Mes bien chers Frères,
L’enseignement du quatrième jour est bien riche… si nous voulons bien y être attentifs.
C’est un enseignement sur l’Église et le comportement qui doit être le nôtre dans l’Église.
Votre tout dévoué,
Texte sacré
Résumé du sermon
Origène
Saint Thomas d’Aquin
Texte sacré
Genèse 1. Et Dieu dit : Que soient faits les luminaires dans le firmament du ciel, et qu’ils divisent le jour et la nuit, et qu’ils soient les signes pour les saisons, et les jours et les années : et qu’ils luisent dans le firmament du ciel, et qu’ils illuminent la terre. Et il fut fait ainsi. Et Dieu fit les deux grands luminaires, le luminaire majeur pour présider au jour, et le luminaire mineur pour présider à la nuit. Et les étoiles. Dieu les plaça dans l’étendue du ciel, pour éclairer la terre, pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d’avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le quatrième jour.
Prologue, évangile de saint Jean. Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.
Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean. Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui : non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.
La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu. Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.
Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés.
1 Thessaloniciens 5 Pour ce qui est des temps et des moments, vous n’avez pas besoin, frères, qu’on vous en écrive. Car vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les hommes diront: Paix et sûreté! alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l’enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n’échapperont point. Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur; vous êtes tous des enfants de la lumière et des enfants du jour. Nous ne sommes point de la nuit ni des ténèbres. Ne dormons donc point comme les autres, mais veillons et soyons sobres. Car ceux qui dorment dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent s’enivrent la nuit. Mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, ayant revêtu la cuirasse de la foi et de la charité, et ayant pour casque l’espérance du salut.
Jean 9 Puis Jésus dit: Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.
Credo. Jésus-Christ est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, Engendré, non pas créé, consubstantiel au Père ; et par lui tout a été fait.
Résumé du sermon
Le Christ est le soleil. L’Église est la lune qui reçoit la lumière du Soleil. Les étoiles ce sont les saints.
La lumière doit être en nous. Pour cela il faut que nous quittions notre aveuglement.
La lumière doit rayonner. Les étoiles sont particulièrement importantes dans la nuit, sur la mer.
Commentaire d’Origène
Après cela, c’est le moment, pour le firmament, d’être muni de luminaires. Dieu dit en effet : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour qu’ils luisent sur la terre et séparent le jour et la nuit. »
De même qu’au firmament que l’on avait auparavant nommé ciel, Dieu ordonne qu’il y ait des luminaires pour « séparer le jour et la nuit », ainsi en sera-t-il de nous pourvu que nous tâchions de porter le nom et la réalité du « ciel » : en nous, les luminaires qui nous illumineront seront le Christ et son Église. Car le Christ est « la lumière du monde » et il éclaire l’Église de sa lumière. Et comme la lune reçoit, dit-on, sa lumière du soleil afin d’éclairer elle aussi la nuit, ainsi l’Église, recevant sa lumière du Christ, éclaire tous ceux qui se trouvent dans la nuit de l’ignorance.
Mais s’il en est de tellement avancés qu’ils soient déjà « fils de Dieu », s’ils « marchent honnêtement comme en plein jour », « en fils du jour et de la lumière », ceux-là c’est le Christ lui-même qui les illumine, comme le soleil le jour.
« Qu’ils soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années ; qu’ils servent de luminaires au firmament du ciel pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi. »
Comme ces luminaires que nous voyons au ciel servent de signes « pour marquer les époques, les jours et les années », éclairant du haut du firmament ceux qui sont sur la terre, ainsi le Christ, illuminant son Église, fait dé ses commandements des signes par lesquels nous apprenions à éviter « la colère à venir » ; de la sorte, loin que « ce jour nous surprenne comme un voleur », nous pourrons parvenir à « l’année miséricordieuse du Seigneur ». C’est donc le Christ qui est « la lumière vraie qui illumine tout homme venant en ce monde », et l’Église, recevant sa lumière, devient elle-même « lumière du monde », illuminant « ceux qui sont dans les ténèbres », selon cette parole du Christ à ses disciples : « Vous êtes la lumière du monde ». D’où il ressort que le Christ est la lumière des Apôtres, et les Apôtres à leur tour la lumière du monde. Car les Apôtres « n’ont ni tache, ni ride, ni rien de semblable » ; ils sont l’Église véritable, selon cette parole de l’Apôtre que Dieu « a voulu faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, sans ride ni rien de semblable ».
« Et Dieu fit deux grands luminaires, le plus grand pour présider au jour, le plus petit pour présider à la nuit ; il fit aussi les étoiles. Et Dieu les plaça au firmament du ciel pour luire sur la terre, pour présider au jour et à la nuit et pour séparer la lumière et les ténèbres. Et Dieu vit que cela était bon. Et il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le quatrième jour. »
De même que le soleil et la lune sont, d’après l’Écriture, les grands luminaires au firmament du ciel, ainsi, en nous, le Christ et l’Église. Mais Dieu a ajouté des étoiles au firmament ; il faut donc voir aussi ce qui en nous, c’est-à-dire dans le ciel de notre cœur, tient lieu d’étoiles.
Moïse est une de ces étoiles : il luit en nous, ses actes nous illuminent. De même Abraham, Isaac, Jacob, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, David, Daniel et tous ceux dont « l’Écriture a rendu témoignage parce qu’ils ont mérité les complaisances de Dieu ». Car, de même qu’»une étoile diffère en éclat d’une autre étoile », ainsi chaque saint répand à sa mesure sa lumière sur nous.
De même que le soleil et la lune illuminent nos corps, ainsi le Christ et l’Église illuminent nos esprits. Du moins les illuminent-ils si nous ne sommes pas des aveugles spirituels. Car, de même que le soleil et la lune ne laissent pas de répandre leur clarté sur les aveugles qui ne peuvent cependant accueillir la lumière, ainsi le Christ envoie sa lumière à nos esprits ; mais l’illumination n’aura pas lieu si notre cécité y fait obstacle. Dans ce cas, que les aveugles suivent d’abord le Christ en criant : « Ayez pitié de nous, Fils de David », et lorsqu’ils auront, grâce à lui, recouvré la vue, ils pourront être irradiés par la splendeur de sa lumière.
Encore tous ceux qui voient ne sont-ils pas également illuminés par le Christ, mais chacun l’est à la mesure dont il peut recevoir la lumière. Les yeux de notre corps ne sont pas également éclairés par le soleil : plus on monte en des lieux élevés, plus on en contemple de haut le lever, mieux on en perçoit aussi l’éclat et la chaleur ; de même notre esprit, plus il montera et s’élèvera près du Christ et s’offrira de près à l’éclat de sa clarté, plus magnifiquement et plus brillamment aussi il sera irradié de sa lumière, comme il le dit lui-même par le prophète : « Approchez-vous de moi et je m’approcherai de vous, dit le Seigneur », et ailleurs : « Je suis un Dieu qui s’approche et non pas un Dieu lointain ».
Ce n’est cependant pas de la même manière que nous allons tous à lui, mais « chacun y va selon ses possibilités propres ». Ou bien nous allons à lui avec les foules et il nous restaure « en paraboles » pour que nous ne défaillions pas à jeun « sur la route » ; ou bien continuellement nous « restons à ses pieds », ne nous préoccupant que d’écouter sa parole « sans nous laisser troubler » par les divers soins du service, « choisissant la meilleure part qui ne nous sera pas ôtée ». À s’approcher ainsi de lui, on reçoit bien davantage sa lumière. Et si, comme les Apôtres, sans nous éloigner jamais, si peu que ce soit, nous sommes fidèles à demeurer avec lui « dans toutes ses tribulations », alors, ce qu’il avait dit aux foules, il nous l’explique en secret, et c’est avec plus de clarté encore qu’il nous illumine.
Enfin, si l’on est capable d’aller avec lui jusqu’au sommet de la montagne, comme Pierre, Jacques et Jean, on n’est plus seulement illuminé de la lumière du Christ, mais de la voix du Père lui-même.
Saint Thomas d’Aquin
Commentaire du Credo
4. – III. Le troisième bien opéré par la foi, c’est de diriger la vie présente. L’homme en effet, pour bien vivre, a besoin de savoir ce qui est nécessaire pour mener une vie vertueuse; et s’il devait apprendre par l’étude toutes les choses nécessaires pour bien vivre, l’homme ne pourrait pas y parvenir ou bien il n’y parviendrait qu’au bout d’un temps considérable. Or précisément, la foi enseigne tout ce qu’il faut savoir pour vivre sagement. Elle nous apprend en effet l’existence du Dieu unique, elle nous révèle que Dieu récompense les bons et punit les méchants, qu’il existe une autre vie, et autres choses semblables. Ces connaissances nous incitent suffisamment à faire le bien et à éviter le mal. Mon juste, dit en effet le Seigneur (Habacuc, 2, 4) vit par la foi. Et cela est si manifeste qu’aucun philosophe, avant l’avènement du Christ, par tous ses efforts, ne put en savoir autant sur Dieu et les vérités nécessaires à la vie éternelle, qu’une vieille femme après l’avènement du Christ au moyen de sa foi. C’est pourquoi le prophète Isaïe a écrit (11, 9) : la terre a été remplie de la connaissance de Dieu.
