Mes bien chers Frères,
Avant-hier, vendredi 21 novembre, jour anniversaire de la déclaration du 21 novembre 1974 de Mgr Lefebvre, Mgr Ballini a ordonné à la prêtrise M. l’abbé Paul Schmidt. Toute notre communauté était présente pour manifester notre union, notre soutien et notre amitié. Mgr Ballini donna un sermon qui, je l’espère, sera publié. M. l’abbé Schmidt desservira les fidèles d’Irlande qui auront ainsi deux prêtres. Priez pour lui.
Voici un sermon sur la tour de Babel et sur Nemrod. Situation bien d’actualité. Tout va mal… sauf pour ceux qui aiment Dieu.
Profiterez-vous de notre hospitalité pour Noël ?
Résumé du sermon
1. Avant la tour de Babel, le pouvoir s’émancipe de Dieu et devient tyrannique
St Jean Chrysostome. À propos de Nemrod qui fut le premier à dominer un peuple : « Pas de sujets, pas de roi voilà bien la vraie liberté ; mais la servitude la plus lourde est celle qui maîtrise des hommes libres. Voyez les ravages de l’ambition, voyez la force du corps dépassant ses limites, jamais satisfaite, aspirant à la gloire. Ce n’était pas pour protéger et défendre que Nemrod se faisait des sujets ; mais il construisait des villes pour dominer. De cette contrée, dit le texte, sortit Assur, et il bâtit Ninive. »
On entend souvent dire qu’il faut un chef pour établir l’unité et que sans lui, l’unité n’est pas possible dans une société. On a pris récemment devant moi l’exemple de l’orchestre. Mais ce n’est pas vrai en musique ancienne ou en musique de chambre. Ici, l’unité se fait par l’accord des esprits, des cœurs et des sensibilités.
St Jean Chrysostome : Dieu voulait des hommes libres, tous rois. Si des rois qui dominent sont devenus nécessaires, c’est soit pour réprimer la malice, soit pour subvenir à la faiblesse. À propos de Cham : « c’est avec raison que toute sa postérité a été condamnée à la servitude, frein nécessaire de la volonté pervertie. »
Mais même dans ces cas, un certain accord spirituel est nécessaire, sinon on a des esclaves dominés par un tyran.
Deux causes de la dissolution de la société : les gouvernants s’émancipent de Dieu, les sujets recherchent les biens matériels.
La première cause, nous la voyons chez Nemrod. Dieu permet cela comme châtiment du peuple qui ne vit plus chrétiennement.
2. La tour de Babel et la division
La deuxième cause nous la voyons avec la tour de Babel. Les peuples cherchent de nouvelles terres, riches. Ils veulent des possessions. Les pères de l’Église les en blâment. Puis ils veulent montrer leur puissance dans la pierre (ici la brique). Conséquence : ils ne se comprennent plus, se divisent.
Le bien commun est spirituel. Plus un bien est matériel, moins il peut appartenir à plusieurs en même temps.
3. Application à l’Église
L’unité se fait dans la foi, la charité, les œuvres de miséricorde. Le gouvernement des évêques applique cette unité aux diverses œuvres. Sans cette unité, aucun gouvernement, aussi fort soit-il, ne pourrait maintenir l’Église.
Le problème de la tyrannie : la fausse obéissance. St Jean Chrysostome : « Ce n’était pas pour protéger et défendre que Nemrod se faisait des sujets ; mais il construisait des villes pour dominer. »
Le problème des chrétiens qui recherchent les biens d’ici-bas. Vatican II.
La division dans l’Église, entre « traditionalistes », dans la Fidélité Catholique. Elles sont la preuve d’un manque d’unité d’esprit, d’une foi qui n’éclaire plus la route, pas d’un pouvoir faible.
1 Co 11, 18 : « il y a parmi vous des divisions, et je le crois en partie, car il faut qu’il y ait aussi des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient reconnus comme tels au milieu de vous. »
Le remède : l’unité de la foi, de la charité, des œuvres de miséricorde spirituelle.
Mgr Williamson a poussé fort loin son refus de commander, pour mettre en avant l’unité de la foi et du service de la foi.
1 Corinthiens 1:10 « Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment. »
Éphésiens 4, 1 « Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. »
L’unité dans le Saint-Esprit.
L’aide de la Très Sainte Vierge qui ne domine pas, mais qui ramène à un esprit.
Il faut demander au clergé ces biens spirituels en tout premier. La foi – la formation à la vertu – la mise en valeur des dons du Saint-Esprit. Il faut que chacun ait le souci de l’Église tout entière, non pour diriger, mais pour la faire vivre. « à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. »
