De la subversion [1]
par Serge Iciar

Premier article : Le communisme avatar « gnostico-cabalistique »

Le Saint-Office, dans un décret important, attire l’attention des chrétiens sur la franc-maçonnerie, la fin qu’elle poursuit, les moyens qu’elle met en œuvre, son mode d’action, les pactes conclus par ses membres, les doctrines qu’elle répand. La fin des organisations maçonniques est la subversion des deux sociétés civile et ecclésiastique ; les moyens employés, sont souvent illicites et peccamineux ; le mode de cooptation est impie ; les pactes qui lient leurs membres aux organisations maçonniques sont immoraux ; les doctrines répandues sont l’athéisme, le panthéisme, le socialisme. Le Saint-Office conclut : « Considérez avec attention toutes ces choses ; ajoutez-y le développement impressionnant atteint par ces sociétés secrètes ; la durée de vie qu’elles ont déjà atteinte ; leur vigueur, pour ne pas dire leur fureur ; la ténacité avec laquelle leurs membres s’accrochent à la secte et à ses erreurs ; la commune conspiration [communem conspirationem] pour le mal dans la variété des noms ; et alors, vous ne pourrez nier que le suprême Architecte de ces sociétés (étant donné que les effets doivent avoir une cause proportionnée) ne saurait être autre que celui qui est appelé le Prince de ce monde par les saintes Écritures, qui inspire, par une intervention physique, au moins les chefs de ces sociétés. »[2]

Cette approche du plan de subversion de l’ordre voulu par Dieu permet de mettre en perspective ses différentes phases depuis le 1er siècle.

La fin de ces organisations est la mise en œuvre de la cabale.

On peut résumer la cabale dans les cinq idées suivantes : 1 – Dieu, en dernière analyse, est un néant qui sort du néant. 2 – Le néant, par évolution, devient le monde et l’homme. 3 – Dieu fabrique le monde par un acte sexuel. 4 – Le mal est en Dieu et le mal du monde a une origine divine. 5 – Dieu, parfaitement accompli et réalisé, atteint son apogée dans l’homme de l’Humanité.[3]

La mise en œuvre est commune à la plupart des entreprises de subversion

Sans remonter au Serpent de l’Éden, on peut résumer le plan à ses étapes cruciales. Après l’échec de la tentative de subversion néomanichéenne, qui avait failli submerger l’Occident au 12e siècle avec les cathares, il a subsisté un noyau de gnostiques qui, appuyés par des talmudistes, ont appliqué une tactique nouvelle qui n’est pas sans rappeler la tactique de Lénine :

  • D’abord (1ère étape) s’assurer en Europe une base territoriale où ils seraient à l’abri du pouvoir pontifical et de ses organes de répression – ce fut le rôle de la Réforme protestante qui réussit à détacher de Rome une partie de l’Allemagne, puis l’Angleterre et la Scandinavie. L’influence de Luther a été étudiée de façon approndie ans les deux derniers numéros du Sel de la Terre (n° 99 et 100 – 1517-2017 500 ans de subversion protestante.
  • Ensuite (2e étape), dans un des territoires ainsi « libérés », établir un noyau dirigeant qui puisse fonctionner clandestinement sous une couverture officielle et légale, qui puisse assurer sa propre pérennité malgré les aléas possibles de l’histoire (ce qui suppose d’abord le choix d’une implantation géographique particulièrement sûre et ensuite la possibilité d’assurer le recrutement et la succession par cooptation), qui puisse enfin disposer des moyens financiers, diplomatiques et militaires que donne le contrôle d’un État souverain dont on assurera désormais la sécurité, l’expansion et la puissance, tout en utilisant clandestinement tout cela dans un but de subversion universelle.
  • Mais, troisième étape, pour réussir ailleurs que dans un seul pays, il fallait créer une Contre-Église internationale qui s’implanterait partout et qui réussirait à changer les mentalités des chrétiens. Pour cela, les rose-croix anglais bâtirent la franc-maçonnerie laquelle opéra de la même manière qu’en Allemagne, en Angleterre et en Scandinavie, et ce furent les U.S.A. qui furent créés comme base territoriale de la subversion, mettant à son service tout son poids et ses structures.
  • Or, il fallait, quatrième étape, créer une sorte d’opposition à cette subversion. D’une part il fallait détourner l’attention des peuples et même si possible « blanchir » la subversion occidentale qui commençait à paraître pour ce qu’elle est : sataniste. Il fallait surtout prendre le monde en tenaille, selon la pratique révolutionnaire du « Solve et coagula » ou de la dialectique. Ce fut la création du marxisme communiste.

Voilà pourquoi Lénine et Trotski furent aidés dans leur création en 1919 des partis communistes dans le monde entier par le Komintern.[4]

Les origines occultistes du communisme expliquent ses liens avec la franc-maçonnerie.

Marx et Engels, dans le Manifeste du Parti communiste (1848) ont tout simplement repris à leur compte les thèses des Illuminés de Bavière. À ce sujet le professeur Lozac’hmeur[5] note « que la dialectique, au dire des maçons eux-mêmes, est au cœur de la doctrine initiatique, ensuite que Hegel, à qui Marx doit l’essentiel de sa philosophie, fut en étroit contact avec la franc-maçonnerie, enfin que Marx appartenait à une société secrète issue de la charbonnerie ».

De 1909 à 1912, Lénine vivant à Paris recevait ses premiers camarades russes à qui il expliquait la stratégie révolutionnaire qu’il mettait au point dans un travail assidu. Il est temps, leur disait-il, de nous évader des conceptions étroites du marxisme dans sa partie économique et de n’en garder que la vision historique. Celle-ci doit devenir, dans l’humanité, un guide pour l’action. C’est pendant ce séjour à Paris que Lénine aurait été initié à la loge « l’Union de Belleville ».

« La Documentation Catholique du 6 mars 1920 [p. 326 à 328] a reproduit un document établi par le “Secret Service” de l’armée américaine en 1916 et transmis aux Alliés. Il y est indiqué par qui était fomentée la révolution qui se préparait alors en Russie. Parlant de ces influences, le document cite les noms de Jacob Schiff, de Warburg, Otto Kahn, Mortimer Schiff, Jérôme Hanauer, Guggenheim, Marx Breiting, tous de la banque Kühn, Lœb et Cie. J. Schiff finança en 1917 son coreligionnaire Trotsky [de son vrai nom Bronstein] qui avait épousé la fille d’un financier israélite, Jivotosky. La banque Lazard de Paris et la banque Gunsbourg de Petrograd versèrent aussi des fonds aux bolcheviks ».

Cette approche globale qui est celle du Saint-Office que nous avons cité pour commencer, ne se limite pas à un aspect de la question, quel peuple, quelle méthode, quel enchaînement historique, quelle vision du monde gnostico-kabalistique, elle voit comme un tout l’œuvre de Satan dans le monde et elle en montre la réalité complète.

Cela permet également de résoudre les contradictions apparentes et notamment celles que pourrait susciter la prétendue disparition du communisme.

La question posée par la disparition du communisme

Il faut bien saisir que le communisme n’est qu’un avatar du Mal. Ce mot désigne, dans l’hindouisme, les « réincarnations » d’une « divinité » – Vishnou – sous des formes aussi différentes que poisson, tortue, sanglier, homme-lion, nain, les deux Sama, Crischna, Bouddha et Calci, ce qui est proprement gnostico-cabalistique.

Or, le communisme ayant rendu les services que le Mal attendait de lui, peut non pas disparaître, mais changer de forme lorsque son échec au plan temporel devenait dangereux pour la continuation du plan diabolique.

Mgr Lefebvre l’avait parfaitement compris en visionnaire qu’il était, en affirmant en 1979 dans une conférence au Québec :

« Le socialisme fait des progrès considérables ; mais cela avec toute la puissance de la maçonnerie actuelle qui est partout, partout, partout ; qui est à Rome, qui est partout. La maçonnerie est partout et dirige tout. Bientôt nous serons fichés avec des ordinateurs, nous aurons tous notre numéro et nous ne pourrons plus rien faire sans que tout soit indiqué sur la fiche que nous aurons, et tout ça par ordinateur. Nous serons dans une situation pire que dans un pays soviétique[6].

[…] C’est épouvantable, on ne s’imagine pas vers quoi on va actuellement, vers une socialisation qui, apparemment, ne semble pas aussi dure que celle du communisme et qui pourtant, en définitive, va être tout simplement une image du communisme, mais réalisée par des moyens scientifiques au lieu d’être réalisée par la force, comme l’ont fait les communistes : ce sera la même chose. »

Le glissement du communisme au socialisme, et maintenant au libéralisme non complexé du « macronisme » ne correspond-t-il pas au déroulement de ce plan ? La décomposition des partis traditionnels, de droite comme de gauche, pourrait bien s’inscrire dans la stratégie maçonnique du « solve et coagula »[7]. Comme le Moloch, la Révolution, mère des partis, mange ses enfants et la roue continue de tourner broyant même ses adorateurs[8].

« La gauche doit tout changer, la forme comme le fond, ses idées comme ses organisations. La gauche doit ouvrir un nouveau cycle. Il s’agit de repenser les racines du progressisme, car ses deux piliers – l’État providence (socialisation) et l’extension continue des libertés – sont remis en cause »[9].

Prétendre que l’État providence recule quand notre économie est la plus socialisée du monde occidental[10] et que l’extension continue des libertés est mise en cause alors que Macron est en passe de faire adopter une loi légalisant la procréation médicalement assistée pour les femmes célibataires ou en couple homosexuel[11] est de la subversion.

Oui, tout en laissant l’illusion de la liberté par toutes les lois permissives, il s’agit de faire accepter la perte des libertés réelles au profit de la suprématie de subversion satanique : lois prétendument sécuritaires, éthiques ou égalitaires, restriction de la libre expression de la vérité par les lois « mémorielles » qui interdisent la controverse historique alors que celle-ci régnait au moyen âge dans les universités, extension des pouvoirs de répression octroyés aux forces de l’ordre et même à des particuliers comme Google ou Facebook au nom de la lutte contre le terrorisme ; vol la moitié des richesses par la redistribution des richesses ; atteinte aux droits imprescriptibles des parents au nom du droit à l’enseignement etc. C’est toute une « morale révolutionnaire » qui met en place la vertu révolutionnaire. Tout cela n’est, comme le disait Mgr Lefebvre, que du communisme déguisé imposé de façon scientifique.

C’est cela que la Très Sainte Vierge dénonçait à Fatima, et c’est pourquoi elle demandait la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé. Or, comme, quoique qu’on en dise, cette demande de la consécration de la Russie n’a pas été satisfaite, les erreurs de la Russie se répandent. Les guerres se poursuivent et l’Islam[12] se répand comme le communisme le fit au début du XXe siècle[13].

Il nous faut essayer de comprendre pourquoi et c’est ce que nous essayerons de faire dans les prochains articles où nous aborderons, en particulier, la question de la subversion de l’Église et de  la subversion par autorité.

 

Serge Iciar

 

[1]    Cette étude a utilisé comme sources les occurrences du mot subversion dans les articles du Sel de la terre N° 1 à 60 Le plus souvent elles seront explicitement citées, mais de toute façon mes analyses sont nourries par les lectures de ce périodique, en tous cas par ce qu’il m’en reste quand j’ai tout oublié.

[2]    Décret du Saint-Office du 13 juillet 1865, ASS vol. 1, note, p. 293-294 :

[3]    NB Le national socialisme allemand puisait aux mêmes sources, poursuivait les mêmes fins et a produit les mêmes effets.

[4]    « L’action maçonnique en Europe aux 17e et 18e » Le Sel de la Terre No 68, printemps 2009

[5]    Jean-Claude Lozac’hmeur, De la révolution, Essai sur la politique maçonnique, Vaillysur-Sauldre, éd. Sainte-Jeanne-d’Arc, 1992, p. 56-57. — Les fondateurs du nazisme ont d’ailleurs puisé aux mêmes sources occultistes que les communistes (J.C. LOZAC’HMEUR dans Le Sel de la terre 51, p. 84, note 3).

[6]    Matthieu 12, 44-45 Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. Il en sera de même pour cette génération méchante.

[7]    Rappelons nous du passage des Ténèbres à la Lumière de J Lang lors de l’élection de F Mitterrand. Les initiations maçonniques sont une suite de dissolutions et de coagulations ou de déstructurations et de reconstructions C’est le solve et coagula, le « dissous et coagule » des alchimistes. Nombreux sont ceux qui ont relevé les symboles maçonniques de l’intronisation d’ E. Macron jusqu’à son ambition d’être le « maître des horloges » ou la présence sur la photo présidentielle du livre du F.M. Stendhal « Le Rouge et le Noir », symboles de la transmutation au sens alchimique du terme qui figurent le passage initiatique de franc-maçon de l’Œuvre au noir à l’Œuvre au rouge.

[8]    Moloch dans la Bible est le nom du dieu auquel Ammonites cananéens sacrifiaient leurs premiers-nés en les jetant dans un brasier. Il est plaisant de constater comment les parangons de vertus républicaines, à l’instar de M. Fillon  ont été éliminés les uns après les autres,  conformément aux lois de « moralisation » que la République corrompue est contrainte de prendre sous la pression de l’opinion publique « scandalisée ».

[9]    Déclaration de M Cambadélis dimanche 18 juin 2017. Jean-Christophe Cambadélis secrétaire général du P.S. jusqu’à son échec aux dernières élections, comme beaucoup des caciques du parti socialiste ( Jospin, Hamon, Mélenchon etc.) est issu du Trotskisme dont il a mis en pratique l’entrisme recommandé par leur maître à penser Pierre Boussel, dit Lambert, pour faire avancer les idées révolutionnaires au sens que nous lui donnons.

[10]  Indépendamment des prélèvements obligatoires les plus élevés du monde occidental, l’État en France assume des responsabilités d’actionnaire ou de tutelle pour les Établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) et les entreprises dans lesquelles il possède des actions. Il contrôle ainsi 73 entreprises, dont certaines cotées en Bourse, et 700 autres de manière indirecte. Leur chiffre d’affaires cumulé était de 145 milliards d’euros en 2013. Et les effectifs de ces entreprises représentaient 1,7 million de salariés sur 25,8 millions d’actifs dont 5,64 millions d’agents de la fonction publique. Les entreprises les plus connues supervisées par l’APE sont : Aéroports de Paris, EDF, Areva, Safran, Thales, La Poste, GDF Suez, Renault, France Télévisions, CNP Assurances, Air France, Airbus, PSA, La Française des jeux, Charbonnages de France, Orange, SNCF, Dexia. Ces activités sont gérées par l’Agence des participations de l’État (APE), créée depuis 2004.

 

[11]  E Macron nouvellement élu a adressé le 24 juin un message de soutien à la dernière manifestation « Gay pride » “La France est arc-en-ciel. Nous sommes riches de nos diversités, soyons en fiers!”

[12]  Islam et communisme montrent de nombreuses similitudes qu’il serait intéressant de comparer.

[13]  « C’est le grand phénomène de notre époque que la violence de la poussée islamique. Sous-estimée par la plupart de nos contemporains, cette montée de l’islam est analogiquement comparable aux débuts du communisme du temps de Lénine. » André Malraux Note sur l’islam 1956.