Sermon ~ La Genèse
03. La terre des chrétiens, la mer des méchants, les fleurs de la vertu

Mes bien chers Frères,

Le Bon Dieu, en ce troisième jour de la création, prépare le cadre dans lequel nous le louerons. La terre de la chrétienté portera les fleurs et les fruits de la vertu. Malheureusement, l’homme a voulu faire la terre à son image et non à l’image de Dieu. Alors, Dieu a envoyé son Fils Unique, qui s’est incarné pour planter la Croix sur le monde. Nous sommes désormais sur une terre nouvelle, autour de la Croix, guidés par le Christ, formés par la Sainte Vierge, c’est l’Eglise.

Télécharger

Texte de la Genèse

Et Dieu dit : « Que les eaux qui sont sous le ciel se rassemblent en un seul lieu et que la terre sèche apparaisse. Et il fut fait ainsi. Et Dieu appela l’aride Terre, et appela les amas des eaux Mer. Et Dieu vit que cela était bon. Et il dit : « Que la terre fasse germer l’herbe verdoyante, et qui fait semence, et du bois fruitier qui fait du fruit selon son espèce, dont la semence soit en lui-même sur la terre. Et il fut fait ainsi. Et la terre fit pousser une herbe verdoyante, et qui fait semence selon son espèce, et du bois qui fait du fruit, et ayant chacun semence selon son espèce. Et Dieu vit que cela était bon. Et fut fait le soir et le matin, troisième jour.

Résumé du sermon

La louange de Dieu

En ce troisième jour, il divise les eaux de la mer et la terre. Et il met un ordre merveilleux : les plantes produisant chacune sa semence sans fin. SA semence et non n’importe quelle semence, ce qui s’oppose à toute évolution créatrice et à tout relativisme.

Si l’homme n’avait pas péché, toute l’humanité aurait été comme un monastère de louange, avec ses éléments matériels, comme les églises de pierre, ses éléments naturels comme les jardins, leur lumière, leurs plantes, et surtout ses éléments spirituels : la louange divine. Pour cela, il établit l’ordre conforme à sa sagesse et il divise.

La terre qui produit les plantes, c’est en premier l’Église

À cause du péché originel, Dieu a envoyé le Verbe pour restaurer toutes choses d’une façon plus admirable qu’il les avait faites.

Le Verbe fait chair établit l’Église. Il sépare la terre qui porte du fruit : les chrétiens, de la mer des païens. C’est l’œuvre de la Croix.

La mer des païen entoure la terre des chrétiens.
la terre des chrétiens est aride quand elle n’est pas dans la grâce de Dieu.

L’Église est vivante dans l’âme des chrétiens

Le fruit produit par l’âme du chrétien, c’est la vertu.

Le jugement dernier viendra définitivement juger et condamner la terre aride, et bénir la terre fructueuse.

la leçon de la Pologne :
l’âme ne peut produire du fruit que selon l’ordre voulu par Dieu

Les modernistes ne cherchent pas à produire du fruit selon l’ordre voulu par Dieu, ils veulent créer.

Les fausses dévotions.

Commentaire d’Origène
Le troisième jour

Ce qui est ensuite raconté au troisième jour a la même signification. L’Écriture dit : « Et Dieu dit : que l’eau qui est sous le ciel se réunisse en une seule masse et que l’élément sec apparaisse. Et il en fut ainsi. »

Nous donc, cherchons à réunir « l’eau qui est sous le ciel » et à la chasser loin de nous, pour qu’apparaisse alors l’élément sec, c’est-à-dire nos œuvres humaines, « afin que les hommes, voyant nos bonnes œuvres, glorifient notre Père qui est dans les cieux ». Si nous ne nous séparons pas de ces eaux qui sont sous le ciel, c’est-à-dire des péchés et des vices de notre corps, l’élément sec ne pourra pas apparaître en nous ni recevoir l’assurance de progresser vers la lumière. « Car celui qui fait le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, pour que ses œuvres ne témoignent pas contre lui. Mais celui qui marche dans la vérité vient à la lumière, pour que ses œuvres soient manifestées et qu’il apparaisse qu’elles ont été faites en Dieu. » Cette assurance ne nous sera donnée que si, comme les eaux, nous séparons et rejetons loin de nous les vices du corps qui sont les principes de nos péchés. Cela fait, l’élément sec en nous ne restera plus sec, comme nous allons le voir.

L’Écriture dit en effet : « et l’eau qui est sous le ciel se réunit dans son lieu et l’élément sec apparut. Et Dieu appela l’élément sec : Terre, et l’amas des eaux : Mer ». Or, de même que l’élément sec, une fois séparé de l’eau, comme nous avons dit tout à l’heure, ne demeure plus l’élément sec, mais prend dès lors le nom de Terre, ainsi nos corps : qu’une semblable séparation s’opère en eux, ils ne resteront plus « secs », mais prendront le nom de Terre, parce qu’ils pourront désormais porter du fruit pour Dieu.

Après avoir « fait au début le ciel et la terre », Dieu fit ensuite le firmament et l’élément sec ; il appela le firmament Ciel, lui donnant le nom du ciel qu’il avait créé auparavant, et il appela l’élément sec : Terre, car il lui donna le pouvoir de donner des fruits. Si donc il en est qui restent encore délibérément secs, s’ils ne produisent aucun fruit, s’ils portent « des épines et des ronces » « bonnes à alimenter le feu », ils sont eux aussi, à voir ce qu’ils produisent, « bons à alimenter le feu ». Mais qu’un zèle attentif les ait séparés des eaux de l’abîme, qui sont les sens du démon, et qu’ils se montrent une terre fertile, ils doivent dès lors espérer que Dieu les introduira dans « une terre où coulent le lait et le miel ».

— Voyons ensuite quels sont les fruits que Dieu ordonne de produire à cette terre qu’il a ainsi nommée. « Et Dieu vit que cela était bon. Et Dieu dit : que la terre fasse pousser des herbes de gazon portant semence selon leur espèce et ressemblance, des arbres à fruit produisant du fruit ayant en soi sa semence selon son espèce sur la terre. Et il en fut ainsi. »

Selon le sens littéral, on nous montre ici les fruits que produit la Terre alors qu’elle n’est plus l’élément sec.

Mais, comme tout à l’heure, revenons encore à nous. Nous voici désormais nous-mêmes « terre » et non plus « élément sec ». Apportons donc à Dieu des fruits abondants et variés, pour être, nous aussi, bénis par le Père qui dit : « Voici l’odeur de mon fils comme l’odeur d’un champ fécond que le Seigneur a béni », et pour que s’accomplisse en nous la parole de l’Apôtre : « Une terre recevant la pluie qui tombe souvent sur elle et produisant une herbe utile à ceux qui la cultivent a part à la bénédiction de Dieu. Mais celle qui produit des épines et des ronces est jugée de mauvaise qualité, près d’être maudite et l’on finit par y mettre le feu ».

« Et la terre produisit des herbes de gazon portant semence selon leur espèce et ressemblance, et des arbres à fruit produisant du fruit ayant en soi sa semence selon son espèce sur la terre. Et Dieu vit que cela était bon. Et il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le troisième jour. »

Dieu ordonne que la terre produise non seulement des herbes de gazon, mais aussi la semence, pour pouvoir ne pas cesser de porter du fruit ; non seulement des arbres à fruit, mais des arbres produisant des fruits qui aient en eux leur semence selon leur espèce, pour pouvoir, grâce à cette semence, ne pas cesser de porter du fruit.

Nous donc, semblablement, nous devons à la fois porter du fruit et avoir en nous-mêmes nos semences, c’est-à-dire garder dans notre cœur les semences de toutes les bonnes œuvres et de toutes les vertus ; ainsi enfoncées dans nos esprits, elles nous feront accomplir avec justice tous les actes qui se présenteront. Car les fruits de ces semences, ce sont nos actes qui proviennent « du bon trésor de notre cœur ».

Si nous écoutons la parole et si, après l’avoir entendue, notre terre produit aussitôt de l’herbe, et si cette herbe, avant d’être mûre et de porter du fruit, vient à se dessécher, notre terre sera appelée « caillouteuse ». Mais si la parole s’implante dans notre cœur avec des racines si profondes qu’elle produise le fruit des bonnes œuvres et porte la semence des biens à venir, alors vraiment chacune de nos terres porte son fruit, l’une cent, l’autre soixante, l’autre trente pour un, selon ce qu’elle peut. Et remarquons bien que notre fruit ne doit comporter nulle zizanie ou ivraie, qu’il ne doit pas se trouver sur les bords du chemin, mais qu’il doit être semé dans le chemin lui-même, dans ce Chemin qui dit « Je suis la Voie », pour que les « oiseaux du ciel » ne grappillent pas nos fruits ni notre vigne. Et même, s’il est donné à tel d’entre nous d’être une « vigne », que celui-là se garde de porter des épines au lieu de grappes : sinon cette vigne ne sera « ni taillée, ni cultivée » et les nuées n’auront pas l’ordre de « laisser tomber la pluie sur elle » ; elle deviendra un désert où croîtront les épines.