La dernière lettre de nouvel an de l’abbé Robert à ses paroissiens

Cette lettre fut écrite par un prêtre insermenté, c’est-à-dire ayant refusé le schisme révolutionnaire de 1790, prêtre du Doubs qui poursuivit son ministère de façon héroïque auprès de ses paroissiens et de bien d’autres catholiques. Deux-cent trente ans plus tard on peut la reprendre sans avoir quasiment rien à y changer. On peut surtout la mettre en application, c’est pourquoi je vous la publie. Je ne saurais mieux dire et je la prends à mon compte pour vous souhaiter une bonne et sainte année.

Abbé François Pivert


30 décembre 1793

Mes chers et bien chers Paroissiens

Je ne puis m’empêcher en finissant cette malheureuse année et sur le point d’en commencer une nouvelle de vous faire les souhaits ordinaires. Autrefois, je vous les faisais tranquillement au pied de nos autels, où tous assemblés nous faisions quelques réflexions sur l’année qui venait de finir et sur celle que nous avions commencée.

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Saint Ignace, martyr
« être broyé sous la dent des bêtes comme froment de Dieu, pour devenir le pain de Jésus-Christ. »

Saint Ignace fut un grand évêque, un homme d’une rare sainteté ; mais sa gloire est surtout son martyre. Conduit devant l’empereur Trajan, il subit un long interrogatoire :

« — C’est donc toi, vilain démon, qui insulte nos dieux ?
« — Nul autre que vous n’a jamais appelé Théophore un mauvais démon.
« — Qu’entends-tu par ce mot Théophore ?
« — Celui qui porte Jésus-Christ dans son cœur.
« — Crois-tu donc que nous ne portons pas nos dieux dans notre cœur ?
« — Vos dieux ! ce ne sont que des démons ; il n’y a qu’un Dieu Créateur, un Jésus-Christ, Fils de Dieu, dont le règne est éternel.
« — Sacrifie aux dieux, je te ferai pontife de Jupiter et père du Sénat.
« — Tes honneurs ne sont rien pour un Prêtre du Christ ».

Trajan, irrité, le fait conduire en prison. « Quel honneur pour moi, Seigneur, s’écrie le Martyr, d’être mis dans les fers pour l’amour de Vous ! » et il présente ses mains aux chaînes en les baisant à genoux.

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Un apostat qui s’est bien racheté par le martyre

Un apostat qui s’est bien racheté par le martyre

Extrait de : Le Père Six, curé de Phat-Diem, vice-roi en Annam, par Mgr Armand Olichon, 1941

À l’époque des faits, l’abbé Triêm est grand séminariste.

Le 16 janvier 1858, le petit Séminaire de Ke-Bang, où se sont réfugiés les élèves de Vinh-Tri, est assiégé par le préfet de Nam-Dinh, escorté de 700 soldats. Le blocus et les fouilles durèrent seize heures. Le feu fut mis au presbytère, à l’école cléricale, à l’église, au couvent des reli­gieu­ses indigènes, les Amantes de la Croix.

Les habitants du village avaient pris la fuite. Quatorze chrétiens et quatre élèves de l’école furent arrêtés. Parmi ces derniers se trouvait Jean Phap, le petit frère de l’abbé Triêm. Chargés d’une lourde cangue, tous furent conduits à Nam-Dinh et jetés en prison.

Alors se déroula une scène de toute beauté, dont le récit dut arracher des larmes de fierté au frère du petit martyr.

Un jour, l’abbé Triêm, lui-même en fuite, apprit qu’un jeune homme demandait à le voir. C’était un élève du Petit Sémi­naire, l’un des compagnons de Jean Phap dans ses combats, mais non, hélas ! dans sa victoire.

En apercevant l’abbé Triêm, il éclata en sanglots :

— Je demande à voir le Seigneur-Maître (c’est ainsi que les chrétiens désignent l’évêque). Je suis perdu j’ai foulé aux pieds la croix !

Pierre Triêm eut grand’peine à obtenir un récit cohérent des événements du 16 janvier. Il connaissait le visiteur : Paul Bot, âgé de dix-sept ans, élève de septième au Petit Séminaire. Peu à peu, cependant, en phrases hachées, il obtint un récit du drame.

Les séminaristes avaient été séparés des autres chrétiens pour être jugés à part.

— Traduits devant le tribunal du mandarin nous fûmes sommés de fouler aux pieds la croix placée à terre, au milieu du prétoire… Grâce à Dieu, personne de nous ne faiblit… Alors, on nous attache à quatre piquets, la face contre terre, et le mandarin nous fait frapper de quarante coups de rotin. Au bout de quelques jours, nous fûmes amenés une deuxième fois devant le tribunal. Même sommation. Même refus. Une seconde fois, nous fûmes battus de verges…

— Mais alors, petit frère, pourquoi pleurer ? Tu n’as rien à te reprocher I…

— C’est que la troisième fois, le juge, voyant qu’il n’obtenait rien de nous par la crainte, changea de méthode : « Par pitié pour votre jeunesse, dit-il, je ne veux plus vous obliger à marcher sur la croix. Laissez-vous seulement transporter sans rien dire par-dessus le signe dessiné à terre.

Pierre Triêm avait compris.

— Et alors ? demanda-t-il, la gorge serrée.

— Alors, trois d’entre nous se lais­sèrent soulever par les extrémités de leur cangue, et les soldats nous transportèrent de l’autre côté du signe de la croix… Je fus l’un de ceux-là. J’ai renié mon Dieu. !…

Pierre Triêm n’osait interroger davantage.

— Et Jean ? murmura-t-il enfin.

— Jean Phap fut le seul à protester ! Lorsque les satellites du mandarin voulurent saisir sa cangue, il se débattit de toutes ses forces… C’était pourtant le plus jeune de nous quatre, il n’avait que quatorze ans… Alors, en riant, les soldats le soulevèrent. Il se débattait de son mieux, repliant ses petites jambes et criant de toutes ses forces « Non, je ne marche pas sur la croix ! Non, je ne renie pas mon Dieu ! »

L’abbé Triêm pleurait silencieusement.

— Qu’ont-ils fait de lui ? demanda-t-il à voix basse.

Les sanglots du coupable redoublèrent :

— Ils ne l’ont pas tué tout à fait, mais, avant de l’envoyer en exil, ils lui ont fait subir d’affreux supplices. Le mandarin le fit s’agenouiller sur la planche hérissée de clous. Ce fut en vain. Il dit qu’il aimait mieux mourir que de renier Jésus-Christ…

— Ce fut tout ?…

— Non. Le mandarin, l’ayant fait reconduire en prison et battre de verges, l’appela une dernière fois au prétoire. Cette fois, le bourreau tenait à la main des tenailles rougies au feu. « Si tu ne veux pas marcher sur le signe de la croix, dit le juge, je te fais arracher la peau… »

Le petit Jean marcha vers le bourreau et tendit ses bras… On le ramena en prison sanglant, évanoui, mais pur de tout péché. Aujourd’hui, il est avec les bannis de Lang-son…

L’abbé Triêm, à genoux, priait et souriait dans ses larmes.

Quand il se releva, il prit doucement le front du pauvre apostat prostré à ses pieds :

Mais toi-même, malheureux enfant, qu’es-tu devenu depuis lors ?

— Je me suis enfui du côté de mon village natal. Ma mère, veuve, y habite seule…

Ici, un hoquet coupa sa voix.

Pierre Triêm releva la tête du coupable et le força de continuer.

— Ma mère m’a maudit !… « Jamais, dit-elle, je ne permettrai à un renégat, fût-il mon enfant, d’habiter sous ce toit. Si tu étais mort, mon fils, je te pleurerais comme un martyr. Aujourd’hui, je pleure de honte d’avoir enfanté un apostat. »

Le pauvre Paul Bot suppliait l’abbé Triêm de le conduire à l’évêque pour qu’il pût obtenir son pardon et racheter sa faute. Avec sa prudence ordinaire, Pierre Triêm démontra à son jeune camarade que l’abso­lution de l’évêque n’était pas indispensable, qu’il pouvait obtenir son pardon du premier prêtre qu’il rencontrerait, et qu’il ne lui resterait qu’à accomplir sa pénitence. Cette pénitence fut héroïque.

Quelques semaines après, l’abbé Triêm recevait de Paul Bot une lettre où il racontait qu’il s’était confessé et qu’il était réconcilié avec l’Église, mais qu’il désirait faire encore quelque chose de plus. Il demandait s’il lui serait permis, pour réparer davantage son crime, de retourner devant le mandarin de Nam-Dinh pour confesser la foi.

Le destinataire de la lettre répondit aussitôt à Paul qu’ayant accompli tout ce que lui avait ordonné son confesseur, il pouvait demeurer en paix ; que si, cepen­dant, confiant en Dieu, il allait confesser la foi devant le tribunal de Nam-Dinh, cet acte glorifierait certainement l’Église d’une façon héroïque.

Au reçu de cette réponse, le jeune séminariste se revêtit de ses plus beaux habits et prit le chemin de Son-Mieng, où habitait sa mère.

— Salut, ô ma mère. lui dit-il. Il y a quelques semaines, à Nam-Dinh, j’ai commis un acte de lâcheté, je me suis laissé transporter par-dessus le signe de la croix ; mon acte vous a fait beaucoup de peine. Je vous en demande pardon, comme j’en ai demandé pardon à Dieu ; j’ai fait toute ma pénitence, mais aujourd’hui je veux retour­ner à la ville, devant le grand mandarin, et lui rendre l’acte qu’il m’a fait accomplir par surprise. Je viens, ô ma mère, vous saluer et vous demander la permission de partir.

Ensuite, par quatre fois, le jeune homme s’inclina en se prosternant jusqu’à terre ; c’est ainsi qu’on salue les supérieurs, en Annam, dans les grandes circonstances.

— Tu peux aller et faire ce que tu dis, mon fils, lui répond cette mère héroïque ; je t’ai offert au bon Dieu depuis longtemps pour être son prêtre, c’est à lui que tu appartiens. Qu’il te soutienne !

Le lendemain, le juge de Nam-Dinh venait de s’asseoir à son tribunal, lorsqu’on vit un jeune homme entrer précipitamment et se placer en face de lui.

— Salut, grand mandarin ! s’écria-t-il. Je suis le séminariste Bot. Il y a quelques semaines, vous m’aviez fait apostasier en me trompant. Vos soldats m’ont transporté par-dessus la croix, mais, cet acte, je le réprouve ; je ne veux pas le garder pour moi, je vous le rapporte et je vous le rends.

Le juge, interloqué, fit chasser l’inso­lent du prétoire. Mais le courageux jeune homme y rentra et jeta à nouveau son défi à la face du mandarin. Celui-ci le fit alors flageller durement, tandis que la courageuse victime répétait sans cesse :

— Cet acte n’est pas à moi, il est au grand mandarin ; je le lui rends.

Enfin, furieux de ne pouvoir le faire taire, le grand mandarin ordonna de le ligoter et de le jeter aux éléphants.

Quand le noble martyr fut étendu, pieds et mains liés, sur le sol du parc à éléphants, les énormes bêtes s’approchèrent lentement. D’ordinaire, ces monstres écrasent immé­dia­tement leurs victimes. Pour Paul, il n’en fut pas ainsi ; ils semblaient le respecter. Deux heures durant, ils considérèrent cet innocent couché à terre, qu’on entendait murmurer des invocations pieuses ou redire :

— Cet acte n’est pas à moi je le rends au grand mandarin.

Enfin, le cornac, impatienté, se mit à exciter ses bêtes. L’une d’elles, s’appro­chant du martyr leva sur sa poitrine sa patte monstrueuse. Une dernière prière, un cri, le bruit d’os qui s’écrasent, du sang, une pauvre loque humaine : l’Église d’Annam comptait un bienheureux de plus.

En attendant la sentence de l’Église, le corps du petit séminariste Paul Bot, pénitent et martyr, repose aujourd’hui dans la chapelle du Petit-Séminaire de la Mission de Phat-Diem…

8 mai
Sainte Jeanne d’Arc
Fête nationale française

Loi instituant la fête nationale de Jeanne d’Arc
Journal Officiel de la République Française

Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté, Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Art. 1er. – La république française célèbre annuellement la fête Jeanne d’Arc, fête du patriotisme.

Art. 2. – Cette fête sera a lieu le deuxième dimanche de mai, jour anniversaire de la délivrance d’Orléans.

Art. 3. – Il sera élevé en l’honneur de Jeanne d’Arc, sur la place de Rouen, où elle a été brûlée vive, un monument avec cette inscription :

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