1er samedi du mois

À Fatima, la Très Sainte Vierge à demandé la dévotion des cinq premiers samedis du mois. Elle promet une sainte mort à ceux qui auront répondu à cette demande. De plus, une indulgence plénière peut être gagnée ainsi chaque samedi. Voir ci-dessous.

Pour vous y aider, nous avons publié plusieurs méditations des mystères du chapelet.

En outre, je vous conseille de profiter de l’Année liturgique de Dom Guéranger.

Il y a cinq conditions pour gagner le privilège des cinq premiers samedis du mois.

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4e mystère glorieux
L’assomption de Marie au Ciel


4e MYSTÈRE GLORIEUX
L’ASSOMPTION DE MARIE AU CIEL

Méditations sur les mystères de notre sainte foi
du vénérable père Du Pont, s. j.

I. — Le corps de Marie exempt de la corruption du tombeau

Considérons, en premier lieu, que le corps de Notre-Dame, durant les trois jours qu’il resta dans le sépulcre, demeura aussi intact que si l’âme n’en était pas séparée. Car, comme Dieu, par un privilège spécial, la préserva de la tache du péché originel, bien que sa conception, dans l’ordre naturel, n’ait pas été différente de celle des autres enfants d’Adam, de même, quoique sa mort ait ressemblé à celle des autres hommes, son corps néanmoins, par une grâce singulière, fut exempt de la corruption du tombeau, qui est la peine du péché. En sorte qu’elle n’eut point de part à la malédiction que le Seigneur avait lancée contre l’homme, en lui disant : Tu es poussière, et tu retourneras en poussière. Or Dieu lui accorda ce privilège pour trois raisons.

1) Ce fut pour honorer sa pureté virginale qui avait été toute miraculeuse et sans exemple, confirmée par un vœu exprès, et gardée inviolablement jusqu’à la mort. Une semblable pureté méritait sans doute une récompense extraordinaire. Or pouvait-elle en avoir une qui lui fût plus proportionnée que l’incorruptibilité de ce corps, dont elle avait toujours été le principal ornement ?

2) Ce fut pour récompenser l’innocence et la sainteté de son âme qui, dans un corps mortel, n’avait jamais senti le ver intérieur des consciences coupables, à laquelle il ne s’était jamais attaché la moindre poussière, et qui n’avait participé en rien aux imperfections d’Adam terrestre. C’est pour ce sujet que les vers ne touchèrent point au corps de la plus pure des vierges, et qu’il ne fut point réduit en poussière, non plus que celui de l’Adam céleste, dont le Prophète, admirant la sainteté, disait : Vous ne permettrez pas, Seigneur, que votre Saint voie la corruption.

3). Il était de l’honneur du Fils de conserver dans son intégrité le corps de sa Mère. Car la chair de Jésus, dit saint Augustin, est la chair de Marie. Puis donc que la chair de Jésus n’avait pas éprouvé la corruption, il était juste que celle de Marie en fût exempte.

Ô digne Mère de mon Sauveur, arche du Nouveau Testament, fabriquée de bois incorruptible de Sétim, et revêtue d’un or très pur, dans laquelle a reposé celui qui est le propitiatoire commun de tous les pécheurs ; je me réjouis de l’incorruptibilité de votre corps, et de la beauté de votre âme, à qui les vertus, comme un or fin et brillant, donnent un merveilleux lustre. Obtenez-moi cette pureté incorruptible d’un esprit doux et modeste, qui est un riche ornement aux yeux de Dieu, afin que mon âme étant exempte de la corruption du péché, mon corps, au dernier Jour, soit délivré de la corruption qui est la peine du péché.

II. — Le corps de Marie ressuscité le troisième jour

Considérons, en second lieu, la résurrection de la bienheureuse Vierge, dont le corps sortit vivant et glorieux du sépulcre au troisième jour, par la toute-puissance de son Fils. Jésus, plein d’amour et de tendresse pour sa Mère, crut que ce serait trop peu faire pour elle de conserver son corps sans corruption jusqu’au temps de la résurrection générale. Il voulut prévenir ce temps et lui rendre la vie au bout de trois jours : ce qu’il fit pour plusieurs raisons.

1) Comme le corps et l’âme de Marie avaient toujours travaillé de concert pour accomplir la volonté de Dieu sur la terre, il était conforme à sa bonté de les réunir au plus tôt, afin qu’ils recommençassent à le louer et à le servir dans le ciel, avec plus de ferveur que jamais.

2) Ce fut encore pour nous donner une ferme espérance de notre résurrection future. Car ce n’est pas seulement Jésus-Christ, Dieu et homme, qui est ressuscité ; c’est encore sa Mère, bien qu’elle ne soit qu’une pure créature. Que cette pensée excite en nous de vifs désirs d’aller à Jésus et de rechercher, non les choses de la terre, mais celles du ciel, où il a établi son trône, et où celle en qui il a pris un corps semblable au nôtre est assise à sa droite.

3) Il fallait en outre que Notre-Dame conservât dans tous les siècles, jusqu’au jour du jugement, la qualité de Mère de Dieu. Or ce glorieux titre ne convient pas à son âme seule, mais à son âme et à son corps réunis ensemble.

4) Il était à souhaiter qu’elle pût exercer dans le ciel l’office de mère et d’avocate des hommes, et apaiser la colère de son Fils irrité contre eux en lui montrant ses mamelles, comme le Fils adoucit le courroux de son Père en lui découvrant ses plaies.

5) Enfin, comme le premier Adam avait eu, dans le paradis terrestre, une aide et une compagne semblable à lui par les qualités naturelles, de même le second Adam voulut en avoir une dans le ciel, qui lui ressemblât en ce qui concerne la gloire du corps et de l’âme.

Ces raisons, et quelques autres, déterminèrent Dieu à tirer du tombeau la dépouille mortelle de l’auguste Marie, et à réunir sans retard son âme à son corps pour jamais. Oh ! Qui pourrait dire de quelle joie ce nouveau bienfait remplit le cœur de Notre-Dame, et avec quel transport elle entonna, dans ce troisième jour, son admirable Cantique : Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit est ravi en Dieu mon Sauveur ! Le Tout-puissant a fait en moi de grandes choses, en glorifiant mon âme et mon corps. Oh ! Quel contentement ressentit ce corps sacré quand il se vit réuni à cette âme bénie, qui lui communiqua les quatre qualités des corps glorieux ! Car il devint à l’instant même plus resplendissant que le soleil, plus beau que la lune. Il fut doué de l’immortalité, de l’impassibilité, de la légèreté, de la subtilité, exempt désormais de la faim, de la soif, de la fatigue ; à l’abri de tous les changements et de toutes les misères ; en un mot, ressuscité à une vie nouvelle et bienheureuse pour ne plus mourir.

Je vous rends grâces, ô Verbe éternel, de cette dernière faveur que vous ajoutez à toutes celles dont il vous a plu d’enrichir votre Mère. En songeant à son honneur, vous n’oubliez pas le vôtre ; car la gloire d’une mère est celle de ses enfants. Ô glorieuse Vierge, toutes les puissances de mon âme vous félicitent du nouveau privilège que votre Fils vous accorde en ce jour. Vous n’avez plus rien à lui demander, puisqu’il rend votre corps impassible et immortel comme le sien. Soyez donc ma médiatrice auprès de lui ; montrez-lui les mamelles qui l’ont nourri ; priez-le d’exaucer mes désirs, et de me faire la grâce de le servir si fidèlement en cette vie, que je mérite de participer à sa gloire en l’autre.

III. — Le corps de Marie, réuni à son âme, élevé au plus haut des cieux

Considérerai, en troisième lieu, l’Assomption du corps glorieux de la Vierge dans le ciel. Nous ne savons pas, il est vrai, comment s’opéra cette merveille. Nous pouvons toutefois nous le figurer, en comparant l’Assomption de la Mère avec l’Ascension du Fils. Supposons donc que Marie ressuscita dans le tombeau, où son âme descendit pour se réunir à son corps, de la même manière que tous les hommes ressusciteront à la fin des siècles.

1) Des milliers d’anges gardaient le sépulcre de la Mère de Dieu. Ils y faisaient entendre des concerts célestes, comme nous l’avons dit plus haut ; et dirigeant de là leurs voix vers le ciel, ils adressaient à Jésus-Christ ces paroles de David : Levez-vous, Seigneur, entrez dans votre repos, vous, et l’arche de votre sanctification. Car ne sera-ce pas vous procurer un délicieux repos d’emmener avec vous l’arche vivante, dans laquelle fut déposé le trésor infini de la sainteté ?

2) Aussitôt l’arche commença à s’élever, portée par les mains des chérubins et des séraphins. Elle franchit majestueusement les régions de l’air, au milieu des acclamations des esprits bienheureux, enivrés d’une joie et d’une allégresse inexprimables, et perçant tous les cieux, elle arriva enfin jusqu’à l’empyrée.

3) Son Fils bien-aimé, qui l’y attendait, la reçut avec un contentement ineffable, et la plaça, en sa qualité d’arche de la nouvelle alliance, dans le Saint des saints, au lieu le plus élevé du temple, c’est-à-dire sur le premier siège d’honneur de la cité de Dieu. Il la couronna ensuite, comme l’arche ancienne, d’une couronne d’or très pur, la revêtant d’une beauté indicible, et environnant son corps d’une clarté qui surpassait la lumière même du ciel. Oh ! Que la Jérusalem céleste fut splendidement éclairée en ce jour par ces deux astres, ce Soleil et cette Lune, Jésus et Marie ! Oh ! Que les anges furent ravis de voir leur Reine ainsi honorée, dans l’espoir que, par son intercession, tant de places laissées vides dans leurs rangs par la chute des esprits rebelles seraient remplies ! Oh ! Combien les autres bienheureux se réjouirent en voyant ainsi glorifiée cette Mère de miséricorde qui devait, par ses prières, ouvrir le ciel à une infinité d’enfants d’Adam, rachetés par le sang de son Fils ! Oh ! Que cette humble Mère fut elle-même comblée d’allégresse lorsqu’elle se vit élevée du plus bas de la terre au plus haut des cieux.

Je me réjouis, ô Mère très sainte, de ce que vous êtes parée aujourd’hui de deux vêtements de gloire : l’un pour votre âme, commun aux autres âmes bienheureuses ; l’autre, par anticipation et par privilège, pour votre corps. Oui, le Seigneur Jésus accomplit fidèlement ses promesses ; car il vous donne au lieu de la cendre, une couronne ; au lieu de larmes, une huile de Joie ; au lieu d’un esprit affligé, un manteau de gloire ; et il veut que, dès maintenant, vous possédiez dans votre terre une double récompense, avec une joie qui ne finira jamais. Ô ma douce Mère, attirez mon esprit au ciel, où vous êtes assise à la droite de votre Fils. Car, où est la Mère, là doivent être les enfants ; où est le corps, là les aigles se rassembleront. Qui me donnera les ailes de l’aigle, afin que je vole jusqu’au ciel, et que j’y contemple la gloire de votre corps sacré ! Apprends, ô mon âme, à t’élever dans un saint transport au-dessus de toi-même, au-dessus de toutes les créatures. Oublie les choses de la terre, et ne soupire plus qu’après celles du ciel. Là est ton Père céleste ; là est ta glorieuse Mère ; humilie-toi comme elle en ce monde, et tu participeras à son élévation dans le royaume éternel. Ainsi soit-il.

IV. — L’entrée de Marie dans le ciel

Considérons enfin l’entrée triomphante de la Reine du ciel dans le séjour des bienheureux. À peine eut-elle rendu le dernier soupir, que son âme, dégagée des liens du corps, s’envola au ciel, et entra au même moment dans la gloire qui lui était préparée. Mais afin de mieux comprendre ce mystère, il faut méditer successivement, à notre manière, ce qui s’exécuta en un seul et même instant.

1) Représentons-nous l’accueil plein de tendresse que Jésus fit à sa Mère, et la joie ineffable dont il se plut à la combler. C’est alors que s’accomplirent ces paroles de l’Épouse : Sa main gauche est sous ma tête, et il m’embrasse de sa main droite. Il l’avait soutenue, pendant sa vie, par la contemplation des mystères et des œuvres de son humanité, figurée par la main gauche : et maintenant, il l’embrasse et l’environne par la vue claire de sa divinité, signifiée par la main droite. Oh i qui pourrait exprimer l’allégresse de cette âme bienheureuse en ce premier moment ! Avec quel transport et quel amour ne dit-elle pas : J’ai trouvé celui que j’aime ; je le tiens, et je ne le laisserai point aller qu’il ne m’emmène avec lui, et ne m’introduise dans la maison de ma mère, dans la Jérusalem céleste !

Ô glorieuse Vierge, obtenez-moi une si parfaite pureté de cœur, et une charité si ardente, que mon âme, au sortir de son corps, soit reçue entre les bras de son Bien-aimé, et qu’elle monte avec lui dans la maison de ma mère, c’est-à-dire dans le ciel, où vous, qui êtes ma vraie Mère, vivez enivrée dans la compagnie de votre Fils, durant les siècles des siècles.

2) Imaginons l’illustre cortège des neuf chœurs des anges qui accompagnent leur auguste Reine dans son Assomption. Ils la saluent, dit saint Athanase, en lui donnant mille titres d’honneur ; ils lui témoignent la joie qu’ils ressentent de conduire leur souveraine dans la cité du Dieu vivant ; ils la félicitent des grandes choses que Dieu a faites en elle ; ils chantent d’une voix unanime la salutation de l’archange Gabriel, où sont compris en abrégé ses plus glorieux privilèges. Pour nous, nous nous mêlerons en esprit parmi les hiérarchies célestes ; nous chanterons avec elles les louanges de la Mère de Dieu ; nous célébrerons son triomphe, et nous lui dirons, comme les Hébreux à Judith leur libératrice :

Vous êtes la gloire de Jérusalem, de l’Église militante, de l’Église triomphante ; vous êtes la joie des vrais Israélites, de ceux qui voient Dieu par la contemplation en cette vie, et de ceux qui le voient en l’autre par la lumière de la gloire ; vous êtes l’honneur de notre peuple, parce que vous avez agi avec courage, et que vous avez gardé une chasteté parfaite. C’est pourquoi vous serez bénie éternellement ; et le Seigneur bénira, en votre considération ; tous ceux que vous aurez pris sous votre maternelle et puissante protection.

3) Remarquons que Marie fut portée au ciel, non par les anges, comme Lazare avait été porté dans le sein d’Abraham ; mais par les mains et dans les bras de son divin Fils. Ainsi voulut-il reconnaître les services qu’elle lui avait rendus, et les caresses qu’elle lui avait faites, lorsqu’elle le portait dans ses bras pendant son enfance. C’est ce qui remplissait d’étonnement les esprits célestes. Quelle est celle-ci, se demandaient-ils, qui monte du désert, pleine de délices, appuyée sur son Bien-Aimé ? Comme s’ils disaient : Quelle est cette Vierge privilégiée qui sort du monde, désert stérile, où il n’y a que travail et que douleur ; et qui néanmoins est riche, heureuse, opulente, pleine de délices spirituelles, appuyée, non sur elle-même, non sur les anges, mais sur le Seigneur qu’elle aime uniquement ?

C’est ainsi qu’elle s’éleva jusqu’au plus haut des cieux, aux applaudissements universels de la cour céleste, et au plein contentement de la très sainte Trinité. Le Père éternel se réjouissait d’avoir auprès de lui sa Fille chérie ; le Fils, de posséder sa douce Mère ; le Saint-Esprit, de voir en sa compagnie son Épouse bien-aimée. Oh ! Quelle réception pleine d’allégresse ! Quels tendres baisers de paix ! Quels affectueux embrassements ! quels colloques amoureux entre une telle Fille et un semblable Père, une telle Mère et un pareil Fils, une telle Épouse et un tel Époux ; entre les trois Personnes divines délibérant sur les moyens d’honorer la Reine des vertus

Le fruit principal que nous devons retirer de cette contemplation, c’est un désir efficace d’imiter Marie dans la plus glorieuse des entreprises, celle de gagner le ciel, commençant à nous y disposer dès maintenant. En premier lieu, nous renoncerons de cœur au monde, le considérant comme un désert, et nous privant des plaisirs des sens, pour nous rendre capable de goûter les délices de l’esprit. En second lieu, nous nous efforcerons d’avancer et de monter chaque jour dans le chemin de la vertu, ne nous appuyant ni sur nos propres forces, ni sur un bras de chair, mais sur le bras du Tout-Puissant qui est seul notre force et notre soutien. En troisième lieu, nous ferons en sorte de nous réjouir toujours en Dieu et dans les œuvres de son service. Nous mériterons ainsi de recevoir ses dons avec abondance, et d’être riche en Jésus-Christ ; et il ne nous manquera aucune des grâces qui nous sont nécessaires pour attendre avec confiance le jour où il daignera nous manifester sa gloire.

3e mystère glorieux
La Pentecôte


3e mystère glorieux
La Pentecôte

Méditations sur les mystères de notre sainte foi
du vénérable père Du Pont, s. j.

Changement subit opéré dans les disciples par le Saint-Esprit

Et tous furent remplis du Saint-Esprit.

1) Considérons la bonté et la libéralité des trois personnes divines : du Père et du Fils qui envoient le Saint-Esprit ; du Saint-Esprit qui veut bien se donner Lui-même. Parmi les disciples réunis dans le cénacle, il y a inégalité de rang et de mérites ; cet Esprit divin les remplit tous de ses dons, les comble tous de joie et se donne tout entier à chacun d’eux, en sorte que tous sont vraiment pleins du Saint-Esprit, tous contents et satisfaits, sans désirer pour lors autre chose que Dieu. Il remplit principalement les puissances de leur âme et n’en laisse aucune vide. Il imprime dans leur mémoire les saintes Écritures afin qu’ils s’en souviennent toutes les fois qu’ils en auront besoin ; Il éclaire leur intelligence afin qu’ils comprennent tous les mystères qui y sont cachés ; Il grave en un instant dans leur cœur la loi de la charité en traits si profonds que, quand il n’y aurait au monde ni Loi écrite, ni Évangile, ils seraient eux-mêmes une loi vivante et l’Esprit qui les enseigne intérieurement la leur ferait observer dans toute sa perfection. En un mot, Il exerce à l’égard de chacun des disciples tous les offices qui Lui sont propres. Comme un vent rafraîchissant, Il les récrée avec suavité ; comme un soleil, Il les inonde de lumière ; comme un feu, Il les pénètre d’une chaleur céleste ; comme médecin, Il les guérit de tous leurs maux ; comme maître, Il leur apprend toutes choses et fait d’eux les maîtres des nations. De timides, Il les rend courageux ; de faibles, forts ; d’ignorants, savants ; d’envieux, charitables ; d’ambitieux, humbles ; d’imparfaits, consommés en toutes les vertus. Ô changement prodigieux ! Ô miracle de la droite du Très-Hauts ! Ô puissance infinie de l’Esprit de Dieu ! Ce que Jésus, durant trois ans, n’a fait ni par ses prédications, ni par ses exemples, ni par ses miracles, l’Esprit de Jésus, qui est la vertu d’en haut, l’opère en un moment, sans peine et sans travail.

Ô mon Sauveur, envoyez-moi ce divin Esprit afin qu’Il me change en un homme nouveau, entièrement selon votre cœur. Venez, Esprit sanctificateur ; remplissez-moi de vos dons afin que je vive non plus d’une vie terrestre, mais d’une vie céleste ; détachez-moi des biens passagers de ce monde et faites que je ne cherche ni ne désire rien hors de Vous, puisque je trouve et possède tout en Vous.

2) Tous les disciples, il est vrai, furent remplis du Saint-Esprit ; tous cependant ne le reçurent pas avec une égale plénitude. On remplit d’eau deux vases d’une grandeur inégale ; celui qui a plus de capacité en reçoit plus que celui dont la capacité est moindre. C’est ainsi que, parmi les disciples, ceux qui étaient le mieux disposés eurent une part plus abondante aux dons de l’Esprit-Saint. D’où il suit que la très sainte Vierge reçut, elle seule, plus de grâces que tous les autres ensemble, les apôtres plus que le reste des disciples, tous heureux, tous louant et remerciant le Seigneur de la faveur insigne qu’Il venait de leur accorder. Réjouissons-nous nous-même du bonheur qui leur est commun ; mais félicitons surtout la Reine du ciel des grâces extraordinaires dont elle est comblée et de la joie qu’elle ressent de voir tous les apôtres et tous les disciples remplis de l’Esprit de Dieu, selon la promesse de son divin Fils.

3) Puisqu’il est certain que le Saint-Esprit se communique avec plus de profusion aux âmes qu’Il trouve mieux disposées, excitons en nous un vif désir de préparer la nôtre avec toute la ferveur possible de Le recevoir. Quatre vertus contribueront à cette préparation. La première est la pureté de conscience ; nous l’obtiendrons en nettoyant avec soin le vase où l’Esprit-Saint doit verser ses dons. La seconde est la pureté de cœur ; nous viderons le nôtre de lui-même et de tout esprit contraire à celui de Dieu. La troisième est la confiance en Dieu ; cette vertu élargit et dilate le cœur de l’homme, non selon la mesure des mérites de l’homme-même, mais selon celle des mérites de Jésus-Christ et de sa bonté infinie. La quatrième est une oraison fervente ; elle attire le Saint-Esprit en lui demandant que, dans la distribution de ses grâces, Il ait plus égard à ce qu’Il est qu’à ce que je suis, à sa grandeur qu’à ma bassesse. Plus je m’efforcerai de pratiquer ces quatre vertus, plus j’acquerrai de dispositions pour recevoir l’Esprit-Saint avec l’abondance de ses richesses.

Ô Dieu tout-puissant, qui avez dit à votre peuple : Ouvrez votre bouche, dilatez votre cœur, et je le remplirai, voici que j’ouvre ma bouche pour attirer votre divin Esprits ; je ne souhaite rien tant que d’avoir une âme assez grande pour contenir tous ses trésors. Remplissez mon cœur tel qu’il est et étendez-le toujours davantage par votre miséricorde afin que, s’agrandissant de plus en plus, rien ne l’empêche de recevoir sans cesse de nouvelles faveurs.

4) Considérons que la plénitude avec laquelle les disciples reçurent le Saint-Esprit, fut en rapport non seulement avec leurs dispositions personnelles, mais encore avec leurs différents ministères. Car Dieu notre Seigneur ne manque jamais de donner à chaque homme en particulier la grâce qui lui est nécessaire pour s’acquitter des fonctions qu’Il lui confie et pour satisfaire aux obligations de l’état auquel Il l’appelle. C’est ainsi qu’Il remplit de grâces la glorieuse Vierge, saint Jean-Baptiste et les apôtres, proportionnant ses dons à leur dignité et à leur emploi. Il en use de même aujourd’hui à l’égard de ceux qu’Il destine à quelque état ou à quelque ministère dans l’Église.

1er samedi du mois

À Fatima, la Très Sainte Vierge à demandé la dévotion des cinq premiers samedis du mois. Elle promet une sainte mort à ceux qui auront répondu à cette demande. De plus, une indulgence plénière peut être gagnée ainsi chaque samedi. Voir ci-dessous.

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2e mystère glorieux
L’Ascension

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2e mystère glorieux
L’Ascension

Méditations sur les mystères de notre sainte foi
du vénérable père Du Pont, s. j.

I. — Jésus bénit ses disciples assemblés

1) Tous les disciples du Sauveur, en compagnie de sa bienheureuse Mère, étant arrivés au mont des Oliviers, Il leur apparut avec une douceur ravissante et un éclat incomparable. Au lieu de les embrasser comme des amis dont Il était sur le point de se séparer, Il leur permit de baiser les plaies sacrées de ses pieds et de ses mains, d’où émanait une odeur très suave qui leur réconfortait le cœur. La très pure Marie se présenta la première, et, en qualité de mère, elle colla ses lèvres sur la plaie du côté, dans lequel elle aurait souhaité entrer, pour monter au ciel avec son Fils. Mais elle était trop résignée à la volonté de Dieu pour désirer autre chose que ce qu’Il voulait. Saint Pierre, saint Jean ainsi que les autres apôtres et les disciples s’approchèrent ensuite et baisèrent avec une dévotion et une vénération singulières les cicatrices des mains et des pieds de leur divin Maître.

2) Après cette touchante cérémonie, le Sauveur, au rapport de saint Luc, leva les mains et les bénit.
D’abord, Il leva les mains pour signifier que la bénédiction qu’Il se préparait à donner à ses amis avait pour but d’attirer sur eux, non les biens de la terre, mais ceux du ciel ; biens qui sont le fruit de sa mort sur la croix à laquelle ont été attachées ses mains divines. Il les leva toutes deux, parce que toutes deux ont été élevées étendues, et clouées au bois de son supplice ; toutes deux encore, pour représenter l’abondance de ses bénédictions et pour nous montrer qu’il est prêt à verser sur nous à pleines mains les richesses de la grâce et de la gloire. Cette considération doit produire en nous des sentiments de louange et de reconnaissance, que l’on pourrait exprimer par ces paroles du grand Apôtre : Béni soit Dieu, le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui nous a comblés de toutes les bénédictions spirituelles et célestes, par les mérites de son Fils.

Ô mon Sauveur, digne d’être béni à jamais, je vous le demande par ces mains que Vous avez levées sur la croix avec autant de douleur que d’amour, pour attirer sur moi les bénédictions d’en haut, daignez les lever encore maintenant pour bénir votre serviteur. De mon côté, je lèverai les miennes vers Vous par de ferventes prières et par des œuvres qui méritent que Vous me donniez votre bénédiction.

Ensuite Jésus bénit ses disciples, accompagnant son geste de paroles qui déclaraient la nature des biens qu’Il leur souhaitait et qu’Il demandait pour eux à son Père. On ne sait pas précisément de quels termes Il se servit, ni quelle grâce en particulier Il leur souhaita ; mais il est probable qu’Il employa quelqu’une des formules que Dieu avait dictées à Moïse et que les prêtres de l’ancienne loi devaient prononcer pour bénir les enfants d’Israël. Il leur dit donc, par exemple : Que le Seigneur vous bénisse et qu’Il veille sur vous ; que le Seigneur vous regarde d’un œil favorable et qu’Il ait pitié de vous ; que le Seigneur tourne son visage vers vous et qu’Il vous donne la paix. Peut-être aussi répéta-t-Il quelque passage de la prière qu’Il avait faite pour eux dans son discours de la Cène, où Il exprime les derniers vœux qu’Il adressa en leur faveur à son Père céleste : Père saint, conservez en votre nom ceux que Vous M’avez donnés, afin qu’ils soient un comme nous ; prenez-les sous votre puissante protection ; qu’ils Me suivent un jour dans votre royaume, pour y contempler la gloire que Je tiens de Vous, parce que Vous M’avez aimé avant la création du monde. Et comme les bénédictions du Fils de Dieu ne sont pas de simples paroles, mais des effets réels, en souhaitant à ses disciples l’abondance des biens du ciel, Il les combla lui-même de tous les dons surnaturels qu’Il demandait pour eux.

Ô mon Jésus, qui, lorsque Vous bénissiez vos premiers disciples, aviez présents à l’esprit tous ceux qui devaient croire en vous dans la suite des âges, faites-moi part de cette bénédiction, de laquelle dépend mon bonheur. Ne me rejetez pas comme Ésaü, qui ne put obtenir d’Isaac son père, une bénédiction pleine et entière. Bénissez-moi, Père infiniment bon, avant de me quitter ; mais que votre bénédiction attire sur moi les biens du ciel, non ceux de la terre puisque ce ne sont pas les biens de la terre, mais ceux du ciel qui peuvent me rendre heureux.

II. — Jésus quitte la terre

Le Seigneur, ayant béni ses disciples, se sépara d’eux, et ils Le virent s’élever peu à peu de la terre vers le ciel. Il y monta, non comme le prophète Élie, sur un char de feu, mais par sa propre vertu ; sa divinité, semblable à la flamme la plus pure et la plus ardente, Le transportant par un mouvement naturel au plus haut des cieux. Il s’élevait ainsi, accompagné de toutes les âmes des justes et d’un grand nombre d’esprits célestes qui étaient venus au-devant de lui. Les disciples suivaient des yeux le corps de leur. Maître, et sentaient leurs cœurs partagés par trois sentiments.

Le premier était un sentiment d’admiration. Quoi de plus nouveau que de voir un homme s’élever de lui-même dans les airs, sans difficulté et sans efforts, avec des marques illustres de puissance et de grandeur !

Le second, un sentiment de joie inexprimable. Ils se réjouissaient de voir que leur Maître était dans l’allégresse et commençait à faire éclater sa divinité. Ils n’eurent garde de déchirer leurs vêtements, comme Élisée déchira les siens lorsque Élie fut enlevé au ciel. Loin de là, ils furent ravis de voir leur Seigneur monter dans sa gloire avec tant de majesté.

Enfin, le troisième sentiment était un désir extrême de suivre celui qu’ils aimaient uniquement. Leurs cœurs du moins ne consentirent point à se séparer de Lui ; et c’est alors que s’accomplit à la lettre cette prophétie de David : En s’élevant vers le ciel, Il entraîna après Lui la captivité captive. Il emmena en effet deux sortes de captifs. Les uns, à savoir, tous les justes qu’Il avait retirés des Limbes, Le suivirent véritablement et en personne ; les autres, comme sa Mère et ses disciples, Le suivaient de toutes les affections de leurs cœurs, que l’amour avait attachés et inséparablement unis au sien.

Oh ! Que n’ai-je été du nombre de ces heureux captifs ! – Ô mon Jésus, captivez mon cœur et emmenez-le au ciel, afin qu’il y soit toujours en votre compagnie. Quelle joie je ressens de Vous voir au milieu des airs, comme un aigle qui excite ses petits à prendre leur essor et à voler après lui. Donnez-moi, Seigneur, les ailes de l’aigle, afin que je Vous suive partout. Que toute mon ambition soit de m’élever avec Vous au-dessus des choses terrestres. Hors de Vous, je ne veux rien sur la terre, et je n’ai d’autre désir que de jouir de votre présence dans le ciel.