Sermon ~ Dieu s’est révélé et nous parle

Mes bien chers Frères,

Nous revenons à nos sermons de doctrine chrétienne — sermons “Qui est Dieu” — et nous constatons avec émerveillement que Dieu a parlé à nos pères et qu’il nous parle encore à nous. Où trouver sa parole ? C’est à ces vérités fondamentales que les protestants et les modernistes se sont attaqué. Ils ont subverti la notion de révélation pour s’affranchir de l’autorité divine. Que cela nous mette sur nos gardes pour recevoir la parole de Dieu qui nous introduit dans l’héritage divin.

Quelques “craquements” au début du sermon, heureusement ils ne durent pas trop. Je n’ai pas voulu réenregistrer mon sermon qui aurait alors perdu de son naturel.

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Résumé du sermon
Saint Thomas d’Aquin
Le concile de Trente

Résumé du sermon

Dieu s’est révélé

« Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses… » (Héb. 1, 1)

« Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant le Verbe de vie, – car la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée, – ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Et nous écrivons ces choses, afin que notre joie soit parfaite. »

La religion – le catholicisme, car il n’y en a pas d’autre – n’est pas une création humaine, pas même une création des saints, mais elle est directement révélée par Dieu.

L’auteur de la Bible, c’est Dieu ; ceux qu’on appelle les auteurs (David, Isaïe, saint Paul, etc.) ne sont que les « secrétaires » du Saint-Esprit sous la dictée duquel ils ont écrit. Les protestants et les modernistes, pour se débarrasser de l’autorité de Dieu, trouvent tous les moyens de faire de l’Écriture Sainte une création humaine. Ainsi, ils affirment que les écrivains sacrés nous ont livré leur réflexion sur Dieu.

Méfiez-vous de ceux qui donnent une importance première aux écrivains sacrés ! que m’importe la plume, c’est l’auteur qui donne son autorité au texte.

Où trouver la parole de Dieu ?

Dans l’Écriture Sainte et dans la Tradition.

L’Écriture Sainte et la Tradition sont toutes les deux la parole de Dieu, l’une écrite, l’autre transmise oralement.

L’enseignement du concile de Trente. Les livres écrits et les traditions non écrites qui, reçues par les apôtres de la bouche du Christ lui-même ou transmises comme de main en main par les apôtres sous la dictée de l’Esprit Saint, sont parvenues jusqu’à nous.
Le saint concile reçoit et vénère avec le même sentiment de piété et le même respect tous les livres tant de l’Ancien Testament que du Nouveau Testament, puisque Dieu est l’auteur unique de l’un et de l’autre, ainsi que les traditions elles-mêmes concernant aussi bien la foi que les mœurs, comme ou bien venant de la bouche du Christ ou dictées par l’Esprit Saint et conservées dans l’Église catholique par une succession continue.

L’une et l’autre sont infaillibles.

À dignité égale, la Tradition a une triple priorité sur l’Écriture Sainte.
– chronologique
– d’enseignement
– d’extension et d’interprétation

Les différents sens de l’Écriture Sainte : nous n’écrivons qu’avec des mots, Dieu écrit avec des mots, mais aussi par les choses.
– littéral
– allégorique ou prophétique
– moral
– relatif à la vie éternelle.

À ne pas confondre avec l’allégorie. La traversée de la Mer Rouge n’annonce pas la traversée de l’Atlantique pour la christianisation de l’Amérique !

Exemples : – sens littéral : la traversée de la Mer Rouge
– sens allégorique ou prophétique : l’annonce du baptême
– sens moral : la confiance en Dieu tout puissant.
– sens quant à la vie éternelle : la vraie Terre promise, c’est le Ciel.

Du bon usage de la révélation

Du danger de lire l’Ancien Testament sans guide et sans maître. Des bienfaits de lire les Pères de l’Église lorsqu’ils commentent l’Écriture Sainte. Ne pas lire l’Évangile sans connaître le catéchisme.

Saint Thomas d’Aquin

Somme théologique 1 – 1, 10 L’Écriture Sainte a-t-elle plusieurs sens ?

L’auteur de l’Écriture sainte est Dieu. Or, il est au pouvoir de Dieu d’employer, pour signifier quelque chose, non seulement des mots, ce que peut faire aussi l’homme, mais également les choses elles-mêmes. Pour cette raison, alors que dans toutes les sciences ce sont les mots qui ont valeur significative, celle-ci a en propre que les choses mêmes signifiées par les mots employés signifient à leur tour quelque chose. La première signification, celle par laquelle les mots signifient certaines choses, correspond au premier sens, qui est le sens historique ou littéral. La signification par laquelle les choses signifiées par les mots signifient encore d’autres choses, c’est ce qu’on appelle le sens spirituel, qui est fondé sur le sens littéral et le suppose.

À son tour, le sens spirituel se divise en trois sens distincts. En effet, dit l’Apôtre (He 7, 19), la loi ancienne est une figure de la loi nouvelle, et la loi nouvelle elle-même, ajoute Denys, est une figure de la gloire à venir ; en outre, dans la loi nouvelle, ce qui a lieu dans le chef est le signe de ce que nous-mêmes devons faire. Donc, lorsque les réalités de la loi ancienne signifient celles de la loi nouvelle, on a le sens allégorique ; quand les choses réalisées dans le Christ, ou dans ce qui signifie le Christ, sont le signe de ce que nous devons faire, on a le sens moral ; pour autant, enfin que ces mêmes choses signifient ce qui existe dans la gloire éternelle, on a le sens anagogique.

Comme, d’autre part, le sens littéral est celui que l’auteur entend signifier, et comme l’auteur de l’Écriture sainte est Dieu, qui comprend simultanément toutes choses dans la simple saisie de son intelligence, il n’y a pas d’obstacle à dire, à la suite de S. Augustin, que selon le sens littéral, même dans une seule “lettre” de l’Écriture, il y a plusieurs sens.

Concile de Trente

Le saint concile œcuménique et général de Trente, légitimement réuni dans l’Esprit Saint, garde toujours devant les yeux le propos, en supprimant les erreurs, de conserver dans l’Église la pureté même de l’Évangile, lequel, promis auparavant par les prophètes dans les saintes Écritures, a été promulgué d’abord par la bouche même de notre Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu qui ordonna ensuite qu’il soit prêché à toute créature paf ses apôtres comme source de toute vérité salutaire et de toute règle morale Mt 16,15.

Il voit clairement aussi que cette vérité et cette règles sont contenues dans les livres écrits et dans les traditions non écrites qui, reçues par les apôtres de la bouche du Christ lui-même ou transmises comme de main en main par les apôtres sous la dictée de l’Esprit Saint, sont parvenues jusqu’à nous.

C’est pourquoi, suivant l’exemple des pères orthodoxes [orthodoxe = fidèle à la foi], le même saint concile reçoit et vénère avec le même sentiment de piété et le même respect tous les livres tant de l’Ancien Testament que du Nouveau Testament, puisque Dieu est l’auteur unique de l’un et de l’autre, ainsi que les traditions elles-mêmes concernant aussi bien la foi que les mœurs, comme ou bien venant de la bouche du Christ ou dictées par l’Esprit Saint et conservées dans l’Église catholique par une succession continue.

Il a jugé bon de joindre à ce décret une liste des livres saints, afin qu’aucun doute ne s’élève pour quiconque sur les livres qui sont reçus par le concile. Ces livres sont mentionnés ci-dessous.

De l’Ancien Testament cinq livres de Moïse, c’est-à-dire la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome ; les livres de Josué, des Juges, de Ruth, les quatre livres des Rois, les deux livres des Paralipomènes, le premier livre d’Esdras et le second, dit Néhémie, Tobie, Judith, Esther, Job, le psautier de David comprenant cent cinquante psaumes, les Proverbes, l’Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, la Sagesse, l’Ecclésiastique, Isaïe, Jérémie avec Baruch, Ezéchiel, Daniel, les douze petits prophètes, c’est-à-dire Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie, les deux livres des Macchabées, le premier et le second.

Du nouveau Testament : les quatre évangiles, selon Matthieu, Marc, Luc et Jean ; les Actes des Apôtres écrits par l’évangéliste Luc ; les quatorze épîtres de l’apôtre Paul, aux Romains, deux aux Corinthiens, aux Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens deux aux Thessaloniciens, deux à Timothée, à Tite, à Philémon, aux Hébreux, deux de l’apôtre Pierre, trois de l’apôtre Jean, une de l’apôtre Jacques, une de l’apôtre Jude et l’Apocalypse de l’apôtre Jean.

Si quelqu’un ne reçoit pas ces livres pour sacrés et canoniques dans leur totalité, avec toutes leurs parties, tels qu’on a coutume de les lire dans l’Église catholique et qu’on les trouve dans la vieille édition de la Vulgate latine ; s’il méprise en connaissance de cause et de propos délibéré les traditions susdites : qu’il soit anathème.

… En outre, pour contenir les esprits indociles. il décrète que personne, dans les choses de la foi ou des mœurs concernant l’édifice de la foi chrétienne, ne doit, en s’appuyant sur un seul jugement, oser interpréter l’Écriture sainte en détournant celle-ci vers son sens personnel allant contre le sens qu’a tenu et que tient notre sainte Mère l’Église, elle à qui il revient de juger du sens et de l’interprétation véritables des saintes Écritures, ou allant encore contre le consentement unanime des Pères, même si des interprétations de ce genre ne devaient jamais être publiées. (…)