📖 Présentation
Devant les épreuves que traverse l’Église, beaucoup se demandent « Que faire ? ». Mais répondre à cette question suppose d’abord de comprendre la juste place de la contemplation dans la vie chrétienne, avant même celle de l’action. Entre vie active, vie contemplative et vie mixte, ce sermon éclaire ce que Dieu attend réellement de chacun, du plus jeune enfant au plus vieux des fidèles.
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Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.
Mes bien chers Frères,
Dieu sait si j’ai cherché à vous encourager dans les épreuves que nous connaissons, si j’ai cherché à vous montrer que ces épreuves sont absolument normales dans la vie de l’Église comme dans la vie des hommes. Il reste malgré tout une question que beaucoup d’entre vous se posent et à laquelle il est important de bien répondre : la question « Que faire ? ». Un grand nombre de mauvaises réponses ont été données. C’est d’ailleurs une des principales raisons des épreuves que nous connaissons aujourd’hui.
La primauté de la contemplation
Pour le dire en quelques mots, on ne peut pas répondre à cette question « Que faire ? » sans se placer du point de vue de Dieu, sans voir que le chrétien est d’abord un homme d’éternité avant d’être un homme du temps. Il est d’abord un homme du ciel avant d’être un homme de la terre. Toute la liturgie pascale nous le rappelle, et notamment cet extrait d’une épître que nous lisons tous les jours du temps pascal : « Notre conversation est dans le ciel. » (Ph 3, 20) Le chrétien est tout d’abord un contemplatif, et ensuite un homme actif.
On ne peut pas répondre correctement à la question « Que faire ? », qui est l’activité, sans d’abord admettre la primauté que tient la contemplation dans la vie chrétienne. Qu’est-ce que la contemplation ? C’est l’exercice des trois vertus de foi, d’espérance et de charité. Pourquoi appelle-t-on cela contemplation et non pas simplement charité ? Il y a plusieurs raisons.
La première, c’est que dans le ciel nous serons dans la contemplation de Dieu. Et puis, ce qui découle de cette vérité, c’est que la foi nous met dans la connaissance de Dieu, que nous ne pouvons pas aimer sans d’abord le connaître. Il y a un idéal, une merveille, une splendeur de Dieu qu’on ne peut connaître que par la foi, qu’en y pensant, qu’en s’y attardant et, surtout, cette splendeur de Dieu est le but de notre vie. Quand on médite sur la brièveté de la vie, on voit la vie par rapport au temps ; mais il faut également méditer sur l’éternité de la vie, l’éternité à laquelle nous sommes appelés.
Bien sûr, la foi nous montre la Sainte Trinité et la splendeur de Dieu un peu comme derrière un voile, je vous l’ai dit dimanche dernier. Malgré tout, elle nous fait connaître avec certitude plus que l’existence de Dieu : sa nature, sa bonté, la divinité de Jésus-Christ, l’œuvre de la grâce dans le monde, notre appel, notre prédestination à la vie divine dans la communion du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Il y a un petit nombre de chrétiens qui peuvent vivre dans cet état de contemplation presque exclusive ; on les appelle des contemplatifs. Ils ne sont pas le plus grand nombre : quelques chartreux, quelques pères du désert, mais ils ne sont pas le plus grand nombre. Cette vie, si on n’en a pas reçu le don, est même dangereuse car, aborder sans une lumière spéciale ces mystères si élevés serait de la présomption qui mènerait à mal les comprendre. Le plus grand nombre a besoin, pour parvenir à la contemplation, de s’exercer à la vie active.
Qu’est-ce que la vie active ?
Qu’est-ce que la vie active ? C’est l’exercice des vertus morales, des mœurs chrétiennes, du comportement chrétien. On parle des mœurs d’un animal, c’est-à-dire de son comportement ; de même, les mœurs du chrétien, c’est le comportement du chrétien, le mot ’mœurs’ a donné ’morale’. Pour un animal, évidemment, on parle de l’instinct ; pour nous, on parle de la vertu.
Quel est son but de la vie active ? Elle met de l’ordre dans la vie, et notamment elle calme les passions en vue de faciliter la contemplation.
Je vais vous prendre un exemple. Le petit enfant est déjà dans la contemplation de Dieu, s’il a été éduqué dans la foi : il vibre pour Jésus qui souffre sur la croix. D’ailleurs souvent il montre le bon Jésus sur la croix : pourquoi a‑t-il des clous dans les mains ? Quand on le prépare à sa première communion, ce petit enfant est très contemplatif ; – bien sûr, c’est une contemplation à son niveau – mais il est très contemplatif. Il sait qu’il reçoit le bon Dieu, il sait que Jésus règne au ciel avec son Père, il s’émerveille de cela, et c’est d’ailleurs toute la qualité d’une bonne préparation à la première communion que d’émerveiller les enfants.
Une fois je prêchais une retraite de première première communion à des petits, et la sœur qui s’occupait d’eux me dit : « M. l’abbé, quel va être le sujet de votre prédication ? » Et je lui répondis : « Ma Sœur, je prêcherai sur Dieu. » Elle ne peut y croire : prêcher sur Dieu, c’est trop élevé pour des petits. « Si, si, ma Sœur, je prêcherai sur Dieu. » J’ai prêché sur la grandeur de Dieu, sa majesté, toutes ces vérités merveilleuses que nous avons apprises au séminaire en philosophie, et les enfants avaient les yeux grand ouverts tant ils étaient intéressés à entendre parler du bon Dieu.
Cet enfant va entrer dans la vie des hommes, et la première chose qu’il va découvrir, c’est hélas des désordres : des désordres chez lui et des désordres autour de lui. Des désordres chez lui : il va découvrir son égoïsme, son orgueil, sa désobéissance, sa sensualité. Des désordres autour de lui, à savoir que ses frères, ses sœurs, ses camarades ont les mêmes défauts que lui. Et il va travailler à mettre de l’ordre. Il va mettre de l’ordre parce que vous vous rendez très bien compte, mes bien chers Frères, que ces défauts viennent mettre un brouillard sur la contemplation du petit enfant. La contemplation du jour de sa première communion, qui était si transparente, se trouve un peu dans le brouillard par les défauts ; on voit moins, on se préoccupe d’autres choses qui ne sont pas Dieu. Ce sera donc une part importante de l’éducation de remettre de l’ordre.
Lorsque l’enfant grandit, qu’il devient un adulte, il a déjà mis beaucoup d’ordre en lui-même, et il s’aperçoit qu’il peut mettre de l’ordre autour de lui. C’est la fonction des parents dans la famille que de mettre de l’ordre, c’est la fonction des prêtres également — d’où j’ouvre une parenthèse sur la nécessité, si l’on veut mettre de l’ordre, d’être soi-même déjà bien en ordre : on ne se marie pas par défaut, mais parce qu’on veut éduquer les enfants et, pour cela, on a cultivé durant toute sa jeunesse les qualités nécessaires — je ferme la parenthèse. L’action, à l’âge adulte, c’est principalement de mettre de l’ordre autour de soi : comme parent, comme maître, comme serviteur, comme homme politique…
L’aboutissement de la vie active : la contemplation
L’adulte vieillit, et lorsqu’il arrive dans la vieillesse, ses forces physiques diminuent, ses capacités d’action diminuent, il peut faire beaucoup moins. D’habitude il le regrette, mais il ne faut surtout pas le regretter. Il est bon que le corps, qui doit disparaître avant la résurrection, vieillisse, parce que c’est à l’âme de prendre le dessus, c’est à l’âme de s’épanouir, et le vieillissement du corps doit normalement s’accompagner d’un rajeunissement de l’âme. Le vieillard ne peut plus faire grand-chose : on le sert, on s’occupe de lui, il y a longtemps qu’il s’est déchargé des responsabilités qu’il avait dans le monde, et il ne pense qu’à Dieu, qu’à son éternité : c’est dans l’ordre.
Une vie chrétienne pour tous, et pour le monde
Vous me direz : « Mais, M. l’abbé, vous vouliez répondre à la question « Que faire ? », et là vous êtes en train de nous parler d’une morale personnelle ? » Non, je ne vous parle pas que d’une morale personnelle : je vous parle de ce qu’est la vie chrétienne. Cette vie chrétienne est pour vous, pour chacun d’entre vous, pour toi, pour moi, pour lui, pour elle ; elle est pour nous tous. Comment peut-on faire quelque chose auprès du prochain si l’on n’a pas compris que lui aussi est un homme d’éternité, et pas seulement nous ? Comment peut-on faire quelque chose dans un pays si l’on n’a pas compris que tout l’ordre social a été voulu par Dieu pour mener à l’éternité bienheureuse par l’exercice juste des vertus, donc de la vie active ?
Le roi met de l’ordre, en principe, et beaucoup de rois l’ont fait ; le roi met de l’ordre dans le pays, le père met de l’ordre dans sa famille, le maître met de l’ordre dans son atelier. Comment peut-on faire une belle armoire si l’on ne collabore pas avec les autres ouvriers de l’atelier, si l’on ne se préoccupe pas de ce qu’attendent ceux qui ont commandé l’armoire ? Je ne dis pas les clients, parce que justement on ne les considère pas seulement comme des clients ; on considère un jeune ménage qui a demandé l’armoire des noces. Je ne sors pas de mon sujet. – je m’intéresse à l’ébénisterie, et c’est surprenant de voir dans les campagnes le nombre d’armoires qui expriment à la fois l’amour des conjoints l’un pour l’autre et l’amour de Dieu, jusqu’à sculpter des symboles de cet amour. On pense à cela, on se marie pour cela, et quand on commande à quelqu’un les meubles de la maison, on attend que celui qui fait les meubles tienne compte de l’idéal pour lequel on s’est marié ; et lui-même, d’ailleurs, travaille pour cela. Ikea, lui, est impersonnel.
Bien sûr, il faudra que je vous donne des précisions, il y aura plusieurs sermons sur le sujet. Je vous ai fait une série de sermons sur les nécessités des épreuves, pendant le carême et la Semaine sainte, des sermons sur la croix, ce qu’est vraiment la croix. Durant le temps pascal l’Église nous invite à contempler la vie éternelle. Durant le temps après la Pentecôte elle nous invitera à méditer sur la vie active, c’est-à-dire sur ce que nous avons à faire dans le monde, ce que Dieu attend de nous.
L’inversion : quand l’action prend le pas sur la contemplation
Je vous disais donc que la vie active est pour la vie contemplative. Si la vie active n’est pas pour la vie contemplative, alors il y a un grave désordre. Ce peut être le désordre de l’inversion, à savoir que la vie contemplative est mise au service de la vie active. C’est une inversion possible chez les séminaristes ou les jeunes prêtres que de faire oraison dans un but utilitaire. La contemplation n’a pas pour but l’action, mais l’action a pour but la contemplation. Dieu n’a pas pour but ce qui est dans le temps, mais ce qui est dans le temps a pour but l’éternité. L’autre désordre se trouve lorsque la vie active étouffe la vie contemplative, et ce défaut est, hélas, très fréquent, surtout de nos jours. Léon XIII l’a dénoncé en dénonçant ce qu’il a appelé « l’américanisme ».
La vie mixte : le rayonnement de la contemplation
Au-dessus de la vie contemplative, est ce que saint Augustin appelle la vie mixte. C’est un rayonnement de la contemplation ; c’est une vie dans laquelle il y a encore de l’action, mais, cette fois-ci, l’action n’a plus pour but de mettre de l’ordre dans les passions : elle est réduite à peu de choses ; ce qui compte, c’est le rayonnement de la splendeur de Dieu qui attire les autres.
Voici un exemple. Supposez une jeune fille généreuse ; elle était infirmière, elle l’est toujours d’ailleurs, elle est entrée dans une congrégation hospitalière, et la voilà qui soigne les malades. Vous imaginez facilement — je ne dis pas toutes, parce qu’il y a des religieuses qui ont déjà acquis beaucoup de vertu même dans leur jeune âge — mais enfin facilement, il va falloir que cela tourne. On se dépêche pour soigner le plus de malades possible, on montre son efficacité, on ne prend peut-être pas le temps de perdre le temps, comme on dit, comme si cela aurait été du temps perdu que consulter les consœurs, d’écouter les malades. Certes, les malades sont bien soignés, c’est certain, mais… Voyant cela, la supérieure appelle la religieuse, et lui dit : « Ma sœur, ce n’est pas comme cela qu’on soigne les malades. Vous avez affaire à des êtres humains qui souffrent. Vous n’avez jamais souffert, ma sœur, mais eux ils ont souffert, ils sont encore en train de souffrir, ils souffrent physiquement et aussi moralement, parce que monsieur qui est ici malade s’inquiète pour sa femme, et réciproquement. Alors, ma chère sœur, vous allez vous calmer, vous allez pratiquer l’humilité, vous allez pratiquer la douceur, la bonté. Vous allez pratiquer la justice en travaillant avec les autres, l’obéissance, en ne récriminant pas lorsque vous ne comprendrez pas les ordres qui vous sont donnés. »
Petit à petit, cette religieuse découvre qu’elle était un peu pleine d’elle-même et qu’il faut qu’elle soit pleine de Dieu. Elle découvre qu’un malade n’est pas simplement quelqu’un qu’on doit soigner, mais un être humain qui non seulement souffre, comme je vous l’ai dit, mais est appelé par Dieu à l’éternité.
Et cette religieuse, ainsi bien formée, a vieilli ; elle a maintenant 80 ans, peut-être 90, que sais-je. Il n’est plus question évidemment qu’elle soit responsable de tout un étage de la clinique, mais elle est encore assez vaillante, le Bon Dieu le lui a permis. Alors, elle fait ce qui ne sert à rien : elle repère le malade qui est troublé, celui qui ne s’est pas encore confessé, celui qui renâcle devant l’appel de l’éternité. Elle va le voir, elle lui sert un verre d’eau, elle devine que l’oreiller était mal mis, qu’il faut le redresser. Elle devine qu’il s’inquiète pour sa femme, alors elle informe la femme, elle la rassure. Elle fait tous ces petits riens qui ont tellement d’importance et, à travers elle, le malade voit un peu de la bonté de Dieu qui descend près de lui, le malade voit un peu de ce rayonnement de Dieu, que Dieu doit être beau quand on voit la beauté du cœur de cette vieille religieuse.
C’est cela la vie mixte. Nous sommes appelés, mes bien chers Frères, à monter par la vie active à la vie contemplative, et nous sommes appelés à ce que notre vie contemplative soit tellement riche qu’elle attire — qu’elle attire non pas à nous, mais à Dieu.
Les parents, appelés à la vie mixte
J’oserais presque dire que les parents sont peut-être plus appelés à la vie mixte qu’à la vie active. En tout cas, lorsque les parents prennent de l’âge — même déjà quand ils sont jeunes —, ce qu’on attend d’eux, c’est un certain rayonnement : lorsqu’ils font la prière en commun, lorsqu’ils sont en conversation avec le bon Dieu, on voit les enfants les imiter spontanément. Et quand les parents prennent de l’âge, on n’attend pas spécialement qu’ils soient habiles dans les choses d’ici-bas ; on attend d’eux qu’ils aient la sagesse, et ce qu’on apprécie chez eux, c’est cette porte qu’ils ouvrent vers l’éternité, et que dans leur sérénité ils montrent que la lumière au-delà de la porte est vraiment belle, vraiment attirante, qu’elle vaut vraiment la peine qu’on se donne dans toute sa vie pour la gagner.
Voilà ce que j’avais à vous dire aujourd’hui, mes bien chers Frères. Il faudra évidemment faire des applications pratiques ; nous prendrons notre temps, c’est bien trop important pour que nous fassions des réponses à la va-vite et, je vous l’ai dit, c’est probablement parce qu’on a fait des réponses à la va-vite qu’on est tombé dans tant d’ornières et, hélas, dans tant de ravins.
Conclusion : le modèle de Notre-Seigneur et de la Sainte Vierge
Nous demanderons à la Sainte Vierge de nous prendre comme des enfants, de nous prendre par la main, de nous montrer la beauté de l’œuvre de son Fils, la bonté de Dieu qui rayonne sur la terre, la beauté. Elle nous montrera combien Notre-Seigneur sur terre a fait peu de choses apparemment, en ce sens que s’il y en a un qui a vécu dans la vie mixte, c’est bien lui, en perpétuelle contemplation de son Père du Ciel ; et cette contemplation rayonnait, elle sortait de lui, elle rayonnait jusque sur les corps qu’il guérissait, j’allais dire presque malgré lui : il suffisait de toucher la frange du manteau pour être guéri.
La Sainte Vierge vous révélera tout cela.
Et vous, mes chers enfants les plus jeunes qui m’écoutez, vous demanderez à vos parents de vous expliquer cela, vous ferez bien votre méditation tous les matins, vous réciterez bien votre chapelet, vous admirerez la Sainte Vierge à la crèche, vous admirerez la Sainte Vierge au pied de la croix, vous admirerez la Sainte Vierge au milieu des apôtres à qui elle disait tant de merveilles dans ces derniers jours avant la Pentecôte, et vous chercherez à comprendre ces merveilles, à en vivre. Je suis certain, mes chers enfants, que du coup, dans vos rapports avec vos frères et sœurs, avec vos camarades de classe, vous changerez d’attitude, comme saint Dominique Savio, par exemple, qui avait une attitude d’enfant du ciel présent au milieu de ses camarades sur la terre. Voir les sermons pour adolescents https://abbe-pivert.com/tous-les-sermons-classes/#jeunes
Que Dieu vous bénisse tous.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.
Pour aller plus loin : → Sermon sur Job 22. Vie active, vie contemplative : les talents de Dieu
Test de connaissances
Réfléchissez à chaque question, puis affichez la réponse.
1. Pourquoi le chrétien est-il appelé d’abord un homme d’éternité avant d’être un homme du temps ?
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Parce que la vie chrétienne trouve sa fin dans la contemplation de Dieu au ciel, et que tout ce qui se vit sur terre doit être ordonné à cette fin dernière. La vie active elle-même n’a de sens que si elle prépare ou nourrit cette contemplation éternelle.
2. Quelle erreur consiste à inverser l’ordre entre contemplation et action ?
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Cette erreur est double : soit mettre la contemplation au service de l’action dans un but utilitaire, soit, beaucoup plus souvent, développer à ce point l’action que la contemplation devient impossible
3. Qu’est-ce que la « vie mixte » selon saint Augustin, et en quoi diffère-t-elle de la vie active ordinaire ?
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La vie mixte est un rayonnement de la contemplation : l’action n’y sert plus à mettre de l’ordre dans les passions, mais devient le simple débordement extérieur d’une âme unie à Dieu, qui attire les autres vers lui par son rayonnement et sa bonté, comme chez la vieille religieuse de l’exemple.
4. Pourquoi les parents âgés sont-ils dits plus appelés à la vie mixte qu’à la vie active ?
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Parce qu’on n’attend plus d’eux qu’ils soient efficaces dans les affaires de ce monde, mais qu’ils rayonnent la sagesse et la sérénité d’une âme tournée vers l’éternité, montrant ainsi à leurs enfants, par leur présence priante, la beauté du but vers lequel toute la vie doit tendre.
