quóniam conturbáta sunt ossa mea. Et ánima mea turbáta est valde : * sed tu, Dómine, úsquequo ? Convértere, Dómine, et éripe ánimam meam : * salvum me fac propter misericórdiam tuam. Quóniam non est in morte qui memor sit tui : * in inférno autem quis confitébitur tibi ? Láborávi in gémitu meo, lavábo per síngulas noctes lectum meum : * lácrimis meis stratum meum rigábo. Turbátus est a furóre óculus meus : * inveterávi inter omnes inimícos meos. Discédite a me, omnes, qui operámini iniquitátem : * quóniam exaudívit Dóminus vocem fletus mei. Exaudívit Dóminus deprecatiónem meam, * Dóminus oratiónem meam suscépit. Erubéscant et conturbéntur veheménter omnes inimíci mei : * convertántur et erubéscant valde velóciter |
Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureur, * et ne me châtiez pas dans votre colère. [18] Ayez pitié de moi, Seigneur, parce que je suis infirme, * guérissez-moi, Seigneur, parce que mes os sont ébranlés. [19] Et mon âme est grandement troublée ; * mais vous, Seigneur, jusques a quand ?… [20] Revenez, Seigneur, et délivrez mon âme ; * sauvez-moi à cause de votre miséricorde. Parce que nul dans la mort ne se souvient de vous : * et dans l’enfer qui vous glorifiera ? [21] Je me suis fatigué dans mon gémissement ; je laverai chaque nuit mon lit (de mes pleurs) ; * j’arroserai ma couche de mes larmes. [22] Mon oeil a été troublé par l’indignation ; * j’ai vieilli au milieu de tous mes ennemis. Retirez-vous de moi, vous tous qui opérez l’iniquité ; * parce que le Seigneur a exaucé la voix de mes pleurs. Le Seigneur a exaucé ma supplication, * le Seigneur a accueilli ma prière. Qu’ils rougissent et qu’ils soient remplis de trouble, tous mes ennemis ; * qu’ils s’en retournent très promptement et qu’ils rougissent. [23] |
| 2 Psalmus 7, i | 2 Psaume 7, i |
| Dómine, Deus meus, in te sperávi : * salvum me fac ex ómnibus persequéntibus me, et libera me. Nequándo rápiat ut leo ánimam meam, * dum non est qui rédimat, neque qui salvum fáciat. Dómine, Deus meus, si feci istud, * si est iníquitas in mánibus meis : Si réddidi retribuéntibus mihi mala, * decidam mérito ab inimícis meis inánis. Persequátur inimícus ánimam meam, et comprehéndat, et concúlcet in terra vitam meam, * et glóriam meam in púlverem dedúcat. Exsúrge, Dómine, in ira tua : * et exaltáre in fínibus inimicórum meórum. Et exsúrge, Dómine, Deus meus, in præcépto quod mandásti : *et synagóga populórum circúmdábit te. Et propter hanc in altum regrédere : *Dóminus iúdicat pópulos. Iúdica me, Dómine, secúndum iustístiam meam, * et secúndum innocéntiam meam super me. Consumétur nequítia peccatórum, et díriges iustum, * scrutans corda et renes, Deus. |
Seigneur, mon Dieu, c’est en vous que j’ai espéré ; * sauvez-moi de tous ceux qui me persécutent et délivrez-moi. De peur qu’enfin, comme un lion, [24] il ne ravisse mon âme, * tandis qu’il n’y a personne qui me délivre et me sauve. Seigneur mon Dieu, si j’ai fait cela, * si l’iniquité est dans mes mains ; Si j’ai rendu le mal à ceux qui m’en avaient fait, [25] * que je tombe devant mes ennemis sans défense ; je l’ai mérité. Que l’ennemi poursuive mon âme, qu’il la saisisse, et qu’il foule ma vie contre la terre, * et qu’il ensevelisse ma gloire dans la poussière. Levez-vous, Seigneur, dans votre colère, * et paraissez dans votre grandeur au milieu de mes ennemis. Levez-vous, Seigneur mon Dieu, selon le précepte que vous avez établi, [26] * et l’assemblée des peuples vous environnera. Et à cause d’elle retournez en haut. [27] * Le Seigneur juge les peuples. Jugez-moi, Seigneur, selon ma justice, * et selon l’innocence qui est en moi. La méchanceté des pécheurs sera anéantie, et vous dirigerez le juste, * ô Dieu qui sondez les cœurs et les reins. [28] |
| 3 Psalmus 7, ii | 3 Psaume 7, ii |
| Iustum adiutórium meum a Dómino, * qui salvos facit rectos corde. Deus iudex iustus, fortis, et patiens : * numquid iráscitur per síngulos dies ? Nisi convérsi fuéritis, gládium suum vibrábit : * arcum suum teténdit, et parávit illum. Et in eo parávit vasa mortis : * sagíttas suas ardéntibus effécit. Ecce partúriit iniustístiam : * concépit dolórem, et péperit iniquitátem. Lacum apéruit, et effódit eum : * et íncidit in fóveam quam fecit. Convertétur dolor eius in caput eius : * et in vérticem ipsíus iníquitas eius descéndet. Confitébor Dómino secúndum iustístiam eius : * et psallam nómini Dómini altíssimi. |
Un juste secours me (viendra) du Seigneur, * qui sauve les hommes droits de cœur. Dieu est un juge équitable, fort et patient ; * est-ce qu’il s’irrite tous les jours ? [29] Si vous ne vous convertissez, il fera vibrer son glaive ; * il a tendu son arc, et il l’a préparé. Il y a adapté des instruments de mort, * il a préparé ses flèches contre les ardents (persécuteurs). [30] Voilà que (l’ennemi) a enfanté l’injustice : * il a conçu la douleur et a mis au monde l’iniquité. Il a ouvert un abîme, et il l’a creusé ; * et il est tombé dans la fosse qu’il avait faite. [31] La douleur qu’il voulait me causer retournera sur sa tête ; * et son iniquité descendra sur lui. Je louerai le Seigneur selon sa justice * et je chanterai le nom du Dieu très haut. |
| Extra tempus paschale : Ant. Salvum me fac, * Dómine, propter misericórdiam tuam. | En dehors du Temps Pascal : Ant. Sauvez-moi, Seigneur, à cause de votre miséricorde. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
reliqua ut in ordinario
retour à l’ordinaire des Complies
Psalmi de Feria IIIª ad Completorium |
Psaumes du Mardi à Complies |
| Extra tempus paschale : Ant. Tu, Dómine, * servábis nos : et custódies nos in ætérnum. | En dehors du Temps Pascal : Ant. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
| I Psalmus 11 | I Psaume 11 |
| Salvum me fac, Dómine, quóniam defécit sanctus : * quóniam diminútæ sunt veritátes a fíliis hóminum. Vana locúti sunt unusquísque ad próximum suum : * lábia dolósa, in corde et corde locúti sunt. Dispérdat Dóminus univérsa lábia dolósa, * linguam magníloquam. Qui dixérunt : Linguam nostram magnificábimus, lábia nostra a nobis sunt, * quis noster Dóminus est ? Propter misériam ínopum, et gémitum páuperum, * nunc exsúrgam, dicit Dóminus. Ponam in salutári : * fiduciáliter agam in eo. Elóquia Dómini, elóquia casta : argéntum igne examinátum, probátum terræ, purgátum séptuplum. Tu, Dómine, servábis nos et custódies nos : * a generatióne hac et in ætérnum. In circúitu ímpii ámbulant : * secúndum altitúdinem tuam multiplicásti fílios hóminum |
Sauvez-moi, Seigneur, car il n’y a plus de saint : * car les vérités ont été diminuées par les enfants des hommes. [32] Ils ont dit des choses vaines, chacun à son prochain : * leurs lèvres sont trompeuses ; ils ont parlé avec un cœur et un cœur. Que le Seigneur détruise toutes les lèvres trompeuses, * et la langue qui profère des discours superbes. Ils ont dit : Nous ferons éclater la puissance de notre langue ; nos lèvres sont à nous, [33] * qui est notre maître ? A cause de la misère de ceux qui sont sans secours, et du gémissement des pauvres, * maintenant je me lèverai, dit le Seigneur. [34] Je les établirai dans le salut : * j’agirai selon ma libre puissance. Les paroles du Seigneur sont des paroles pures, * un argent éprouvé par le feu, purifié dans la terre, [35] raffiné jusqu’à sept fois. C’est vous, Seigneur, vous qui nous sauverez, et qui nous préserverez * de cette génération éternellement. Les impies rôdent autour de nous ; * c’est dans la profondeur de vos desseins que vous avez multiplié les fils des hommes. [36] |
| 2 Psalmus 12 | 2 Psaume 12 |
| Usquequo, Dómine, obliviscéris me in finem ? * Usquequo avértis fáciem tuam a me ? Quámdiu ponam consília in ánima mea, * dolórem in corde meo per diem ? Usquequo exaltábitur inimícus meus super me ? * réspice, et exáudi me, Dómine, Deus meus. Illúmina óculos meos ne umquam obdórmiam in morte : *nequándo dicat inimícus meus : Præválui advérsus eum. Qui tríbulant me, exultábunt si motus fúero : *ego autem in misericórdia tua sperávi. Exultábit cor meum in salutári tuo : cantábo Dómino qui bona tríbuit mihi : * et psallam nómini Dómini altíssimi. |
Jusques à quand, Seigneur, m’oublierez-vous ? (Sera-ce) jusqu’à la fin ? * Jusques à quand détournerez-vous de moi votre visage ? [37] Combien de temps mettrai-je des projets dans mon âme, * et de la douleur dans mon cœur chaque jour ? Jusques à quand mon ennemi s’élèvera-t-il au-dessus de moi ? * Regardez et exaucez-moi, Seigneur mon Dieu. Éclairez mes yeux [38] (afin que) jamais je ne m’endorme dans la mort : [39] * de peur qu’un jour mon ennemi ne dise : J’ai prévalu contre lui. Ceux qui me tourmentent tressailliront de joie, si je suis ébranlé ; * mais moi, j’ai espéré dans votre miséricorde. Mon cœur tressaillira d’allégresse dans votre salut ; * je célébrerai dans des psaumes le nom du Dieu Très-Haut. [40] |
| 3 Psalmus 15 | 3 Psaume 15 |
| Consérva me, Dómine, quóniam sperávi in te. *Dixi Dómino : Deus meus es tu, quóniam bonórum meórum non eges. Sanctis, qui sunt in terra eius, * mirificávit omnes voluntátes meas in eis. Multiplicátæ sunt infirmitátes eórum : * póstea acceleravérunt. Non congregábo conventícula eórum de sanguínibus, * nec memor ero nóminum eórum per lábia mea. Dóminus, pars hereditátis meæ et cálicis mei : * tu es, qui restítues hereditátem meam mihi. Funes cecidérunt mihi in præcláris : * étenim heréditas mea præclára est mihi. Benedícam Dóminum, qui tríbuit mihi intelléctum : * ínsuper et usque ad noctem increpuérunt me renes mei. Providébam Dóminum in conspéctu meo semper : * quóniam a dextris est mihi, ne commóvear. Propter hoc lætátum est cor meum, et exultávit lingua mea : * ínsuper et caro mea requiéscet in spe. Quóniam non derelínques ánimam meam in inférno : * non dabis sanctum tuum vidére corruptiónem. Notas mihi fecísti vias vitæ, adimplébis me lætítia cum vultu tuo : * delectatiónes in déxtera tua usque in finem. |
Conservez-moi, Seigneur, car j’ai espéré en vous. * J’ai dit au Seigneur : Vous êtes mon Dieu, vous n’avez pas besoin de mes biens. [41] Aux saints qui sont sur sa terre, * il a manifesté d’une manière admirable mes volontés pour eux. [42] Leurs infirmités se sont multipliées, * ensuite ils ont accéléré leur course. Je ne réunirai point leurs assemblées pour (offrir) des (victimes) sanglantes, * je ne rappellerai même pas leurs noms sur mes lèvres. Le Seigneur est la part de mon héritage et de mon calice ; * c’est vous qui me rendrez mon héritage Le cordeau [43] est tombé pour moi sur des biens magnifiques, * car mon héritage est excellent pour moi. Je bénirai le Seigneur qui m’a donné l’intelligence, * et de plus jusque dans la nuit même où mes reins [44] m’ont excité (à le remercier). Je voyais [45] toujours le Seigneur en ma présence, * parce qu’il est à la droite, afin que je ne sois pas ébranlé. C’est pourquoi mon cœur s’est réjoui et ma langue a tressailli, * et même ma chair reposera dans l’espérance. Car vous ne laisserez point mon âme dans l’enfer, * et vous ne permettrez point que votre saint voie la corruption. [46] Vous m’avez fait connaître les voies de la vie, vous me remplirez de joie par votre visage ; [47] * des délices sont à votre droite pour toujours. |
| Extra tempus paschale : Ant. Tu, Dómine, * servábis nos : et custódies nos in ætérnum. | En dehors du Temps Pascal : Ant. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
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Psalmi de Feria IVª ad Completorium |
Psaumes du Mercredi à Complies |
| Extra tempus paschale : Ant. Immíttet Angelus Dómini * in circúitu timéntium eum : et erípiet eos. | En dehors du Temps Pascal : Ant. Un ange du Seigneur se placera autour de ceux qui le craignent. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
| I Psalmus 33, i | I Psaume 33, i |
| Benedícam Dóminum in omni témpore : * semper laus eius in ore meo. In Dómino laudábitur ánima mea : * áudiant mansuéti et læténtur. Magnificáte Dóminum mecum : * et exaltémus nomen eius in idípsum. Exquisívi Dóminum, et exaudívit me : * et ex ómnibus tribulatiónibus meis erípuit me. Accédite ad eum, et illuminámini : * et fácies vestræ non confundéntur. Iste pauper clamávit, et Dóminus exaudívit eum : * et de ómnibus tribulatiónibus eius salvávit eum. Immíttet Angelus Dómini in circúitu timéntium eum et erípiet eos. Gustáte et vidéte quóniam suávis est Dóminus : * beátus vir, qui sperat in eo. Timéte Dóminum, omnes sancti eius : * quóniam non est inópia timéntibus eum. Dívites eguérunt et esuriérunt : * inquiréntes autem Dóminum non minuéntur omni bono. |
Je bénirai le Seigneur en tout temps : [48] * toujours sa louange sera dans ma bouche. Mon âme mettra sa gloire dans le Seigneur : * que les (hommes) doux entendent et se réjouissent. Glorifiez le Seigneur avec moi : [49] * et exaltons ensemble son nom. J’ai recherché le Seigneur, et il m’a exaucé, * et il m’a retiré de toutes mes tribulations. Approchez de lui, et vous serez éclairés, * et vos visages ne se couvriront pas de confusion. [50] Ce pauvre a crié, et le Seigneur l’a exaucé,* et il l’a sauvé de toutes ses tribulations. Un ange du Seigneur se placera autour de ceux qui le craignent, * et il les délivrera. [51] Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux : [52] * heureux l’homme qui espère en lui. Craignez le Seigneur, [53] vous tous ses saints, * car il n’y a pas d’indigence pour ceux qui le craignent. Des riches ont été dans le besoin, et ont eu faim ; * mais ceux qui cherchent le Seigneur ne seront privés d’aucun bien. |
| 2 Psalmus 33, ii | 2 Psaume 33, ii |
| Veníte, fílii, audíte me : * timórem Dómini docébo vos. Quis est homo qui vult vitam : * díligit dies vidére bonos ? Próhibe linguam tuam a malo : * et lábia tua ne loquántur dolum. Divérte a malo, et fac bonum : * inquíre pacem, et perséquere eam. Oculi Dómini super iustos : * et aures eius in preces eórum. Vultus autem Dómini super faciéntes mala : * ut perdat de terra memóriam eórum. Clamavérunt iusti, et Dóminus exaudívit eos : * et ex ómnibus tribulatiónibus eórum liberávit eos. Iuxta est Dóminus iis, qui tribuláto sunt corde : * et húmiles spíritu salvábit. Multæ tribulatiónes iustórum : * et de ómnibus his liberábit eos Dóminus. Custódit Dóminus ómnia ossa eórum : * unum ex his non conterétur. Mors peccatórum péssima : * et qui odérunt iustum, delínquent. Rédimet Dóminus ánimas servórum suórum : * et non delínquent omnes qui sperant in eo. |
Venez, mes enfants, écoutez-moi : * je vous enseignerai la crainte du Seigneur. Quel est l’homme qui désire la vie, * qui aime à voir d’heureux jours ? [54] Préserve ta langue du mal, * et que tes lèvres ne profèrent point de paroles trompeuses. Détourne-toi du mal et fais le bien ; * cherche la paix, et poursuis-la. Les yeux du Seigneur sont (fixés) sur les justes, [55] * et ses oreilles attentives à leurs prières. Mais le visage du Seigneur est sur ceux qui font le mal, * afin d’effacer de la terre leur mémoire. Les justes ont crié, et le Seigneur les a exaucés : * et il les a délivrés de toutes leurs tribulations. Le Seigneur est près de ceux qui ont le cœur affligé ; [56] * et il sauvera les humbles d’esprit. Nombreuses sont les tribulations des justes ; [57] * mais Dieu les délivrera de toutes ces peines. Le Seigneur garde tous leurs os : * il n’y en aura pas un seul de brisé. [58] La mort des pécheurs est très funeste ; * et ceux qui haïssent le juste seront (traités comme) coupables. Le Seigneur rachètera les âmes de ses serviteurs ; * et aucun de ceux qui espèrent en lui ne sera frustré. [59] |
| 3 Psalmus 60 | 3 Psaume 60 |
| Exáudi, Deus, deprecatiónem meam : * inténde oratióni meæ. A fínibus terræ ad te clamávi : * dum anxiarétur cor meum, in petra exaltásti me. Deduxísti me, quia factus es spes mea : * turris fortitúdinis a fácie inimíci. Inhabitábo in tabernáculo tuo in sæcula : * prótegar in velaménto alárum tuárum. Quóniam tu, Deus meus, exaudísti oratiónem meam : * dedísti hereditátem timéntibus nomen tuum. Dies super dies regis adiícies : * annos eius usque in diem generatiónis et generatiónis. Pérmanet in ætérnum in conspéctu Dei : * misericórdiam et veritátem eius quis requíret ? Sic psalmum dicam nómini tuo in sæculum sæculi : ut reddam vota mea de die in diem. |
Exaucez, ô Dieu, ma supplication ; * soyez attentif à ma prière. Des extrémités de la terre j’ai crié vers vous : [60] * tandis que mon cœur était dans l’anxiété, vous m’avez élevé sur une pierre. Vous m’avez conduit, parce que vous êtes devenu mon espérance ; * une tour forte à la face de l’ennemi. [61] J’habiterai dans votre tabernacle à jamais : * je serai abrité et à ouvert sous l’abri de vos ailes. Parce que vous, mon Dieu, vous avez exaucé ma prière : * vous avez donné un héritage à ceux qui craignent votre nom. [62] Vous ajouterez des jours aux jours du roi ; * (vous prolongerez) ses années jusqu’au jour d’une génération et d’une génération. [63] Il demeure éternellement en présence de Dieu : * Qui sondera sa miséricorde et sa vérité ? [64] Ainsi je dirai un psaume à (la gloire de) votre nom dans les siècles des siècles ; * afin de m’acquitter de mes vœux de jour en jour. [65] |
| Extra tempus paschale : Ant. Immíttet Angelus Dómini * in circúitu timéntium eum : et erípiet eos. | En dehors du Temps Pascal : Ant. Un ange du Seigneur se placera autour de ceux qui le craignent. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
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Psalmi de Feria Vª ad Completorium |
Psaumes du Jeudi à Complies |
| Extra tempus paschale : Ant. Adiútor meus, * et liberátor meus esto, Dómine. | En dehors du Temps Pascal : Ant. Mon aide et mon libérateur, soyez-le, Seigneur. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
| I Psalmus 69 | I Psaume 69 |
| Deus, in adiutórium meum inténde : * Dómine, ad adiuvándum me festína. Confundántur et revereántur, * qui quærunt ánimam meam. Avertántur retrórsum, et erubéscant, * qui volunt mihi mala. Avertántur statim erubescéntes, * qui dicunt mihi : Euge, euge. Exsúltent et læténtur in te omnes qui quærunt te, * et dicant semper : Magnificétur Dóminus : qui díligunt salutáre tuum. Ego vero egénus, et pauper sum : * Deus, ádiuva me. Adiútor meus, et liberátor meus es tu : * Dómine, ne moréris. |
0 Dieu, venez à mon aide ; * Seigneur, hâtez-vous de me secourir. [66] Qu’ils soient confondus, et couverts de honte, * ceux qui cherchent mon âme. Qu’ils soient rejetés en arrière, et qu’ils rougissent, *ceux qui me veulent des maux. Qu’ils soient aussitôt repoussés en rougissant, * ceux qui me disent : Ah ! ah ! (Mais) qu’ils soient dans l’allégresse et se réjouissent en vous tous ceux qui vous cherchent, * et’qu’ils disent sans cesse : Que le Seigneur soit glorifié, ceux qui aiment votre salut. [67] Pour moi je suis indigent et pauvre ; * Dieu, aidez-moi. [68] Vous êtes mon aide et mon libérateur ; * Seigneur, ne tardez pas. |
| 2 Psalmus 70, i | 2 Psaume 70, i |
| In te, Dómine, sperávi, non confúndar in ætérnum : * in iustítia tua líbera me, et éripe me. Inclína ad me aurem tuam, * et salva me. Esto mihi in Deum protectórem, et in locum munítum : * ut salvum me fácias, Quóniam firmaméntum meum, * et refúgium meum es tu. Deus meus, éripe me de manu peccatóris, * et de manu contra legem agéntis et iníqui : Quóniam tu es patiéntia mea, Dómine : * Dómine, spes mea a iuventúte mea. In te confirmátus sum ex útero : * de ventre matris meæ tu es protéctor meus. In te cantátio mea semper : * tamquam prodígium factus sum multis : et tu adiútor fortis. Repleátur os meum laude, ut cantem glóriam tuam : * tota die magnitúdinem tuam. Ne proícias me in témpore senectútis : * cum defécerit virtus mea, ne derelínquas me. Quia dixérunt inimíci mei mihi : * et qui custodiébant ánimam meam, consílium fecérunt in unum. Dicéntes : Deus derelíquit eum, persequímini, et comprehéndite eum : * quia non est qui erípiat. Deus, ne elongéris a me : * Deus meus, in auxílium meum réspice. |
C’est en vous, Seigneur, que j’ai mis mon espérance ; faites que je ne sois pas confondu éternellement. [69] * Dans votre justice délivrez-moi et arrachez-moi (au péril). Inclinez vers moi votre oreille, * et sauvez-moi. Soyez-moi un Dieu protecteur, et un asile fortifié ; * afin que vous me sauviez. Car c’est vous qui êtes mon ferme appui * et mon refuge. [70] Mon Dieu, arrachez-moi de la main du pécheur, * de la main de celui qui agit contre la loi, et de l’homme inique. Parce que c’est vous qui êtes ma patience, Seigneur ; * Seigneur, vous êtes mon espérance depuis ma jeunesse. En vous j’ai trouvé un soutien depuis ma naissance : * dès le sein de ma mère vous avez été mon protecteur. Vous êtes toujours l’objet de mes chants. [71] * Je suis devenu pour beaucoup comme un prodige ; mais vous êtes un aide puissant. Que ma bouche soit remplie de louange, afin que je chante votre gloire ; * tout le jour, votre grandeur. Ne me rejetez pas au temps de la vieillesse ; * lorsque ma force aura décliné, ne m’abandonnez pas. [72] Car mes ennemis ont parlé de moi, * et ceux qui épiaient mon âme ont tenu conseil ensemble, Disant : Dieu l’a abandonné, poursuivez-le et saisissez-le : * parce qu’il n’est personne pour (le) délivrer. (0) Dieu, ne vous éloignez pas de moi ; * mon Dieu, voyez à me secourir. [73] |
| 3 Psalmus 70, ii | 3 Psaume 70, ii |
| Confundántur, et defíciant detrahéntes ánimæ meæ : * operiántur confusióne, et pudóre qui quærunt mala mihi. Ego autem semper sperábo : * et adiíciam super omnem laudem tuam. Os meum annuntiábit iustítiam tuam : * tota die salutáre tuum. Quóniam non cognóvi litteratúram, introíbo in poténtias Dómini : * Dómine, memorábor iustítiæ tuæ solíus. Deus, docuísti me a iuventúte mea : * et usque nunc pronuntiábo mirabília tua. Et usque in senéctam et sénium : * Deus, ne derelínquas me, Donec annúntiem bráchium tuum * generatióni omni, quæ ventúra est : Poténtiam tuam, et iustítiam tuam, Deus, usque in altíssima, quæ fecísti magnália : * Deus, quis símilis tibi ? Quantas ostendísti mihi tribulatiónes multas et malas : et convérsus vivificásti me : * et de abýssis terræ íterum reduxísti me : Multiplicásti magnificéntiam tuam : * et convérsus consolátus es me. Nam et ego confitébor tibi in vasis psalmi veritátem tuam : * Deus, psallam tibi in cíthara, Sanctus Israël. Exsultábunt lábia mea cum cantávero tibi : * et ánima mea, quam redemísti. Sed et lingua mea tota die meditábitur iustítiam tuam : * cum confúsi et revériti fúerint, qui quærunt mala mihi. |
Qu’ils soient confondus, et réduits à l’impuissance ceux qui disent du mal de mon âme : * qu’ils soient couverts de confusion et de honte, ceux qui cherchent à m’attirer des maux. [74] Pour moi, j’espérerai toujours : * et j’ajouterai à toutes vos louanges. Ma bouche annoncera votre justice, * tout le jour, votre (œuvre de) salut. [75] Parce que je n’ai pas connu une science (vaine), j’entrerai dans les puissances du Seigneur ; [76] * Seigneur, je me souviendrai de votre justice à vous seul. [77] (0) Dieu, vous m’avez instruit dès ma jeunesse, * et jusqu’à maintenant j’ai proclamé vos merveilles. Et jusqu’en la vieillesse et dans les derniers jours, * ô Dieu, ne me délaissez pas, Afin que j’annonce (la force de) votre bras * à toute la génération future ; Votre puissance et votre justice, 0 Dieu, (qui s’élèvent) jusqu’aux cieux, (ainsi que) les œuvres grandioses que vous avez accomplies : * ô Dieu, qui est semblable à vous ? Que vous m’avez fait voir de tribulations nombreuses et pénibles ! mais revenant, vous m’avez rendu la vie, * et vous m’avez de nouveau ramené des abîmes de la terre. Vous avez multiplié les témoignages de votre magnificence ; [78] * et revenant, vous m’avez consolé. Aussi, moi je vous rendrai hommage, en célébrant votre vérité au son des instruments ; * ô Dieu, je vous chanterai des psaumes sur la harpe, vous êtes le saint d’Israël. Mes lèvres exulteront lorsque je vous chanterai, * ainsi que mon âme que^vous^avez rachetée. Et ma langue aussi s’exercera tout le jour à (chanter) votre justice, * alors que seront confondus et couverts de honte ceux qui cherchent à m’attirer des maux. [79] |
| Extra tempus paschale : Ant. Adiútor meus, * et liberátor meus esto, Dómine. | En dehors du Temps Pascal : Ant. Mon aide et mon libérateur, soyez-le, Seigneur. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
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Psalmi de Feria VIª ad Completorium |
Psaumes du Vendredi à Complies |
| Extra tempus paschale : Ant. Voce mea * ad Dóminum clamávi : neque obliviscétur miseréri Deus. | En dehors du Temps Pascal : Ant. De ma voix j’ai crié au Seigneur, et Dieu n’oubliera pas d’avoir pitié. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
| I Psalmus 76, i | I Psaume 76, i |
| Voce mea ad Dóminum clamávi : * voce mea ad Deum, et inténdit mihi. In die tribulatiónis meæ Deum exquisívi, mánibus meis nocte contra eum : * et non sum decéptus. Rénuit consolári ánima mea, memor fui Dei, et delectátus sum, et exercitátus sum : * et defécit spíritus meus. Anticipavérunt vigílias óculi mei : * turbátus sum, et non sum locútus. Cogitávi dies antíquos : * et annos ætérnos in mente hábui. Et meditátus sum nocte cum corde meo, * et exercitábar, et scopébam spíritum meum. Numquid in ætérnum proiíciet Deus : * aut non appónet ut complacítior sit adhuc ? Aut in finem misericórdiam suam abscíndet, * a generatióne in generatiónem ? Aut obliviscétur miseréri Deus ? * aut continébit in ira sua misericórdias suas ? Et dixi : Nunc cœpi : * hæc mutátio déxteræ Excélsi. Memor fui óperum Dómini : * quia memor ero ab inítio mirabílium tuórum. Et meditábor in ómnibus opéribus tuis : * et in adinventiónibus tuis exercébor. |
De ma voix [80] j’ai crié vers le Seigneur ; * de ma voix (j’ai crié) vers Dieu, et il m’a prêté attention. [81] Au jour de ma tribulation, j’ai recherché Dieu : mes mains durant la nuit, (ont été tendues) vers lui ; * et je n’ai pas été déçu (en espérance). [82] Mon âme a refusé d’être consolée, * je me suis souvenu de Dieu, et j’ai été ravi de joie ; puis je me suis troublé, et mon esprit a défailli. Mes yeux ont anticipé les veilles de la nuit ; * j’ai été troublé, et je n’ai point parlé. J’ai songé aux jours anciens ; * et j’ai eu dans la pensée les années éternelles. [83] J’ai médité la nuit avec mon cœur, * je réfléchissais, et je sondais mon esprit. Est-ce que Dieu (nous) rejettera éternellement ? * ou n’ajoutera-t-il pas (à ses bienfaits) de nous être encore favorable et (même) davantage ? Ou retranchera-t-il à jamais sa miséricorde, * de génération en génération ? Ou Dieu oubliera-t-il d’avoir pitié ? * ou dans sa colère contiendra-t-il ses miséricordes ? [84] Et j’ai dit : Maintenant je commence ; * ce changement est (l’œuvre) de la droite du Très-Haut. Je me suis souvenu des œuvres du Seigneur, * je me souviendrai de vos merveilles depuis le commencement, Je méditerai sur toutes vos œuvres, * et je réfléchirai à vos desseins. [85] |
| 2 Psalmus 76, ii | 2 Psaume 76, ii |
| Deus, in sancto via tua : quis Deus magnus sicut Deus noster ? *tu es Deus qui facis mirabília. Notam fecísti in pópulis virtútem tuam : * redemísti in bráchio tuo pópulum tuum, fílios Iacob et Ioseph. Vidérunt te aquæ, Deus, vidérunt te aquæ : * et timuérunt, et turbátæ sunt abýssi. Multitúdo sónitus aquárum : * vocem dedérunt nubes. Etenim sagíttæ tuæ tránseunt : * vox tonítrui tui in rota. Illuxérunt coruscatiónes tuæ orbi terræ : * commóta est, et contrémuit terra. In mari via tua, et sémitæ tuæ in aquis multis : * et vestígia tua non cognoscéntur. Deduxísti sicut oves pópulum tuum, * in manu Móysi et Aaron. |
0 Dieu, votre voie est sainte : quel Dieu est grand comme notre Dieu ? * c’est vous, (ô) Dieu, qui faites des merveilles. Vous avez fait connaître parmi les peuples votre puissance ; [86] * Vous avez racheté par votre bras votre peuple, les fils de Jacob et de Joseph. Les eaux vous ont vu, ô Dieu, les eaux vous ont vu ; * et elles ont craint, et les abîmes ont été troublés. Il y a eu un grand bruit des eaux : *les nuées ont fait entendre (leur) voix. Car vos flèches traversaient (les airs) ; * la voix de votre tonnerre a (éclaté) sur la roue. Vos éclairs ont brillé sur le globe de la terre : * la terre s’est émue, et a tremblé. [87] Dans la mer a été votre route, et vos sentiers ont été entre des eaux abondantes : * et vos traces ne seront pas connues. Vous avez conduit, comme des brebis, votre peuple * par les mains de Moïse et d’Aaron. [88] |
| 3 Psalmus 85 | 3 Psaume 85 |
| Inclína, Dómine, aurem tuam, et exáudi me : * quóniam inops, et pauper sum ego. Custódi ánimam meam, quóniam sanctus sum : * salvum fac servum tuum, Deus meus, sperántem in te. Miserére mei, Dómine, quóniam ad te clamávi tota die : * lætífica ánimam servi tui, quóniam ad te, Dómine, ánimam meam levávi. Quóniam tu, Dómine, suávis, et mitis : * et multæ misericórdiæ ómnibus invocántibus te. Auribus pércipe, Dómine, oratiónem meam : * et inténde voci deprecatiónis meæ. In die tribulatiónis meæ clamávi ad te : * quia exaudísti me. Non est símilis tui in diis, Dómine : * et non est secúndum ópera tua. Omnes gentes quascúmque fecísti, vénient, et adorábunt coram te, Dómine : * et glorificábunt nomen tuum. Quóniam magnus es tu, et fáciens mirabília : * tu es Deus solus. Deduc me, Dómine, in via tua, et ingrédiar in veritáte tua : * lætétur cor meum ut tímeat nomen tuum. Confitébor tibi, Dómine, Deus meus, in toto corde meo, * et glorificábo nomen tuum in ætérnum : Quia misericórdia tua magna est super me : * et eruísti ánimam meam ex inférno inferióri. Deus, iníqui insurrexérunt super me, et synagóga poténtium quæsiérunt ánimam meam : * et non proposuérunt te in conspéctu suo. Et tu, Dómine, Deus miserátor et miséricors, * pátiens, et multæ misericórdiæ, et verax, Réspice in me, et miserére mei, * da impérium tuum púero tuo : et salvum fac fílium ancíllæ tuæ. Fac mecum signum in bonum, ut vídeant qui odérunt me, et confundántur : *quóniam tu, Dómine, adiuvísti me, et consolátus es me. |
Inclinez, votre oreille, Seigneur, et exaucez-moi, * parce que je suis indigent et pauvre. [89] Gardez mon âme, parce que je suis saint : * sauvez, mon Dieu, votre serviteur qui espère en vous. Ayez pitié de moi, Seigneur, car vers vous j’ai crié tout le jour ; * réjouissez l’âme de votre serviteur, parce que vers vous, Seigneur, j’ai élevé mon âme. [90] Parce que vous, Seigneur, vous êtes bienveillant et doux, * et d’une grande miséricorde pour tous ceux qui vous invoquent. Prêtez, Seigneur, l’oreille à ma prière, * et soyez attentif à la voix de ma supplication. Au jour de ma tribulation, j’ai crié vers vous, * parce que vous m’avez exaucé. Nul n’est semblable à vous parmi les dieux, Seigneur ; * et il n’est rien de comparable à vos œuvres. [91] Toutes les nations que vous avez faites viendront, et adoreront devant vous, Seigneur, * et glorifieront votre nom. Parce que vous êtes grand, et que vous faites des merveilles, * et que vous seul êtes Dieu. Conduisez-moi, Seigneur, dans votre voie, et (faites que) j’entre dans votre vérité : * que mon cœur se réjouisse, afin qu’il craigne votre nom. Je vous louerai, Seigneur, mon Dieu, en tout mon cœur, * et je glorifierai votre nom éternellement ; Parce que votre miséricorde est grande envers moi, * et que vous avez arraché mon âme de l’enfer profond. [92] O Dieu, des (hommes) iniques se sont insurgés contre moi, et une assemblée de puissants a cherché mon âme ; * et ils ne vous ont pas eu présent devant leurs yeux. Et, vous, Seigneur, vous le Dieu compatissant et miséricordieux, * patient, d’une grande miséricorde, et véridique. [93] Jetez les yeux sur moi, et ayez pitié de moi, * donnez votre puissance à votre serviteur, et sauvez le fils de votre servante. [94] Opérez un signe en ma faveur, afin qu’ils le voient ceux qui me haïssent, et qu’ils soient confondus, * parce que c’est vous, Seigneur, qui m’avez aidé et consolé. [95] |
| Extra tempus paschale : Ant. Voce mea * ad Dóminum clamávi : neque obliviscétur miseréri Deus. | En dehors du Temps Pascal : Ant. De ma voix j’ai crié au Seigneur, et Dieu n’oubliera pas d’avoir pitié. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
reliqua ut in ordinario
retour à l’ordinaire des Complies
Psalmi de Sabbato ad Completorium |
Psaumes du Samedi à Complies |
| Extra tempus paschale : Ant. Intret orátio mea * in conspéctu tuo, Dómine. | En dehors du Temps Pascal : Ant. Que ma prière arrive en votre présence, Seigneur. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
| I Psalmus 87 | I Psaume 87 |
| Dómine, Deus salútis meæ : * in die clamávi, et nocte coram te. Intret in conspéctu tuo orátio mea : * inclína aurem tuam ad precem meam : Quia repléta est malis ánima mea : * et vita mea inférno appropinquávit. Æstimátus sum cum descendéntibus in lacum : * factus sum sicut homo sine adiutório, inter mórtuos liber. Sicut vulneráti dormiéntes in sepúlcris, quorum non es memor ámplius : * et ipsi de manu tua repúlsi sunt. Posuérunt me in lacu inferióri : * in tenebrósis, et in umbra mortis. Super me confirmátus est furor tuus : * et omnes fluctus tuos induxísti super me. Longe fecísti notos meos a me : * posuérunt me abominatiónem sibi. Tráditus sum, et non egrediébar : * óculi mei languérunt præ inópia. Clamávi ad te, Dómine, tota die : * expándi ad te manus meas. Numquid mórtuis fácies mirabília : * aut médici suscitábunt, et confitebúntur tibi ? Numquid narrábit áliquis in sepúlcro misericórdiam tuam, * et veritátem tuam in perditióne ? Numquid cognoscéntur in ténebris mirabília tua, * et iustítia tua in terra obliviónis ? Et ego ad te, Dómine, clamávi : * et mane orátio mea prævéniet te. Ut quid, Dómine, repéllis oratiónem meam : * avértis fáciem tuam a me ? Pauper sum ego, et in labóribus a iuventúte mea : * exaltátus autem, humiliátus sum et conturbátus. In me transiérunt iræ tuæ : * et terróres tui conturbavérunt me. Circumdedérunt me sicut aqua tota die : * circumdedérunt me simul. Elongásti a me amícum et próximum : * et notos meos a miséria. |
Seigneur, Dieu de mon salut, * j’ai crié devant vous, le jour et la nuit. [96] Que ma prière arrive en votre présence ; *-inclinez votre oreille à ma supplication ; Car mon âme est remplie de maux, * et ma vie s’est approchée du séjour des morts. [97] On me compte parmi ceux qui descendent dans la fosse : * je suis devenu comme un homme sans secours. Libre entre des morts, comme des blessés qui dorment dans des sépulcres, (blessés) dont vous ne vous souvenez plus, * et qui ont été repoussés de votre main. Ils m’ont mis dans une fosse profonde, * dans des lieux ténébreux, et dans l’ombre de la mort. Sur moi s’est appesantie votre colère, * et sur moi vous avez fait passer tous vos flots (d’indignation). Vous avez éloigné de moi ceux qui me connaissaient ; * ils m’ont regardé comme un objet d’abomination pour eux [98] J’ai été livré, et je ne sortais pas ; * mes yeux ont langui à cause de ma détresse. J’ai crié vers vous, Seigneur, * tout le jour, * j’ai étendu vers vous mes mains. Est-ce que, pour des morts, vous ferez des merveilles, * ou des médecins (les) ressusciteront-ils, afin qu’ils vous louent ? Est-ce que quelqu’un racontera votre miséricorde dans un sépulcre, * et votre vérité dans (le lieu de) la destruction ? Est-ce que vos merveille » seront connues dans les ténèbres, * et votre justice dans la terre de l’oubli ? Et moi, vers vous, Seigneur, j’ai crié, * et, dès le matin, ma prière ira au devant de vous. Pourquoi, Seigneur, repoussez-vous ma prière, * détournez-vous votre face de moi ? [99] Je suis pauvre, moi, et dans les travaux depuis ma jeunesse, * et (après avoir été exalte) j’ai été humilié et troublé. Sur moi ont passé vos colères, * et vos terreurs m’ont troublé. Elles m’ont environné tout le jour, comme l’eau qui déborde, * elles m’ont environné toutes ensemble. [100] Vous avez éloigné de moi l’ami et le proche, * et ceux qui m’étaient connus, (s’enfuyaient) à cause de ma misère. [101] |
| 2 Psalmus 102, i | 2 Psaume 102, i |
| Bénedic, ánima mea, Dómino : * et ómnia, quæ intra me sunt, nómini sancto eius. Bénedic, ánima mea, Dómino : * et noli oblivísci omnes retributiónes eius. Qui propitiátur ómnibus iniquitátibus tuis : * qui sanat omnes infirmitátes tuas. Qui rédimit de intéritu vitam tuam : * qui corónat te in misericórdia et miseratiónibus. Qui replet in bonis desidérium tuum : * renovábitur ut áquilæ iuvéntus tua : Fáciens misericórdias Dóminus : * et iudícium ómnibus iniúriam patiéntibus. Notas fecit vias suas Móysi, * fíliis Israël voluntátes suas. Miserátor, et miséricors Dóminus : * longánimis, et multum miséricors. Non in perpétuum irascétur : * neque in ætérnum comminábitur. Non secúndum peccáta nostra fecit nobis : * neque secúndum iniquitátes nostras retríbuit nobis. Quóniam secúndum altitúdinem cæli a terra : * corroborávit misericórdiam suam super timéntes se. Quantum distat ortus ab occidénte : * longe fecit a nobis iniquitátes nostras. |
Bénis, (ô) mon âme, te Seigneur, * et (que) tout ce qui est en moi (bénisse) son saint nom. [102] Bénis, mon âme, le Seigneur, * et n’oublie point tous ses bienfaits. C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités ; * lui qui guérit toutes tes infirmités. [103] C’est lui qui rachète de la mort ta vie ; * qui te couronne en sa miséricorde et ses bontés. C’est lui qui comble de biens ton désir : * ta jeunesse sera renouvelée comme celle de l’aigle. Le Seigneur fait miséricorde * et justice à tous ceux qui souffrent quelque injure. Il a fait connaître ses voies à Moïse, * aux enfants d’Israël ses volontés. Compatissant et miséricordieux est le Seigneur ; * lent à punir et grandement miséricordieux. [104] II ne sera pas perpétuellement irrité ; * il ne menacera pas éternellement. Ce n’est pas selon nos péchés qu’il nous a traités ; * ni selon nos iniquités qu’il nous a punis. Car autant les deux sont élevés au-dessus de la terre, * autant il a confirmé sa miséricorde sur ceux qui le craignent. Autant est distant l’orient de l’occident, * autant il a éloigné de nous nos iniquités. [105] |
| 3 Psalmus 102, ii | 3 Psaume 102, ii |
| Quómodo miserétur pater filiórum, misértus est Dóminus timéntibus se : * quóniam ipse cognóvit figméntum nostrum. Recordátus est quóniam pulvis sumus : homo, sicut fœnum dies eius, * tamquam flos agri sic efflorébit. Quóniam spíritus pertransíbit in illo, et non subsístet : * et non cognóscet ámplius locum suum. Misericórdia autem Dómini ab ætérno, * et usque in ætérnum super timéntes eum. Et iustítia illíus in fílios filiórum, * his qui servant testaméntum eius : Et mémores sunt mandatórum ipsíus, * ad faciéndum ea. Dóminus in cælo parávit sedem suam : * et regnum ipsíus ómnibus dominábitur. Benedícite Dómino, omnes Angeli eius : poténtes virtúte, faciéntes verbum illíus, * ad audiéndam vocem sermónum eius. Benedícite Dómino, omnes virtútes eius : * minístri eius, qui fácitis voluntátem eius. Benedícite Dómino, ómnia ópera eius : * in omni loco dominatiónis eius, bénedic, ánima mea, Dómino. |
De même qu’un père s’attendrit sur ses enfants (ainsi) le Seigneur a eu pitié de ceux qui le craignent ; [106] * parce que lui-même sait de quoi nous sommes formés. Il s’est souvenu que nous sommes poussière ; * l’homme ! ses jours sont comme une herbe : comme une fleur des champs, ainsi il fleurira. Un souffle passera sur lui, et il ne subsistera pas : * et l’on ne connaîtra plus son lieu. Mais la miséricorde du Seigneur est de l’éternité * et jusqu’à l’éternité sur ceux qui le craignent. [107] Et sa justice (s’étend) sur les enfants des enfants, * pour ceux qui gardent son alliance, Et se souviennent de ses commandements, * afin de les accomplir. Le Seigneur a préparé son trône dans le ciel ; * et toutes choses seront soumises à son empire. [108] Bénissez le Seigneur, vous tous ses anges, * puissants en force, accomplissant sa parole, pour obéir à la voix de ses ordres. Bénissez le Seigneur, vous toutes ses puissances ; * vous ses ministres, qui faites sa volonté. Bénissez le Seigneur, vous toutes ses œuvres, * dans tous les lieux de sa domination : bénis, (ô) mon âme, le Seigneur. [109] |
| Extra tempus paschale : Ant. Intret orátio mea * in conspéctu tuo, Dómine. | En dehors du Temps Pascal : Ant. Que ma prière arrive en votre présence, Seigneur. |
| Tempore paschali : Ant. Allelúia, * allelúia, allelúia. | Temps Pascal : Ant. Alléluia, alléluia, alléluia. |
reliqua ut in ordinario
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| De hymno | L’hymne |
| Hymnus | Hymne |
| Te lucis ante términum, Rerum Creátor, póscimus, Ut pro tua cleméntia Sis præsul et custódia. |
Avant que la lumière disparaisse, nous vous supplions, ô Créateur de toutes choses, d’être, dans votre clémence, notre protecteur et notre gardien. [110] |
| Procul recédant sómnia, Et nóctium phantásmata ; Hostémque nostrum cómprime, Ne polluántur córpora. |
Que les songes s’enfuient loin de nous et les fantômes de la nuit. Comprimez notre ennemi ; que nos corps restent purs ! |
| Præsta, Pater piíssime, Patríque compar Unice, Cum Spíritu Paráclito Regnans per omne sǽculum. Amen. |
Faites-nous cette grâce, ô Père très miséricordieux, et vous, ô Fils unique, égal au Père ; vous qui, avec l’Esprit Consolateur, régnez dans tous les siècles. Amen. |
| De capitulo et responsorio brevi | Le capitule et le répons bref |
| Capitulum. Ier. 14, 9 | Capitule. |
| Tu autem in nobis es, Dómine, et nomen sanctum tuum invocátum est super nos : ne derelínquas nos, Dómine Deus noster. | Mais vous, vous êtes au milieu de nous, Seigneur, et votre saint nom est invoqué sur nous [111] ; ne nous abandonnez pas, ô Seigneur notre Dieu. |
| R/. Deo grátias. | R/. Rendons grâces à Dieu. |
| R/.br. In manus tuas, Dómine, * comméndo spíritum meum. | R/.br. En vos mains, Seigneur [112] : * Je remets mon esprit. [113] |
| Et repetitur : In manus tuas, Dómine, comméndo spíritum meum. | Et on répète : En vos mains, Seigneur : * Je remets mon esprit. |
| V/. Redemísti nos, Dómine, Deus veritátis. | V/. C’est vous qui nous avez rachetés, Seigneur, Dieu de vérité. |
| R/. Comméndo spíritum meum. | R/. Je remets mon esprit. |
| V/. Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. | V/. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. |
| R/. In manus tuas, Dómine, comméndo spíritum meum. | R/. En vos mains, Seigneur : * Je remets mon esprit. |
| V/. Custódi nos, Dómine, ut pupíllam óculi. | V/. Gardez-nous, Seigneur, comme la prunelle de l’œil. [114] |
| R/. Sub umbra alárum tuárum prótege nos. | R/. Sous l’ombre de vos ailes, protégez-nous. [115] |
| A sabbato ante dominicam I Passionis usque ad feriam IV Hebdomadæ sanctæ, in Officio de Tempore, in responsorio brevi omittitur Glória Patri, et huius loco repetitur responsorium, ut sequitur : | Depuis le Samedi avant le Dimanche de la Passion jusqu’à la 4me Férie de la Semaine Sainte inclusivement, quand on dit l’Office du Temps, on omet le Gloire au Père dans le Répons bref en répétant le Répons comme suit : |
| R/br. In manus tuas, Dómine, * comméndo spíritum meum. | R/br. En vos mains, Seigneur : * Je remets mon esprit. |
| Et repetitur : In manus tuas, Dómine, comméndo spíritum meum. | Et on répète : En vos mains, Seigneur : * Je remets mon esprit. |
| V/. Redemísti nos, Dómine, Deus veritátis. | V/. C’est vous qui nous avez rachetés, Seigneur, Dieu de vérité. |
| R/. Comméndo spíritum meum. | R/. Je remets mon esprit. |
| V/. In manus tuas, Dómine. | En vos mains, Seigneur : |
| R/. Comméndo spíritum meum. | R/. Je remets mon esprit. |
| V/. Custódi nos, Dómine, ut pupíllam óculi. | V/. Gardez-nous, Seigneur, comme la prunelle de l’œil. |
| R/. Sub umbra alárum tuárum prótege nos. | R/. Sous l’ombre de vos ailes, protégez-nous. |
| A sabbato ante dominicam in albis usque ad feriam VI infra octavam Pentecostes inclusive, responsorium breve dicitur hoc modo : | Depuis le Samedi avant le Dimanche in Albis jusqu’à la 6me Férie dans l’Octave de la Pentecôte inclusivement, on dit le répons bref de cette manière : |
| R/br. In manus tuas, Dómine, comméndo spíritum meum, * allelúia, allelúia. | R/br. En vos mains, Seigneur, je remets mon esprit *. Alléluia, alléluia. |
| Et repetitur :In manus tuas, Dómine, comméndo spíritum meum, allelúia, allelúia. | Et on répète :En vos mains, Seigneur, je remets mon esprit *. Alléluia, alléluia. |
| V/. Redemísti nos, Dómine, Deus veritátis. | V/. C’est vous qui nous avez rachetés, Seigneur, Dieu de vérité. |
| R/. Allelúia, allelúia. | R/. Alléluia, alléluia. |
| V/. Glória Patri, et Fílio, et Spirítui Sancto. | V/. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit. |
| R/. In manus tuas, Dómine, comméndo spíritum meum, allelúia, allelúia. | R/. En vos mains, Seigneur, je remets mon esprit *. Alléluia, alléluia. |
| V/. Custódi nos, Dómine, ut pupíllam óculi, allelúia. | V/. Gardez-nous, Seigneur, comme la prunelle de l’œil, alléluia. |
| R/. Sub umbra alárum tuárum prótege nos, allelúia. | R/. Sous l’ombre de vos ailes, protégez-nous, alléluia. |
| De cantico | Le cantique |
| Ant. Salva nos, * Dómine, vigilántes, custódi nos dormiéntes ; ut vigilémus cum Christo, et requiescámus in pace (T. P. allelúia). | Ant. Sauvez-nous, * Seigneur, durant la veille, gardez-nous durant le sommeil ; afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix. [116] (T. P. alléluia). |
| Canticum Simeonis | Cantique de Siméon. [117] |
| Luc. 2, 29-32 | |
| Nunc dimíttis servum tuum, Dómine, * secúndum verbum tuum in pace : | C’est maintenant, Seigneur, que vous laisserez votre serviteur mourir * en paix, selon votre parole. |
| Quia vidérunt óculi mei * salutáre tuum, | Parce que mes yeux ont vu * le Sauveur qui vient de vous, |
| Quod parásti * ante fáciem ómnium populórum, | Que vous avez destiné * à être reconnu par tous les peuples, |
| Lumen ad revelatiónem géntium, * et glóriam plebis tuæ Israël. | La lumière qui éclairera les nations, * et la gloire de votre peuple d’Israël. |
| Glória Patri. | Gloire au Père. |
| Ant. Salva nos, * Dómine, vigilántes, custódi nos dormiéntes ; ut vigilémus cum Christo, et requiescámus in pace (T. P. allelúia). | Ant. Sauvez-nous, * Seigneur, durant la veille, gardez-nous durant le sommeil ; afin que nous puissions veiller avec Jésus-Christ, et que nous reposions dans la paix. (T. P. alléluia). |
| De oratione | L’oraison |
| V/. Dóminus vobíscum. | V/. Que le Seigneur soit avec vous. |
| R/. Et cum spíritu tuo. | R/. Et avec votre esprit. |
| Vel | Ou |
| V/. Dómine, exáudi oratiónem meam. | V/. Seigneur, écoutez ma prière. |
| R/. Et clamor meus ad te véniat. | R/. Et que mon cri parvienne jusqu’à vous. |
| Orémus. Oratio | Prions. [118] |
| Visita, quǽsumus, Dómine, habitatiónem istam, et omnes insídias inimíci ab ea longe repélle : Angeli tui sancti hábitent in ea, qui nos in pace custódiant ; et benedíctio tua sit super nos semper. Per Dóminum. | Visitez, s’il vous plaît, Seigneur, cette maison, et éloignez-en toutes les embûches de l’ennemi ; que vos saints Anges y habitent, qu’ils nous gardent dans la paix et que votre bénédiction demeure toujours sur nous. Par … |
| R/. Amen. | R/. Amen. |
| V/. Dóminus vobíscum. | V/. Que le Seigneur soit avec vous. |
| R/. Et cum spíritu tuo. | R/. Et avec votre esprit. |
| Vel | Ou |
| V/. Dómine, exáudi oratiónem meam. | V/. Seigneur, écoutez ma prière. |
| V/. Benedicámus Dómino. | V/. Bénissons le Seigneur. |
| R/. Deo grátias. | R/. Rendons grâces à Dieu. |
| Bened. Benedícat et custódiat nos omnípotens et miséricors Dóminus, Pater, et Fílius, et Spíritus Sanctus. | Bened. Le Seigneur tout-puissant et miséricordieux, Père, Fils et Saint-Esprit, nous bénisse et nous garde. [119] |
| R/. Amen. | R/. Amen. |
| Et non dicitur versus Fidélium ánimæ, sed immediate subiungitur una ex finalibus B. Mariæ Virginis antiphonis, quæ infra pro diversitate temporis assignantur. | Et l’on ne dit pas le Verset : Que les âmes des fidèles défunts, mais on récite immédiatement une des Antiennes finales de la bienheureuse Vierge Marie, données plus bas, selon la diversité des Temps. |
ANTIPHONÆ FINALES B. MARIÆ VIRGINIS |
ANTIENNES FINALES A LA T.S. VIERGE MARIE |
| I | I |
| A sabbato ante dominicam I Adventus usque ad diem 1 februarii inclusive : | Du samedi avant le 1er dimanche de l’Avent jusqu’au 1er février inclusivement : |
| Antiphona | Antienne [120] |
| Alma Redemptóris Mater, quæ pérvia cæli Porta manes, et stella maris, succúrre cadénti, Súrgere qui curat, pópulo : tu quæ genuísti, Natúra miránte, tuum sanctum Genitórem, Virgo prius ac postérius, Gabriélis ab ore Sumens illud Ave, peccatórum miserére. |
Féconde Mère du Rédempteur, vous qui êtes la porte du ciel sans cesse ouverte, et l’Etoile de la mer, secourez ce peuple qui tombe, mais qui désire se relever. O vous qui avez, au grand étonnement de la nature, donné naissance à votre très saint Créateur, Vierge avant et après l’enfantement, accueillez cet Ave qui sortit de la bouche de Gabriel, et daignez prendre pitié des pécheurs. |
| Usque ad diem 23 decembris :Amen. | Jusqu’au 23 décembre :Amen. |
| V/. Angelus Dómini nuntiávit Maríæ. | V/. L’Ange du Seigneur annonça à Marie. |
| R/. Et concépit de Spíritu Sancto. | R/. Et elle conçut du Saint-Esprit. |
| Orémus. Oratio | Prions. |
| Grátiam tuam, quǽsumus Dómine, méntibus nostris infunde : ut, qui, Angelo nuntiánte, Christi Fílii tui incarnatiónem cognóvimus ; per passiónem eius et crucem, ad resurrectiónis glóriam perducámur. Per eúndem Christum Dóminum nostrum. | Répandez, nous vous en prions, Seigneur, votre grâce dans nos âmes, afin que nous, qui avons connu, par le ministère de l’Ange, l’Incarnation du Christ votre Fils, nous soyons conduits par sa passion et sa croix, à la gloire de la résurrection. Par le même Christ notre Seigneur. |
| R/. Amen. | R/. Amen. |
| A die 24 decembris : | A partir du 24 décembre : |
| V/. Post partum, Virgo, invioláta permansísti. | V/. Vous êtes demeurée sans tache après l’enfantement, ô Vierge. |
| R/. Dei Génitrix, intercéde pro nobis. | R/. Mère de Dieu, intercédez pour nous. |
| Orémus. Oratio | Prions. |
| Deus, qui salútis ætérnæ, beátæ Maríæ virginitáte fecúnda, humáno géneri prǽmia præstitísti : tríbue, quǽsumus ; ut ipsam pro nobis intercédere sentiámus, per quam merúimus auctórem vitæ suscípere, Dóminum nostrum Iesum Christum, Fílium tuum. | O Dieu, qui par la virginité féconde de la bienheureuse Marie, avez procuré au genre humain les avantages du salut éternel ; accordez-nous, s’il vous plaît, de ressentir les effets de l’intercession de celle par qui nous avons eu la grâce de recevoir l’auteur de la vie, notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils. |
| R/. Amen. | R/. Amen. |
| conclusio | conclusion de l’office |
| II | II |
| A die 2 februarii usque ad feriam IV Hebdomadæ sanctæ inclusive : | Du 2 Février jusqu’à la 4ème Férie de la Semaine Sainte inclusivement : |
| Antiphona | Antienne [121] |
| Ave, Regína cælórum, Ave, Dómina Angelórum : Salve, radix, salve, porta, Ex qua mundo lux est orta : |
Salut, Reine des Cieux ! Salut, Souveraine des Anges ! Salut, tige féconde ! Salut, porte par laquelle la lumière s’est levée sur le monde ! |
| Gaude, Virgo gloriósa, Super omnes speciósa, Vale, o valde decóra, Et pro nobis Christum exóra. |
Réjouissez-vous, Vierge glorieuse, qui l’emportez sur toutes en beauté ! Triomphez, ô toute belle, et implorez le Christ en notre faveur. |
| V/. Dignáre me laudáre te, Virgo sacráta. | V/. Rendez-moi digne de vous louer, ô Vierge sainte. |
| R/. Da mihi virtútem contra hostes tuos. | R/. Donnez-moi de la force contre vos ennemis. |
| Orémus. Oratio | Prions. |
| Concéde, miséricors Deus, fragilitáti nostræ præsídium ; ut, qui sanctæ Dei Genitrícis memóriam ágimus ; intercessiónis eius auxílio, a nostris iniquitátibus resurgámus. Per eúndem Christum Dóminum nostrum. | Accordez, ô Dieu de miséricorde, votre secours à notre fragilité ; afin que nous, qui célébrons la mémoire de la sainte Mère de Dieu, nous puissions, à l’aide de son intercession, nous relever de nos iniquités. Par le même Christ, notre Seigneur. |
| R/. Amen. | R/. Amen. |
| conclusio | conclusion de l’office |
| III | III |
| A dominica Paschatis usque ad feriam VI infra octavam Pentecostes inclusive : | Du dimanche de Pâque jusqu’à la 6ème Férie dans l’octave de Pentecôte inclusivement : |
| Antiphona | Antienne [122] |
| Regína cæli, lætáre, allelúia ; Quia quem meruísti portáre, allelúia, Resurréxit, sicut dixit, allelúia : Ora pro nobis Deum, allelúia. |
Reine du Ciel, réjouissez-vous, alléluia ; car celui que vous avez mérité de porter, alléluia ; est ressuscité comme il l’avait dit, alléluia ; priez Dieu pour nous, alléluia. |
| V/. Gaude et lætáre, Virgo María, allelúia. | V/. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, Vierge Marie, alléluia. |
| R/. Quia surréxit Dóminus vere, allelúia. | R/. Parce que le Seigneur est vraiment ressuscité, alléluia. |
| Orémus. Oratio | Prions. |
| Deus, qui per resurrectiónem Fílii tui, Dómini nostri Iesu Christi, mundum lætificáre dignátus es : præsta, quǽsumus ; ut, per eius Genitrícem Vírginem Maríam, perpétuæ capiámus gáudia vitæ. Per eúndem Christum Dóminum nostrum. | O Dieu, qui avez daigné réjouir le monde par la résurrection de Jésus-Christ, votre Fils ; faites, nous vous en supplions, qu’aidés par sa Mère, la Vierge Marie, nous arrivions à la possession des joies de la vie éternelle. Par le même Christ notre Seigneur. |
| R/. Amen. | R/. Amen. |
| conclusio | conclusion de l’office |
| IV | IV |
| A sabbato infra octavam Pentecostes usque ad feriam VI ante dominicam I Adventus inclusive : | Du samedi dans l’octave de la Pentecôte jusqu’à la 6ème férie avent le 1er dimanche de l’Avent inclusivement. |
| Antiphona | Antienne [123] |
| Salve, Regína, mater misericórdiæ ; vita, dulcédo et spes nostra, salve. Ad te clamámus éxsules fílii Hevæ. Ad te suspirámus geméntes et flentes in hac lacrimárum valle. Eia ergo, advocáta nostra, illos tuos misericórdes óculos ad nos convérte. Et Iesum, benedíctum fructum ventris tui, nobis post hoc exsílium osténde. O clemens, o pia, o dulcis Virgo María. |
Salut, ô Reine, Mère de Miséricorde ! Notre vie, notre douceur, notre espoir, salut ! Vers vous, nous crions dans notre exil, fils d’Eve ; Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant, dans cette vallée de larme. O vous donc, notre Avocate, tournez vers nous vos yeux compatissants. Et Jésus, le fruit béni de vos entrailles, après notre exil, montrez-le nous. O Clémente, ô Bonne, ô Douce Vierge Marie. |
| V/. Ora pro nobis, sancta Dei Génitrix. | V/. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu. |
| R/. Ut digni effíciámur promissiónibus Christi. | R/. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ. |
| Orémus. Oratio | Prions. |
| Omnípotens sempitérne Deus, qui gloriósæ Vírginis Matris Maríæ corpus et ánimam, ut dignum Fílii tui habitáculum éffici mererétur, Spíritu Sancto cooperánte, præparásti : da, ut, cuius commemoratióne lætámur, eius pia intercessióne, ab instántibus malis et a morte perpétua liberémur. Per eúndem Christum Dóminum nostrum. | Dieu tout-puissant et éternel, vous avez préparé le corps et l’âme de la glorieuse Vierge Marie, par la coopération du Saint-Esprit, en vue de la rendre une demeure digne de votre Fils. Accordez-nous, tandis que nous célébrons son souvenir dans l’allégresse de nos cœurs, d’être, par sa miséricordieuse intercession, délivrés de tous les maux qui nous menacent et de la mort éternelle. Par le même J.-C. N.-S. |
| Conclusio | Conclusion |
| Absoluta vero antiphona finali cum suis versu et oratione, concluditur : | Après l’antienne finale avec son vert et son oraison, on conclut : |
| V/. Divínum auxílium máneat semper nobíscum. | V/. Que le secours divin demeure toujours avec nous. |
| R/. Amen. | R/. Amen. |
| Et ita absolvitur cursus divini Officii. | Et ainsi est achevé le cours de l’Office divin. |
[1] Les commentaires viennent du Bréviaire Romain, traduction annotée précédée d’une introduction de Dom Gréa, 3ème édition, Apostolat Liturgique, Lophem-lez-Bruges, 1924, tome I, p.44
[2] PS. 123, 8
[3] Par ce Verset nous témoignons qu’à la défiance de nous-mêmes nous voulons joindre une grande confiance en Dieu, que nous croyons à sa toute-puissance, à sa bonté toujours prête à nous secourir et à la terreur qu’inspiré au démon le nom de notre Sauveur Jésus.
[4] Ps. 84, 4
[5] Après avoir récité le Pater et le Confiteor, c’est-à-dire invoqué la grâce de Dieu et lui avoir demandé pardon de nos fautes, nous le supplions de tourner nos coeurs vers lui, ce qui constitue littéralement la conversion. Si les travaux du jour nous ont distraits, l’approche delà nuit doit nous recueillir, et ramener nos pensées au centre unique.
[6] Ps 69, 1
[7] Dieu met au large dans la tribulation : 1° quand il console l’homme affligé ; 2° quand il se sert de la souffrance pour nous délivrer de nos passions. (Saint Chrysostome).
[8] Un sacrifice de justice, celui d’une âme droite. Qu’elle s’offre et s’immole sur l’autel de la foi, pour être consumée par le feu divin ou par le Saint-Esprit.
[9] Il en est de Dieu comme de César qui exige que son image soit empreinte sur la monnaie ; rendez donc à Dieu votre âme marquée à la lumière de sa face. (Saint Chrysostome).
[10] Repos de la conscience, repos du cœur, repos dans le recueillement, paix en Dieu, paix dans l’attente du dernier sommeil : voilà ce que produisent nos espérances.
[11] C’est-à-dire qu’il te placera sur son cœur : pourvu que, semblable au faible poussin, tu veuilles échapper au vautour en cherchant un refuge sous les ailes de ta mère. Fuyons sous les ailes de la Sagesse, notre mère, car comme une poule qui devient faible avec ses poussins, la Sagesse est devenue faiblesse à cause de nous quand le Verbe s’est fait chair. (Saint Augustin).
[12] Admirons dans ce verset et dans le précédent : 1° La Providence admirable de Dieu qui députe à chacun de nous un des Anges qui voient sa face dans les deux ; 2° la fin pour laquelle les Anges sont préposés à notre garde : pour nous garder dans toutes nos voies ; 3° l’amour avec lequel les Anges remplissent cette mission : ils nous portent dans leurs mains ; figure empruntée à la mère portant ses enfants dans ses bras. (Saint Jérôme — Saint Bernard).
[13] Sous l’emblème de l’aspic, serpent qui reste, sourd, assure-t-on, à tous les enchantements, le démon nous pousse à l’endurcissement du cœur ; sous celui du basilic dont le regard est funeste, il excite en nous l’envie. « Lion, il attaque à force ouverte, dragon, il dresse des embûches. » (Saint Augustin).
[14] Je le comblerai d’une longue suite de jours. Le Psalmiste chante l’éternel repos. Après les travaux de cette vie, nous recevrons notre récompense. (Saint Athanase). Mon salut, c’est-à-dire mon secours, ou bien l’auteur du salut. « Notre salut, c’est Notre Seigneur qui nous fait régner avec lui. »
[15] Maintenant, c’est-à-dire dès cette vie et en particulier à la tombée de la nuit, tandis que d’autres vont achever leur journée dans le péché ou au moins dans l’indifférence.
[16] Nous ne sommes pas encore dans le temple éternel où Dieu fait son séjour ; mais nous sommes dans son Église qui en est le parvis ou l’entrée et où daigne habiter aussi le Saint des saints.
[17] Non seulement durant la nuit physique, mais aussi durant la nuit de l’adversité si Dieu nous l’envoie.
[18] Le suppliant ne refuse pas d’être châtié ; mais il voudrait que Dieu le punît comme un pécheur repentant auquel il a pardonné, et non sous l’impression de sa colère. (Fillion).
[19] Ce qu’il y a de plus solide dans le corps est brisé, image et preuve d’une contrition vraiment intime et profonde. (Lesêtre).
[20] Tarderez-vous à me secourir ? (Chanoine Moisset)
[21] Dans la pensée de David, l’enfer est simplement le tombeau et le séjour des âmes après la mort, et la louange qui n’est plus permise en ce lieu, c’est ce culte extérieur qu’on rend à Dieu sur la terre et qui fait la joie de l’exil. Avant la rédemption, le schéol apparaît, même aux justes, comme le séjour du repos, mais non encore de la joie. (Lesêtre).
[22] Ici-bas, nos larmes sont fécondes en fruits de salut. Ceux qui en ont fait l’expérience savent quelle douceur apportent avec elles ces sources abondantes, assez puissantes pour éteindre devant nous le feu qui ne s’éteint jamais. (Saint Chrysostome).
[23] La pénitence exige de la confusion et du trouble. (Saint Augustin). En effet, si ceux qui courent dans la carrière du vice viennent à rougir de leur conduite et à reculer en arrière, ils cesseront de commettre le mal. (Saint Chrysostome).
[24] Par ce lion il en est qui entendent le démon, qui tourne autour de nous comme un lion plein de rage ; néanmoins, s’il vient à s’attaquer à ceux qui ont en eux J.-C., la croix sur le front, le feu de l’Esprit-Saint dans le coeur et qui parlent cette langue de la charité, il n’osera même pas les regarder en face mais prendra la fuite. (Saint Chrysostome).
[25] David, chrétien avant J.-C., s’élève bien au-dessus de la loi en ne rendant pas le mal à ceux qui lui en ont fait. Quel pardon pourrons-nous donc obtenir, quelle excuse alléguer, nous qui, après la venue de J.-C., ne sommes pas encore parvenus au degré de perfection de ceux qui vivaient sous l’ancienne loi, bien que Dieu exige de nous une justice beaucoup plus parfaite. (Saint Chrysostome).
[26] Selon le commandement que vous avez fait vous-même de protéger et de secourir les innocents opprimés. (Glaire).
[27] Selon l’hébreu, retourne au lieu élevé d’où tu juges les hommes et les peuples, remonte sur le trône de ta justice, élève-toi au-dessus de cette foule tentée de prendre ton inaction pour de l’impuissance et ta patience pour de l’indifférence. (Lesêtre).
[28] Par les reins, l’Écriture désigne ce qu’il y a de plus secret dans le cœur. (Chanoine Moisset).
[29] Si Dieu n’exerce pas sa colère tous les jours, c’est qu’il diffère le châtiment parce que sa longanimité est grande. Nos actions crient tous les jours vengeance, la bonté seule de Dieu arrête le bras de sa justice.
[30] Dieu, contrairement aux hommes, prédit conditionnellement les châtiments ; il les diffère, il effraie par ses paroles, il fait tout pour n’être pas obligé de mettre ses menaces à exécution. (Saint Chrysostome).
[31] Nouveau trait de la bonté divine d’attacher aux desseins artificieux cette destinée fatale qui fait tomber les traîtres dans leurs propres filets, afin que cette considération les détourne de faire la guerre à leur prochain et de lui tendre des embûches. (Saint Chrysostome).
[32] Le petit nombre de saints, de vrais chrétiens, grande tentation pour ceux mêmes qui sent de ce nombre. La résolution ferme de faire presque seul ce que personne ne pratique, vertu d’autant plus méritoire qu’elle est moins commune. (Dueruet).
[33] Vos lèvres ne sont pas à vous, elles sont au Seigneur ; il vous les a affermé s pour leur faire produire non point l’orgueil ou la fraude mais l’humilité, la charité. (Saint Chrysostome).
[34] C’est aux pauvres contrits et humiliés, que Dieu accorde son secours au milieu de leurs épreuves. Leurs souffrances, leurs afflictions sont à elles seules un appui des plus éloquents, puisqu’elles suffisent pour attirer le secours de Dieu. (Idem).
[35] C’est-à-dire dans le creuset de terre, ou bien purifié de toute terre. (Saint Augustin).
[36] Les impies semblent se multiplier à certaines époques par une permission divine, mais « les justes se multiplieront selon la profondeur des desseins de Dieu quand ils s’élèveront de vertu en vertu. » (Saint Augustin).
[37] Quand Dieu montre son visage, c’est la joie ; quand il le détourne c’est la désolation spirituelle. (Lesêtre).
[38] Ces yeux sont ceux du cœur que pourrait fermer le plaisir mortel du péché. (Saint Augustin). Le Roi-prophète ne demande pas au Seigneur la victoire sur ses ennemis, mais la lumière pour les yeux de son cœur. (Saint Chrysostome).
[39] Que je ne me livre pas au sommeil sans être uni par la grâce à celui qui est la vie de mon âme, et que je ne meure pas dans le triste assoupissement de l’indifférence ou de l’oubli du devoir.
[40] Quels admirables effets de l’espérance dans cette âme. Il adresse à Dieu sa prière, et avant même d’en avoir obtenu ce qu’il demande, il entonne l’hymne de la reconnaissance. (Saint Chrysostome).
[41] Mes hommages n’ajoutent rien à votre gloire essentielle, c’est pour mon bonheur que vous les réclamez, mais moi j’ai besoin de vous « qui êtes mon souverain bien.
[42] A propos de ce verset, saint Augustin met sur les lèvres du Christ les paroles suivantes : « A ces saints le Seigneur a fait comprendre mes desseins pour leur progrès, et ils ont alors compris l’avantage que leur procure ce mystère d’un Dieu qui est homme pour mourir et d’un homme qui est Dieu pour ressusciter. »
[43] Le cordeau On mesurait les héritages avec un cordeau ; ici ce mot est employé par figure. Ces biens magnifiques désignent Dieu même.
[44] Les reins désignent ici les affections. Son cœur l’a pressé de souffrir avec patience et d’espérer en Dieu. (Bellarmin). Le Sauveur a béni son Père de ce qu’il pouvait le louer en notre nom avec une intelligence humaine et un cœur humain.
[45] Ce verset et toute la fin du psaume ont été appliqués par saint Pierre au Sauveur, (voir Actes 2, 25.)
[46] Ce verset a été expliqué par les apôtres Pierre et Paul (Actes 2, et 13) et quoiqu’il ne convienne rigoureusement qu’au Christ dont l’âme n’est pas restée aux enfers, c’est-à-dire aux limbes des Patriarches, et dont la chair n’a connu au sépulcre aucune corruption, cependant nous le pouvons tous répéter, soit parce que nous sommes les membres du Christ et que Dieu nous a ressuscités en lui (Ephes., 2), soit parce qu’il n’abandonnera pas notre âme à l’enfer et que notre chair ne verra point à jamais la corruption. (Bellarmin).
[47] « Quand ils vous verront face à face, leur joie sera telle qu’ils n’auront plus aucun désir : et comme je suis en eux, c’est moi que vous remplirez de joie. » (Saint Augustin).
[48] Quand tout prospère, est-ce alors seulement que tu béniras le Seigneur ? Non, en tout temps, car si Dieu donne et retire les biens, lui ne se retire point de l’âme qui le bénit. (Saint Augustin).
[49] Marie dira aussi, comme s’inspirant de son royal ancêtre : « Magnificat, etc. » Comme sa pureté et son amour dépassent mille fois la pureté et l’amour de toutes les créatures, son âme à elle seule célébrera dignement le Seigneur. Pour louer le Seigneur, David appelle à son aide les petits et les humbles, et dans toute la suite des siècles, ils viendront s’unir à son chant. (Lesètre).
[50] « Approchez-vous de lui, par la foi et la prière, par la conversion et la pénitence, » (Bellarmin), et vous serez éclairés, les yeux de votre âme obtiendront la lumière, et votre visage n’aura à rougir ni maintenant d’un refus ou d’un reproche humiliant, ni d’une condamnation au jour du jugement.
[51] L’ange du Seigneur est comme toute une armée autour du juste ; métaphore qui exprime la puissance et le soin vigilant de ce protecteur. (Lesètre).
[52] Le Saint-Esprit invite ici le fidèle à connaître la bonté de Dieu, non plus seulement par la raison et par la foi mais par l’expérience directe. Ce goût est une grâce prévenante de Dieu. (Lesètre).
[53] Craignez, de cette crainte pure et filiale qui renferme la charité, parce que celui qui aime craint de déplaire à celui qu’il aime. (Bellarmin).
[54] Nous pouvons appliquer cette expression à la vie éternelle et aux jours sans fin. (Saint Jérôme).
[55] Le regard de Dieu sur les justes est un regard qui dissipe les nuages, qui calme les troubles de la conscience, un regard d’amour qui tend à les sauver ; le regard de Dieu sur les pécheurs est un regard de justice qui tend à les punir. (Bossuet).
[56] J.-C. est toujours près de l’âme qui souffre. Avec lui point de délaissements. Sa mission est de guérir ceux qui ont le cœur brisé et de consoler ceux qui pleurent. (Péronne).
[57] Surtout sous la loi nouvelle où les persécutions sont représentées comme un bonheur et une récompense. (S. Marc, 10, 30.) (Lesêtre).
[58] La promesse s’est réalisée littéralement pour le Sauveur, le véritable agneau pascal. (S. Jean, 19, 36.) Saint Basile entend ce verset des dépouilles du chrétien sur lesquelles Dieu veille jusqu’au jour de la résurrection. (Lesêtre).
[59] Quels que soient nos efforts, il est impossible que la vie humaine soit sans péché ; du moins ne péchons point sous le rapport de l’espérance en Celui qui remet les péchés. (Saint Augustin).
[60] Durant la révolte d’Absalon, David fut obligé de se retirer au-delà du Jourdain, il se trouvait donc aux extrémités de la terre d’Israël et demandait au Seigneur, (suivant le texte hébreu), de le placer sur un rocher élevé, c’est-à-dire hors de l’atteinte de ses ennemis. La prière de l’Église se fait entendre d’un bout de la terre à l’autre, elle est bâtie sur la pierre qui est le Christ et cette pierre est inébranlable. (Saint Augustin).
[61] Quelque souffrance que vous enduriez, rappelez-vous le Christ qui est cette tour forte contre l’ennemi ; pensez qu’il a souffert avant vous et pensez aussi dans quel but : pour mourir et pour ressusciter. (Idem).
[62] Vous les avez adoptés pour vos enfants et les cohéritiers de Jésus ; vous leur réservez le ciel.
[63] Ces mots ne peuvent s’entendre que du Messie dont le règne s’étendra de génération en génération jusqu’à ce que la gloire nous en soit manifestée au grand jour de l’éternité.
[64] La miséricorde de Dieu consiste à tenir compte, non de nos mérites mais de son infinie bonté ; sa vérité, à nous donner ce qu’il nous a promis. (Saint Augustin).
[65] Remarquons-le, en ce psaume comme en bien d’autres, le Roi-prophète nous apprend à terminer notre prière par un bon propos. « Je vous louerai, mon Dieu, sur la terre et dans le ciel et ainsi-je m’acquitterai de mes obligations d’actions de grâces, de jour en jour, maintenant et dans la suite jusqu’à ce jour auquel nulle nuit ne succédera. »Cette exposition est de saint Hilaire. (Bellarmin).
[66] Le Christ implore le secours du Père pour être délivré de ses ennemis. (Saint Jérôme). Ceux-ci le cherchent pour le faire mourir tandis qu’il prie pour eux à Gethsémani. Les pères du désert conseillaient le fréquent usage de ce verset et l’Église catholique l’a placé au début de chaque heure de l’office divin.
[67] Au sein des douleurs de son agonie, le Christ nous a obtenu de son Père la grâce de chercher Dieu, la joie de lui être unis, l’amour qui le glorifie. « Le Seigneur soit glorifié ! que tel soit le refrain de ceux qui cherchent le Seigneur. » (Saint Augustin).
[68] Le Christ, notre Seigneur, se donne souvent le nom de pauvre et d’indigent dont le soin dépend tout entier de l’amour de son Père. (Saint Jérôme). Pour marcher sur ses traces, détachons-nous de ce qui est terrestre, paraissons devant Dieu comme des pauvres, il nous écoutera ; recevons ses dons comme des pauvres, il les multipliera ; soyons humbles comme des pauvres après les avoir reçus, il nous les conservera ; mourons comme des pauvres, il nous couronnera ! (Berthier).
[69] Que faire pour que nous ne soyons pas confondus éternellement ? Vous étiez couverts de confusion en Adam, retirez-vous d’Adam, approchez-vous du Christ, et désormais vous ne serez pas confondus. (Saint Augustin).
[70] Le Père est le soutien du Christ parce qu’il y a en lui une substance égale, son refuge à cause de la faiblesse de son corps. (Saint Jérôme). Et toi, ô homme, cherche si tu peux trouver un asile plus fortifié que Dieu. Si tu veux échapper à sa colère, cherche un refuge dans sa miséricorde. Quelque fermeté que te donne la grâce de Dieu, tant que tu portes ce vase de terre qui renferme le trésor de Dieu, cette argile te laisse dans la crainte. (Saint Augustin).
[71] Quel chant sublime de louange et d’amour l’âme du Christ ne devait-elle pas faire monter vers le Père, même dans les plus terribles souffrances de son agonie ? C’est encore lui qui, par ses membres, chante son nom parmi les nations. Célébrons donc ses louanges dans la prospérité et l’adversité, en ce monde et dans l’autre.
[72] Ton Dieu a été infirme sur la croix ; ses ennemis l’ont regardé comme un homme sans force et ont branlé la tête. Pourquoi craindre qu’il ne te rejette au temps de ta faiblesse ? C’est, au contraire, du déclin de ta propre force que la sienne se fera sentir en toi. (Saint Augustin).
[73] Le Christ a proféré ces paroles dans la nature humaine dont il s’est revêtu pour nous et non dans cette puissance qui nous a créés. Elles conviennent surtout en ses membres, c’est en notre nom qu’il les a prononcées. (Saint Augustin).
[74] Qu’ils soient confondus afin qu’ils reconnaissent leurs péchés ; que dans la défaillance de leurs forces pour le mal ils cherchent à échanger cette confusion contre la lumière, cette faiblesse contre la force, et ils deviendront bons. (Saint Augustin).
[75] En célébrant ce salut tous les jours de ma vie, je n’épuiserai pas le sujet, qu’il s’agisse ici de l’assistance salutaire de la grâce accordée à tous ou de l’œuvre de la rédemption entrevue par le Prophète, dit Bossuet, car les psaumes de David sont un Évangile tourné en chants, en affections, en actions de grâces, en pieux désirs. (Lesêtre).
[76] J’entrerai, etc… parole puissante et profonde à méditer et à redire. Je considérerai cette puissance dans l’oraison, je verrai qu’elle m’environne, je reconnaîtrai qu’elle m’appelle, et si je sors de ma faiblesse pour me fixer en elle et ne plus compter que sur elle, qu’aurai-je à redouter ? Oh ! que je vive dans la puissance du Seigneur ! Que vous, ô Dieu, soyez puissant en moi ! (Saint Augustin).
[77] Reconnaissons n’avoir de nous-mêmes aucune justice et devoir à la grâce divine notre justification ainsi que tout le bien qui est en nous. (Saint Augustin).
[78] Cette magnificence, cette grandeur de Dieu, se compose surtout de puissance et de bonté. (Crampon).
[79] Ces trois derniers versets conviennent bien à l’homme juste qui pendant toute l’éternité louera Dieu de cœur et de bouche. Racheté par le Christ, il sera délivré à jamais de tout mal corporel et spirituel. (Bellarmin).
[80] En récitant pieusement ce psaume, il nous semblera entendre du 1er au 9ème verset le Sauveur Jésus nous redire ce qu’il a fait et souffert pour nous.
[81] Il se penche vers toi quand tu le cherches. (Saint Augustin).
[82] Redis-le, ô Prophète, qu’as-tu recherché au jour de la tribulation ? Dieu. Comment l’as-tu cherché ? De mes mains, c’est-à-dire par mes œuvres. Quand l’as-tu cherché ? La nuit, c’est-à-dire en cette vie. Quel est le fruit de tes recherches ? Je n’ai pas été déçu, c’est-à-dire j’ai trouvé ce que je cherchais. Autant de particularités qu’il faut approfondir. (Saint Augustin).
[83] Toute âme qui souffre est portée à comparer ainsi au présent, le temps qui a précédé et a probablement été marqué de moins d’épreuves. J’ai eu dans la pensée les années éternelles « les années qui demeurent et qui ne s’écoulent point dans le va-et-vient des jours. Sublime pensée ! Voyez si elle n’exige point un grand silence ! » (Saint Augustin).
[84] Non, Seigneur miséricordieux et bon, vous n’avez pu, si on l’ose dire, les retenir, puisqu’au jour de votre colère, et lorsque vous prononciez leur sentence à nos premiers parents et à toute leur postérité, il a fallu que vos miséricordes éclatassent, et que vous fissiez paraître un Libérateur. (Bossuet. Élév. 8ème Sermon).
[85] Littéralement : à vos inventions. Seraient-elles jamais venues à la pensée des hommes, s’ils n’avaient vu leur accomplissement, des inventions telles que l’incarnation du Verbe, la passion du Christ, le mystère de l’Eucharistie. (Bellarmin).
[86] Sur le passage du Christ, les sourds ont entendu, les aveugles ont vu, les morts sont ressuscités ; ceux qui, un instant auparavant adoraient des idoles, ont embrassé la foi ; ceux qui dérobaient le bien d’autrui ont donné leurs biens aux pauvres. Vous avez fait connaître aux peuples votre puissance : c’est le Christ qu’il a fait connaître, le Christ est la puissance de Dieu. (Saint Augustin).
[87] Au sens figuratif, ces nuées sont les Apôtres, prêchant le Christ au sein de toutes les nations ; les flèches de Dieu sont les paroles des Evangélistes ; les tonnerres sont les préceptes divins ; les éclairs, les miracles. (D’après Saint Augustin).
[88] Par les mains de Moïse et d’Aaron. Il en est peu que Dieu dirige et enseigne par lui-même, car il veut que ses élus soient des enfants d’obéissance (Bellarmin), toujours conduits par la main de Moïse, à savoir par la loi divine, et par Aaron, à savoir par le sacerdoce. Pour nous, enfants du Père céleste, nous sommes arrivés sous la conduite de Jésus (que figurait Josué), sur les bords du Jourdain et nous sommes entrés dans la terre promise. Jésus, notre chef, marche toujours à notre tête, il combat pour nous : nous devons lui rendre grâces, car tandis qu’il nous guide et lutte pour nous, nous remportons la victoire. Il est vraiment notre Sauveur. (Saint Jérôme).
[89] Inclinez votre oreille, Seigneur. Ainsi a dit le Christ dans la forme de serviteur ; toi serviteur, parle dans la forme de ton Seigneur. Dieu incline son oreille si tu n’élèves pas trop la tête, car il s’approche de celui qui s’humilie, qui a besoin de miséricorde, qui est pauvre et indigent. Il donne sa faveur aux humbles, qu’ils aient ou non des biens sur la terre. Sois pauvre, afin que Dieu t’enrichisse : tout ce que tu posséderais sans lui, ne ferait qu’augmenter ton indigence. (Saint Augustin).
[90] Si tu avais du blé dans un endroit humide, tu le transporterais en haut, de peur qu’il ne se gâtât ; tu élèverais ton blé ; laisseras-tu ton cœur se corrompre sur la terre ? Élève-le vers le ciel par les échelles de tes affections. La route à suivre est ta volonté. Tu montes par l’amour, tu descends par l’insouciance. Quoique sur la terre, tu es dans le ciel, si tu aimes Dieu. (Saint Augustin).
[91] Quand tu aurais dans l’exil tout en abondance, vois si tu es assuré de ne point perdre tout cela, et si Dieu te disait : Tu ne verras point ma face, goûterais-tu quelque bonheur dans ces biens ? Laisse répondre ton cœur, répondre cette foi, cette espérance, cette charité qui commencent à naître en toi ! Non, nous ne voulons rien de ce que Dieu nous donne, s’il ne se donne lui-même, lui qui nous a tout donné. (Saint Augustin).
[92] Vous avez arraché, etc. Dans l’Écriture Sainte ces expressions sont souvent employées pour désigner la délivrance d’un grand danger. Dans un sens plus élevé, elles s’appliquent à J.-C. descendu aux enfers et ressuscité d’entre les morts. (Glaire).
[93] Quel beau portrait de Dieu nous trace ce verset ! On peut y entendre « le Fils qui invoque son Père, le Crucifié qui plaide pour les impies quand il est cloué à la croix. » (Saint Augustin).
[94] Sauvez le fils de votre servante. Notre Seigneur est le fils de celle qui répondit, quand on lui annonça le Christ qui devait naître : « Voici la servante du Seigneur. » (S. Luc, 1, 38). Il a été sauvé de la mort et ressuscité par son Père, mais non pas de telle sorte que lui-même ne fut pour rien dans sa résurrection. Chacun de ses saints est aussi le fils de la servante, le fils de son Église (Saint Augustin) dans laquelle je reçois une nouvelle vie. (Saint Jérôme).
[95] Seigneur, vous m’avez aidé et consolé, aidé dans le combat, consolé dans ma tristesse. Ici-bas l’épreuve, au ciel la consolation. Notre amour tend à Dieu, quelle n’en sera pas l’ardeur quand nous arriverons à lui ? S’il nous réserve des délices ineffables et éternelles, que veut-il de nous maintenant sinon une foi sincère, une espérance ferme, une charité pure, en sorte que nous nous avancions dans la voie tracée par le Seigneur. (Saint Augustin).
[96] Conservez toujours le désir de prier ; se recueillir souvent, porter en toutes ses actions le souvenir de Dieu, c’est là crier vers le Seigneur jour et nuit. (Berthier).
[97] Puisque notre vie terrestre est sujette à tant de maux, remplie de tant de dangers, aspirons à la quitter pour passer des maux aux biens, des incertitudes à la pleine vérité, de la mort à la vie. (Saint Ambroise, De la fuite du monde, livre IV).
[98] Tel fut l’état où se trouva J.-C. dans sa passion, et telle fut, à son exemple, la situation d’une multitude de chrétiens persécutés, rebutés, et abandonnés en quelque sorte du Seigneur même qui ne leur donna aucune consolation extérieure. Mais ils avaient J.-C. sous les yeux, et ce divin modèle leur rendait les souffrances infiniment précieuses. La mort même leur paraissait délicieuse, parce qu’ils savaient que J.-C. avait frayé cette route, et qu’elle avait pour terme la couronne méritée par J.-C. (Berthier).
[99] Dieu diffère le bien qu’il doit nous donner pour l’éternité, afin que notre prière soit de plus en plus instante et fervente ; il ne tarde à exaucer les prières des saints, en éloignant d’eux le bien qu’ils désirent et en les éprouvant par la tribulation, que pour attiser cette prière, comme on attise le feu sous le souffle qu’on y oppose. Il semble détourner d’eux sa face en ne les exauçant point dans ce qu’ils désirent quand ils ignorent ce qui leur est plus utile. (Saint Augustin).
[100] Les flots de la colère divine et les terreurs qu’elle cause, ont été pour le Christ comme une mer débordante, l’environnant et le submergeant pour ainsi dire (Bellarmin). Les afflictions ne manquent non plus jamais à l’Église exilée en ce monde, puisqu’elles assiègent tantôt l’un, tantôt l’autre de ses membres. Tout le jour indique une douleur continuelle. (Saint Augustin).
[101] Le Psalmiste veut nous faire comprendre que, de toutes les douleurs du Christ, celles de son cœur lui ont été les plus pénibles et que nous éloigner de lui serait en quelque sorte les renouveler. Marchons donc généreusement à sa suite sur la route du ciel « où il n’y aura plus pour nous ni trouble ni pauvreté, parce que Dieu sera lui-même notre abondance et tout à tous. » (Saint Augustin).
[102] Dans tous les dons qui nous viennent du Seigneur notre Dieu, dans les consolations qu’il nous envoie, comme dans les châtiments qu’il nous inflige, dans ses grâces, dans sa miséricorde, enfin dans toutes ses œuvres, que notre âme bénisse le Seigneur. Cette âme fait ce qu’on la presse de faire, elle cède à une persuasion qui vient moins de nous que de ce Dieu qu’elle bénit. (Saint Augustin).
[103] Ces langueurs sont grandes, me diras-tu. Le médecin est plus grand encore : pour un médecin tout-puissant, il n’est point d’infirmité incurable, laisse-toi seulement guérir, ne repousse pas sa main, il sait ce qu’il doit faire. (Saint Augustin).
[104] Quelle patience est plus prolongée que celle du Seigneur ? Qui est plus riche en miséricorde ? Un homme ajoute à ses fautes et Dieu à ses années. De toutes parts il nous convie à la pénitence, il nous appelle, par des bienfaits, par une pensée intime, par une épreuve ; mais ne t’imagine pas lui plaire du seul fait qu’il t’épargne encore ; ô mon frère, ne tarde point à revenir à Dieu. (Saint Augustin).
[105] Le Psalmiste nous montre combien cette miséricorde est réelle dans les bienfaits dont elle nous comble et dans les maux qu’elle éloigne de nous, en la comparant à ce qu’il y a de plus réel et de plus grand, la distance qui sépare le ciel et la terre, et celle qui sépare le couchant de l’orient ; miséricorde autant élevée au-dessus de nos pensées que le ciel est élevé au-dessus de la terre ; mais cette miséricorde n’est que pour ceux qui le craignent. (Bellarmin).
[106] Qu’il sévisse autant qu’il voudra, il est père ; mais il nous a châtiés, il nous a affligés, il nous a brisés, il est père… Enfant, si vous pleurez, pleurez avec soumission envers votre père ; ne le faites pas avec colère, ni gonflement de l’orgueil. Cette souffrance qui vous fait pleurer est un remède et non une peine ; c’est une correction et non une condamnation. (Saint Augustin).
[107] En méditant ce contraste entre nos destinées immortelles et notre éphémère existence ici-bas, cherchons à faire déjà ce que la mort accomplira un jour en nous : rompons les liens qui nous attachent à cette demeure terrestre, élevons-nous sur les ailes de l’amour vers la divine patrie. (Saint Ambroise, De la bonne mort, ch. V.).
[108] On peut voir en ce verset une prédiction de l’Ascension du Sauveur (Saint Jérôme), car, qui a préparé son trône dans le ciel sinon le Christ, lui qui est descendu pour y remonter, qui s’est revêtu de l’homme pour relever jusqu’au ciel. Ce trône est le siège du juge : notre Seigneur a été tourné en dérision au tribunal d’un homme ; mais il a préparé son tribunal dans le ciel (Saint Augustin), et soumis à son empire toutes les extrémités de la terre. (Saint Jérôme).
[109] Le Psalmiste ne parle pas seulement ici pour son âme, il s’adresse aussi à nos âmes pour qu’elles bénissent celui qui répand sur elles ses bienfaits, leur pardonne leurs péchés, les rachète de la mort éternelle, comble de biens leur désir, et qui a, dans le temps, pitié de nous comme un père attendri sur ses enfants. A lui soit, ainsi qu’au Père et à l’Esprit-Saint, honneur et gloire dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. (Saint Jérôme).
[110] A l’heure de Complies, une garde fut placée sur le tombeau du Christ. Confions notre repos, image de la mort, au divin gardien « qui ne dormira ni ne s’assoupira. » PS. 120, 4.
[111] Vous dont le nom a été invoqué sur nous, pour qu’on nous appelât chrétiens (Saint Jérôme), et qui habitez, non seulement dans l’Eglise comme dans votre royaume et dans votre sanctuaire, mais en chacun de nous, comme l’âme de notre âme et la vie de notre vie. (Bacuez.).
[112] Les mains de Dieu sont sa volonté : « Tout notre salut et toute la, perfection consistent dans l’amour de Dieu ; mais la perfection de cet amour réside dans la conformité de notre volonté à celle de Dieu, car, selon saint Denis l’effet principal de l’amour est d’unir ceux qui s’aiment, en sorte qu’il n’aient plus qu’un seul coeur et une seule volonté. Abandonnons- nous donc entre les mains de ce tendre Sauveur, qui prend sans cesse à cœur tout ce qui peut nous être avantageux. » (Saint Liguori). Et pour obtenir la grâce de mourir dans cette parfaite et confiante résignation qui ouvre le ciel, dans cet amour dont chaque acte mérite, d’après saint Thomas, un paradis à part, exerçons-nous-y chaque jour, demandons-en la grâce à N. S., en répétant à Complies ses dernières paroles. « Au moment où il était suspendu à la croix, Jésus s’écria : Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains. Il s’exprimait ainsi comme homme. Il dit donc : Mon Père. Mais saint Etienne, dans son martyre, s’adresse au Fils de Dieu : Seigneur Jésus, recevez mon esprit. Vous parliez, vous, à votre Père : c’est à vous que je m’adresse, car je reconnais en vous mon médiateur. » (Saint Augustin). L’Église, elle aussi, dans ce Répons, nous fait parler à notre divin Rédempteur ; nous en avons la preuve dans le V/. Redemisti nos. « Nul ne peut aller à mon Père si ce n’est par moi » nous dit Jésus-Christ dans l’Évangile.
[113] Ps 30, 5
[114] Ps 16, 8
[115] C’est la voix de l’Église et de ses membres. Par l’œil, on entend le corps de l’Église, et par la prunelle, l’humanité du Christ à l’exemple duquel nous devons marcher pour vivre et pour voir. Nous demandons donc le secours de Dieu pour pouvoir pratiquer cette humilité que J.-C. a enseignée. Car, si l’œil n’est point gardé par la prunelle, il lui est impossible de voir. L’ombre se compose de deux choses : de la lumière et d’un corps ; la lumière est le symbole de la dignité du Christ, l’ombre la figure de son humanité. Protégez-moi sous cette ombre, pour que le milan ne m’enlève pas ; et sous les deux ailes des Testaments, c’est-à-dire à l’ombre de ces doctrines où l’on trouve la vie, la protection et un refuge, comme sous les ailes d’une poule. (Saint Jérôme).
[116] Admirable prière pour le soir ! « Le Christ est mort pour nous, afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions avec lui. » (Thess., 5, 10). « II ne s’assoupira ni ne dormira, celui qui garde Israël : c’est le Seigneur qui te garde, c’est le Seigneur qui est ta protection. » (Ps. 120, 4). « J’ai créé la paix pour fruit de la prière, » nous dit le Seigneur par Isaïe. (57, 19).
[117] Ce Cantique convient parfaitement à l’Heure de Complies. Le saint vieillard le chantait sur le soir de sa vie et de la loi mosaïque ; nous le chantons au soir de la journée et avant notre sommeil, qui est l’image de la mort. Comme Siméon aussi, nous devons désirer voir le Sauveur lorsque les ténèbres de la mort viendront nous assiéger, afin de nous endormir dans la paix du Seigneur et de goûter en lui le repos éternel. En répétant les paroles du saint vieillard, il importe que nous partagions ses sentiments, sa foi, son amour, sa reconnaissance et son complet détachement ; car, plus heureux que lui, nous avons reçu Jésus dans notre cœur.
[118] Cette Oraison est d’origine monastique. Le Supérieur la récitait pour ses religieux, non au Chœur, mais sur le lieu même de leur repos. Elle résume la pensée des Complies.
[119] On finit la journée à Complies, comme on l’a commencée à Prime, en demandant la bénédiction du Seigneur. Mais le matin on la demande pour avancer dans la voie des vertus, qui est le chemin du Ciel, ad vitam perducet æternam, et le soir pour reposer en paix, à l’abri de toute surprise. (Bacuez).
[120] On en attribue la composition au bienheureux Hermann Conract, moine de l’abbaye de Reichenau (+1054). Toutes les paroles de cette Antienne, empruntées aux saints Docteurs, saint Fulgence, saint Epiphane, saint Irénée, etc…, ont pour objet de glorifier la divine maternité de Marie et d’invoquer sa bonté.
[121] Cette Antienne, composée de huit vers rimés dont les expressions sont empruntées à saint Éphrem, saint Athanase, saint Ildefonse et à d’autres Docteurs, a pour but de saluer et de glorifier Marie comme Reine du Ciel, comme aurore de notre salut, et de célébrer l’éclat merveilleux de sa beauté. On croit que cette gracieuse Octave est d’origine monastique et l’on attribue à Clément VI son insertion dans le Bréviaire.
[122] La tradition rapporte qu’en 596, alors qu’une peste inguinale ravageait la ville de Rome, le Pape saint Grégoire le Grand exhorta tout le peuple à la pénitence, et annonça pour la fête de Pâques une procession qui irait de l’Ara cæli à Saint-Pierre. Lui-même vint la présider, tenant en main l’image de la Sainte Vierge qu’on dit peinte par saint Luc. Mais, tout à coup, l’on entend dans les airs des voix célestes qui chantent : Regina cæli lætare, etc. Le Pontife, ravi d’étonnement, répond avec le peuple : Ora pro nobis Deum, alléluia. Aussitôt on aperçoit un Ange qui remet son épée dans le fourreau, et la peste cesse le jour même. Telle est, assure-t-on, l’origine de cette Antienne, empreinte de foi, d’allégresse et d’un amour tout filial pour Marie. (L’antienne date probablement du Xème siècle, sous Grégoire V, 996-998)
[123] Elle semble être du XIème siècle (Adhémar, évêque du Puy, +1098), les trois invocations finales y ont été ajoutées par saint Bernard (1091-1153)
La chapelle du prieuré prend belle allure
La voûte de la chapelle du prieuré Notre Dame du Christ-Roi est en voie d’achèvement. Nous avons fait tomber le plancher intermédiaire que nous avions conservé pour servir de plateforme durant les travaux en hauteur. Continuer la lecture de « La chapelle du prieuré prend belle allure »
1ère semaine de carême
Dom Guéranger ~ L’année liturgique
1ère semaine de carême
- 1er dimanche de carême
- Lundi
- Mardi
- Mercredi des Quatre-temps de carême
- Jeudi
- Vendredi des Quatre-temps de carême
- Samedi des Quatre-temps de carême
Premier dimanche de carême
Ce dimanche, le premier de ceux qui se rencontrent dans la sainte Quarantaine, est aussi l’un des plus solennels de l’année. Son privilège, qu’il partage avec le Dimanche de la Passion et celui des Rameaux, est de ne céder à aucune fête, pas même à celle du Patron, du Saint titulaire de l’Église, ou de la Dédicace. Sur les anciens calendriers, il est appelé Invocabit, à cause du premier mot de l’introït de la messe. Au moyen âge on le nommait le Dimanche des brandons, par suite d’un usage dont le motif ne semble pas avoir été toujours ni partout le même ; en certains lieux, les jeunes gens qui s’étaient trop laissé aller aux dissipations du carnaval devaient se présenter ce jour-là à l’église, une torche à la main, pour faire satisfaction publique de leurs excès.
C’est aujourd’hui que le carême apparaît dans toute sa solennité. On sait que les quatre jours qui précèdent ont été ajoutés assez tardivement, pour former le nombre de quarante jours de jeûne, et que, le mercredi des Cendres, les fidèles n’ont pas l’obligation d’entendre la messe. La sainte Église, voyant ses enfants rassemblés, leur adresse la parole, à l’office des matines, en se servant de l’éloquent et majestueux langage de saint Léon le Grand :
« Très chers fils, leur dit-elle, ayant à vous annoncer le jeûne sacré et solennel du carême, puis-je mieux commencer mon discours qu’en empruntant les paroles de l’apôtre en qui Jésus-Christ parlait, et en répétant ce qu’on vient de vous lire : Voici maintenant le temps favorable ; voici maintenant les jours du salut ? Car encore qu’il n’y ait point de temps dans l’année qui ne soient signalés par les bienfaits de Dieu, et que, par sa grâce, nous ayons toujours accès auprès de sa miséricorde ; néanmoins nous devons en ce saint temps travailler avec plus de zèle à notre avancement spirituel et nous animer d’une nouvelle confiance. En effet, le carême, nous ramenant le jour sacré dans lequel nous fûmes rachetés, nous invite à pratiquer tous les devoirs de la piété, afin de nous disposer, par la purification de nos corps et de nos âmes, à célébrer les mystères sublimes de la passion du Seigneur.
« Il est vrai qu’un tel mystère mériterait de notre part un respect et une dévotion sans bornes, et que nous devrions toujours être devant Dieu tels que nous voulons être dans la fête de Pâques ; mais comme cette constance n’est pas le fait du grand nombre ; que la faiblesse de la chair nous oblige à relâcher l’austérité du jeûne, et que les diverses occupations de cette vie divisent et partagent nos sollicitudes : il arrive que les cœurs religieux sont sujets à contracter quelque peu de la poussière de ce monde. C’est donc avec une grande utilité pour nous qu’a été établie cette institution divine qui nous donne quarante jours pour recouvrer la pureté de nos âmes, en rachetant par la sainteté de nos œuvres et par le mérite de nos jeûnes les fautes des autres temps de l’année.
« À notre entrée, mes très chers fils, en ces jours mystérieux qui ont été saintement institués pour la purification de nos âmes et de nos corps, ayons soin d’obéir au commandement de l’apôtre, en nous affranchissant de tout ce qui peut souiller la chair et l’esprit, afin que le jeûne réprimant cette lutte qui existe entre les deux parties de nous-mêmes, l’âme recouvre la dignité de son empire, étant elle-même soumise à Dieu et se laissant gouverner par lui. Ne donnons à personne l’occasion de se plaindre de nous ; ne nous exposons point au juste blâme de ceux qui veulent trouver à redire. Car les infidèles auraient sujet de nous condamner, et nous armerions nous-mêmes, par notre faute, leurs langues impies contre la religion, si la pureté de notre vie ne répondait pas à la sainteté du jeûne que nous avons embrassé. Il ne faut donc pas s’imaginer que toute la perfection de notre jeûne consiste dans la seule abstinence des mets ; car ce serait en vain que l’on retrancherait au corps une partie de sa nourriture, si en même temps on n’éloignait pas son âme de l’iniquité. »
Chacun des dimanches de carême offre pour objet principal une lecture des saints évangiles destinée à initier les fidèles aux sentiments que l’Église veut leur inspirer dans la journée. Aujourd’hui, elle nous donne à méditer la tentation de Jésus-Christ au désert. Rien de plus propre à nous éclairer et à nous fortifier que l’important récit qui nous est mis sous les yeux.
Nous confessons que nous sommes pécheurs, nous sommes en voie d’expier les péchés que nous avons commis ; mais comment sommes nous tombés dans le mal ? Le démon nous a tentés ; nous n’avons pas repoussé la tentation. Bientôt nous avons cédé à la suggestion de notre adversaire, et le mal a été commis. Telle est notre histoire dans le passé, et telle elle serait dans l’avenir, si nous ne profitions pas de la leçon que nous donne aujourd’hui le Rédempteur.
Ce n’est pas sans raison que l’apôtre, nous exposant l’ineffable miséricorde de ce divin consolateur des hommes, qui a daigné s’assimiler en toutes choses à ses frères, insiste sur les tentations qu’il a daigné souffrir [1]. Cette marque d’un dévouement sans bornes ne nous a pas manqué ; et nous contemplons aujourd’hui l’adorable patience du Saint des Saints, qui ne répugne pas à laisser approcher de lui ce hideux ennemi de tout bien, afin de nous apprendre comment il en faut triompher.
Satan a vu avec inquiétude la sainteté incomparable qui brille en Jésus. Les merveilles qui accompagnèrent sa naissance, ces bergers convoqués par des anges à la crèche, ces mages venus de l’Orient sous la conduite d’une étoile ; cette protection qui a soustrait l’enfant à la fureur d’Hérode ; le témoignage qu’a rendu Jean-Baptiste au nouveau prophète : tout cet ensemble de faits qui contrastent si étrangement avec l’humilité et l’obscurité qui ont semblé couvrir d’une apparence vulgaire les trente premières années du Nazaréen, excite les craintes du serpent infernal. L’ineffable mystère de l’incarnation s’est accompli loin de ses regards sacrilèges ; il ignore que Marie toujours vierge est celle que la prophétie d’Isaïe annonçait comme devant enfanter l’Emmanuel [2] ; mais il sait que les temps sont venus, que la dernière semaine de Daniel a ouvert son cours, que le monde païen lui-même attend de la Judée un libérateur. Dans son anxiété, il ose aborder Jésus, espérant tirer de sa bouche quelque parole dont il pourra conclure qu’il est ou qu’il n’est pas le Fils de Dieu, ou du moins l’induire à quelque faiblesse qui fera voir que l’objet de tant de terreurs pour lui n’est qu’un homme mortel et pécheur.
L’ennemi de Dieu et des hommes devait être déçu dans son attente. Il approche du Rédempteur ; mais tous ses efforts ne tournent qu’à sa confusion. Avec la simplicité et la majesté du juste, Jésus repousse toutes les attaques de Satan ; mais il ne révèle pas sa céleste origine. L’ange pervers se retire sans avoir pu reconnaître autre chose en Jésus qu’un prophète fidèle au Seigneur. Bientôt, lorsqu’il verra les mépris, les calomnies, les persécutions s’accumuler sur la tête du Fils de l’homme, quand ses efforts pour le perdre sembleront réussir si aisément, il s’aveuglera de plus en plus dans son orgueil ; et ce n’est qu’au moment où Jésus, rassasié d’opprobres et de souffrances, expirera sur la croix, qu’il sentira enfin que sa victime n’est pas un homme, mais un Dieu, et que toutes les fureurs qu’il a conjurées contre le Juste n’ont servi qu’à manifester le dernier effort de la miséricorde qui sauve le genre humain, et de la justice qui brise à jamais la puissance de l’enfer.
Tel est le plan de la providence divine, en permettant que l’esprit du mal ose souiller de sa présence la retraite de l’Homme-Dieu, lui adresser la parole et porter sur lui ses mains impies ; mais étudions les circonstances de cette triple tentation que Jésus ne subit que pour nous instruire et nous encourager.
Nous avons trois sortes d’ennemis à combattre, et notre âme est vulnérable par trois côtés ; car, comme parle le bien-aimé disciple : « Tout ce qui est dans le monde est concupiscence de la chair, concupiscence des yeux et orgueil de la vie [3]. » Par la concupiscence de la chair, il faut entendre l’amour des sens qui convoite tout ce qui flatte la chair, et entraîne l’âme, s’il n’est pas contenu, dans les voluptés illicites. La concupiscence des yeux signifie l’amour des biens de ce monde, des richesses, de la fortune, qui brillent à nos regards avant de séduire notre cœur. Enfin l’orgueil de la vie est cette confiance en nous-mêmes qui nous rend vains et présomptueux, et nous fait oublier que nous tenons de Dieu la vie et les dons qu’il a daigné répandre sur nous.
Il n’est pas un seul de nos péchés qui ne provienne de l’une de ces trois sources, pas une de nos tentations qui n’ait pour but de nous faire accepter la concupiscence de la chair, ou la concupiscence des yeux, ou l’orgueil de la vie. Le Sauveur, notre modèle en toutes choses, devait donc s’assujettir à ces trois épreuves.
Satan le tente d’abord dans la chair, en lui suggérant la pensée d’employer son pouvoir surnaturel à soulager sans délai la faim qui le presse. Dites que ces pierres deviennent des pains : tel est le conseil que le démon adresse au Fils de Dieu. Il veut voir si l’empressement de Jésus à donner satisfaction à son corps ne dénotera pas un homme faible et sujet à la convoitise. Lorsqu’il s’adresse à nous, tristes héritiers de la concupiscence d’Adam, ses suggestions vont plus avant : il aspire à souiller l’âme par le corps ; mais la souveraine sainteté du Verbe incarné ne pouvait permettre que Satan osât faire un tel essai du pouvoir qu’il a reçu de tenter l’homme dans ses sens. C’est donc une leçon de tempérance que nous donne le Fils de Dieu ; mais nous savons que pour nous la tempérance est mère de la pureté, et que l’intempérance soulève la révolte des sens.
La seconde tentation est celle de l’orgueil. Jetez-vous en bas ; les anges vous recevront dans leurs mains. L’ennemi veut voir si les faveurs du ciel ont produit dans l’âme de Jésus cet élèvement, cette ingrate confiance qui fait que la créature s’attribue à elle-même les dons de Dieu, et oublie son bienfaiteur pour régner en sa place. Il est déçu encore, et l’humilité du Rédempteur épouvante l’orgueil de l’ange rebelle.
Il fait alors un dernier effort. Peut-être, pense-t-il, l’ambition de la richesse séduira celui qui s’est montré si tempérant et si humble. Voici tous les royaumes du monde dans leur éclat et leur gloire ; je puis vous les livrer ; seulement, adorez-moi. Jésus repousse cette offre méprisable avec dédain, et chasse de sa présence le séducteur maudit, le prince du monde, nous apprenant par cet exemple à dédaigner les richesses de la terre toutes les fois que, pour les conserver ou les acquérir, il faudrait violer la loi de Dieu et rendre hommage à Satan.
Or, comment le Rédempteur, notre divin chef, repousse-t-il la tentation ? Écoute-t-il les discours de son ennemi ? Lui laisse-t-il le temps de faire briller à ses yeux tous ses prestiges ? C’est ainsi que trop souvent nous avons fait nous-mêmes, et nous avons été vaincus. Jésus se contente d’opposer à l’ennemi le bouclier de l’inflexible Loi de Dieu. Il est écrit, lui dit-il : L’homme ne vit pas seulement de pain. Il est écrit : Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu. Il est écrit : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul. Suivons désormais cette grande leçon. Ève se perdit, et avec elle le genre humain, pour avoir lié entretien avec le serpent. Qui ménage la tentation y succombera. Dans ces saints jours, le cœur est plus attentif, les occasions sont éloignées, les habitudes sont interrompues ; purifiées par le jeûne, la prière et l’aumône, nos âmes ressusciteront avec Jésus-Christ ; mais conserveront-elles cette nouvelle vie ? Tout dépendra de notre attitude dans les tentations. Dès le début de la sainte Quarantaine, l’Église, en mettant sous nos yeux le récit du saint évangile, veut joindre l’exemple au précepte. Si nous sommes attentifs et fidèles, la leçon fructifiera en nous ; et lorsque nous aurons atteint la fête de Pâques, la vigilance, la défiance de nous-mêmes, la prière, avec le secours divin qui ne manque jamais, assureront notre persévérance.
L’Église grecque célèbre aujourd’hui une de ses plus grandes solennités. Cette fête est appelée l’Orthodoxie, et a pour but d’honorer le rétablissement des saintes Images à Constantinople et dans l’empire d’Orient, en 842, lorsque l’impératrice Théodora, avec le secours du saint patriarche Méthodius, mit fin à l’affreuse persécution des iconoclastes, et fit replacer dans toutes les églises les effigies sacrées que la fureur des hérétiques en avait fait disparaître.
À la messe
La station, à Rome, est dans la Basilique patriarcale de Saint-Jean-de-Latran. Il était juste qu’un dimanche aussi solennel fût célébré dans l’église mère et maîtresse de toutes les églises, non seulement de la ville sainte, mais du monde entier. C’est là que les pénitents publics étaient réconciliés le Jeudi saint ; là aussi, dans le Baptistère de Constantin, que les catéchumènes recevaient le saint baptême, dans la nuit de Pâques ; nulle autre basilique ne convenait autant pour la réunion des fidèles, en ce jour où le jeûne quadragésimal fut promulgué tant de fois par la voix des Léon et des Grégoire.
L’introït est tiré du psaume 90e, qui forme à lui seul la matière de tous les chants de cette messe. Nous avons parlé déjà de l’appropriation que l’Église a faite de ce beau cantique, à la situation du chrétien durant le carême. Tout nous y entretient de l’espérance que l’âme chrétienne doit concevoir dans le secours divin, en ces jours où elle a résolu de se livrer tout entière à la prière et à la lutte contre les ennemis de Dieu et d’elle-même. Le Seigneur lui promet, dans l’introït, que sa confiance ne sera pas vaine.
Introït
Il m’invoquera, et je l’exaucerai : je le délivrerai je le glorifierai : je le rassasierai de longs jours. Ps. Celui qui habite dans l’asile du Très-Haut demeurera sous la protection du Dieu du ciel. Gloire au Père. Il m’invoquera.
Dans la collecte, l’Église recommande à Dieu tous ses enfants, et demande que leur jeûne non seulement les purifie, mais obtienne d’en haut ce secours puissant qui les rendra féconds en bonnes œuvres pour leur salut.
Collecte
Ô Dieu ! qui purifiez chaque année votre Église par la pratique du carême : faites que vos serviteurs accomplissent par leurs bonnes œuvres le bien qu’ils s’efforcent de mériter par leur abstinence. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.[4]
Épître
Lecture de l’Épître du bienheureux Paul, apôtre, aux Corinthiens 2, Ch. 6.
Mes Frères, nous vous exhortons de ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu ; car il est dit : Je t’ai exaucé au temps favorable, et je t’ai aidé au jour du salut. Voici maintenant ce temps favorable ; voici maintenant les jours du salut. Prenons garde de ne blesser personne, afin que notre ministère ne soit point un sujet de blâme ; mais agissons en toutes choses comme des serviteurs de Dieu, et avec une grande patience dans les tribulations, dans les nécessités, dans les angoisses, sous les coups, dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes ; par la chasteté, par la science, par la longanimité, par la douceur, par le Saint-Esprit, par une charité sincère, par la parole de vérité, par la force de Dieu, par les armes de la justice dont nous combattons à droite et à gauche ; dans l’honneur et dans l’ignominie, dans la bonne et la mauvaise renommée ; comme des séducteurs, quoique sincères et véritables ; comme des inconnus, quoique très connus ; comme toujours à la mort, et vivant néanmoins ; comme châtiés, mais non jusqu’à en mourir ; comme tristes, et cependant sans cesse dans la joie ; comme pauvres, et toutefois enrichissant plusieurs ; comme n’ayant rien, et possédant tout.
Ce passage de l’apôtre nous montre la vie chrétienne sous un aspect bien différent de celui sous lequel l’envisage ordinairement notre mollesse. Pour en éviter la portée, nous serions aisément disposés à penser que de tels conseils convenaient au premier âge de l’Église, où les fidèles, sans cesse exposés à la persécution et à la mort, avaient besoin d’un degré particulier de renoncement et d’héroïsme. Cependant ce serait une grande illusion de croire que tous les combats du chrétien sont finis. Reste toujours la lutte avec les démons, avec le monde, avec la chair et le sang ; et c’est pour cela que l’Église nous envoie au désert avec Jésus-Christ pour y apprendre à combattre. C’est là que nous comprendrons que la vie de l’homme sur la terre est une milice [5], et que si nous ne luttons pas courageusement et toujours, cette vie que nous voudrions passer dans le repos finira par notre défaite. C’est pour nous faire éviter ce malheur que l’Église nous dit aujourd’hui, par l’organe de l’apôtre : « Voici maintenant le temps favorable ; voici maintenant les jours du salut. » Agissons donc en toutes choses « comme des serviteurs de Dieu » ; et tenons ferme jusqu’à la fin de cette sainte carrière. Dieu veille sur nous, comme il a veillé sur son Fils au désert.
Le graduel nous assure de la protection des saints anges, dont la sollicitude ne nous abandonne ni le jour ni la nuit. Durant le carême, ils redoublent d’efforts contre nos ennemis, et se réjouissent de voir le pécheur accepter enfin la pénitence qui doit le sauver.
Le trait se compose du psaume 90e, auquel sont empruntés le graduel, l’introït et les autres cantiques de cette messe. Que notre cœur se rassure donc : tout nous parle de la bonté de Dieu et de sa vigilance paternelle sur des enfants ingrats dont il veut faire ses amis fidèles et les cohéritiers de son royaume.
Graduel
Le Seigneur a commandé à ses anges de te garder en toutes tes voies. V/. Ils te porteront sur leurs mains, dans la crainte que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
Trait
V/. Celui qui habite dans l’asile du Très-Haut, demeurera sous la protection du Dieu du ciel !
V/. Il dira au Seigneur : Vous êtes mon protecteur et mon refuge ! Il est mon Dieu, j’espérerai en lui.
V/. Car c’est lui qui m’a délivré du filet des chasseurs, et des paroles fâcheuses.
V/. Le Seigneur te couvrira de son ombre : tu seras dans l’espérance sous ses ailes.
V/. Sa vérité sera ton bouclier : tu ne craindras ni les alarmes de la nuit,
V/. Ni la flèche qui vole pendant le jour, ni la contagion qui se glisse dans les ténèbres, ni les attaques du démon du midi.
V/. Mille tomberont à ta gauche, et dix mille à ta droite ; mais la mort n’approchera pas de toi.
V/. Car le Seigneur a commandé à ses anges de te garder en toutes tes voies.
V/. Ils te porteront sur leurs mains, dans la crainte que tu ne heurtes ton pied contre la pierre.
V/. Tu marcheras sur l’aspic et le basilic, et tu fouleras aux pieds le lion et le dragon.
V/. Parce qu’il a espéré en moi, je le délivrerai : je le protégerai, parce qu’il a connu mon nom.
V/. Il m’invoquera, et je l’exaucerai : je suis avec lui dans la tribulation.
V/. Je l’en retirerai et le glorifierai : je le rassasierai de longs jours, et je lui montrerai le Sauveur que je lui ai préparé.
Évangile
La suite du saint Évangile selon saint Matthieu. Chap. 4.
En ce temps-là, Jésus fut conduit par l’Esprit dans le désert pour y être tenté par le diable. Et après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Et le tentateur, s’approchant, lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, commande que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit : Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Alors le diable le transporta dans la ville sainte, et l’ayant posé sur le sommet du temple, lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il a commandé à ses anges de prendre soin de toi ; ils te soutiendront de leurs mains, de peur que tu ne heurtes du pied contre la pierre. Jésus lui dit : Il est écrit aussi : Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu. Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, et, lui montrant tous les royaumes du monde avec leur pompe, il lui dit : Je te donnerai tout cela, si tu veux te prosterner devant moi et m’adorer. Alors Jésus lui dit : Arrière ! Satan ; car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul. Alors le diable le laissa, et aussitôt les anges s’approchèrent de lui, et le servaient.
Admirons l’ineffable bonté du Fils de Dieu qui, non content d’expier par la croix tous nos péchés, a daigné, pour nous encourager à la pénitence, s’imposer un jeûne de quarante jours et de quarante nuits. Il n’a pas voulu que la justice de son Père pût exiger de nous un sacrifice qu’il n’eût offert lui-même le premier en sa personne, et toujours avec des circonstances mille fois plus rigoureuses que celles qui peuvent se rencontrer en nous. Que sont nos œuvres de pénitence, si souvent encore disputées à la justice de Dieu par notre lâcheté, si nous les comparons à la rigueur de ce jeûne du Sauveur sur la montagne ? Chercherons-nous encore à nous dispenser de ces légères satisfactions dont le Seigneur daigne se contenter, et qui sont si loin de ce qu’ont mérité nos fautes ? Au lieu de plaindre une légère incommodité, une fatigue de quelques jours, compatissons plutôt à ce tourment de la faim qu’éprouve notre Rédempteur innocent, durant ces longs jours et ces longues nuits du désert.
La prière, le dévouement pour nous, la pensée des justices de son Père le soutiennent dans ses défaillances ; mais, à l’expiration de la quarantaine, la nature humaine est aux abois. C’est alors que la tentation vient l’assaillir ; mais il en triomphe avec un calme et une fermeté qui doivent nous servir d’exemple. Quelle audace chez Satan d’oser approcher du Juste par excellence ! mais aussi quelle patience en Jésus ! Il daigne souffrir que le monstre de l’abîme mette la main sur lui, qu’il le transporte par les airs d’un lieu à un autre. L’âme chrétienne est souvent exposée à de cruelles insultes de la part de son ennemi ; quelquefois même, elle serait tentée de se plaindre à Dieu de l’humiliation qu’elle souffre. Qu’elle songe alors à Jésus, le Saint des Saints, donné, pour ainsi dire, en proie à l’esprit du mal. Il n’en est pas moins le Fils de Dieu, le vainqueur de l’enfer ; et Satan n’aura recueilli qu’une honteuse défaite. De même, l’âme chrétienne, sous l’effort de la tentation, si elle résiste de toute son énergie, n’en reste pas moins l’objet des plus tendres complaisances de Dieu, à la honte et au châtiment éternel de Satan. Unissons-nous aux anges fidèles qui, après le départ du prince des ténèbres, s’empressent de réparer les forces épuisées du Rédempteur, en lui présentant de la nourriture. Comme ils compatissent à ses divines fatigues ! Comme ils réparent, dans leurs adorations, l’horrible outrage dont Satan vient de se rendre coupable envers le souverain maître de toutes choses ! Comme ils admirent cette charité d’un Dieu qui, dans son amour pour les hommes, semble avoir oublié jusqu’à sa dignité, pour ne plus songer qu’aux malheurs et aux besoins des enfants d’Adam !
Dans l’offertoire, l’Église, empruntant toujours les paroles de David, nous montre le Seigneur couvrant d’une protection spéciale le troupeau fidèle, et l’armant contre toute attaque de ce bouclier invincible que nous offre la foi [6].
Offertoire
Le Seigneur te couvrira de son ombre : tu seras dans l’espérance sous ses ailes : sa vérité sera ton bouclier.
Le carême ne consiste pas seulement dans le jeûne ; il ne sera efficace pour la réforme de notre âme que si nous y joignons la fuite des occasions nuisibles, qui détruiraient en un instant l’œuvre de la grâce divine. C’est pourquoi l’Église demande pour nous, dans la secrète, un secours particulier à cet effet.
Secrète
Seigneur, nous immolons solennellement ce sacrifice, à l’ouverture du carême, vous suppliant de faire que, restreignant la nourriture de nos corps, nous nous abstenions aussi des plaisirs dangereux. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.[7]
Afin d’inculquer plus fortement encore la confiance dans nos âmes, la sainte Église répète dans l’antienne de la communion les paroles d’espérance qu’elle nous a proposées dans l’offertoire.
Le sacrifice qui vient d’être offert nous est un nouveau gage de la bonté divine.
Communion
Le Seigneur te couvrira de son ombre : tu seras dans l’espérance sous ses ailes : sa vérité sera ton bouclier.
Dans la postcommunion, l’Église nous apprend à regarder la sainte eucharistie comme le grand moyen d’accroître nos forces, en purifiant nos souillures. Que le pécheur se hâte donc de faire sa paix avec Dieu, et qu’il n’attende pas le festin de la Pâque pour faire l’essai de l’aliment divin qui nous sauve de la divine justice, en nous incorporant l’auteur même du salut.
Postcommunion
Que la participation sainte à votre sacrement, Seigneur, rétablisse nos forces : qu’elle nous purifie du vieil homme, et qu’elle nous établisse dans la communion du mystère de notre salut. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.[8]
Autres liturgies
Nous finirons la journée par ces deux belles préfaces que nous empruntons, la première au missel mozarabe, et la seconde au missel ambrosien. Elles résument avec autant d’onction que d’éloquence les vérités que l’Église nous propose aujourd’hui.
Prière du missel mozarabe
(Illatio. Vendredi de la 4e semaine de carême.)
Il est juste et équitable que nous vous rendions grâces, Dieu tout-puissant et éternel, par Jésus-Christ votre Fils notre Seigneur, qui par le jeûne a obtenu sur le diable un glorieux triomphe, et a enseigné à ses soldats, par son exemple, l’art de combattre. Étant Dieu et le Seigneur de tous, il jeûna quarante jours et quarante nuits, afin de montrer que, vrai Dieu, il avait pris la véritable nature de l’homme, et de réparer par son abstinence ce qu’Adam avait perdu par sa gourmandise. Le diable vient donc attaquer le fils de la Vierge ; il ignore qu’il a affaire au Fils unique de Dieu. Dans sa ruse consommée, il espère séduire le second Adam par les artifices qui lui ont servi à renverser le premier, mais il est impuissant ; pas une de ses séductions ne réussit à tromper un si redoutable adversaire. Jésus jeûne quarante jours et quarante nuits ; et ensuite il éprouve la faim, lui qui durant quarante années nourrit d’un pain céleste une multitude innombrable. C’est lui qui, fort de sa propre puissance, a combattu avec le diable, prince des ténèbres, et qui l’ayant terrassé, a remporté avec honneur le trophée de la victoire jusque dans les cieux.
Prière du missel ambrosien
(Préface, 1er dimanche de carême)
Il est juste et digne, équitable et salutaire, de vous rendre grâces en tout temps et en tous lieux, Seigneur saint, Père tout-puissant, Dieu éternel, par Jésus-Christ notre Seigneur, qui dans ce saint temps du jeûne nourrit la foi des fidèles, élève leur espérance et fortifie leur charité. C’est lui qui est le pain vivant et véritable, qui est l’aliment de l’éternité et la nourriture de la vertu. Votre Verbe, Seigneur, par qui tout a été fait, est non seulement l’aliment des âmes humaines, mais le Pain des anges mêmes. Fortifié de ce Pain, Moïse votre serviteur, lorsqu’il reçut la loi, jeûna quarante jours et quarante nuits : il s’abstint de la nourriture charnelle, afin d’être plus en état de savourer votre douceur. Il ne sentait pas la faim dans son corps, et il oubliait la nourriture terrestre, parce que la vue de votre gloire l’illuminait ; et que, par le souffle de l’Esprit, la parole de Dieu le nourrissait. Ne cessez donc pas, Seigneur, de nous donner à nous aussi ce Pain pour lequel vous nous exhortez d’entretenir en nous une faim continuelle.
[1] – Hébr. 4, 15.
[2] – Isaï. 7, 14.
[3] – 1 s. Jean 2, 16.
[4] L’Église ajoute ensuite les deux oraisons suivantes pour les besoins généraux des fidèles et de la société chrétienne.
Deuxième collecte
Préservez-nous, s’il vous plaît, Seigneur, de tous les périls de l’âme et du corps, et, vous laissant fléchir par l’intercession de la bienheureuse et glorieuse Mère de Dieu Marie toujours vierge, du bienheureux Joseph, de vos bienheureux apôtres Pierre et Paul, du bienheureux N. ( on nomme ici le Patron de l’église), et de tous les saints, accordez-nous dans votre bonté le salut et la paix, afin que toutes les erreurs et les adversités étant écartées, votre Église vous serve dans une liberté tranquille.
Troisième collecte
Dieu tout-puissant et éternel, qui régnez sur les vivants et sur les morts, et qui répandez votre miséricorde sur tous ceux que vous savez devoir se donner à vous par la foi et par les œuvres : nous vous supplions d’accorder dans votre bonté et votre clémence, et par l’intercession de tous vos saints, le pardon des péchés à ceux pour qui nous allons répandre devant vous nos prières, soit que le siècle présent les retienne encore dans la chair, soit que, ayant déposé leurs corps, ils soient déjà entrés dans le siècle futur. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
[5] – Job 7, 1.
[6] – Éph. 6, 16.
[7] Seconde secrète
Exaucez-nous, ô Dieu notre Sauveur ! et par la vertu de ce sacrement, défendez-nous de tous les ennemis de l’âme et du corps, nous accordant votre grâce en cette vie, et votre gloire en l’autre.
Troisième secrète
Ô Dieu, qui seul connaissez le nombre des élus à qui vous devez donner place dans la céleste béatitude, accordez, par l’intercession de tous vos saints, que les noms de tous ceux que nous avons résolu de vous recommander dans notre prière, ainsi que les noms de tous les fidèles, demeurent écrits dans le livre de la bienheureuse prédestination. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
[8] Seconde postcommunion
Que l’oblation du divin sacrifice nous purifie et nous protège, Seigneur nous vous en supplions ; et par l’intercession de la bienheureuse Vierge Marie Mère de Dieu, du bienheureux Joseph, de vos bienheureux apôtres Pierre et Paul, du bienheureux N. (on nomme ici le Patron de l’église), et de tous les saints, qu’elle soit pour nous l’expiation de tous nos péchés et la délivrance de toute adversité.
Troisième postcommunion
Purifiez-nous, ô Dieu tout-puissant et miséricordieux, par les sacrements que nous avons reçus, et faites, par l’intercession de tous vos saints, que votre sacrement ne soit pas en nous un crime digne de châtiment, mais une intercession puissante pour le pardon : qu’il efface nos péchés, qu’il soit notre force dans notre fragilité, et notre défense contre tous les dangers du monde ; qu’il opère dans les fidèles vivants et défunts la rémission de toutes leurs fautes. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Lundi
Chacune des féries du carême a sa messe propre, au lieu que, dans les fériés de l’avent, on répète simplement la messe du dimanche précèdent. Cette richesse de la liturgie dans la sainte Quarantaine nous aide puissamment à entrer dans la pensée de l’Église, en multipliant l’expression des sentiments qu’elle veut nous inspirer. Nous extrairons de chacune de ces messes fériales la collecte, qui est toujours la prière la plus solennelle, l’épître, l’évangile et l’oraison qui se dit sur le peuple à la fin de la messe. Cet ensemble renferme la plus solide instruction, et nous fait passer en revue tout ce que les saintes Écritures contiennent de plus substantiel et de plus convenable au temps où nous sommes.
À Rome, la station est aujourd’hui dans l’Église de Saint-Pierre-aux-Liens. Bâtie au 5e siècle par l’impératrice Eudoxie, femme de Valentinien III, elle garde avec honneur les chaînes du Prince des Apôtres. Nous aurons occasion de parler encore de cette Basilique au 1er août, lorsque le cycle nous ramènera la fête de saint Pierre délivré de prison.
Collecte
Dieu notre Sauveur, convertissez-nous : et afin que le jeûne du carême nous profite, éclairez nos âmes de vos célestes instructions. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Leçon
Lecture du prophète Ézéchiel. Chap. 34.
Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Je rechercherai moi-même mes brebis, et je les visiterai. Comme un pasteur visite son troupeau pendant le jour, quand il est au milieu de ses brebis dispersées, ainsi je visiterai mes brebis, et je les délivrerai de tous les lieux où elles avaient été dispersées au jour plein de nuage et d’obscurité. Et je les retirerai du milieu des peuples, et je les rassemblerai de divers pays, et je les ramènerai dans leur propre terre, et je les ferai paître sur les montagnes d’Israël, au bord des ruisseaux et dans tous les lieux du pays. Je les mènerai paître dans les pâturages les plus fertiles ; les hautes montagnes d’Israël seront le lieu de leur pâture : c’est là qu’elles se reposeront sur l’herbe verdoyante, et elles paîtront les gras pâturages des montagnes d’Israël. Je ferai moi-même paître mes brebis, et je les ferai reposer moi-même, dit le Seigneur Dieu. J’irai à la recherche de ce qui était perdu, je relèverai ce qui était tombé, je banderai tout membre brisé, je fortifierai tout ce qui était faible, je conserverai tout ce qui était resté gras et fort, et je les ferai paître dans la justice, dit le Seigneur tout-puissant.
Le Seigneur nous apparaît ici sous les traits d’un pasteur plein de tendresse pour ses brebis : c’est en effet ce qu’il est pour les hommes, en ces jours de miséricorde et de pardon. Une partie de son troupeau s’était égarée et dispersée, au milieu des ténèbres de ce monde ; mais Jésus n’a point oublié ses brebis. Il s’est mis en marche pour les aller chercher et les réunir. Il n’est point de désert si écarté, point de montagne si abrupte, point de hallier si épineux, qu’il ne visite pour les retrouver. Il fait entendre à toutes sa voix par celle de la sainte Église qui les convie au retour ; et dans la crainte qu’elles ne se troublent à cause de leurs égarements, et qu’elles ne soient inquiètes de reparaître devant lui, il daigne les rassurer. Qu’elles reviennent seulement, qu’elles se laissent trouver ; et les plus doux pâturages sont pour elles, au bord des eaux, sur l’herbe la plus verdoyante, sur des montagnes pleines de délices. Elles sont blessées, le divin pasteur bandera leurs plaies ; elles sont faibles, il les rendra fortes. Il les réunira aux brebis fidèles qui ne l’avaient pas quitté, et il demeurera toujours avec elles. Que le pécheur se laisse donc enfin fléchir à la vue de tant de bonté, et qu’il ne craigne plus les efforts qu’il lui faut faire pour se rapprocher du Seigneur son Dieu. Le retour lui semble pénible, l’expiation effraie sa faiblesse ; qu’il se rappelle les jours où il habitait dans la sécurité du bercail, sous l’œil du plus tendre pasteur ; ces jours peuvent renaître pour lui. La porte de la bergerie est ouverte ; de nombreuses brebis, naguère égarées, s’y précipitent remplies de joie et de confiance ; qu’il les suive, et qu’il se rappelle « qu’il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de pénitence [1] ».
Évangile
La suite du saint Évangile selon saint Matthieu. Chap. 25.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : Quand le Fils de l’homme viendra dans sa majesté, et tous ses anges avec lui, alors il s’assiéra sur le trône de sa majesté. Et toutes les nations seront rassemblées devant lui, et il séparera les uns d’avec les autres, comme le pasteur sépare les brebis d’avec les boucs. Et il placera les brebis à sa droite, les boucs à sa gauche. Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père ; possédez le royaume préparé pour vous dès l’origine du monde. Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais sans asile, et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venu à moi. Alors les justes lui répondront : Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu ayant faim, et que nous vous avons rassasié ; ayant soif, et que nous vous avons donné à boire ? Quand est-ce que nous vous avons vu sans asile, et que nous vous avons recueilli ; nu, et que nous vous avons vêtu ? Et quand est-ce que nous vous avons vu malade, ou en prison, et que nous sommes venus à vous ? Et le roi leur répondra : En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait au moindre de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. Il dira ensuite à ceux qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits, et allez au feu éternel, préparé pour le diable et ses anges ; car j’ai eu faim, et vous ne m’avez point donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez point donné à boire ; j’étais sans asile, et vous ne m’avez point recueilli ; nu, et vous ne m’avez point vêtu ; malade, en prison, et vous ne m’avez point visité. Alors eux aussi lui diront : Seigneur, quand est-ce que nous vous avons vu ayant faim, ou soif, ou sans asile, ou nu, ou malade, ou en prison, et que nous ne vous avons point assisté ? Mais il leur répondra : En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. Et ceux-ci s’en iront au supplice éternel, et les justes dans la vie éternelle.
Tout à l’heure, un prophète de l’Ancien Testament nous invitait de la part de Dieu à répondre aux avances du Pasteur de nos âmes ; le Seigneur épuisait tous les moyens de sa tendresse pour faire naître dans le cœur de ses brebis égarées le désir de se rallier autour de lui ; et voici que la sainte Église, le même jour où elle nous a montré ce grand Dieu sous les traits d’un pasteur si compatissant, nous le découvre sous l’aspect terrible d’un juge que rien ne saurait fléchir. Comment le caractère si débonnaire de notre Sauveur, du charitable médecin de nos âmes, s’est-il ainsi transformé ? « Retirez-vous de moi, maudits ; allez au feu éternel ! » et c’est dans l’évangile même, dans le code de la loi de l’amour, que l’Église a trouvé ce formidable récit. Cependant, pécheur, ne vous y trompez pas ; lisez attentivement, et vous reconnaîtrez avec épouvante en celui qui prononce cet affreux anathème, le même Dieu dont le prophète vous a décrit la miséricorde, la patience, le zèle pour toutes ses brebis. Sur son tribunal, il porte encore les traits d’un pasteur : voyez, il sépare les brebis des boucs ; il place les unes à sa droite, les autres à sa gauche ; c’est toujours d’un troupeau qu’il s’agit. Le Fils de Dieu veut remplir la charge de berger jusqu’au dernier jour. Mais les conditions sont changées ; il n’y a plus de temps, l’éternité ouvre ses profondeurs ; le règne de la justice commence : justice qui accorde aux amis de Dieu la récompense promise ; justice qui précipite le pécheur impénitent dans l’abîme sans fond. Il serait trop tard alors de songer à la pénitence ; elle n’a lieu que dans le temps, et le temps n’est plus. Comment le chrétien qui sait que nous devons tous nous trouver réunis au pied de ce tribunal, hésite-t-il à se rendre aux invitations de l’Église qui le presse de satisfaire pour ses péchés ? Comment dispute-t-il à Dieu la faible expiation dont sa miséricorde veut bien encore se contenter aujourd’hui ? En vérité, l’homme est à lui-même son plus cruel ennemi, lorsqu’il écoute avec insensibilité cette parole de son Sauveur présent, de son Juge à venir : « Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous [2] ».
Oraison
Humiliez vos têtes devant Dieu.
Déliez, s’il vous plaît, Seigneur, les liens de nos péchés, et, dans votre miséricorde, détournez les maux que nous méritons à cause d’eux. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Autre liturgie
Terminons cette journée, en récitant cette belle hymne composée par saint Grégoire le Grand, et que l’Église emploie, dans le Carême, à l’office des matines.
Hymne
Fidèles à la tradition mystérieuse, gardons avec soin ce jeûne célèbre qui parcourt le cercle de quarante jours.
La loi et les prophètes l’inaugurèrent autrefois ; auteur et roi de toutes les choses réées, le Christ daigna lui-même le consacrer.
Il nous faut restreindre l’usage de la parole, du manger, du boire, du sommeil et des délassements ; veillons plus strictement sur la garde de nous-mêmes.
Évitons ces périls où succombe l’âme inattentive ; gardons-nous de laisser la moindre entrée à notre tyran perfide.
Fléchissons la colère vengeresse ; pleurons aux pieds de notre juge ; poussons des cris suppliants, et, prosternés devant notre juge, disons-lui :
Ô Dieu ! par nos péchés, nous avons offensé votre clémence, daignez étendre sur nous votre pardon.
Souvenez-vous que, malgré notre fragilité, nous sommes l’œuvre de vos mains ; ne cédez pas à un autre l’honneur de votre nom.
Pardonnez-nous le mal que nous avons fait ; donnez-nous avec abondance la grâce que nous implorons, afin que nous puissions vous plaire ici-bas et dans l’éternité.
Trinité bienheureuse, Unité parfaite, rendez profitable à vos fidèles le bienfait du jeûne. Amen.
Mardi
À Rome, la station est dans l’Église de Sainte-Anastasie, la même où l’on célébrait, dans l’antiquité, la messe de l’Aurore, le jour de Noël. C’est sous la protection de cette sainte martyre, immolée le jour même de la naissance du Sauveur, que nos vœux sont aujourd’hui présentés au Père des miséricordes.
Collecte
Regardez favorablement votre famille, Seigneur, et faites que notre âme, en se châtiant par la mortification de la chair, se distingue à vos yeux par l’ardeur de ses désirs. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Leçon
Lecture du prophète Isaïe. Chap. 55.
En ces jours-là, le prophète Isaïe parla, et dit : Cherchez le Seigneur pendant qu’on peut le trouver ; invoquez-le pendant qu’il est proche. Que l’impie quitte sa voie, et l’homme injuste ses pensées ; qu’il retourne au Seigneur, et il aura pitié de lui ; à notre Dieu, car il est empressé de pardonner. Mes pensées ne sont pas vos pensées, ni vos voies mes voies, dit le Seigneur ; mais autant sont élevés les cieux au-dessus de la terre, autant sont élevées mes voies au-dessus des vôtres, et mes pensées au-dessus de vos pensées ; et de même que la pluie et la neige descendent du ciel et n’y retournent plus, mais elles abreuvent la terre, la fécondent et lui font produire le germe, afin qu’elle donne la semence pour semer, et le pain pour s’en nourrir : ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne retournera point à moi sans effet ; mais elle fera tout ce que j’aurai voulu, et remplira le but pour lequel je l’ai envoyée, dit le Seigneur tout-puissant.
Le prophète nous annonce de la part du Seigneur que si notre retour est sincère, la miséricorde descendra sur nous. En vain l’homme cherchera-t-il à mesurer la distance infinie qui sépare la souveraine sainteté de Dieu de l’état de souillure où est l’âme du pécheur ; rien de tout cela n’empêchera la réconciliation de la créature avec son créateur. La toute-puissante bonté de Dieu créera un cœur pur [3] dans l’homme repentant, et « la grâce surabondera où le péché avait abondé [4] ». La parole du pardon descendra du ciel, comme une pluie bienfaisante sur une terre stérile et desséchée, et cette terre donnera une abondante moisson. Que le pécheur néanmoins écoute la prophétie tout entière. L’homme est-il maître d’accepter ou de refuser cette parole qui vient d’en haut ? Peut-il la laisser tomber aujourd’hui, dans la pensée que peut-être il la recueillera plus tard, à la fin de sa vie ? Non ; Dieu nous dit par son prophète : « Cherchez le Seigneur, pendant qu’on peut le trouver : invoquez-le pendant qu’il est proche. » Nous ne pouvons donc pas toujours à volonté trouver le Seigneur ; il n’est donc pas toujours aussi proche de nous. Prenons garde, il a ses moments ; l’heure des miséricordes a sonné ; celle des justices la suivra. « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite [5] », criait Jonas dans les rues de cette superbe cité. Ninive ne laissa point passer les quarante jours sans revenir au Seigneur, sans l’apaiser dans le jeûne, sous la cendre et le cilice : et Dieu pardonna à Ninive. Entrons dans les sentiments de cette ville coupable et repentante ; ne défions pas la justice divine en refusant la pénitence, ou en l’accomplissant d’une manière imparfaite. Le carême que nous célébrons est peut-être le dernier que la bonté divine nous préparait ; s’il ne nous convertissait pas, qui sait si le Seigneur reviendrait ? Méditons ces paroles de l’apôtre qui se rapportent à celles d’Isaïe : « La terre qui se pénètre de la pluie dont elle est arrosée, et qui produit la verdure qu’en attend le cultivateur, est une terre bénie de Dieu ; celle qui ne produit que des ronces et des épines est réprouvée ; la malédiction est près d’elle, « et sa fin sera d’être dévorée par le feu [6]. »
Évangile
La suite du saint Évangile selon saint Matthieu. Chap. 21.
En ce temps-là, Jésus étant entré en Jérusalem, toute la ville fut émue, et chacun demandait : Quel est celui-ci ? Et le peuple qui l’accompagnait disait : C’est Jésus, le prophète de Nazareth, en Galilée. Et Jésus entra dans le temple de Dieu, et il chassa tous ceux qui vendaient et achetaient dans le temple, et il renversa les tables des changeurs et les sièges de ceux qui vendaient des colombes. Il leur dit : Il est écrit : Ma maison est appelée la maison de la prière ; mais vous en avez fait une caverne de voleurs. Et des aveugles et des boiteux s’approchèrent de lui dans le temple, et il les guérit. Or, les princes des prêtres et les scribes, voyant les merveilles qu’il faisait et les enfants qui criaient dans le temple : Hosannah au fils de David, s’indignèrent et lui dirent : Entendez-vous ce que disent ceux-ci ? Jésus leur répondit : Oui ; mais n’avez-vous jamais lu cette parole : Vous avez mis la louange dans la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle ? Et les laissant là, il s’en alla hors de la ville, à Béthanie, et il s’y arrêta.
Notre pieuse quarantaine est à peine à son début, et avant qu’elle soit terminée nous aurons assisté au supplice du Juste. Voici déjà ses implacables ennemis qui se dressent devant lui. En vain, leurs yeux viennent d’être témoins de ses prodiges : l’envie et l’orgueil qui dessèchent leur cœur n’ont rien voulu comprendre. Ces infidèles gardiens de la maison de Dieu sont demeurées muets quand tout à l’heure ils ont vu Jésus faire acte d’autorité dans le temple ; un étonnement mêlé de terreur les a saisis. Ils n’ont pas même réclamé quand il a appelé le temple sa maison : tant ils éprouvaient l’ascendant de sa vertu, tant ils redoutaient son pouvoir surhumain. Maintenant, ils ont repris leur audace : la voix des enfants qui crient encore Hosannah frappe leur oreille, et ils s’indignent. Ils osent se plaindre de cet innocent hommage rendu au fils de David qui passe en faisant le bien. Ces docteurs de la loi, aveuglés par la passion, ne savent même plus reconnaître les prophéties, ni en découvrir l’accomplissement. C’est l’application de l’oracle d’Isaïe que nous venons de lire. Pour n’avoir pas cherché le Seigneur quand il était près d’eux, ils ne peuvent plus le reconnaître, lors même qu’ils lui parlent. Les enfants le sentent et le bénissent ; les sages d’Israël ne voient en lui qu’un ennemi de Dieu, un blasphémateur. Nous, du moins, profitons de la visite de Jésus, afin qu’il ne nous quitte pas, comme il quitta ces faux sages. Il se retira d’auprès d’eux, et, laissant la ville, il retourna à Béthanie qui était proche de Jérusalem. C’est là qu’habitait Lazare, avec ses deux sœurs Marthe et Marie-Madeleine ; là aussi qu’était retirée Marie Mère de Jésus, dans l’attente du terrible événement qui bientôt devait s’accomplir. Saint Jérôme remarque que le mot Béthanie signifie Maison d’obéissance : ce qui nous apprend que le Sauveur s’éloigne des cœurs rebelles à sa grâce, et qu’il aime à se reposer dans les cœurs obéissants [7]. Acceptons la leçon tout entière, et dans ces jours de salut, montrons, par notre obéissance à l’Église et par notre soumission au guide de notre conscience, que nous avons enfin reconnu qu’il n’y a pour nous de salut que dans l’humiliation de l’orgueil et dans la simplicité du cœur.
Oraison
Humiliez vos têtes devant Dieu.
Que nos prières, Seigneur, montent jusqu’à vous, et daignez éloigner de votre Église toutes sortes d’embûches. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Autre liturgie
L’Église gothique d’Espagne, dans son missel mozarabe, nous présente ce cantique de pénitence, dont le lecteur chrétien sentira toute la beauté.
Prières
2e dimanche de carême
Seigneur plein de miséricorde, ayez pitié de votre peuple et pardonnez-lui ;
Car nous avons péché contre vous.
V/. Prosternés, nous versons toutes nos larmes ; nous manifestons les péchés secrets que nous avons commis ; nous implorons votre pardon, ô Dieu ! R/. Car nous avons péché contre vous.
V/. Acceptez la prière des prêtres ; accordez abondamment tout ce qu’ils demandent ; ayez pitié de votre peuple, Seigneur ! R/. Car nous avons péché contre vous.
V/. Vous avez appesanti votre colère sur nous ; nos cruels péchés nous ont accablés ; nous sommes tombés en défaillance, privés d’espoir ; R/. Car nous avons péché contre vous.
V/. Nous avons été livrés à des malheurs que nous ne connaissions pas, tous les maux ont fondu sur nous ; nous vous avons invoqué, et nous n’avons pas reçu de réponse ; R/. Car nous avons péché contre vous.
V/. À cette heure nous crions tous, nous vous cherchons tous ; nous vous poursuivons avec les larmes de la pénitence, nous avons provoqué la colère de tout le monde ; R/.Car nous avons péché contre vous.
V/. Jésus-Christ, nous vous implorons par nos prières et nos gémissements ; prosternés, nous vous supplions ; par votre pouvoir, relevez enfin ces misérables ; R/. Car nous avons péché contre vous.
V/. Recevez la confession de votre peuple, nous la répandons devant vous avec des cris ; nous déplorons du fond du cœur nos iniquités ; R/. Car nous avons péché contre vous.
V/. Nous demandons la paix ; accordez-nous la paix ; écartez la guerre, délivrez-nous tous : nous vous le demandons d’une humble prière, Seigneur ! R/. Car nous avons péché contre vous.
V/. Dieu très clément, inclinez votre oreille ; effacez la tache de nos péchés ; dans votre bonté, sauvez-nous du péril ! R/. Ayez pitié et pardonnez.
Mercredi des Quatre-temps de carême
Au jeûne quadragésimal vient se joindre aujourd’hui celui des Quatre-temps. Vendredi et samedi, nous aurons pareillement un double motif de pratiquer la pénitence. C’est la saison du printemps qu’il s’agit de consacrer à Dieu, lui en offrant les prémices dans le jeûne et la prière ; c’est l’ordination des prêtres et des ministres sacrés sur laquelle il faut appeler les bénédictions d’en haut. Ayons donc un souverain respect pour ces trois jours.
Jusqu’au 11e siècle, le jeûne des Quatre-temps du Printemps fut attaché à la première semaine de mars, et ceux de l’Été à la seconde semaine de juin. Un décret de saint Grégoire VII les fixa aux époques où nous les célébrons aujourd’hui : les Quatre-temps du Printemps à la première semaine de carême, et ceux de l’Été à la semaine de la Pentecôte.
La station est aujourd’hui dans la Basilique de Sainte-Marie-Majeure. Honorons la Mère de Dieu, refuge des pécheurs, et prions-la d’offrir elle-même à notre juge l’humble tribut de nos satisfactions.
Collecte
Regardez avec bonté, Seigneur, la dévotion de votre peuple, afin que ceux qui mortifient leurs corps par l’abstinence soient nourris et fortifiés selon l’esprit par le fruit des bonnes œuvres. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
L’Église, qui, dans les Mercredis des Quatre-temps, nous offre toujours deux lectures de la sainte Écriture, à la place de l’épître de la messe, réunit aujourd’hui les deux grands types du carême dans l’Ancien Testament, Moïse et Élie, afin de relever dans nos pensées la dignité du jeûne quadragésimal, auquel Jésus-Christ lui-même est venu donner un caractère plus sacré encore, en réalisant dans sa personne ce que la loi et les prophètes n’avaient accompli qu’en figure.
Première leçon
Lecture du livre de l’Exode. Chap. 24.
En ces jours-là, le Seigneur dit à Moïse : Monte vers moi sur la montagne pour y faire séjour, et je te donnerai les tables de pierre sur lesquelles j’ai écrit la loi et les commandements, afin que tu les enseignes aux enfants d’Israël. Moïse et Josué son serviteur se levèrent ; et Moïse, en montant sur la montagne de Dieu, dit aux anciens : Attendez ici jusqu’à ce que nous revenions à vous ; vous avez Aaron et Hur avec vous ; s’il s’élève quelque difficulté, vous leur en ferez le rapport. Et Moïse étant monté, une nuée couvrit la montagne, et la gloire du Seigneur habita sur le Sinaï, le couvrant d’un nuage durant six jours. Le septième jour, Dieu appela Moïse du milieu du nuage ; or l’éclat de la gloire du Seigneur paraissait aux enfants d’Israël comme un feu ardent sur le sommet de la montagne. Et Moïse, pénétrant par le milieu du nuage, monta sur la montagne, et il y demeura quarante jours et quarante nuits.
Deuxième leçon
Lecture du livre des Rois. 3. Chap. 19.
En ces jours-là, Élie, étant arrivé à Bersabée de Juda, renvoya son serviteur, et s’avança dans le désert une journée de chemin. Et étant venu sous un genièvre, il s’y assit et souhaita de mourir. Et il dit : C’est assez, Seigneur ; retirez mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères. Il s’étendit par terre, et s’endormit à l’ombre du genièvre. Et voici qu’un ange du Seigneur le toucha et lui dit : Lève-toi et mange. Il regarda derrière lui, et aperçut près de sa tête un pain cuit sous la cendre et un vase d’eau. Il mangea donc, et il but, et il se rendormit. Et l’ange du Seigneur, revenant une seconde fois, le toucha encore et lui dit : Lève-toi, mange ; car il te reste une longue route. Et s’étant levé, il mangea et but, et étant fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits, jusqu’à Horeb, la montagne de Dieu.
Moïse et Élie jeûnent quarante jours et quarante nuits, parce qu’ils vont s’approcher de Dieu. Il faut que l’homme s’épure, qu’il se dégage du poids du corps, s’il veut se mettre en rapport avec celui qui est l’Esprit. Néanmoins, la vision de Dieu dont furent favorisés ces deux saints hommes fut très imparfaite : ils sentirent que le Seigneur était près d’eux, mais ils ne virent pas sa gloire. Depuis, le Seigneur s’est manifesté dans la chair, et l’homme l’a vu, il l’a entendu, il l’a touché de ses mains [8]. Nous ne sommes pas du nombre de ces heureux mortels qui conversèrent avec le Verbe de vie ; mais, dans la divine eucharistie, il fait plus que de se laisser voir : il entre en nous, il devient notre substance. Le plus humble fidèle dans l’Église possède Dieu plus pleinement que Moise sur le Sinaï, et Élie sur Horeb. Ne soyons donc pas étonnés si l’Église, pour nous préparer à cette faveur, dans la fête de Pâques, veut que nous traversions auparavant une épreuve de quarante jours, mais beaucoup moins rigoureuse que celle qui fut pour Moise et Élie la condition de la grâce que Jéhovah daigna leur faire.
Évangile
La suite du saint Évangile selon saint Matthieu. Chap. 12.
En ce temps-là, des Scribes et des Pharisiens s’approchèrent de Jésus, et lui dirent : Maître, nous voudrions voir un signe de vous. Il leur répondit : Cette génération perverse et adultère demande un signe, et il ne lui sera donné d’autre signe que le signe du prophète Jonas : car de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, ainsi le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre. Les hommes de Ninive se lèveront au jugement contre cette génération, et ils la condamneront, parce qu’ils firent pénitence à la prédication de Jonas ; et il y a ici plus que Jonas. La reine du Midi se lèvera au jugement contre cette génération et la condamnera ; car des confins de la terre elle vint écouter la sagesse de Salomon ; et il y a ici plus que Salomon. Lorsqu’un esprit immonde est sorti d’un homme, il s’en va errant par des lieux arides, cherchant le repos et ne le trouvant pas. Alors il se dit : Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti. Et y revenant, il la trouve libre, nettoyée et parée. Alors il s’en va prendre sept autres esprits plus méchants que lui, et ils entrent dans la maison, et ils y demeurent. Et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. Ainsi en sera-t-il de cette génération perverse. Il parlait encore à la foule, et voici que sa mère et ses frères étaient au dehors et demandaient à lui parler. Quelqu’un lui dit : Voici dehors votre mère et vos frères qui vous demandent. Mais il lui répondit : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Et étendant la main sur ses disciples, il dit : Voici ma mère et mes frères ; car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère.
Le Sauveur dénonce à Israël les châtiments qui l’attendent pour son aveuglement volontaire et pour la dureté de son cœur. Israël veut des prodiges pour croire ; il en est entouré, et il ne les voit pas. Tels sont les hommes de nos jours. Pour reconnaître le christianisme comme divin, il leur faudrait des preuves ; et cependant l’histoire est ouverte devant eux. Les événements présents rendent aussi leur témoignage ; mais rien ne les réveille. Ils s’en tiennent à leurs systèmes toujours déçus, et ils n’arriveront à comprendre que l’Église catholique est le fondement de la société, qu’au jour où la société qu’ils ont isolée eux-mêmes de l’Église s’écroulera dans l’abîme creusé par leurs mains. « Génération perverse et adultère », dit le Seigneur, contre laquelle s’élèveront les peuples infidèles qui n’ont point connu les institutions chrétiennes, et qui les eussent peut-être aimées et conservées. Craignons le sort des Juifs, auxquels le siège de Jérusalem, sa ruine même, ne purent ouvrir les yeux, et qui restent encore fidèles aux illusions de leur orgueil après un esclavage de dix-huit siècles. Au milieu des périls de la société, que les enfants de l’Église comprennent aussi leur responsabilité. Qu’ils se demandent pourquoi les sages du monde, les politiques de ce monde, ont cesse de compter avec eux ? Pourquoi, aujourd’hui encore, ces hommes ont tant de peine à apercevoir quelque part l’élément catholique ? C’est que les catholiques avaient délaissé l’Église et ses saintes pratiques. Chaque jour, une solitude plus grande se faisait remarquer dans nos Églises, les sacrements n’étaient plus fréquentés, le carême n’était plus qu’un mot sur le calendrier. Revenons non seulement à la foi de nos pères, mais à l’observation des lois chrétiennes : c’est alors que le Seigneur aura pitié de son peuple infidèle, à cause des justes qui seront dans son sein. L’apostolat de l’exemple produira ses fruits ; et si un faible faisceau de fidèles fut pour les peuples de l’empire romain ce levain dont parle le Sauveur, qui fait fermenter toute la pâte [9] : au milieu d’une société qui conserve encore plus d’éléments catholiques qu’elle ne le pense, notre zèle à confesser et à pratiquer les devoirs de la milice chrétienne ne demeurera point sans résultat.
Oraison
Humiliez vos têtes devant Dieu.
Seigneur, éclairez nos âmes de l’éclat de votre splendeur, afin que nous puissions voir ce que nous devons faire, et accomplir ce qui est juste. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Autre liturgie
L’Église grecque nous fournira aujourd’hui ces pieuses stances sur le jeûne, que nous empruntons à son Triodion (Lundi de la 2e semaine des jêunes).
Stances
Le jeûne aidé de la prière est une armure admirable ; c’est lui qui fit de Moïse un législateur, et d’Élie un zélateur, au milieu des sacrifices. Observons-le avec fermeté, ô fidèles ; crions au Sauveur : Nous avons péché contre toi seul, aie pitié de nous.
Jeûnons d’un jeûne spirituel, rompons les filets du tortueux serpent ; éloignons-nous de la perversité du mauvais exemple ; remettons à nos frères ce qu’ils nous doivent, afin que nos propres péchés nous soient remis ; c’est ainsi que nous pourrons dire : Seigneur, notre prière s’élève vers toi comme l’encens.
Agneau de Dieu, seul bon, source de miséricorde, qui par ton divin pouvoir ôtes les péchés du monde, je suis agité des tempêtes du péché, sauve-moi, et conduis-moi dans les sentiers de la pénitence.
Le vrai jeûne, c’est la fuite du péché, la rupture des affections perverses, la charité envers Dieu, le zèle de la prière, les larmes de la componction, le soin des pauvres, comme le Christ ordonne dans les Écritures.
Bienfaisant médecin de nos âmes, guéris la mienne blessée du glaive du péché, mise en lambeaux par mes nombreux crimes ; applique-moi le remède de tes sages commandements, Sauveur plein de clémence !
Le temps du jeûne convient à la componction : livrons-nous aux pleurs, gémissons, tendons nos mains vers l’unique Rédempteur, afin qu’il sauve nos âmes.
Qu’il me soit donné d’éteindre tous mes mauvais penchants, de concevoir ton amour, ô Christ ! de m’enrichir de tes dons divins, bon Jésus ! de me livrer à ton service.
Vois, mon âme, sois attentive, de peur que, tout en jeûnant, tu ne remplaces l’intempérance par les injures, les inimitiés, les rixes contre le prochain, et que tu ne te sépares de Dieu par ta négligence.
Ô mon Christ ! comment soutiendrai-je ta colère, quand tu viendras pour juger ? que répondrai-je, ô Christ ! moi qui n’ai pas accompli tes préceptes ? pardonne-moi avant ma sortie de ce monde.
Arrache mon âme, Seigneur, à la tyrannie des passions, afin que, rendu à la liberté, j’accomplisse ta volonté avec joie, et que je glorifie ta puissance dans les siècles.
Déteste, ô mon âme, l’intempérance d’Ésaü, imite les vertus de Jacob, remplace Bélial par l’abstinence, amasse un trésor divin et loue Dieu à jamais.
Accorde-nous, ô Christ miséricordieux ! de traverser sans aucune tempête la mer tranquille du jeûne, afin que nous arrivions au port de la Résurrection pour célébrer à jamais ta gloire.
Jeudi
La station d’aujourd’hui est dans l’Église de Saint-Laurent in Paneperna, l’une de celles que la piété romaine a élevées en l’honneur du plus célèbre martyr de la ville sainte.
Collecte
Regardez, Seigneur, d’un œil favorable la dévotion de votre peuple, afin que ceux qui mortifient leur corps par l’abstinence soient nourris selon l’esprit par le fruit des bonnes œuvres. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Leçon
Lecture du prophète Ézéchiel. Chap. 18.
En ces jours-là, le Seigneur me parla, et me dit : D’où vient que vous vous servez parmi vous de cette parabole, et que vous l’avez tournée en proverbe dans la terre d’Israël, disant : Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en sont agacées ? Par ma vie, dit le Seigneur, cette parabole ne passera plus en proverbe parmi vous dans Israël ; car toutes les âmes sont à moi : l’âme du fils est à moi comme celle du père. L’âme qui aura péché, mourra elle-même ; et si un homme est juste, s’il fait l’équité et la justice, s’il ne mange point de viandes immolées sur les montagnes, s’il ne lève point les yeux vers les idoles de la maison d’Israël, s’il ne souille point la femme de son prochain, s’il ne s’approche point de sa propre femme lorsqu’elle souffre son incommodité naturelle, s’il ne contriste point son prochain, s’il rend à son débiteur le gage qu’il en avait reçu, s’il ne prend rien par violence, s’il donne de son pain à celui qui a faim, et des vêtements à celui qui est nu, s’il ne prête point à usure et ne reçoit point plus qu’il n’a donné ; s’il détourne sa main de l’iniquité, s’il rend un jugement équitable entre un homme et un homme, s’il marche dans mes préceptes et garde mes commandements, pour agir selon la vérité : celui-là est juste, il vivra de la vie, dit le Seigneur tout-puissant.
Cette lecture du prophète nous donne à apprécier la miséricorde de Dieu envers les Gentils, qui vont bientôt passer des ténèbres à la lumière, par la grâce du saint baptême. En vain le proverbe juif prétend que « les dents des enfants sont agacées, parce que celles des pères ont broyé les raisins verts » : Dieu, dès l’Ancien Testament, déclare que les péchés sont personnels, et que le fils de l’impie, s’il veut suivre la justice, trouvera la miséricorde et la vie. La prédication de l’évangile par les apôtres et leurs disciples fut un appel qui retentit dans toute la Gentilité ; et l’on vit bientôt les fils des races idolâtres se presser autour de la piscine du salut, abjurer les mauvaises œuvres de leurs pères, et devenir l’objet des complaisances du Seigneur. La même merveille apparut dans la conversion des barbares de l’Occident ; elle se continue de nos jours chez les peuples infidèles ; et de nombreux catéchumènes, cette année encore, recevront la régénération à la fête de Pâques.
Dans l’ordre temporel. Dieu punit souvent dans les fils l’iniquité des pères ; cette disposition de sa providence est utile à l’instruction des hommes, qui reçoivent par là de salutaires leçons ; mais, dans l’ordre moral, chacun est traité selon ses mérites ; et de même que Dieu n’impute pas au fils vertueux les iniquités du père, de même la vertu du père ne rachètera pas l’iniquité du fils. Saint Louis fut l’aïeul de Philippe le Bel, et Louis XVI était le petit-fils de Louis XV : ces contrastes se rencontrent dans beaucoup de familles. « Dieu a laissé l’homme dans la main de son conseil ; l’homme a devant lui la vie et la mort, le bien et le mal ; on lui donnera ce qu’il préfère [10]. » Mais telle est la miséricorde du Seigneur notre Dieu, que lorsque l’homme a fait un mauvais choix, s’il repousse le mal qu’il avait d’abord préféré, et s’il se tourne vers le bien, lui aussi vivra de la vie, et la pénitence lui rendra ce qu’il avait perdu.
Évangile
La suite du saint Évangile selon saint Matthieu. Chap. 15.
En ce temps-là, Jésus se retira du côté de Tyr et de Sidon ; et voilà qu’une femme Chananéenne, sortant de ces contrées, lui dit avec grands cris : Ayez pitié de moi, Seigneur, fils de David ; ma fille est cruellement tourmentée par le démon. Mais il ne lui répondit pas un mot. Et ses disciples s’approchant de lui le priaient, disant : Renvoyez-la, car elle crie après nous. Mais il leur répondit : Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. Elle s’approcha cependant et l’adora, disant : Seigneur, aidez-moi. Il lui répondit : Il n’est pas bon de prendre le pain des enfants et de le donner aux chiens. Mais elle lui dit : Il est vrai, Seigneur ; mais les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Alors Jésus lui répondit : Ô femme, ta foi est grande : qu’il te soit fait comme tu désires. Et sa fille fut guérie à l’heure même.
Jésus admire la foi de cette femme ; il la loue, il la recommande à notre imitation. Cette femme cependant était d’une race païenne ; peut-être jusqu’alors avait-elle adoré les idoles ; mais elle vient au Sauveur ; l’amour maternel l’amène aux pieds de Jésus. Elle y obtient la guérison de sa fille, et sans doute aussi celle de son âme. C’est une application de la vérité consolante que nous trouvions tout à l’heure dans le prophète : les élus sortent de toute race, même de la race maudite de Chanaan. Le Seigneur traite cette femme avec une dureté apparente, bien qu’il ait résolu de l’exaucer ; il veut que sa foi s’élève, qu’elle soit digne d’être récompensée. Prions donc avec instance dans ces jours de miséricorde. La fille de la Chananéenne était tourmentée par le démon dans son corps ; que d’âmes, dans toute l’Église, sont la proie de cet esprit infernal par le péché mortel qui habite en elles ! Sentent-elles leur mal ? Songent-elles à crier vers le libérateur ? et si d’abord il fait attendre la grâce du pardon, savent-elles s’humilier comme la femme de l’évangile, qui accepte avec tant de simplicité le mépris que le Sauveur semble avoir pour elle ? Brebis perdues de la maison d’Israël, profitez du temps où vous possédez encore le Pasteur. Avant quarante jours, il sera mis à mort, « et le peuple qui l’aura renié ne sera plus son peuple [11]. » Avant quarante jours aussi, nous célébrerons l’anniversaire de ce grand sacrifice ; et tout pécheur qui n’aura pas converti ses voies, qui ne sera pas venu à Jésus avec l’humilité de la Chananéenne, aura mérité d’être rejeté sans retour. Hâtons-nous donc de nous rendre dignes de la réconciliation. La table des enfants de Dieu est déjà dressée ; et telle est la générosité du père de famille, que si nous voulons revenir à lui du fond de notre cœur, ce ne sont point seulement les miettes tombées de cette table qu’il nous permettra de recueillir : c’est Jésus, le Pain de vie, qu’il nous donnera, en signe d’éternelle réconciliation.
Oraison
Humiliez vos têtes devant Dieu.
Daignez accorder, Seigneur, aux peuples chrétiens, de reconnaître la dignité de leur profession, et d’aimer le don céleste qu’ils reçoivent si souvent. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Autre liturgie
Lisons aujourd’hui cette belle préface du missel mozarabe, où le Sauveur nous est montré comme le Pain de vie qui doit soutenir les fidèles dans le jeûne (missel gothique, vendredi après le 2e dimanche de carême).
Illation
Il est digne et juste, équitable et salutaire, que nous vous rendions grâces, à vous, Père tout puissant, et à Jésus-Christ votre Fils notre Seigneur, en qui, dans le cours de ce jeûne, la foi trouve sa nourriture, l’espérance son avancement, la charité sa force. Il est en effet le Pain vivant et véritable, l’assurance de l’éternité, l’aliment des vertus. Il est votre Verbe, par qui tout a été fait ; il est le pain, non seulement de nos âmes, mais des anges eux-mêmes. C’est soutenu par ce Pain que Moïse votre serviteur, lorsqu’il reçut la loi, jeûna quarante jours et quarante nuits, et qu’il s’abstint de la nourriture matérielle, pour pouvoir goûter votre douceur. Vivant de votre Verbe, et fortifié par lui, son esprit en goûtait la suavité, et son visage en empruntait la lumière. Il n’éprouva pas la faim, il oublia la nourriture terrestre ; car l’aspect de votre gloire le glorifiait lui-même, et par l’influence de l’Esprit-Saint, votre parole le repaissait intérieurement. Ce Pain, vous ne cessez de nous le servir ; mais vous nous exhortez à entretenir pour lui en nous une faim continuelle. Cette chair, quand nous la mangeons, est notre force ; ce sang, quand nous le buvons, lave nos souillures.
Vendredi des Quatre-temps de carême
La station est dans la Basilique des Douze-Apôtres, l’une des plus augustes de Rome, enrichie des corps des deux apôtres saint Philippe et saint Jacques le Mineur.
Collecte
Soyez, Seigneur, propice à votre peuple ; vous lui inspirez la piété envers vous ; que votre miséricorde le soutienne maintenant de son bienfaisant secours. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Leçon
Lecture du prophète Ézéchiel. Chap. 18.
Voici ce que dit le Seigneur Dieu : L’âme qui aura péché mourra elle-même ; mais le fils ne portera point l’iniquité du père, et le père ne portera point l’iniquité du fils. La justice du juste sera sur lui, et l’impiété de l’impie sera sur lui. Mais si l’impie fait pénitence de tous les péchés qu’il avait commis, s’il garde tous mes préceptes, et s’il agit selon l’équité et la justice, il vivra certainement, et il ne mourra pas. Je ne me souviendrai plus de toutes les iniquités qu’il avait commises, il vivra par les œuvres de justice qu’il aura faites. Est-ce que je veux la mort de l’impie, dit le Seigneur Dieu ; et ne veux-je pas plutôt qu’il se retire de sa mauvaise voie et qu’il vive ? Mais si le juste se détourne de sa justice, et s’il fait l’iniquité et toutes les abominations que l’impie commet d’ordinaire, vivra-t-il ? Toutes les œuvres de justice qu’il avait faites, on ne s’en souviendra plus. Il mourra dans la prévarication où il est tombé, et dans le péché qu’il a commis. Et cependant vous avez dit : La voie du Seigneur n’est pas juste. Écoutez donc, ô maison d’Israël : Est-ce ma voie qui n’est pas juste ; et ne sont-ce pas plutôt vos voies qui sont perverses ? Car lorsque le juste se sera détourné de sa justice, qu’il aura commis l’iniquité, et qu’il sera mort en cet état, il mourra dans l’œuvre injuste qu’il aura commise ; et lorsque l’impie se sera détourné de son impiété qu’il avait commise, et qu’il aura agi selon l’équité et la justice, il rendra ainsi la vie à son âme. Comme il a considéré son état, et qu’il s’est détourné de toutes ses iniquités qu’il avait commises, il vivra de vie et ne mourra pas, dit le Seigneur tout-puissant.
Portons nos regards sur les pénitents publics que l’Église se prépare à rétablir bientôt dans la participation des mystères. Mais auparavant ils ont besoin d’être réconciliés avec Dieu qu’ils ont offensé. Leur âme est morte par le péché ; pourra-t-elle donc revivre ? Oui, le Seigneur nous l’atteste ; et la lecture du prophète Ézéchiel, que l’Église commençait hier pour les catéchumènes, elle la continue aujourd’hui en faveur des pénitents publics. « Que l’impie, dit le Seigneur, fasse pénitence de tous les péchés qu’il a commis ; qu’il garde désormais mes préceptes : il vivra certainement, et il ne mourra pas. » Cependant ses iniquités sont là, qui s’élèvent contre lui ; leur voix est montée jusqu’au ciel et provoque une vengeance éternelle. Assurément, il en est ainsi ; mais voici que le Seigneur qui sait tout, qui n’oublie rien, nous déclare qu’il ne se souviendra plus de l’iniquité rachetée par la pénitence. Telle est la tendresse de son cœur paternel, qu’il veut bien oublier l’outrage qu’il a reçu d’un fils, si ce fils revient sincèrement à son devoir. Ainsi nos pénitents seront réconciliés, et au jour de la Résurrection du Sauveur, ils se mêleront aux justes, parce que Dieu ne gardera plus souvenir de leurs iniquités ; ils seront devenus justes eux-mêmes. En remontant par la pensée le cours des âges, nous nous retrouvons ainsi en face de ce grand spectacle de la pénitence publique, dont la liturgie, qui ne change pas, a seule conservé les traces aujourd’hui. De nos jours, les pécheurs ne sont plus mis à part ; la porte de l’église ne leur est plus fermée ; ils se tiennent souvent tout près des saints autels, mêlés aux justes ; et quand le pardon descend sur eux, l’assemblée des fidèles n’en est point avertie par des rites spéciaux et solennels. Admirons la miséricorde divine, et profitons de l’indulgence de notre mère la sainte Église. À toute heure et sans éclat, la brebis égarée peut rentrer au bercail : qu’elle use donc de la condescendance dont elle est l’objet, et qu’elle ne quitte plus désormais le pasteur qui a daigné l’accueillir encore. Quant au juste, qu’il ne s’élève pas par une vaine complaisance, en se comparant à la pauvre brebis égarée ; qu’il médite ces paroles : « Si le juste se détourne de la justice, s’il commet l’iniquité, toutes les œuvres de justice qu’il avait faites, on ne s’en souviendra plus ». Craignons donc pour nous-mêmes, et ayons pitié des pécheurs. La prière des fidèles pour les pécheurs, durant le carême, est un des grands moyens sur lesquels compte l’Église pour obtenir leur réconciliation.
Évangile
La suite du saint Évangile selon saint Jean. Chap. 5.
En ce temps-là, le jour de la fête des Juifs étant venu, Jésus monta à Jérusalem. Or il y a à Jérusalem la piscine Probatique, appelée en hébreu Bethsaïda. Elle a cinq portiques, sous lesquels gisait une grande multitude de malades, d’aveugles, de boiteux, de gens dont les membres étaient desséchés, attendant le mouvement des eaux. Car l’ange du Seigneur descendait, en un certain temps, dans la piscine, et l’eau s’agitait. Et celui qui le premier descendait dans la piscine, après le mouvement de l’eau, était guéri de son infirmité, quelle qu’elle fut. Or il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus l’ayant vu étendu par terre, et sachant qu’il était malade depuis fort longtemps, lui dit : Veux-tu être guéri ? Le malade lui répondit : Seigneur, je n’ai point d’homme pour me jeter dans la piscine, lorsque l’eau est agitée, et pendant le temps que je mets à m’y rendre, un autre descend avant moi. Jésus lui dit : Lève-toi, prends ton grabat et marche. Et cet homme fut guéri à l’instant, et prenant son grabat il marchait. Et ce jour-là était un jour de Sabbat. Les Juifs donc disaient à celui qui avait été guéri : C’est aujourd’hui le Sabbat : il ne t’est pas permis d’emporter ton grabat. Il leur répondit : Celui qui m’a guéri m’a dit : Prends ton grabat, et marche. Ils lui demandèrent : Quel est cet homme qui t’a dit : Prends ton grabat, et marche ? Mais celui qui avait été guéri ne savait pas lui-même qui il était ; car Jésus s’était retiré de la foule qui était en ce lieu. Jésus ensuite le trouva dans le temple et lui dit : Te voilà guéri, ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire. Cet homme s’en alla et annonça aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri.
Revenons encore sur nos pénitents de l’antiquité ; le passage sera facile à ceux d’aujourd’hui et à nous-mêmes. Nous venons de voir par le prophète la disposition du Seigneur à pardonner au pécheur repentant. Mais comment ce pardon sera-t-il appliqué ? par qui la sentence d’absolution sera-t-elle prononcée ? notre évangile nous l’apprend. Ce malheureux paralytique de trente-huit ans figure le pécheur invétéré ; cependant il est guéri, et le voici qui marche. Que s’est-il donc passé ? Écoutons-le d’abord : « Seigneur, dit-il, je n’ai point d’homme pour me jeter dans la piscine ». L’eau de cette piscine l’eût sauvé ; mais il lui fallait un homme pour l’y plonger. Le Fils de Dieu sera cet homme ; c’est parce qu’il s’est fait homme que nous sommes guéris. Comme homme, il a reçu le pouvoir de remettre les péchés, et avant de monter aux cieux, il dit à d’autres hommes : « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ». Nos pénitents seront donc réconciliés avec Dieu, en vertu de ce pouvoir surnaturel ; et le paralytique levant avec facilité son grabat, et l’emportant sur ses épaules, comme un trophée de sa guérison, est la figure du pécheur auquel l’Église de Jésus-Christ, en vertu du divin pouvoir des clefs, a remis ses iniquités.
Au 3e siècle du christianisme, un hérétique, Novatien, osa enseigner que l’Église n’avait pas le pouvoir de remettre les péchés commis depuis le baptême. Cette erreur désespérante fut proscrite par les conciles et les saints docteurs ; et, pour exprimer aux yeux des fidèles l’auguste puissance que le Fils de l’homme a reçue pour purifier toute âme pénitente, on peignit, dans les lieux où les chrétiens s’assemblaient, le paralytique de notre évangile marchant libre et dégagé, son grabat sur les épaules. Cette consolante image se rencontre fréquemment sur les fresques des catacombes de Rome, contemporaines de l’âge des martyrs. Nous apprenons sur ces monuments l’intention de cette lecture de l’évangile que l’Église, depuis tant de siècles, a fixée à ce jour.
L’eau de la piscine Probatique était aussi un symbole ; mais il était destiné à l’instruction des Catéchumènes. C’est par l’eau qu’ils devaient être guéris, et par une eau divinement fécondée d’en haut. Ce miracle, dont Dieu favorisait encore la Synagogue, ne servait chez les Juifs qu’à la guérison du corps, et seulement pour un seul homme, à rares intervalles ; mais depuis que l’Ange du grand Conseil est descendu des cieux et qu’il a sanctifié l’eau du Jourdain, la piscine est partout ; à chaque heure son eau rend la santé aux âmes, depuis l’enfant naissant jusqu’au vieillard. L’homme est le ministre de cette grâce ; mais c’est le Fils de Dieu devenu Fils de l’homme qui opère. Disons aussi un mot des malades que l’évangile nous représente comme rassemblés dans l’attente de la guérison. C’est l’image de la société chrétienne, en ces jours. Il y a des languissants, hommes tièdes qui ne rompent jamais franchement avec le mal ; des aveugles, chez lesquels l’œil de l’âme est éteint ; des boiteux, dont la marche dans la voie du salut est chancelante ; des malheureux dont les membres sont desséchés, impuissants à toute espèce de bien ; ils espèrent dans le moment favorable. Jésus va venir à eux ; il va leur demander, comme au paralytique : Voulez-vous être guéris ? Question remplie d’une charité divine ! Qu’ils y répondent avec amour et confiance, et ils seront guéris.
Oraison
Humiliez vos têtes devant Dieu.
Exaucez-nous, ô Dieu de miséricorde ! et faites voir à nos âmes la lumière de votre grâce. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Autre liturgie
Rendons hommage au céleste médecin de nos âmes, en lui exprimant nos vœux par ces strophes de l’Église grecque, dans son Triodion (vendredi de la 1ère semaine des jêunes).
Toi qui par tes souffrances as délivré l’homme des mauvaises passions, fais, Seigneur, que ta divine croix éloigne les penchants de ma chair, et que je contemple ta sainte résurrection.
Source de pureté, Seigneur miséricordieux, conserve-nous par le mérite de ce jeûne ; vois-nous prosternés à tes pieds, vois nos mains élevées vers toi qui as étendu les tiennes sur le bois pour tous les mortels, unique Seigneur des anges.
Les illusions de l’ennemi m’ont jeté dans les ténèbres ; éclaire-moi, ô mon Christ ! toi qui, suspendu à la croix, as obscurci la lumière du soleil et fait luire sur tes fidèles la lumière du pardon. Que je marche à la lueur de tes préceptes, et que j’arrive purifié aux splendeurs salutaires de ta résurrection.
Ô Sauveur ! ô Christ ! semblable à une vigne attachée au bois, tu as arrosé toute la terre du vin de l’immortalité. Je m’écrie : Déjà tu m’as versé, à moi aveuglé par mes péchés, le suc de la douce componction ; maintenant donne-moi la force de jeûner des plaisirs coupables, toi qui es bon et miséricordieux.
Ô puissance de ta croix ! c’est elle qui a fait fleurir dans l’Église le germe de l’abstinence, en arrachant l’ancienne intempérance qui, dans Éden, fit tomber Adam ; celle-ci a été une source de mort pour les hommes ; celle-là est pour le monde un fleuve d’immortalité toujours pur, qui coule comme d’un autre paradis dans ton sang vivifiant uni avec l’eau ; c’est de là que tout a repris la vie ; par ce fleuve, fais-nous goûter des délices dans le jeûne, ô Dieu d’Israël ! toi dont la miséricorde est si grande.
Samedi des Quatre-temps de carême
La station est dans la Basilique de Saint-Pierre au Vatican, où le peuple se réunissait sur le soir pour assister à l’ordination des prêtres et des ministres sacrés. Ce jour était appelé le Samedi aux douze Leçons, parce qu’on lisait d’abord douze passages des saintes Écritures, comme au Samedi saint. La messe à laquelle se conférait l’ordination avait lieu dans la nuit, déjà sur le dimanche. Dans la suite, on a anticipé au samedi cette messe de l’Ordination ; mais, en mémoire de l’antique usage, on n’a pas assigné d’autre évangile pour le dimanche que celui qui se lit maintenant au samedi : ce qui amène la répétition de cet évangile deux jours de suite. Nous avons observé la même particularité au Samedi des Quatre-temps de l’Avent, parce que la messe de l’Ordination y a été pareillement avancée d’un jour.
Collecte
Regardez, Seigneur, votre peuple d’un œil favorable, et, dans votre clémence, détournez de lui les fléaux de votre colère. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Leçon
Lecture du livre du Deutéronome. Chap. 26.
En ces jours-là, Moïse parla au peuple et lui dit : Quand tu auras donné la dîme de tous tes fruits, tu diras ceci devant le Seigneur ton Dieu : J’ai ôté de ma maison ce qui vous était consacré, et je l’ai donné au lévite, à l’étranger, à l’orphelin et à la veuve, comme vous me l’avez ordonné. Je n’ai point négligé vos préceptes, ni oublié votre commandement. J’ai obéi à la voix du Seigneur mon Dieu, et j’ai tout fait comme vous me l’aviez prescrit. Regardez donc, Seigneur, de votre sanctuaire, et du haut des cieux où vous habitez, et bénissez votre peuple d’Israël, et la terre que vous nous avez donnée, selon que vous l’aviez juré à nos pères, cette terre où coulent en ruisseaux le lait et le miel. Le Seigneur ton Dieu t’a commandé aujourd’hui d’observer ces ordonnances et ces préceptes, de les garder et accomplir de tout ton cœur et de toute ton âme. Tu as aujourd’hui choisi le Seigneur, afin qu’il soit ton Dieu, afin que tu marches dans ses voies, que tu gardes ses cérémonies, ses préceptes et ses ordonnances, et que tu obéisses à son commandement ; et le Seigneur t’a choisi aujourd’hui, afin que tu sois son peuple particulier, selon qu’il te l’a déclaré, et que tu gardes tous ses préceptes, et qu’il fasse de toi la plus illustre des nations qu’il a créées, pour sa louange, pour son nom et pour sa gloire, afin que tu sois le peuple saint du Seigneur ton Dieu, selon qu’il te l’a dit.
Le Seigneur nous apprend, dans ce passage de Moïse, qu’une nation fidèle à garder toutes les prescriptions du service divin sera bénie entre toutes les autres. L’histoire est là pour attester la vérité de cet oracle. De toutes les nations qui ont péri, il n’en est pas une seule qui ne l’ait mérité par son oubli de la loi de Dieu ; et il en doit être ainsi. Quelquefois le Seigneur attend avant de frapper ; mais c’est afin que le châtiment soit plus solennel et plus exemplaire. Veut-on se rendre compte de la solidité des destinées d’un peuple ? Que l’on étudie son degré de fidélité aux lois de l’Église. Si son droit public a pour base les principes et les institutions du christianisme, cette nation peut avoir quelques germes de maladie ; mais son tempérament est robuste ; les révolutions l’agiteront sans la dissoudre. Si la masse des citoyens est fidèle à l’observation des préceptes extérieurs ; si elle garde, par exemple, le jour du Seigneur, les prescriptions du carême, il y a là un fonds de moralité qui préservera ce peuple des dangers d’une dissolution. De tristes économistes n’y verront qu’une superstition puérile et traditionnelle, qui n’est bonne qu’à retarder le progrès ; mais que cette nation, jusqu’alors simple et fidèle, ait le malheur d’écouter ces superbes et niaises théories, un siècle ne se passera pas sans qu’elle ait à s’apercevoir qu’en s’émancipant de la loi rituelle du christianisme, elle a vu baisser chez elle le niveau de la morale publique et privée, et que ses destinées commencent à chanceler. L’homme peut dire et écrire tout ce qu’il voudra ; Dieu veut être servi et honoré par son peuple, et il entend être le maître des formes de ce service et de cette adoration. Tous les coups portés au culte extérieur, qui est le véritable lien social, retomberont de tout leur poids sur l’édifice des intérêts humains. Quand bien même la parole du Seigneur n’y serait pas engagée, il est de toute justice qu’il en soit ainsi.
Évangile
La suite du saint Évangile selon saint Matthieu. Chap. 17.
En ce temps-là, Jésus prit Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les conduisit à part sur une haute montagne, et il fut transfiguré devant eux. Et sa face resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la neige. Et voici que Moïse et Élie leur apparurent conversant avec lui. Pierre, s’adressant à Jésus, lui dit : Seigneur, il nous est bon d’être ici : si vous le voulez, faisons-y trois tentes, une pour vous, une pour Moïse et une pour Élie. Comme il parlait encore, une nuée lumineuse vint les couvrir. Et voilà que de la nuée sortit une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je me suis complu ; écoutez-le. Et les disciples, entendant cette voix, tombèrent sur leur face et furent saisis d’une grande frayeur. Et Jésus, s’approchant d’eux, les toucha et leur dit : Levez-vous et ne craignez point. Alors élevant les yeux, ils ne virent plus que Jésus seul. Et comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur fit ce commandement : Ne parlez à personne de cette vision, jusqu’à ce que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.
Cette lecture du saint évangile, qui nous sera proposée demain encore, est destinée à accompagner aujourd’hui l’Ordination ; les anciens liturgistes, à la suite du savant Abbé Rupert, nous en donnent l’intelligence. L’Église veut porter notre pensée sur la sublime dignité dont viennent d’être honorés les prêtres qui ont reçu aujourd’hui l’onction sacrée. Ils sont figurés dans ces trois apôtres que Jésus conduit avec lui sur la montagne, et qui seuls contemplent sa gloire. Les autres disciples du Sauveur sont demeurés dans la plaine ; Pierre, Jacques et Jean sont seuls montés sur le Thabor. C’est d’eux que les autres disciples, que le monde entier apprendront, quand il en sera temps, de quelle gloire Jésus a paru environné, et avec quel éclat la voix du Père céleste a tonné sur le sommet de la montagne pour déclarer la grandeur et la divinité du Fils de l’homme. « Cette voix du ciel, nous l’avons entendue, dit saint Pierre, quand nous étions avec lui sur la sainte montagne. Elle disait : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances ; écoutez-le [12]. » De même, ces nouveaux prêtres qui viennent d’être consacrés sous vos yeux, pour lesquels vous avez offert vos jeûnes et vos prières, ils entreront dans la nue où réside le Seigneur. Ils sacrifieront la victime de votre salut dans le silence du canon sacré. Dieu descendra pour vous entre leurs mains ; et, sans cesser d’être mortels et pécheurs comme vous, ils seront chaque jour en communication avec la divinité. Le pardon que vous attendez de Dieu, en ce temps de réconciliation, passera par leurs mains ; leur pouvoir surhumain ira le chercher pour vous jusque dans le ciel. C’est ainsi que Dieu a apporté le remède à notre orgueil. Le serpent nous dit aux premiers jours : « Mangez ce fruit, et vous serez comme des dieux. » Nous avons eu le malheur d’adhérer à cette perfide suggestion ; et la mort a été le seul fruit de notre prévarication. Dieu cependant voulait nous sauver ; mais pour abattre nos prétentions, c’est par des hommes qu’il nous applique ce salut. Son Fils éternel s’est fait homme, et il a laissé d’autres hommes après lui, auxquels il a dit : « Comme mon Père m’a envoyé, ainsi je vous envoie [13] ». Honorons donc Dieu en ces hommes qui viennent d’être aujourd’hui l’objet d’une si sublime distinction, et comprenons que le respect du sacerdoce fait partie de la religion de Jésus-Christ.
Oraison
Humiliez vos têtes devant Dieu.
Ô Dieu, fortifiez vos fidèles par la bénédiction qu’ils implorent, afin qu’ils ne s’écartent jamais de votre volonté, et qu’ils se réjouissent toujours de vos bienfaits. Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen.
Autre liturgie
En ce jour du samedi, recourons à Marie, l’Avocate des pécheurs ; et, plaçant sous sa protection maternelle les faibles œuvres de notre pénitence, offrons-lui cette prose naïve des anciens missels de Cluny :
Séquence
Tendre Mère du Sauveur, Marie, espoir de ce monde : salut, ô pleine de grâce !
Porte du ciel, temple de Dieu, port assuré où les pécheurs se retirent avec confiance.
Digne épouse du souverain Roi, clémente à tous et pleine de tendresse, tu nous aides par tes efforts.
Lumière pour l’aveugle, sentier sûr pour nos pas chancelants, Marthe et Marie pour nos besoins, ton affection est pour nous.
Entre les épines tu fus la fleur, fleur qui s’ouvrit pour la Fleur céleste, par ton grand amour.
Par ta parole tu conçus le Verbe, tu enfantas le Roi des rois, ô Vierge franche du joug de l’homme.
Fidèle au Roi né de ton sein, tu l’allaitas, tu le nourris, comme font les mères.
Dès longtemps à lui réunie, tu es devenue reine, pour prix de tes vertus.
Ô Reine ! daigne auprès du Roi intercéder pour les coupables ; qu’il leur accorde le pardon ;
Qu’il daigne dans sa bonté les rendre à la vie, les purifier de leurs souillures, les faire régner avec toi. Amen.
[1] – s. Luc 15, 7.
[2] – s. Luc 13, 3.
[3] – Psalm. 50, 12.
[4] – Rom. 5, 20.
[5] – Jonas, 3, 4.
[6] – Hébr. 6, 7,8.
[7] – In Matthaeum. Cap. 21.
[8] – 1 s . Jean 1, 1.
[9] – Évangile du 6e Dimanche après l’Épiphanie.
[10] – Eccli. 15, 14, 18.
[11] – Dan. 9, 26.
[12] – 2 Petr. 1, 17, 18.
[13] – s. Jean 20, 21.
Entretien avec un musulman converti sur la conversion des musulmans

10 février 2018
Mohammed Christophe Bilek, ancien musulman converti au au catholicisme en 1970, fondateur de l’association Notre-Dame de Kabylie consacrée à l’évangélisation des musulmans et à leur accueil dans l’Eglise catholique, fondateur du Forum Yeshua el Messiah (Jésus le Messie), livre ici un regard passionnant sur la remise en cause de l’islam dans les pays musulmans et sur les conversions de musulmans en France malgré le relativisme qui sévit dans l’Église et l’islamophilie des « élites » politico-médiatiques. Continuer la lecture de « Entretien avec un musulman converti sur la conversion des musulmans »
Volkoff dévoile pourquoi la Fraternité St Pie X trahit
Mes chers Amis,
Comment Mgr Fellay, fils de Mgr Lefebvre, peut-il en arriver à trahir ? Comment l’abbé de Cacqueray, si pieux et si droit, a-t-il pu étouffer la résistance à la trahison ?
Volkoff expose très bien la mentalité des alliés plus ou moins conscients de la Révolution. Voici une conférence que j’ai donnée à Paris sur ce sujet qui me paraît des plus importants. L’enregistrement est hélas médiocre, n’hésitez pas à me dire si je dois le refaire.
Les trois livres clés de Volkoff sont en vente à notre librairie.
Le diocèse de Nantes prête une église à la Fraternité Saint-Pie X

L’information est donnée par le site officiel de la Fraternité Saint Pie X : le diocèse de Nantes prête à la Fraternité Saint-Pie X la chapelle de l’Immaculée Conception tous les dimanches pour deux ans, le temps que les travaux de la nouvelle église construite par la Fraternité St Pie X soient achevés. Chaque dimanche, deux offices seront célébrés à 8 h 30 et 10 heures. Elle est située à 300 mètres de la cathédrale.




