Le récit des apparitions

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Fatima  1917. Trois des six apparitions de Notre Dame à Fatima, à Lucie (10ans), Jacinthe (7 ans) et François (9 ans) furent précédées par l’apparition d’un ange.

Apparitions de l’Ange

Première apparition de l’Ange
Mon Dieu je crois…

Lucie était accompagnée de deux autres enfants quand elle aperçut comme une personne flottant au-dessus des arbres. La personne semblait quelque peu transparente et d’un blanc immaculé. Au fur et à mesure que l’apparition se rapprochait, les enfants purent mieux distinguer ses traits. Ils étaient stupéfaits et muets d’étonnement. L’apparition leur dit : « N’ayez pas peur, je suis l’Ange de la Paix. Priez avec moi. » Il s’agenouilla, penchant son front jusqu’à terre. Pris d’une impulsion surnaturelle, les enfants firent de même, répétant les mots qu’il disait : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je Vous aime. Je demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne Vous aiment pas. » Après avoir répété trois fois cette prière, l’Ange se leva et dit : « Priez de cette manière. Les cœurs de Jésus et de Marie sont alors prêts à vous écouter. » Et il disparut.

Deuxième apparition de l’Ange
Faites des Sacrifices

Par une chaude journée de l’été 1916, les trois cousins étaient en train de jouer dans le jardin près du puits derrière la maison des Santos à Aljustrel. Lucie décrivit comment l’Ange leur apparut une nouvelle fois. Il les réprimanda quelque peu pour leur manque de profondeur en matière de spiritualité.  « Vous devez prier ! Les Cœurs de Marie et de Jésus ont sur vous des desseins pleins de miséricorde. Vous devez offrir vos prières et sacrifices à Dieu. » — «  Mais, comment devons-nous faire des sacrifices ? » Demandèrent  les enfants. Il leur fut répondu qu’il y avait mille façons de faire des sacrifices pour les offrir à Dieu en réparation des péchés par lesquels Il est offensé. C’est ainsi que la paix pourra être ramenée dans le pays. « Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal. Essayez d’accepter et d’endurer avec patience les souffrances que Dieu vous enverra. »

Troisième apparition de l’Ange
Communion des trois enfants

Lucie ne se souvient plus très bien de la date exacte de la troisième apparition de l’Ange ; elle la situe vers la fin septembre ou octobre 1916. Les enfants partirent avec leurs troupeaux vers Cabeco. En se souvenant des paroles de l’Ange, ils s’agenouillèrent pour réciter la prière que l’Ange leur avait enseignée : «  Mon Dieu, je crois, j’adore… »

Après avoir plusieurs fois récité cette prière, les enfants aperçurent une vive lumière au-dessus d’eux. Ils levèrent la tête et virent l’Ange tenant un calice de la main gauche. En suspension au-dessus du calice il y avait une hostie de laquelle tombaient quelques gouttes de sang. L’Ange quitta le calice et l’hostie pour venir s’agenouiller à côté des enfants et leur demanda de répéter trois fois : « Très Sainte Trinité , Père, fils et Saint Esprit, je vous adore profondément et je vous offre le très précieux Corps, Sang, Ame et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférence par lesquels Il est le plus offensé et par les mérites infinis de son Sacré Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous supplie de convertir les pécheurs. »

Ensuite l’Ange se leva, prit le calice et l’hostie. Il donna l’hostie à Lucie et fit boire Jacinthe et François au calice en disant : «  Mangez et buvez le Corps et le Sang de Jésus-Christ terriblement outragé par l’ingratitude des hommes. Offrez réparation pour consoler Dieu. » L’Ange s’agenouilla à nouveau, mit le front à terre et répéta avec les enfants : «  Oh, Sainte Trinité… » , puis disparut.

Les enfants demeurèrent au même endroit et répétèrent la même prière. Dans les jours et les semaines qui suivirent, ils furent remplis d’une grande joie se souvenant d’avoir, des mains mêmes de l’Ange reçu le Corps et le Sang du Christ. Ils en parlèrent encore fort longtemps. La conscience de la présence de Dieu qu’ils vivaient très intensément leur donna une grande paix intérieure.

Apparitions de Notre Dame

Première Apparition de Notre Dame
Voulez-vous offrir vos souffrances ?

C’est le 13 mai 1917 que Notre Dame apparut pour la première fois. Les enfants s’amusaient à construire un mur, quand tout à coup ils virent un éclair. Pensant qu’un orage se préparait, ils rassemblèrent leur troupeau pour le ramener à la maison. Un second éclair se produisit et, levant les yeux, ils virent, au-dessus d’un chêne vert, une Dame tout habillée de blanc, éblouissante de lumière, plus brillante que le soleil. Ils étaient tellement proches de la belle Dame qu’ils étaient eux aussi pris dans cette lumière.

La belle Dame leur dit : «  Ne vous effrayez pas, je ne vous ferai aucun mal. » Lucie demanda : «  D’où venez-vous, et que voulez-vous de nous ? » La Sainte Vierge répondit : « JE VIENS DU CIEL, Je viens vous demander de revenir ici le 13 de chaque mois à la même heure et pendant six mois. Alors, je dirai qui Je suis et ce que je veux. Je reviendrai encore une septième fois. » Alors Lucie demanda : «  Est-ce que j’irai aussi au ciel ? »… « Oui »… Et Jacinthe ? «  Oui »… Et François ? » … « Lui aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets ». Alors Lucie demanda si deux filles âgées de 16 et 20 ans, qui étaient décédées il y à peu étaient au ciel. La Sainte Vierge répondit : « La première, oui ; la seconde, non. »

«  Voulez-vous, dit la Sainte Vierge, offrir à Dieu vos souffrances en réparation des péchés et pour la conversion des pécheurs ? » Avec grande simplicité, les enfants répondirent : «  Nous le voulons. ». Alors, dit la Vierge «  vous souffrirez beaucoup, mais la grâce de Dieu sera votre force ! »  Comme Elle disait ces mots, Elle ouvrit les mains . Il en sortit des flots d’une puissante lumière qui pénétra au plus profond l’âme des enfants.

La Sainte Vierge permit aux enfants de se voir en Dieu qui est Toute Lumière. Poussés par une énorme force intérieure, les enfants tombèrent à genoux en disant : «  Très Sainte Trinité, Père, fils et Saint Esprit, je Vous adore profondément et je Vous offre les précieux Corps, Sang et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférence par lesquels Il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son Sacré Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous prie pour la conversion des pauvres pécheurs. » Ensuite Notre Dame dit : «  Priez le chapelet tous les jours pour la paix dans le monde et pour la fin de la guerre ! A la fin du chapelet, dites : «  Mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez toutes les âmes au ciel, spécialement celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. » Alors, lentement la Vierge s’éleva dans le ciel et s’éloigna en direction de l’est.

Deuxième apparition de Notre Dame

Le 13 juin, Lucie, Jacinthe et François étaient en train de prier le Rosaire avec d’autres personnes quand la Sainte Vierge apparut dans la lumière au-dessus du chêne vert. Lucie demanda alors : «  Que voulez-vous de moi ? » « Je veux que vous reveniez ici le 13 de chacun des mois qui viennent, que vous priiez le Rosaire tous les jours et que vous appreniez à lire. Plus tard, je vous dirai plus précisément ce que je veux. » Lucie demanda la guérison d’une personne malade. « S’il se tourne vers Dieu, il sera guéri cette année. » répondit la Sainte Vierge. Lucie demanda ensuite si la Vierge pouvait les amener tous au ciel. La Vierge répondit qu’elle viendrait bientôt chercher François et Jacinthe, mais elle précisait que Lucie resterait plus longtemps sur terre, car Jésus souhaitait se servir d’elle pour établir à travers le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. A ceux qui l’accepteront, la Vierge promet le salut et leurs âmes seront aimées de Dieu comme des fleurs placées devant son trône.

« Est-ce que je resterai seule ici ? » demanda Lucie tristement. « Non, mon enfant, je ne te quitterai jamais. Si cette pensée te cause beaucoup de souffrances, souviens-toi que Mon Cœur Immaculé sera toujours ton refuge, comme le chemin qui te conduira vers Dieu. » En prononçant ces mots, la Sainte Vierge ouvrit les bras et enveloppa les enfants dans sa lumière céleste. Sur le côté droit de Notre Dame apparut soudain un Cœur transpercé d’épines. Les enfants comprirent qu’il s’agissait du Cœur Immaculé de Marie, blessé par les péchés du monde et attendant réparation. C’est alors que Notre Dame confia un secret aux enfants.

Troisième apparition de Notre Dame

Quand, le 13 juillet, la Sainte Vierge apparaît pour la troisième fois, de nombreuses personnes étaient présentes. Ensemble, ils ont prié le Rosaire puis la Sainte Vierge est apparue dans la lumière. Lucie reposa sa question : « Que voulez-vous de moi ? » Elle reçut la même réponse : «  Je veux que vous veniez ici le 13 de chaque mois et que vous continuiez à prier le Rosaire en l’honneur de Notre Dame du Rosaire pour que la paix revienne sur terre et que la guerre se termine, car elle seule peut obtenir cette miséricorde. » Lucie :« Je voudrais vous demander qui vous êtes et si vous seriez d’accord de faire un miracle pour que les gens croient que Vous nous apparaissez. » Aux différentes questions que Lucie posait concernant notamment des guérisons, la Sainte Vierge répondit qu’il fallait prier le chapelet pour obtenir ces miracles pendant l’année.

La vision de l’enfer 

« Offrez-vous à Dieu pour la conversion des pécheurs et en réparation des fautes commises contre le Cœur Immaculé de Marie. » Alors qu’elle prononçait ces mots, la SainteVierge ouvrit les mains comme Elle l’avait fait au cours d’apparitions précédentes. Les rayons de lumière émanant de ses mains semblaient pénétrer le cœur de la terre. Les enfants regardaient et… soudain la terre avait disparu ; il n’y avait plus qu’un océan de feu. Dans cet océan les enfants virent des démons et des âmes perdues. Ces démons ressemblaient à des animaux noirs et hideux jamais vus. Ils remplissaient l’atmosphère de hurlements désespérés. Les âmes perdues étaient là avec leur corps tombant dans les flammes et hurlant de terreur.

Ils étaient ballottés de gauche et de droite, souffrant terriblement dans cette fournaise sans connaître un instant de paix ou de liberté. Les enfants très bouleversés par cette vision firent appel à la Vierge pour obtenir du secours. Elle dit : «  Vous avez vu où se trouvent les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut la dévotion à Mon Cœur Immaculé. Cette dévotion doit se développer et se propager dans le monde. Si le monde fait ce que je demande beaucoup seront sauvés, la guerre se terminera et il y aura la paix. Il faut qu’on arrête de blasphémer. Sinon, une guerre plus terrible éclatera pendant le pontificat de Pie XI. Si, un soir, vous voyez tout à coup une puissante lumière inconnue, sachez qu’il s’agit d’un signe que Dieu donne pour faire comprendre qu’Il va punir le monde pour ses péchés. Pour prévenir la famine, la guerre, les persécutions de l’Eglise et de Notre Saint Père le pape, je demande que la Russie soit consacrée à Mon Cœur Immaculé et que vous receviez la Sainte Communion tous les premiers samedis du mois en réparation. Si le monde fait vraiment ce que je demande, la Russie se convertira et il y aura la paix. Faute de quoi, la Russie propagera ses mauvaises idées à travers le monde ; la guerre et la persécution de l’Eglise seront alors inévitables. Les bons et la pape auront beaucoup à souffrir, des nations seront anéanties, mais, à la fin Mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint Père Me consacrera finalement la Russie et elle sera convertie. Un nouveau temps de paix sera accordé à l’humanité. Au Portugal, le peuple gardera la foi. Ne dites rien à personne sauf à François. Quand vous priez le chapelet, dites après chaque dizaine : «  O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au ciel toutes les âmes, spécialement celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. «  Lucie demanda alors : «  Voulez-vous que je fasse quelque chose d’autre ? » « Non, je ne désire plus rien aujourd’hui. » Alors la Vierge s’éleva dans le ciel en s’éloignant vers l’est pour finalement disparaître dans l’immensité du firmament.

Quatrième apparition de Notre Dame

Le 13 août 1917,  les enfants étaient à la prison d’Ourem. Au moment où la Sainte Vierge devait leur apparaître, ils étaient tous en prison. Jacinthe, en pleurs, offrit tout pour la conversion des pécheurs. Pendant ce temps les quelque vingt mille personnes rassemblées ont vu et entendu le tonnerre et la foudre dans un ciel bleu. Le soleil est devenu pâle ; toute l’atmosphère se modifia, prit la couleur jaune, alors qu’au-dessus du chêne vert, une forme lumineuse fit son apparition et demeura là quelque temps.

Le 19 août, Marie apparut aux enfants au lieu dit Valinos. Lucie demanda à nouveau : «  Que désirez-vous de moi ? » – «  Je veux que vous veniez à la Cova da Iria le treize et que vous continuiez à prier le chapelet. Au cours de la dernière apparition, je ferai un miracle pour que le monde puisse croire. » – « Que devons-nous faire avec l’argent que les gens laissent à la Cova da Iria ? » – « Cet argent est pour la fête de Notre Dame du Rosaire. Ce qui restera devra servir à bâtir une chapelle. »  Quand Lucie demanda à Notre Dame la guérison de personnes malades, la Sainte Vierge répondit : « L’année prochaine je ferai des guérisons. Priez, priez beaucoup pour les pécheurs ; beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’il n’y a personne qui offre des sacrifices pour ces âmes ou prie pour elles. Priez ! » Alors, Notre Dame s’éleva doucement dans le ciel pour disparaître vers l’est.

Cinquième apparition de Notre Dame

Le 13 septembre des rumeurs circulaient que Dieu ferait quelques chose de spécial cette journée-là. La mère de Lucie qui frappait son enfant parce qu’elle pensait qu’elle racontait des mensonges, avait mis toutes ses espérances dans cette journée. Mais rien ne se passa et chez Lucie la situation empira. Lucie offrit ses souffrances comme Notre Dame le lui avait appris. «  Mon Jésus, je Vous offre tout, pour votre amour, en réparation au Cœur Immaculé de Marie et pour la conversion des pécheurs. » Notre Dame dit : «  Dieu agrée tes offrandes, mais il veut que tu ne portes cette ceinture de pénitence que le soir. »

Sixième et dernière apparition de Notre Dame

C’était le 13 octobre 1917. Comme la Sainte Vierge avait dit qu’un grand miracle se produirait ce jour-là, on dénombra plus de 70.000 personnes présentes. Certains étaient déjà là depuis la veille et avaient dormi sur place, malgré le mauvais temps. La Sainte Vierge s’était auparavant fait connaître comme Notre Dame du Rosaire. «  Je suis venue encourager le monde à changer de vie et à ne plus offenser Dieu avec le péché. Je souhaite que l’on construise ici une chapelle. Si le monde se repent et apporte ici ses offrandes en réparation, la paix reviendra sur la terre. »  Pendant qu’elle disait ces mots, elle entrouvrit les mains pleines de lumière puis s’éleva en présence de Saint Joseph et de l’Enfant Jésus. Notre Dame était alors vêtue de blanc et portant une cape bleue. Saint Joseph bénissait le monde en dessinant une croix de la main.

Notre Seigneur apparut alors avec Notre Dame des Douleurs, bénissant également le monde. La Sainte Vierge réapparut ensuite comme Notre Dame du Mont Carmel.

Le miracle du soleil 

Après de fortes pluies, le ciel se dégagea et redevint bleu. Tout à coup, le soleil commença à tourner comme une roue de feu émettant des rayons de mille couleurs. Les gens, les arbres, tout semblait irradier ces couleurs .Ensuite le soleil donna l’impression de se détacher du ciel se dirigeant vers la terre. En tournoyant, il grossissait de plus en plus, donnant l’impression qu’il allait tomber sur la terre en écrasant tout le monde. Toute cette foule était terrifiée. Les gens tombaient à genoux par terre en priant et en suppliant pour demander miséricorde et pardon. Toute la foule priait…

Tout redevint finalement normal. Ceux qui s’étaient agenouillés dans la boue réalisaient subitement qu’ils étaient tout sales. Les enfants furent assaillis de questions jusque tard dans la soirée pour reprendre encore le jour suivant.

Apparition à Pontevedra

C’est lors de ces apparitions que Jésus et Notre Dame demandèrent la dévotion des cinq premiers samedis du mois. Voir la page dédiée ici.

Les cinq premiers samedis du mois

La dévotion des cinq premiers samedis du mois

L’annonce

Au cours de l’apparition du 13 juillet 1917, la Très Sainte Vierge avait dit : « Pour empêcher la guerre je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la Communion réparatrice des Premiers Samedis ».

La demande

Dans la soirée du 10 décembre 1925, Lucie s’étant retirée dans sa cellule reçut la visite de la Vierge et à côté d’Elle, portée par une nuée lumineuse, l’Enfant-Jésus. La Sainte Vierge lui montra un Cœur entouré d’épines qu’Elle tenait dans Sa main. L’Enfant-Jésus dit :

– « Aie compassion du Cœur de ta Très Sainte Mère entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu’il y ait personne pour faire acte de réparation afin de les en retirer. »

Puis, notre Mère du Ciel lui dit : « Vois, ma fille, mon Cœur entouré d’épines que les hommes ingrats m’enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui, pendant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte Communion, réciteront un chapelet, et me tiendront compagnie pendant quinze minutes en méditant sur les quinze mystères du Rosaire, en esprit de réparation, je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme. »

Jésus, les deux années suivantes — le 15 février 1926 et le 17 décembre 1927 — a insisté sur la propagation de cette dévotion. Lucie a écrit : « De la pratique de la dévotion des Premiers Samedis unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie dépend la guerre ou la paix du monde ».

Jésus insiste

Le 15 février 1926, revenant du jardin, Sœur Lucie trouva un enfant qu’elle avait déjà vu en fin d’année 1925 dans les mêmes circonstances. Lui demandant s’il avait demandé l’Enfant-Jésus à Notre Mère du Ciel, comme elle lui avait demandé de le faire lors de ladite rencontre, l’Enfant lui fit la réponse suivante :

– « Et toi, as-tu révélé au monde ce que la Mère du Ciel t’as demandé ? »

C’est à cet instant que Lucie reconnut l’Enfant-Jésus. Elle lui expliqua pourquoi cela n’a pas encore été fait ; mais Jésus dit :

– « C’est vrai que beaucoup d’âmes me reçoivent déjà chaque premier samedi, en l’honneur de Notre-Dame et des quinze mystères du Rosaire, mais hélas peu vont jusqu’au bout, et celles qui persévèrent le font pour recevoir les grâces qui y sont promises. Les âmes qui font les cinq premiers samedis avec ferveur et dans le but de faire réparation au Cœur de ta Mère du Ciel, me plaisent davantage que celles qui en font quinze dans l’indifférence. »

Lucie expliqua que bien des âmes ont des difficultés à se confesser le samedi et demanda à Jésus s’il permettait que la confession soit valide dans les huit jours ; ce en quoi l’Enfant-Jésus répondit :

– « Oui, la confession peut être faîte même au delà de huit jours, pourvu que les âmes soient en état de grâce le premier samedi lorsqu’elles me recevront, et que, dans cette confession antérieure, elles aient l’intention de faire ainsi réparation au Sacré-Cœur de Marie. Celles qui oublieront de formuler cette intention pourront le faire à la confession suivante, profitant de la première occasion qu’elles auront pour se confesser. »

Puis l’enfant disparut.

Cinq : pourquoi ?

Il s’agit en effet de cinq Samedis parce que, selon une révélation de Jésus, il y a cinq espèces d’offenses et de blasphèmes contre le Cœur Immaculé de Marie :

1) les blasphèmes contre l’Immaculée Conception ;

2) contre la Virginité de Marie ;

3) contre sa Maternité divine et contre le refus de la reconnaître également comme Mère des hommes ;

4) Il y a des gens qui cherchent à mettre dans le cœur des enfants l’indifférence, le mépris, et même la haine, contre cette Mère immaculée ;

5) Il y a ceux qui l’outragent directement dans ses saintes images.

Conditions

Il y a cinq conditions pour gagner le privilège des cinq premiers samedis du mois.

1. Le premier samedi du mois, cinq mois de suite, en réparation des blasphèmes contre le cœur immaculé de Marie

2. La confession

– Pour chaque premier samedi une confession est requise avec une intention réparatrice ; elle peut être faite n’importe quel jour avant ou après le premier samedi à condition de communier en état de grâce ce jour-là.

– La voyante a demandé à Notre Seigneur : « O mon Jésus ! Et les personnes qui oublieront de former cette intention (réparatrice) ? » ; Jésus répondit : « Elles peuvent la former dans la confession suivante en profitant de la première occasion pour se confesser ».

Les trois autres conditions doivent être réalisées le jour du premier samedi à moins qu’un prêtre, pour de justes motifs, ne permette de les réaliser le dimanche suivant ; ce sont :

3. La communion réparatrice

À faire le premier samedi du mois si nécessaire, le dimanche suivant.

Selon les avis de Mgr Thomas d’Aquin, nous déconseillons de participer aux messes de tous les prêtres ralliés à la Rome moderne, y compris les messes de la Fraternité Saint Pie X.

Selon l’adage “À celui qui fait ce qu’il peut Dieu ne refuse pas la grâce”, ceux qui ne peuvent communier le samedi ou le dimanche suivant, feront la communion spirituelle et communieront sacramentellement dès qu’ils le pourront. De même ceux qui n’auraient pas de prêtre pour se confesser dans le mois.

4. Le chapelet

Ce fut là le message souvent renouvelé de la Mère de Dieu aux petits bergers. En plus de la récitation du chapelet, les cinq premiers samedis, récitez-le chaque jour de votre vie. Plus que cela, imitez l’exemple de la petite Jacinthe et efforcez-vous de le faire réciter chaque jour le soir en famille. Notre-Dame tenait toujours un chapelet entre ses mains lors des apparitions.

Elle demanda aussi aux trois enfants de réciter une prière spéciale après chaque dizaine : « Vous réciterez aussi après chaque « Gloire soit au Père » de chaque dizaine la prière suivante : « O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez toutes les âmes au Ciel, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde. » Il est de la plus grande importance de se rappeler que la méditation sur les mystères en récitant les prières du chapelet est une condition essentielle pour le bien réciter ; autrement il pourrait si facilement devenir une pure répétition mécanique de paroles.

5. La méditation des mystères du chapelet ne se confond pas avec le chapelet. Sœur Lucie a bien précisé qu’il fallait les deux. Il faut méditer pendant 15 minutes, mais la méditation des quinze mystères n’est pas nécessaire et on peut en méditer l’un ou l’autre. Il semble qu’il suffise aussi d’une méditation de trois minutes avant chacune des cinq dizaines du chapelet.

Voici comment sœur Lucie faisait cette méditation (tiré d’une lettre au père Martins) :

« Voici ma façon de faire les méditations sur les mystères du rosaire, les premiers samedis. Premier mystère : l’annonciation de l’ange Gabriel à Notre-Dame. Premier préambule : me représenter, voir et entendre l’ange saluer Notre-Dame avec ces paroles : « Je vous salue Marie, pleine de grâce ». Deuxième préambule : je demande à Notre-Dame qu’elle infuse dans mon âme un profond sentiment d’humilité. Premier point : Je méditerai la manière dont le Ciel proclame que la très Sainte Vierge est pleine de grâce, bénie entre toutes les femmes et destinée à être la Mère de Dieu. Deuxième point : L’humilité de Notre-Dame se reconnaissant et se disant la servante du Seigneur. Troisième point : comment je dois imiter Notre-Dame dans son humilité, quelles sont les fautes d’orgueil et de superbe par lesquelles j’ai l’habitude de déplaire à Notre-Seigneur, et quels sont les moyens que je dois employer pour les éviter, etc.
Le deuxième mois, je fais la méditation du deuxième mystère joyeux. Le troisième, du troisième et ainsi de suite, en suivant la même méthode pour méditer. Quand j’ai fini ces cinq premiers samedis, j’en recommence cinq autres et je médite les mystères douloureux, ensuite les glorieux et, quand je les ai terminés, je recommence les joyeux. »

Dans ces quatre actes on doit avoir l’intention de faire amende honorable au Cœur Immaculé de Marie.

Nous vous offrons ici des Textes de méditations sur chaque mystère du chapelet

Remarques

Il faut bien comprendre que l’intention première de la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis n’est pas d’obtenir la grâce de la persévérance finale, à savoir : être assisté à l’heure de notre mort pour aller au Ciel ; mais de consoler le Cœur de Notre Mère du Ciel en lui retirant les épines que nous même nous lui enfonçons par nos péchés, ainsi celles que les hérétiques, les impies, les apostats enfoncent dans Son divin Cœur ; moyennant quoi, la Sainte Vierge promet assistance au moment où notre âme comparaîtra devant Dieu.

Cette dévotion a été approuvée par l’évêque de Leiria-Fatima le 13 septembre 1939

Consécration à Marie

La dévotion au Cœur Immaculé de Marie implique de se donner totalement à Marie. Elle le rappelle maintes fois au cours des entretiens entre le Sainte Vierge et les enfants de Fatima.

Pour les âmes généreuses — et nous savons qu’il en existe beaucoup — qui désirent donc entrer complètement dans cette sublime dévotion, il est utile d’ajouter ceci :

  1. La Consécration au Cœur Immaculé de Marie

La meilleure et la plus parfaite consécration à la Très Sainte Vierge est celle de saint L. M. Grignion de Montfort. Nous prêchons à La Villeneuve des retraites « À Jésus par Marie » qui préparent à cette consécration et enseignent à en vivre.

Saint Maximilien Kolbe, lui aussi, a enseigné la consécration à la Très Sainte Vierge et en a écrit une.

  1. Se sacrifier pour les pécheurs

Le sacrifice et la réparation requis par la Sainte Vierge ont été définis très spécialement par Lucie elle-même. Notre Sainte Mère demanda que ses enfants soient prêts à faire n’importe quel sacrifice requis par la pratique de leurs devoirs chrétiens. « Notre Seigneur se laisse apaiser » lui dit la Sainte Vierge dans une révélation privée, « mais Il s’est plaint Lui-même très amèrement et avec douleur du petit nombre d’âmes en état de grâce, qui consentent à renoncer à tout ce qu’exige l’observance de Sa loi. » Beaucoup de gens, explique Lucie, pensant que le mot pénitence implique des austérités héroïques et ne se sentant pas la force nécessaire aux grands sacrifices, se découragent et continuent de vivre dans la tiédeur et le péché. Elle rapporte que Notre Seigneur lui a dit : « Le sacrifice que Je demande de chaque personne, c’est l’accomplissement de ses devoirs d’état et l’observance de ma loi. Voilà la pénitence que Je demande et requiers maintenant. » (Lettre de sœur Lucie, du 28 février 1943).

La pénitence est en effet le retour de l’âme vers Dieu, une sorte de marche en arrière pour retrouver l’innocence baptismale. Se rattache à la vertu et au devoir de la pénitence tout ce qui contribue à nous purifier du péché, à nous délivrer des obstacles qui retardent notre montée vers Dieu. Elle accompagne la prière. Comment d’ailleurs notre prière pourrait-elle être acceptée de Dieu si nous vivons dans le péché qui l’offense ? Comment oser s’adresser à Lui si on n’est pas en amitié avec Lui, à moins que ce soit pour implorer son pardon ?

Le sacrifice que Dieu demande ne s’oppose en aucune façon à la pratique louable et pieuse de la mortification volontaire pour ceux qui veulent faire plus que le minimum requis. Mais, de nos jours, Dieu demande au moins ce minimum de chaque personne et, dans ce siècle paganisé, il faut une vertu presque héroïque pour être fidèle à ses devoirs de chrétiens, surtout à ses devoirs d’époux.

Indulgence

Déjà depuis 1912 le Saint-Siège avait porté l’attention des âmes pieuses sur ce jour en accordant une indulgence plénière aux conditions ordinaires aux fidèles qui auront accompli, le premier samedi de n’importe quel mois, des exercices spéciaux de dévotion en l’honneur de la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée, en réparation des blasphèmes dont son nom et ses prérogatives sont l’objet (Preces et Pia Opera 1938, n° 335). La demande de la Sainte Vierge Marie à Lucie ne fait donc qu’approuver et sanctionner une dévotion déjà existante et encouragée par l’Église. Ainsi ceux qui observeront les pratiques des premiers samedis proposés par Notre-Dame de Fatima rempliront par le fait même les conditions voulues pour gagner l’indulgence plénière promulguée en 1912.