Mes bien chers Frères,
Cette fois-ci Abraham est face à un véritable cas de conscience, dramatique, et vous êtes souvent dans des cas aussi dramatiques. D’où la nécessité de bien comprendre la réponse donnée par Abraham en conformité au Saint-Esprit et, donc, un sermon un peu plus long. Un peu.
Que la Très Sainte Vierge vous envoie le Saint-Esprit !
Résumé du sermon
Notes pour le sermon
Résumé du sermon
Récit de l’épisode
La famine. La fuite en Égypte.
Sara : tu es ma sœur. L’enlèvement.
La fin heureuse.
1. Fuir en Égypte
Fuir ou mourir sur place ?
S’il n’y avait que lui, Abraham aurait demeuré sur place, quitte à mourir de faim.
Mais il doit accomplir la promesse et il a charge d’âmes. Donc il doit trouver de quoi vivre.
Pas au nord puisque Dieu lui a demandé de sortir de son pays. Pas à l’est ni à l’ouest : désert ou mer.
Donc au sud.
Faire la volonté de Dieu. Réfléchir pour la connaître.
2. Tu es ma sœur
Lorsque Dieu demande ou impose quelque chose qui paraît déraisonnable, c’est
ou que nous ne savons pas juger ce qui est raisonnable ou pas
ou qu’il prend soi-même en charge le succès de l’entreprise.
Saint Jean Chrysostome : admirez Dieu qui n’assiste et ne console point le juste, mais laisse le mal s’aggraver et s’accroître jusqu’à l’extrême, et alors seulement montre sa providence.
La beauté de Sara était un don particulier de Dieu, comme la force de Samson, comme la sagesse de Salomon, comme les privilèges accordés à tant de saints.
Soit Sara déclare qu’elle est la femme d’Abraham, alors celui-ci est tué et Sara enlevée.
Soit elle déclare qu’elle est sa sœur, Abraham demeure vivant et peut protéger Sara.
Rappel : Dieu a promis une grande descendance à Abraham, il doit donc se préserver.
Abraham, dit saint Augustin, se trouvant dans un pays inconnu, et voyant que la rare beauté de Sara mettait en péril l’honneur de la femme et la vie du mari, ne pouvant par ailleurs parer aux deux dangers, mais seulement à un, c’est-à-dire sauver sa vie, fit ce qu’il put pour ne pas tenter Dieu, s’en remettant à sa Providence du soin de faire ce que lui même était hors d’état de faire. Impuissant à se cacher comme homme, il se cacha comme époux, afin de n’être pas tué ; et il confia sa femme à Dieu pour qu’elle fût sauvée du déshonneur57.
N.B. Sara était vraiment sœur d’Abraham, c’est-à-dire membre de la famille proche.
C’est en vertu de la même parenté, remarque saint Augustin, que Lot son neveu – un peu plus loin – est appelé : son frère.
Il se trouve donc dans le cas énoncé ci-dessus : Dieu prendra la situation en mains.
S’il n’eût conjuré le péril autant qu’il dépendait de lui, il aurait plutôt tenté Dieu qu’espéré en lui dit saint Augustin.
C’est ce qui se produit : Sara est conduite à Pharaon, ce qui la met à l’abri de toutes les concupiscences privées.
Abraham reçoit de grandes richesses, ce qui augmente son autorité.
Sara n’est pas touchée par Pharaon qui veut l’épouser en toute justice.
Dieu intervient en envoyant de grands maux à Pharaon qui comprend que Dieu protège Sara et Abraham, et rend Sara à Abraham.
3. La grande vertu de Sara
4. Un modèle pour nous
Obéir à Dieu.
Ne pas revenir dans son pays, mais être envoyé dans un monde idolâtre, l’Égypte : nous voyons les deux rapports de l’Église avec le monde : elle n’est pas du monde, mais elle est dans le monde.
Une application parmi mille. Les mauvais cousins sont parfois plus dangereux que le monde.
Les écoles catholiques infidèles à leur mission parfois plus dangereuses que certains lycées.
Même avec le risque que les enfants subissent les cours d’éducation sexuelle. Quand on ne peut pas faire autrement, Dieu veille. Si on n’envoie pas les enfants à l’école, ils sont retirés à la famille et souillés à coup sûr dans leur foi et leur pureté. Si on les envoie, ils courent le risque d’une souillure, mais la famille veille, et Dieu aussi. Importance du rosaire.
Mais si on peut faire autrement, même au prix de grands sacrifices, Dieu ne protège plus celui qui le tente.
Notes pour le sermon
Saint Jean Chrysostome
La crainte d’Abraham était relative à la promesse de Dieu
Admirez l’ineffable patience de Dieu, qui n’assiste et ne console point le juste, mais laisse le mal s’aggraver et s’accroître jusqu’à l’extrême, et alors seulement montre sa providence.
Écoutez, hommes et femmes, imitez cette concorde, ce lien d’affection, cet effort de piété et cette parfaite modestie de Sara. Si belle encore dans sa vieillesse, elle rivalisait avec les vertus de son mari ; aussi fut-elle honorée de la protection de Dieu et des faveurs d’en-haut. Cette femme aussi admirable par la beauté de son âme que par celle de son visage, vous la voyez suivre les pas du juste. Aussi elle obtint un digne prix de sa résignation ; dans son extrême vieillesse, ses entrailles stériles et presque mortes purent engendrer.
Voyez encore la patience de Dieu ! ce n’est pas dès le commencement que sa providence se montre, il laisse aller les choses, et, presque tomber cette femme dans la gueule du monstre, et c’est alors qu’il déploie sa puissance aux yeux de tous.
Quelles étaient alors les pensées de cette femme ! quel trouble agitait son esprit ! quelle tempête s’élevait en elle ! comment, au lieu de faire naufrage, est-elle restée inébranlable comme un rocher, les yeux tournés vers la puissance céleste ! Mais pourquoi parler de la femme ? Que devait penser le juste quand on la menait chez Pharaon ?
notre Dieu est généreux et s’intéresse à notre salut ; s’il nous exerce comme dans une arène et nous fait lutter avec les tentations, c’est afin qu’après avoir déployé nos propres forces, nous soyons plus dignes de sa protection.
Saint Paul. Maintenant, dit-il, je me réjouis dans les tribulations. (Col. I. 24.) S’il se réjouissait dans les tribulations, comment pouvait-il jamais se chagriner ? Et si ce qui attriste les autres était pour lui un sujet de joie, voyez je vous prie, comme son âme était bien préparée à tout.
les exhortant à persévérer dans la foi et leur représentant qu’il faut passer à travers bien des tribulations pour arriver au royaume des cieux. (Act. XIV, 21, 22.)
Quelle sera donc notre excuse si nous refusons de supporter avec courage, constance et reconnaissance, toutes celles qui se présenteront, quand nous voyons que nous ne pouvons parvenir au royaume des cieux sans marcher dans cette voie ? Car, pour reconnaître qu’il n’y a rien de nouveau ni d’extraordinaire dans les tribulations qui attendent le juste sur le chemin de cette vie, écoutez ce que dit le Christ : Dans le monde vous aurez des tribulations, mais prenez courage. (Jean, XVI, 33.)
C’est moi, dit-il, qui allégerai vos peines, qui ne vous laisserai pas submerger par le flot des tentations, qui vous tracerai le chemin pour en sortir, et qui ne vous laisserai pas charger d’afflictions au delà de vos forces.
Raban Maur : Quaeritur utrum conveniret Abram tam sancto viro ut celaret Suram uxorem suam, et cur non magis poneret spem suam in Deo, ne occideretur a rege. Ostenditur enim isto facto ejus quod homo non debet tentare Dominum Deum suum, quando habet quod faciat ex rationabili consilio. Fecit enim quod potuit pro vita sua. Quod autem non potuit, illi commisit in quo speravit, cui et pudicitiam conjugis commendavit.
Neque enim Deus ab ilio non poterat mortem repellere quam timebat, eumque cum conjuge sua in illa peregrinatione tutari, ul nec uxor ejus, quamvis esset pulcherrima, appeteretur ab aliquo , nec prater illam necaretur ille?’Poterat sine dubio hoc efficere Deus. (Aug.) Quis ita sit demens ut hoc neget? Sed si interrogatus Abram, illam feminam indicaret uxorem, duas res metuendas committeret Deo, et suam vitam et conjugis pudicitiam Pertinet autem ad sanam doctrinam, quando habet quod faciat homo, non lentare Dominum Deum suum. Neque enim et ipse Salvator non poterat tueri discipulos suos? quibus tamen ait : Si vos persecuti fuerint in una civitate,’fugite in aliam (Malth. x). Cujus rei prior exemplum prabuil. Nam cum potestatem haberet ponendi animam suam, nec eam ponere»
57 Contra Faustum,1. XXII, c. 36.
