Sermon ~ L’extrême-onction 1

Mes bien chers Frères,

Quant au sermon de ce jour, sur l’extrême-onction, voici ce que dit l’apôtre saint Jacques dans son épitre : “Quelqu’un parmi vous est-il malade? qu’il appelle les prêtres de l’Église et que ceux-ci prient sur lui, en l’oignant d’huile au nom du Seigneur. Et la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le rétablira, et s’il a commis des péchés, ils lui seront pardonnés.” Cela nécessite évidemment des explications que nous trouvons une nouvelle fois chez saint Thomas, avec toute la richesse de la science et de la profondeur spirituelle.

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Résumé du sermon

« L’extrême-onction qui apparemment fait figure d’un petit sacre­ment, manifeste une vraie grandeur, ordonnée qu’elle est au grand combat que dans la détresse de la maladie l’homme doit livrer aux puissances du mal qui l’atteignent dans son corps et dans son âme dans la perspective de la victoire ultime.» Elle nous configure au Christ mourant pour mener avec lui les derniers combats qui doivent conduire à la gloire. (Gardeil, Revue des Jeunes)

Mon père, lorsque j’étais jeune prêtre, m’a fait jurer trois fois de lui donner l’extrême-onction en temps utile et non au dernier moment.

L’extrême-onction est un sacrement

Oui, puisque l’Église nous l’affirme, c’est de foi.

Saint Thomas d’Aquin précise que la phrase de saint Jacques « quelqu’un est-il malade, qu’il fasse venir le prêtre, il priera et il sera guéri » fait référence à un sacrement puisque l’effet ne dépend que du rite et ne fait pas référence à un sacramental dans lequel l’effet dépendrait de la prière seule.

Il est un sacrement sous forme de médication ou de remède.

Les sacrements correspondent aux étapes de la vie. C’est celui de la dernière étape : l’entrée dans la gloire.

Il n’est donc pas le sacrement des malades, mais des malades dans leur dernière maladie.

C’est la peur de la mort qui a fait renommer ce sacrement “sacrement des malades”. Manque de foi dans la gloire du Ciel.

La matière et la forme

Comme tout sacrement est un signe, importance du symbolisme.

Matière : huile d’olive consacrée par l’évêque

Huile d’olive, car c’est d’elle dont parle st Jacques. Il n’y a de vraie huile que d’olive : oleum —> oliva, comme il n’y a de vrai vin que le fruit de la vigne vin —> vigne.

D’où le doute sur l’utilisation d’une huile qui ne soit pas d’olive,

« La médication spirituelle que l’on applique à la fin de la vie doit être à la fois parfaite, puisque après elle il n’y en a point d’autre, et douce, pour que l’espérance, si nécessaire à ceux qui s’en vont, ne soit pas brisée, mais réchauffée. Or l’huile est adoucissante et pénètre jusqu’au plus intime, et en outre elle se diffuse. » (S. Thomas)

Exactement, la matière est l’huile d’olive consacrée.

« Qu’il y ait besoin d’une matière sanctifiée peut se justifier par trois raisons.
Toute l’efficacité des sacrements procède du Christ, de telle sorte que ceux dont il a lui-même fait usage tiennent leur efficacité de cet usage même qu’il en a fait : ainsi « a-t-il conféré aux eaux la vertu régénératrice par le contact même de sa chair » ; mais il n’a pas fait usage de l’extrême-onction, ni d’aucune onction corporelle : c’est pourquoi la sanctification de la matière est requise dans toutes les onctions.
Une autre raison est la plénitude de grâce qui est conférée, et qui a pour effet, non seulement d’ôter le péché, mais aussi les restes du péché et la maladie corporelle.
Enfin, l’effet corporel du sacrement, à savoir la guérison, n’est pas causé par les propriétés naturelles de la matière ; ainsi convient-il que cette efficacité lui soit conférée par une sanctification. » (S. Thomas)

Consacrée par l’évêque

La grâce du sacrement descend du Christ vers le peuple qui en est le bénéficiaire par l’intermédiaire des degrés de la hiérarchie de l’Église. (R d J)

La forme

Une forme est nécessaire pour déterminer la matière.

Cette forme est une prière, s. Jacques y insiste.

« celui qui reçoit ce sacrement est destitué de ses forces propres : ainsi a-t-il besoin d’être secouru par nos prières.
ce sacrement est donné à ceux qui, quittant cette vie, cessent déjà de relever de la juridiction de l’Église, pour ne plus reposer que dans la main de Dieu seul : c’est pourquoi on les lui recommande par une prière.
Enfin, l’extrême-onction n’a pas d’effet qui suive nécessairement l’action du ministre, lorsque a été accompli exactement tout ce qui est requis par le sacrement : comme le caractère dans le baptême et la confirmation, la transsubstantiation dans l’Eucharistie, la rémission des péchés dans la pénitence, sous réserve qu’il y ait contrition, celle-ci étant de l’essence du sacrement de pénitence alors qu’elle n’est pas de l’essence de l’extrême-onction. C’est pourquoi, dans l’extrême-onction, il ne peut y avoir de formule au mode indicatif, comme pour les autres sacrements nommés. » (S. Thomas)