
M. l’abbé Salenave est un ami de longue date dont j’ai toujours apprécié le dévouement dans l’apostolat, la droiture et la simplicité. C’est pour ces raisons que nous sommes amis et que les épreuves de l’Église nous ont rapprochés. Il fêtera dimanche son jubilé d’argent sacerdotal, ayant été ordonné le 29 juin 2001.
La première fois que nous nous sommes connus, il était animateur au MJCF et j’étais aumônier. C’était un camp en Italie plein de joie, de jeunesse, de sérieux et de soleil. Avons-nous fait plusieurs camps ainsi ? Je ne saurais m’en souvenir. Toujours est-il que nous partagions le même idéal et que, malgré que nous nous soyons ensuite perdus de vue lors de son séjour au séminaire — six ans — et ses premières années de sacerdoce, l’estime mutuelle demeurait.

Résistance au ralliement
Le ralliement de Mgr Fellay provoqua les mêmes inquiétudes chez nous deux et je me rappelle très bien une discussion après une conférence particulièrement envoûtante mais vide de Mgr Fellay. « C’est du nominalisme », lui dis-je. Chacun à notre poste, nous avons travaillé à maintenir la fidélité à l’héritage de Monseigneur Lefebvre, moi aux affaires canoniques et M. l’abbé Salenave sur Internet pour dévoiler ce que le supérieur de notre Fraternité nous cachait.
C’étaient les débuts d’Internet qui n’arrivaient même pas dans mon prieuré et M. l’abbé Salenave fut, au service de la foi et de la vérité, un pionnier en la matière. La Révolution n’aime pas qu’on dévoile ses plans et ses manœuvres. Régulièrement, M. l’abbé pointait la lumière drue et précise de son projecteur sur Mgr Fellay, qui aurait bien préféré maintenir dans l’ombre ses visites chez les modernistes romains et sa trahison à petits pas.
Ce furent des années d’épreuve, car nous étions blessés dans ce que nous avions de plus cher, notre fidélité à l’Église et à la foi, telle que Monseigneur Lefebvre nous l’avait transmise. À côté de cela, les sévices que nous subissions personnellement étaient peu de chose. Heureusement, Monseigneur Williamson, encore plus maltraité que nous, mais courageux et clairvoyant, fut le berger que nous suivîmes tout naturellement.
C’est ainsi qu’avec quelques confrères nous fondions ce que beaucoup appelèrent la Résistance, et que je préférais appeler la Fidélité Catholique. Il y eut la brève Union Sacerdotale Marcel Lefebvre, car nous pensions qu’il fallait une structure, même minime, pour favoriser notre unité. Mais nous comprîmes vite, avec les lumières de Monseigneur Williamson, que la seule structure que la Providence nous demandait d’établir était celle de l’union dans l’esprit de foi et dans la charité fraternelle.
Grâce à Dieu, elle n’a jamais cessé, mais elle est bien mieux mise en valeur ainsi, dépouillée de tout apparat extérieur par la Providence. Des amitiés comme celles que je porte à M. l’abbé Salenave ne sont pas démonstratives. Elles ne mènent pas tambour battant des réalisations communes. Elles n’en sont que plus profondes et, finalement, à la fois plus vraies et plus efficaces. Plus efficaces parce que plus vraies.
Que Dieu bénisse votre courage et votre zèle, cher Confrère !
M. l’Abbé Matthieu Salenave dessert la Mayenne, la Basse Normandie, la Belgique, la Bretagne. Sa résidence habituelle est :
Prieuré Notre – Dame de Pontmain
6, rue Pasteur
53 390 Saint Aignan sur Roë (Mayenne)
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