L’encyclique Fratelli tutti du pape François, condamnée par saint Pie X

Le pape vient d’écrire sa troisième encyclique Fratelli tuti qui est dans la droite ligne de la déclaration d’Abou Dhabi sur la fraternité humaine.

Cette doctrine a déjà été condamnée par saint Pie X, dans sa lettre sur le Sillon. Cette lettre est un des textes majeurs de saint Pie X sur le monde moderne et la prétendue démocratie chrétienne. On peut se reporter notamment aux paragraphes 19 (le rêve du Sillon) et aux paragraphes 25, 36 à 39 : Préparation d’une cité future, d’une Église universelle sans dogme ni hiérarchie.

Le nom de Sillon avait été donné par Marc Sangnier à un grand mouvement qu’il voulait démocrate-chrétien et qui n’était qu’une subversion de l’évangile par le socialisme. Il s’agissait de tracer un sillon comme le paysan, mais pour y semer un monde nouveau, et une humanité nouvelle.

Il faut absolument relire le paragraphe 24 , Erreur du Sillon sur la fraternité et la charité.

“Il en est de même de la notion de fraternité, dont ils mettent la base dans l’amour des intérêts communs, ou, par delà toutes les philosophies et toutes les religions, dans la simple notion d’humanité, englobant ainsi dans le même amour et une égale tolérance tous les hommes avec toutes leurs misères, aussi bien intellectuelles et morales que physiques et temporelles. Or, la doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelques sincères qu’elles soient, ni dans l’indifférence théorique ou pratique pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frères, mais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale non moins que pour leur bien-être matériel. Cette même doctrine catholique nous enseigne aussi que la source de l’amour du prochain se trouve dans l’amour de Dieu, père commun et fin commune de toute la famille humaine, et dans l’amour de Jésus-Christ, dont nous sommes les membres au point que soulager un malheureux, c’est faire du bien à Jésus-Christ lui-même. Tout autre amour est illusion ou sentiment stérile et passager. Certes, l’expérience humaine est là, dans les sociétés païennes ou laïques de tous les temps, pour prouver qu’à certaines heures la considération des intérêts communs ou de la similitude de nature pèse fort peu devant les passions et les convoitises du cœur. Non, Vénérables Frères, il n’y a pas de vraie fraternité en dehors de la charité chrétienne, qui, par amour pour Dieu et son Fils Jésus-Christ notre Sauveur, embrasse tous les hommes pour les soulager tous et pour les amener tous à la même foi et au même bonheur du ciel. En séparant la fraternité de la charité chrétienne ainsi entendue, la démocratie, loin d’être un progrès, constituerait un recul désastreux pour la civilisation. Car si l’on veut arriver, et Nous le désirons de toute Notre âme, à la plus grande somme de bien être possible pour la société et pour chacun de ses membres par la fraternité, ou, comme on dit encore, par la solidarité universelle, il faut l’union des esprits dans la vérité, l’union des volontés dans la morale, l’union des cœurs dans l’amour de Dieu et de son Fils, Jésus-Christ. Or, cette union n’est réalisable que par la charité catholique, laquelle seule, par conséquent, peut conduire les peuples dans la marche du progrès, vers l’idéal de la civilisation.”

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