GETHSÉMANI ET LA PASSION DE L’ÉGLISE par Mgr Williamson

Le juste vit de la Foi. Il voit grâce à elle
Tout ce que fait Dieu pour mener les âmes au ciel.

Beaucoup de Catholiques font une comparaison entre la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui L’a conduit à Sa crucifixion et à sa mort, et l’actuelle détresse pré-apocalyptique de l’Église Son Corps Mystique, qui mène à l’Apocalypse et à la fin du monde. « Les meules de Dieu broient lentement mais broient très finement » : le proverbe n’a sans doute jamais été aussi vrai, et signifie que la justice de Dieu est lente (mais en même temps infiniment précise dans son application). Conclusion : la fin du monde n’est pas pour demain ni même pour après-demain. Le monde doit durer encore plusieurs dizaines d’années. Néanmoins les menaces d’aujourd’hui, par exemple la famine et la guerre mondiales, projettent déjà la lumière de leur urgence sur le récit évangélique des souffrances de Notre Seigneur, lesquelles doivent tout spécialement être contemplées durant le temps de la Passion. Voici quelques citations de Saint Marc 14, 26–38

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Conduite pour passer saintement le temps de l’Avent
L’Immaculée conception de la Sainte Vierge

Conduite pour passer saintement le temps de l’Avent
L’Immaculée conception de la Sainte Vierge

Jour de pureté

Pratique

Hâtez-vous aujourd’hui pour être des premiers à rendre vos hommages à Marie nouvellement conçue, après cependant les avoir rendus à son adorable fils. Dites à votre réveil ce que l’Ange disait à Jacob : Quittez-moi, car voilà l’aurore qui paraît. Jésus-Christ est le soleil, mais Marie est l’aurore ; saluez-la à toutes les heures du jour, et autant de fois demandez-lui, par son immaculée conception, qu’elle vous obtienne de son adorable fils la pureté d’esprit, de cœur et de corps.

Méditation
Sur la pureté de Marie dans sa conception

Premier point

De qui est né Jésus, qui s’appelle le Christ. (S. Matth., 1)

Ne vous paraît-il pas surprenant que l’Église, si sage dans le choix des évangiles pour les grandes fêtes, ait choisi celui où est marquée la maternité divine pour un enfant qui ne naîtra que dans neuf mois ? Pensez-y, vous y trouverez une profonde sagesse. Elle nous donne en effet, dès le jour de sa Conception, une grande idée de sa pureté, en parlant de sa glorieuse destination : elle est conçue aujourd’hui, et l’Église dit que c’est d’elle qu’est né Jésus qui s’appelle le Christ.

En effet, quelle pureté plus qu’angélique ne faut-il point supposer dans la formation d’une chair d’où sera prise un jour celle de Jésus, qui signifie Sauveur ! La chair de Marie doit être celle de Jésus, dit saint Bernard, et le sang qui en sera pris sera celui de Jésus, cette chair sera un jour déchirée, et ce sang sera répandu sur la croix, et sera l’instrument et le prix de la rédemption de tous les hommes : quel degré de pureté ne doivent point avoir dès aujourd’hui cette chair et ce sang !

Ce Jésus s’appelle le Christ, c’est-à-dire la plus pure et la plus glorieuse de toutes les onctions, puisque c’est l’onction de la Divinité : cette chair, formée aujourd’hui, sera, après l’opération ineffable du Saint Esprit, la chair d’un Dieu, la Divinité y habitera corporellement ; quelle pureté ne doit-elle point avoir !

Marie est cette colombe toute pure, figurée par celle que Noé fit sortir de l’arche, qui, ne trouvant d’abord qu’impureté dans les eaux souillées de restes de cadavres, revint dans l’arche d’un vol précipité, mais laquelle envoyée une autre fois, revint avec une branche d’olivier que le déluge avait respectée ; elle apporte avec elle cette pureté originelle que nos premiers parents avaient perdue. Respectons-la, cette pureté dans Marie, nous ne pouvons mieux l’honorer qu’en conservant notre pureté, ou en la réparant, si nous avons eu le malheur de la perdre.

Second point

De qui est né Jésus, qui s’appelle le Christ. (S. Matth., 1)

Il semble que cet oracle de l’Évangile me donne le droit et m’invite même à entrer avec respect dans le décret éternel de la prédestination de la divine Marie, puisqu’il nous le développe assez clairement, en nous disant par avance que c’est d’elle que Jésus est né. Marie n’est donc prédestinée que pour Jésus, puisqu’elle doit en être la mère, sans qu’aucun homme en soit le père, c’est-à-dire qu’elle doit concourir de son sang et de sa chair en unité de principe à la formation de l’Homme-Dieu, et Jésus-Christ n’est prédestiné que pour racheter tous les hommes au prix de son sang, qui est celui qu’il a tiré de Marie. Le décret de la prédestination de la mère est renfermé dans celui de son fils, qui est Jésus et le Christ ; leurs adorables destinées sont unies inséparablement ensemble. Jésus-Christ devait être la pureté même ; celle qui en devait être la mère devait être la plus pure de toutes les créatures qui soient jamais sorties de la main de Dieu, soit parmi les hommes, soit parmi les Anges ; parce qu’elle devait être la mère de son Créateur, de son Dieu et de son Sauveur, et faire en soi-même une alliance miraculeuse de la virginité avec la maternité.

La nature n’ose dans la formation de Marie précéder la grâce ; elle attend avec respect, dit saint Anselme, qu’elle ait produit son fruit, afin qu’elle soit regardée comme un fruit de la grâce, et qu’on puisse justifier en elle le glorieux titre de pleine de grâce. Il vous paraît qu’il serait honteux à la Mère de Dieu d’avoir été un seul moment souillée du péché, et que la honte en aurait pu rejaillir sur son adorable fils, parce qu’il est la pureté même. Concevez de là une grande horreur de la moindre souillure, nettoyez les plus petites taches de votre cœur, et mettez tout en usage pour acquérir la vraie pureté, si vous voulez être agréable au fils et à la mère.

Sentiments

Divine Marie, vierge et mère tout ensemble, et miroir sans tache de la pureté de Dieu, Vierge plus pure que toutes les intelligences célestes, Mère féconde, mais sans tache et sans souillure, puisque vous êtes toujours demeurée vierge, obtenez-moi de votre adorable fils, qui est l’époux des vierges, un véritable amour pour la pureté d’esprit, de cœur et de corps, et une véritable horreur pour la moindre souillure qui en pourrait ternir l’éclat. Demandez pour moi à Jésus que la corruption n’entre jamais dans mon imagination, en la délivrant de tous les fantômes qui pourraient la salir ; ni dans ma mémoire, en effaçant le souvenir dangereux de tout ce qui pourrait blesser cette vertu plus angélique qu’humaine ; ni dans mon esprit, en éloignant toutes les pensées contraires ; ni dans mon cœur, qui devrait être un sanctuaire consacré à la pureté de Dieu, pour être digne de l’y attirer et d’y prendre ses délices ; ni dans mes yeux, en réglant tous mes regards par la modestie ; ni sur ma langue, en lui donnant de l’horreur pour les paroles équivoques ; ni dans mes oreilles, en les fermant à tous les discours qui pourraient blesser cette pureté ; ni dans ma chair, en l’assujettissant toujours à l’esprit, pour me rendre digne de la protection que vous accordez toujours aux âmes pures, et pour me préparer dignement à la naissance de votre adorable fils, qui ne se plaît et qui ne prend ses délices que parmi les lys des âmes pures qui sont ses épouses.

Sentences de l’Écriture sainte et des saints Pères

Le Seigneur a sanctifié son tabernacle. Dieu est au milieu d’elle, elle ne sera jamais ébranlée. (Ps. 45)

La sagesse n’entrera pas dans une âme souillée, et elle ne demeurera point dans un corps sujet aux péchés. (Sag., 1)

La pureté dans une âme raisonnable est infiniment agréable à Dieu ; c’est dans elle qu’il se repose et qu’il prend ses délices comme dans son image. ( S. Antoine)

Il faut une demeure très pure à Dieu, qui est infiniment pur.

Point de l’Incarnation
Une vierge mère

Une vierge devenir mère, c’est un miracle unique et inouï ; une mère concevoir et enfanter sans perdre sa virginité, c’est le prodige le plus éclatant qui soit jamais sorti des mains de Dieu, et il est bien difficile que celui dont elle est mère soit un autre que Dieu même.

La virginité de Marie surpasse infiniment celle de toutes les vierges de la terre ; c’est une virginité féconde, et par conséquent miraculeuse ; c’est par cette précieuse qualité qu’elle attire les yeux et le cœur du Verbe incarné : virginitate placuit. Marie est vierge, mais elle est mère, et Celui dont elle est mère est un Dieu : quelle gloire et quelle grandeur !

La virginité a ses avantages aussi bien que la maternité ; il se trouve cependant quelques privations dans l’une et dans l’autre partout ailleurs que dans la divine Marie ; l’intégrité a toujours fait l’honneur de la virginité, mais elle est stérile, et cette stérilité dans l’Ancien Testament faisait sa disgrâce ; la fécondité fait l’honneur de la maternité, mais elle est souillée, et voilà la confusion. La Vierge sainte a toute l’intégrité de la virginité, sans en avoir la stérilité ; sa maternité a tout l’honneur de la fécondité, sans en avoir la souillure, et voilà sa gloire.

Mais quel honneur lui procurait sa maternité divine ? C’est par cette auguste qualité qu’elle est élevée, dit saint Thomas, à un terme de perfections infini ; elle est la juste mesure de ses grandeurs. C’est par là quelle approche le plus près de Dieu et de l’union hypostatique ; qu’elle est, dit saint Ildefonse, l’image la plus ressemblante de la paternité divine, et qu’elle nous produit une expression plus juste de l’incompréhensible génération du Verbe ; parce que de la même manière à proportion que le Père éternel engendre son Verbe avec communication de substance, sans que ce divin principe en soit altéré, comme ce Fils adorable est engendré vierge de toute éternité d’un Père vierge, de même il est né dans le temps d’une mère vierge, qui lui a tout donné sans rien perdre de son intégrité. Quelle gloire pour cette Vierge mère !

Oraison jaculatoire

Revenez, Vierge d’Israël, revenez, car le Seigneur a créé sur la terre un prodige nouveau, une femme environnera un homme. (Jérémie, 31)

* On a mis la fête de la Conception en ce jour : on pourra la déplacer quand elle arrivera avant ou après, et la changer avec le jour dont elle prendra la place.

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