Mes bien chers Frères,
Le premier sermon que j’ai enregistré ne me plaisait pas. J’ai réenregistré toute la deuxième partie. La voici. Malheureusement, la qualité technique est un peu défaillante, je sais que vous me le pardonnerez et que vous êtes conscients des difficultés de notre apostolat à contre-courant de tout.
L’état normal de l’Église est d’être à part du monde : « Quitte ta famille et ton pays et marche en ma présence ».
1ère partie du sermon
2e partie du sermon
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Les patriarches : des phares pour les âmes égarées ou désemparées inchangé
La foi d’Abraham inchangé
Résumé du sermon texte nouveau
Les patriarches : des phares pour les âmes égarées ou désemparées
À un jeune homme qui lui demandait quelques conseils pour tendre à la perfection, saint Grégoire de Nysse répondit en citant d’abord ce texte d’Isaïe : « Regardez Abraham et Sara, qui vous ont enfantés. » Puis il ajoutait :
C’est à des âmes égarées que ces paroles sont adressées. De même en effet que, pour les marins emportés loin de la direction du port, la vue d’un feu qui s’élève d’une hauteur, ou de la cime d’une montagne aperçue de loin, sert de point de repère pour retrouver la bonne route ; de même les âmes égarées, l’esprit sans pilote dans l’océan de la vie, sont-elles ramenées au port de la divine volonté par l’exemple d’Abraham et de Sara. Et comme l’humanité est divisée en deux sexes, et qu’à tous deux est proposé le libre choix entre le vice et la vertu, la Parole divine a mis sous les yeux de l’un comme de l’autre un modèle à imiter, afin que, les hommes regardant Abraham, les femmes regardant Sara, les deux sexes puissent, par des exemples appropriés, diriger leur vie selon la vertu.
Dom de Monléon : Dieu a voulu nous montrer en eux dès les origines du monde les prodiges que peut réaliser sa grâce, et comment elle a suffi, en plein pays païen, alors qu’il n’y avait sur la terre ni Évangile, ni Église, ni prédications, ni sacrements, à conduire ceux qui lui furent fidèles, jusqu’aux plus hautes cimes de la sainteté. C’est un exemple sur lequel tout homme sensé doit réfléchir, pour comprendre que, quelles que soient les conditions dans lesquelles il est appelé à vivre, il peut lui aussi, s’il le veut, s’élever jusqu’à la perfection.
La sainteté de ces hommes nous est garantie par l’Écriture en termes qui ne peuvent laisser place à aucune équivoque. Ils ont été canonisés par la bouche de Dieu lui-même : Je suis, dit-il à Moïse, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. C’est là mon nom pour l’éternité, c’est celui qui doit me rappeler à la mémoire de génération en génération (Ex 3, 6, 15).
Bien loin de les reléguer au second plan, Jésus-Christ qui venait pourtant remplacer l’Ancien Testament par le Nouveau, a contresigné ce texte de son sceau personnel quand il a dit : Beaucoup entreront dans le royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob, et tout son Évangile témoigne de l’estime profonde où il tenait les fondateurs de sa propre famille.
Ils dessinent, non seulement dans ses grandes lignes, mais même dans ses détails, le mystère de la Rédemption, tel que Jésus-Christ devait un jour le réaliser. Ils ont comme jalonné à l’avance, par des signes que seuls des yeux exercés pourront reconnaître, le chemin que, bien des siècles plus tard, le Sauveur devait suivre, quand il descendrait sur la terre.
La foi d’Abraham
Le motif qui détermina notre Patriarche à mener une vie errante fut essentiellement d’ordre religieux. Ce fut la nécessité de préserver les siens de tout contact avec les cultes idolâtriques, qui se répandaient alors parmi les peuples comme une épidémie. Le paganisme envahissait tout, contaminait tout. Or, Abraham avait reçu, dès le premier appel de Dieu, une promesse et une bénédiction ; il savait que sa race était celle qui aurait l’insigne honneur d’assurer le salut du monde et d’engendrer un jour le Messie. Pour répondre aux desseins de la Providence, il fallait donc qu’elle restât absolument pure dans sa foi, intacte dans ses mœurs et qu’elle se gardât de pactiser, si peu que ce fût, avec l’idolâtrie. Dans les siècles qui suivront, le souci de préserver le peuple élu des cérémonies et des coutumes des Gentils sera une croix continuelle pour ceux qui auront à le gouverner. Les Juifs, avec une incroyable obstination, tendront sans cesse à modeler leur vie sur celle des païens. Au désert, quarante jours après l’alliance solennelle du Sinaï, leur premier soin, dès qu’ils se croiront affranchis de la tutelle de Moïse, sera de fabriquer un veau d’or, à la manière des Égyptiens, pour pouvoir l’adorer : et le même égarement se renouvellera constamment au cours de leur histoire. Ils ne penseront qu’à adopter les sacrifices des païens, leurs rites, leurs mœurs ; ils iront jusqu’à se faire initier au culte de Belphégor, le dieu de la luxure, le plus immonde de tous les dieux, et cela du vivant même de Moïse !
saint Paul : « C’est à cause de sa foiqu’Abraham demeura dans la terre de la promesse, comme dans une terre étrangère, habitant sous la tente, de même qu’Isaac et Jacob, cohéritiers avec lui de la promesse. Il attendait la Cité qui a des fondements (inébranlables), dont Dieu est le fondateur et l’architecte. » (Heb.)
le juste n’a point ici-bas de demeure permanente, il doit aller à travers la vie présente, toujours en quête de nouvelles vertus, de nouveaux progrès, jusqu’au jour où il verra s’ouvrir devant lui les portes, taillées chacune dans un seul diamant, de la Cité de Dieu.
Tharé, au contraire, qui abandonne la cité des Chaldéens, mais qui n’a pas le courage d’aller jusqu’à la terre promise, et s’installe dans le pays de Charan, est la figure de ceux qui quittent le monde, avec le dessein de changer de vie et d’embrasser la perfection évangélique, mais qui n’ont pas la persévérance d’aller jusqu’au bout. Bientôt, ils se laissent captiver par les œuvres mêmes auxquelles ils s’étaient adonnés pour devenir meilleurs ; ils les aiment pour elles-mêmes, ils s’y attachent, ils s’y installent, et ils oublient le but vers lequel d’abord ils s’étaient mis en chemin.
Saint Ambroise remarque qu’Abraham, après avoir élevé un autel au lieu dit : le Térébinthe de Moreh, n’offrit point sur lui de sacrifice. En effet, ajoute-t-il, Abraham ne connaissait pas encore le vrai sacrifice, celui dont l’oblation d’Isaac serait la figure, celui en vue duquel il recevrait lui-même la bénédiction de Melchisédech. Et par ailleurs, il comprenait que des sacrifices d’animaux irraisonnables étaient insuffisants pour rendre au Dieu qu’il venait de voir un culte digne de lui (49). Ainsi le père des croyants s’élevait au-dessus du culte juif, avant même que celui-ci ne fût établi. Il se rangeait déjà parmi les vrais adorateurs, ceux qui adorent en esprit et en vérité (50).
Résumé du Sermon
1. Les patriarches sont l’Église dans un état éminent
Saint Grégoire Nysse : C’est à des âmes égarées que ces paroles sont adressées. De même en effet que, pour les marins emportés loin de la direction du port, la vue d’un feu qui s’élève d’une hauteur, ou de la cime d’une montagne aperçue de loin, sert de point de repère pour retrouver la bonne route ; de même les âmes égarées, l’esprit sans pilote dans l’océan de la vie, sont-elles ramenées au port de la divine volonté par l’exemple d’Abraham et de Sara.
Nous avons vu la dernière fois que l’Église subit toujours des divisions. Nous voyons aujourd’hui qu’elle e met à part du monde.
2. L’Église est à part du monde
La civilisation mésopotamienne était très avancée. Mais Dieu n’en a rien à faire.
Sors de ton pays et de ta famille et marche en ma présence.
Nous ne sommes pas de ce monde
Il ne s’agit pas seulement de se protéger
Les dangers d’une protection qui n’aurait pas d’idéal. Il ne suffit pas de quitter sa famille, il faut marcher en la présence de Dieu
Mon royaume n’est pas de ce monde, si mon royaume… douze légions d’anges. Mais non…
L’apostolat : non pas nous mêler au monde mais l’attirer à Dieu
L’apostolat n’est pas de se mêler au monde, mais d’attirer à Dieu
(L’usage des moyens matériels
Il n’y a que les saints qui puissent les utiliser fructueusement, or ils n’en ont pratiquement pas besoin.)
3. Conclusion
Que vos principes soient publiques, que vos œuvres soient cachées.
