Ce sermon vous arrive tard et je vous prie de m’en excuser. Profitez du carême pour bien découvrir et pratiquer ces réalités essentielles et pourtant bien négligées que sont la contrition et la réparation.
On comprend que saint Thomas traite un peu longuement de la pénitence. Nous avons par elle une si belle occasion de coopérer avec Dieu au développement de notre vie divine ! Rappelez-vous que Dieu ne permet un mal que pour un plus grand bien, et qu’il ne permet le péché que pour communiquer une vie chrétienne encore plus belle dans la pénitence, comme il le fit pour sainte Marie-Madeleine.
Je me suis laissé entraîné par mon sujet et je vous conseille de couper en deux mon sermon.
« Parce que “nous péchons tous en bien des choses”, chacun doit avoir devant les yeux non seulement la miséricorde et la bonté [de Dieu], mais aussi la sévérité et le jugement, et l’on ne doit pas se juger soi-même, même si on n’est conscient d’aucune faute. Car toute la vie des hommes doit être examinée et jugée non pas par un jugement d’homme, mais par celui de Dieu “qui éclairera les secrets des ténèbres et rendra manifestes les secrets des cœurs ; et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient”, lui qui, comme il est écrit, “rendra à chacun selon ses œuvres”. »
Afin que vous compreniez bien la pénitence qui sera l’objet du prochain sermon, il m’a paru nécessaire de vous exposer la doctrine de la justification qui est sans doute encore plus contredite et méprisée aujourd’hui qu’à l’époque de Luther.