Un jour où je parlais des anges déchus avec mon père, celui-ci me dit « Aie pitié des anges déchus ! » Je lui manifestai évidemment mon étonnement et lui demandai comment il pouvait avoir pitié des démons. « Les pauvres, parce qu’ils se sont laissé entraîner ! » Il est vrai que cette pitié ne leur sert plus à rien, pas plus qu’à Judas… C’est pour éviter de tels drames que, le soir de sa résurrection, le bon Jésus confère aux apôtres son propre pouvoir de remettre les péchés, tant par le baptême que par l’absolution. Jésus est un bon ami qui réduit au minimum les exigences pour nous pardonner. Méditons sur la miséricorde du bon Jésus, telle qu’il la manifeste après sa résurrection.
Écouter le sermonLa Passion corporelle de Jésus
par le Docteur Pierre Barbet
Quand un chirurgien s’est penché pendant des années sur la souffrance d’autrui, quand il y a goûté soi-même, il est certes plus près de la compassion que de l’indifférence, parce que il connaît mieux la douleur, parce qu’il en sait mieux les causes et les effets.
Aussi, lorsqu’un chirurgien a médité sur les souffrances de la Passion, quand il en a décomposé les temps et les circonstances physiologiques, quand il s’est appliqué à reconstituer méthodiquement toutes les étapes de ce martyre d’une nuit et d’un jour, il peut, mieux que le prédicateur le plus éloquent, mieux que le plus saint des ascètes (à part ceux qui en ont eu la directe vision, et ils en sont anéantis), compatir aux souffrances du Christ. Je vous assure que c’est abominable ; j’en suis venu pour ma part à ne plus oser y penser. C’est lâcheté sans aucun doute, mais j’estime qu’il faut avoir une vertu héroïque ou ne pas comprendre, qu’on doit être un saint ou un inconscient, pour faire un Chemin de Croix. Moi, je ne peux plus.
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Sermon pour les obsèques de mon Père
La paternité de Dieu

Chers Amis
Voici le sermon que j’ai donné aux obsèques de mon Père. La partie centrale est dense et je l’ai écrite pour qu’elle soit étudiée afin d’être mise en pratique. Je vous donne donc le texte écrit intégral du sermon à la suite de l’enregistrement. Je remercie tous ceux d’entre vous, nombreux, qui m’ont exprimé leur soutien et leur compassion, avec leurs prières. Je prie pour eux tous.
Que Dieu vous bénisse !
Plan du sermon
Pourquoi sous une tente
La paternité de Dieu et nous
Les intentions de mon Père
Les quinze promesses de Notre-Dame du Rosaire
Voici les quinze promesses que Notre-Dame a révélées en 1460 au bienheureux Alain de la Roche (1428–1475), dominicain du couvent de Dinan, grand apôtre du Rosaire, qui restaura la dévotion au Très Saint Rosaire en parcourant la France, l’Allemagne et les Pays Bas et qui fut le fondateur des Confréries du Rosaire.
Le Bienheureux Alain, assailli par de terribles combats et tentations, eut une apparition de la Vierge Marie, accompagnée de quelques saints, qui chassèrent loin de lui le démon. Marie lui montra alors les promesses et grâces que chacun peut obtenir par la prière quotidienne et fidèle du chapelet. Alain de la Roche mit donc par écrit ces promesses qui furent approuvées par le Saint-Siège en 1895.
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Mon Père vient de décéder ce soir 23 mars 2023.
Vous lui devez beaucoup par ce qu’il m’a transmis en union avec ma mère et vous cueillez les fruits de ce qu’ils ont semé. Après avoir semé la charité dans notre pauvre pays qui la bafouait, maintenu et défendu la foi malgré les modernistes, il m’a annoncé la ruine de la Fraternité Saint Pie X et a approuvé, soutenu, partagé les décisions que j’ai dû prendre. En tout cela c’est à vous qu’il pensait, pour vous qu’il agissait, pour vous qu’il priait son rosaire chaque jour avec maman et même souvent plus.
La cérémonie des obsèques aura lieu sur le terrain de notre maison à Rouen et il sera ensuite inhumé à Bois-Guillaume près de son fils Didier. Votre présence, si cela vous est possible, sera une consolation pour ma mère, une reconnaissance pour ce qu’il a fait, un témoignage de fidélité à ce qu’il a toujours poursuivi.
Ci-dessous mon père reçoit ma première bénédiction, en présence de Mgr Lefebvre, du futur Mgr Williamson, du Père Barrielle…

Sermon ~ mise en garde contre les vices de notre époque
8. Le martyre, modèle de vie chrétienne
Mes bien chers Frères,
Pour les bons chrétiens, le martyre est non seulement un don de Dieu, il est aussi un modèle de vie chrétienne. Ainsi l’ont considéré les premiers moines. Puis, à l’époque moderne, la vie chrétienne fut considérée sous un tout autre angle… jusqu’à ce que nous tombions dans le modernisme. Allons-nous continuer à descendre la pente ou voulons-nous la remonter ?
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Un apostat qui s’est bien racheté par le martyre
Le 16 janvier 1858, le petit Séminaire de Ke-Bang, où se sont réfugiés les élèves de Vinh-Tri, est assiégé par le préfet de Nam-Dinh, escorté de 700 soldats. Le blocus et les fouilles durèrent seize heures. Le feu fut mis au presbytère, à l’école cléricale, à l’église, au couvent des religieuses indigènes, les Amantes de la Croix.
Saint Ignace, martyr
« être broyé sous la dent des bêtes comme froment de Dieu, pour devenir le pain de Jésus-Christ. »
Saint Ignace fut un grand évêque, un homme d’une rare sainteté ; mais sa gloire est surtout son martyre. Conduit devant l’empereur Trajan, il subit un long interrogatoire :
« — C’est donc toi, vilain démon, qui insulte nos dieux ?
« — Nul autre que vous n’a jamais appelé Théophore un mauvais démon.
« — Qu’entends-tu par ce mot Théophore ?
« — Celui qui porte Jésus-Christ dans son cœur.
« — Crois-tu donc que nous ne portons pas nos dieux dans notre cœur ?
« — Vos dieux ! ce ne sont que des démons ; il n’y a qu’un Dieu Créateur, un Jésus-Christ, Fils de Dieu, dont le règne est éternel.
« — Sacrifie aux dieux, je te ferai pontife de Jupiter et père du Sénat.
« — Tes honneurs ne sont rien pour un Prêtre du Christ ».
Trajan, irrité, le fait conduire en prison. « Quel honneur pour moi, Seigneur, s’écrie le Martyr, d’être mis dans les fers pour l’amour de Vous ! » et il présente ses mains aux chaînes en les baisant à genoux.
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Sermon ~ Méditation sur le Jeudi saint
par Mgr Lefebvre
Mes bien chers Frères,
Je n’ai pu vous donner de sermon aujourd’hui, alors voici un beau sermon de Mgr Lefebvre, méditation sur le Jeudi Saint. Cela convient bien à la période du carême. Écône, 15 avril 1976.
Que Dieu vous bénisse,
Écouter et lire le texteUn apostat qui s’est bien racheté par le martyre
Un apostat qui s’est bien racheté par le martyre
Extrait de : Le Père Six, curé de Phat-Diem, vice-roi en Annam, par Mgr Armand Olichon, 1941
À l’époque des faits, l’abbé Triêm est grand séminariste.
Le 16 janvier 1858, le petit Séminaire de Ke-Bang, où se sont réfugiés les élèves de Vinh-Tri, est assiégé par le préfet de Nam-Dinh, escorté de 700 soldats. Le blocus et les fouilles durèrent seize heures. Le feu fut mis au presbytère, à l’école cléricale, à l’église, au couvent des religieuses indigènes, les Amantes de la Croix.
Les habitants du village avaient pris la fuite. Quatorze chrétiens et quatre élèves de l’école furent arrêtés. Parmi ces derniers se trouvait Jean Phap, le petit frère de l’abbé Triêm. Chargés d’une lourde cangue, tous furent conduits à Nam-Dinh et jetés en prison.
Alors se déroula une scène de toute beauté, dont le récit dut arracher des larmes de fierté au frère du petit martyr.
Un jour, l’abbé Triêm, lui-même en fuite, apprit qu’un jeune homme demandait à le voir. C’était un élève du Petit Séminaire, l’un des compagnons de Jean Phap dans ses combats, mais non, hélas ! dans sa victoire.
En apercevant l’abbé Triêm, il éclata en sanglots :
— Je demande à voir le Seigneur-Maître (c’est ainsi que les chrétiens désignent l’évêque). Je suis perdu j’ai foulé aux pieds la croix !
Pierre Triêm eut grand’peine à obtenir un récit cohérent des événements du 16 janvier. Il connaissait le visiteur : Paul Bot, âgé de dix-sept ans, élève de septième au Petit Séminaire. Peu à peu, cependant, en phrases hachées, il obtint un récit du drame.
Les séminaristes avaient été séparés des autres chrétiens pour être jugés à part.
— Traduits devant le tribunal du mandarin nous fûmes sommés de fouler aux pieds la croix placée à terre, au milieu du prétoire… Grâce à Dieu, personne de nous ne faiblit… Alors, on nous attache à quatre piquets, la face contre terre, et le mandarin nous fait frapper de quarante coups de rotin. Au bout de quelques jours, nous fûmes amenés une deuxième fois devant le tribunal. Même sommation. Même refus. Une seconde fois, nous fûmes battus de verges…
— Mais alors, petit frère, pourquoi pleurer ? Tu n’as rien à te reprocher I…
— C’est que la troisième fois, le juge, voyant qu’il n’obtenait rien de nous par la crainte, changea de méthode : « Par pitié pour votre jeunesse, dit-il, je ne veux plus vous obliger à marcher sur la croix. Laissez-vous seulement transporter sans rien dire par-dessus le signe dessiné à terre.
Pierre Triêm avait compris.
— Et alors ? demanda-t-il, la gorge serrée.
— Alors, trois d’entre nous se laissèrent soulever par les extrémités de leur cangue, et les soldats nous transportèrent de l’autre côté du signe de la croix… Je fus l’un de ceux-là. J’ai renié mon Dieu. !…
Pierre Triêm n’osait interroger davantage.
— Et Jean ? murmura-t-il enfin.
— Jean Phap fut le seul à protester ! Lorsque les satellites du mandarin voulurent saisir sa cangue, il se débattit de toutes ses forces… C’était pourtant le plus jeune de nous quatre, il n’avait que quatorze ans… Alors, en riant, les soldats le soulevèrent. Il se débattait de son mieux, repliant ses petites jambes et criant de toutes ses forces « Non, je ne marche pas sur la croix ! Non, je ne renie pas mon Dieu ! »
L’abbé Triêm pleurait silencieusement.
— Qu’ont-ils fait de lui ? demanda-t-il à voix basse.
Les sanglots du coupable redoublèrent :
— Ils ne l’ont pas tué tout à fait, mais, avant de l’envoyer en exil, ils lui ont fait subir d’affreux supplices. Le mandarin le fit s’agenouiller sur la planche hérissée de clous. Ce fut en vain. Il dit qu’il aimait mieux mourir que de renier Jésus-Christ…
— Ce fut tout ?…
— Non. Le mandarin, l’ayant fait reconduire en prison et battre de verges, l’appela une dernière fois au prétoire. Cette fois, le bourreau tenait à la main des tenailles rougies au feu. « Si tu ne veux pas marcher sur le signe de la croix, dit le juge, je te fais arracher la peau… »
Le petit Jean marcha vers le bourreau et tendit ses bras… On le ramena en prison sanglant, évanoui, mais pur de tout péché. Aujourd’hui, il est avec les bannis de Lang-son…
L’abbé Triêm, à genoux, priait et souriait dans ses larmes.
Quand il se releva, il prit doucement le front du pauvre apostat prostré à ses pieds :
Mais toi-même, malheureux enfant, qu’es-tu devenu depuis lors ?
— Je me suis enfui du côté de mon village natal. Ma mère, veuve, y habite seule…
Ici, un hoquet coupa sa voix.
Pierre Triêm releva la tête du coupable et le força de continuer.
— Ma mère m’a maudit !… « Jamais, dit-elle, je ne permettrai à un renégat, fût-il mon enfant, d’habiter sous ce toit. Si tu étais mort, mon fils, je te pleurerais comme un martyr. Aujourd’hui, je pleure de honte d’avoir enfanté un apostat. »
Le pauvre Paul Bot suppliait l’abbé Triêm de le conduire à l’évêque pour qu’il pût obtenir son pardon et racheter sa faute. Avec sa prudence ordinaire, Pierre Triêm démontra à son jeune camarade que l’absolution de l’évêque n’était pas indispensable, qu’il pouvait obtenir son pardon du premier prêtre qu’il rencontrerait, et qu’il ne lui resterait qu’à accomplir sa pénitence. Cette pénitence fut héroïque.
Quelques semaines après, l’abbé Triêm recevait de Paul Bot une lettre où il racontait qu’il s’était confessé et qu’il était réconcilié avec l’Église, mais qu’il désirait faire encore quelque chose de plus. Il demandait s’il lui serait permis, pour réparer davantage son crime, de retourner devant le mandarin de Nam-Dinh pour confesser la foi.
Le destinataire de la lettre répondit aussitôt à Paul qu’ayant accompli tout ce que lui avait ordonné son confesseur, il pouvait demeurer en paix ; que si, cependant, confiant en Dieu, il allait confesser la foi devant le tribunal de Nam-Dinh, cet acte glorifierait certainement l’Église d’une façon héroïque.
Au reçu de cette réponse, le jeune séminariste se revêtit de ses plus beaux habits et prit le chemin de Son-Mieng, où habitait sa mère.
— Salut, ô ma mère. lui dit-il. Il y a quelques semaines, à Nam-Dinh, j’ai commis un acte de lâcheté, je me suis laissé transporter par-dessus le signe de la croix ; mon acte vous a fait beaucoup de peine. Je vous en demande pardon, comme j’en ai demandé pardon à Dieu ; j’ai fait toute ma pénitence, mais aujourd’hui je veux retourner à la ville, devant le grand mandarin, et lui rendre l’acte qu’il m’a fait accomplir par surprise. Je viens, ô ma mère, vous saluer et vous demander la permission de partir.
Ensuite, par quatre fois, le jeune homme s’inclina en se prosternant jusqu’à terre ; c’est ainsi qu’on salue les supérieurs, en Annam, dans les grandes circonstances.
— Tu peux aller et faire ce que tu dis, mon fils, lui répond cette mère héroïque ; je t’ai offert au bon Dieu depuis longtemps pour être son prêtre, c’est à lui que tu appartiens. Qu’il te soutienne !
Le lendemain, le juge de Nam-Dinh venait de s’asseoir à son tribunal, lorsqu’on vit un jeune homme entrer précipitamment et se placer en face de lui.
— Salut, grand mandarin ! s’écria-t-il. Je suis le séminariste Bot. Il y a quelques semaines, vous m’aviez fait apostasier en me trompant. Vos soldats m’ont transporté par-dessus la croix, mais, cet acte, je le réprouve ; je ne veux pas le garder pour moi, je vous le rapporte et je vous le rends.
Le juge, interloqué, fit chasser l’insolent du prétoire. Mais le courageux jeune homme y rentra et jeta à nouveau son défi à la face du mandarin. Celui-ci le fit alors flageller durement, tandis que la courageuse victime répétait sans cesse :
— Cet acte n’est pas à moi, il est au grand mandarin ; je le lui rends.
Enfin, furieux de ne pouvoir le faire taire, le grand mandarin ordonna de le ligoter et de le jeter aux éléphants.
Quand le noble martyr fut étendu, pieds et mains liés, sur le sol du parc à éléphants, les énormes bêtes s’approchèrent lentement. D’ordinaire, ces monstres écrasent immédiatement leurs victimes. Pour Paul, il n’en fut pas ainsi ; ils semblaient le respecter. Deux heures durant, ils considérèrent cet innocent couché à terre, qu’on entendait murmurer des invocations pieuses ou redire :
— Cet acte n’est pas à moi je le rends au grand mandarin.
Enfin, le cornac, impatienté, se mit à exciter ses bêtes. L’une d’elles, s’approchant du martyr leva sur sa poitrine sa patte monstrueuse. Une dernière prière, un cri, le bruit d’os qui s’écrasent, du sang, une pauvre loque humaine : l’Église d’Annam comptait un bienheureux de plus.
En attendant la sentence de l’Église, le corps du petit séminariste Paul Bot, pénitent et martyr, repose aujourd’hui dans la chapelle du Petit-Séminaire de la Mission de Phat-Diem…
