Mes bien chers Frères,
Puisque la saint Église nous donne à lire en ce samedi de la deuxième semaine de carême l’histoire de Jacob et Esaü, voyons quel en est le sens profond. Pourquoi en plein carême ? Pour nous rappeler une histoire ou pour nous faire entrer dans le sens moral que Dieu a donné à cet événement ? D’une façon vague et générale ou en nous donnant un leçon même si cela peut faire mal ?
« À la fin mon cœur immaculé triomphera. »
Télécharger le texte de St L. M. Grignion de Montfort
Pour imprimer le texte de St Grignion de Montfort, choisir impression en pleine page avec retrouver sur les bords courts. Ne pas choisir l’impression au format livret.
Pour la consécration à Marie : La Très Sainte Vierge et Consécration à Marie
Texte sacré
L’histoire de Jacob et Esaü
Dès le saint maternel, Esaü combat Jacob.
Rebecca consulte le Seigneur qui lui répond que deux peuples se battent en son sein et que un des deux peuples dominera l’autre, le plus grand servira le plus petit.
Lorsque le temps où elle devait enfanter fut arrivé, elle se trouva mère de deux jumeaux.
Celui qui sortit le premier était roux, et tout velu comme une peau, et il fut nommé Esaü. L’autre sortit aussitôt, et il tenait de sa main le pied de son frère. C’est pourquoi il fut nommé Jacob.
Quand ils furent grands, Esaü devint habile à la chasse, et homme des champs ; mais Jacob était un homme simple, et il demeurait à la maison.
Isaac aimait Esaü, parce qu’il mangeait de ce qu’il prenait à la chasse ; mais Rébecca aimait Jacob.
Un jour, Jacob ayant fait cuire de quoi manger, Esaü retourna des champs étant fort las ; et il dit a Jacob : Donne-moi de ce mets roux, parce que je suis extrêmement las. C’est pour cette raison qu’il fut depuis nommé Edom.
Jacob lui dit : Vends-moi ton droit d’aînesse.
Esaü lui répondit : Je me meurs ; de quoi me servira mon droit d’aînesse ?
Jure-le moi donc, lui dit Jacob. Esaü le lui jura, et lui vendit son droit d’aînesse.
Et ainsi, ayant pris du pain et ce plat de lentilles, il mangea et but, et s’en alla, se mettant peu en peine de ce qu’il avait vendu son droit d’aînesse.
Esaü ayant quarante ans, épousa Judith, fille de Béeri l’Héthéen, et Basemath, fille d’Elon du même pays ; qui toutes deux avaient irrité l’esprit d’Isaac et de Rébecca.
Isaac étant devenu vieux, ses yeux s’obscurcirent de telle sorte qu’il ne pouvait plus voir. Il appela donc Esaü son fils aîné, et lui dit : Mon fils. Me voici, dit Esaü.
Son père ajouta : Tu vois que j’ai vieilli, et que j’ignore le jour de ma mort. Prends tes armes, ton carquois et ton arc, et sors dehors ; et lorsque tu auras pris quelque chose à la chasse, tu me l’apprêteras comme tu sais que je l’aime (les veux) ; et tu me l’apporteras afin que j’en mange, et que je te bénisse avant de mourir.
Rébecca entendit ces paroles ; et Esaü étant allé dans les champs pour faire ce que son père lui avait commandé, elle dit a Jacob son fils : J’ai entendu ton père qui parlait à ton frère Esaü, et qui lui disait : Apporte-moi quelque chose de ta chasse, et prépare-moi de quoi manger, afin que je te bénisse devant le Seigneur avant de mourir.
Suis donc maintenant, mon fils, le conseil que je vais te donner. Va-t’en (cours) au troupeau, et apporte-moi deux des meilleurs chevreaux, afin que j’en prépare à ton père une sorte de mets que je sais qu’il aime ; et qu’après que tu le lui auras présenté et qu’il en aura mangé, il te bénisse avant de mourir.
Jacob lui répondit : Vous savez que mon frère Esaü a le corps velu, et que moi je n’ai pas de poil. Si mon père vient donc à me toucher et qu’il s’en aperçoive, j’ai peur qu’il ne croie que je l’ai voulu tromper, et qu’ainsi je n’attire sur moi sa malédiction au lieu de sa bénédiction.
Sa mère lui répondit : Mon fils, je me charge moi-même de (sur moi soit) cette malédiction : fais seulement ce que je te conseille (seulement écoute ma voix), et va me chercher ce que je te dis. Il y alla, il l’apporta, et il le donna à sa mère, qui en prépara à manger à son père comme elle savait qu’il l’aimait (les voulait).
Elle fit prendre ensuite à Jacob de très beaux habits d’Esaü, qu’elle gardait elle-même à la maison. Et elle lui mit autour des mains la peau des chevreaux, et lui en couvrit le cou partout où il était découvert. Puis elle lui donna ce qu’elle avait préparé à manger, et les pains qu’elle avait cuits.
Jacob porta le tout devant Isaac, et lui dit : Mon père. Je t’entends, dit Isaac. Qui es-tu, mon fils ? Jacob lui répondit : Je suis Esaü votre fils aîné. J’ai fait ce que vous m’avez commandé : levez-vous, mettez-vous sur votre séant (asseyez-vous), et mangez de ma chasse afin que vous me donniez votre bénédiction.
Isaac dit encore à son fils : Mais comment as-tu pu, mon fils, en trouver si tôt ? Il lui répondit : Dieu a voulu que ce que je désirais se présentât tout d’un coup à moi. Isaac dit encore : Approche-toi d’ici, mon fils, afin que je te touche, et que je reconnaisse si tu es mon fils Esaü ou non. Jacob s’approcha de son père ; et Isaac, l’ayant tâté, dit : Pour la voix, c’est (certainement) la voix de Jacob ; mais les mains sont les mains d’Esaü.
Et il ne le reconnut point, parce que ses mains, étant couvertes de poil, parurent toutes semblables à celle de son aîné. Isaac, le bénissant donc lui dit : Es-tu mon fils Esaü ? Je le suis, répondit Jacob.
Mon fils, ajouta Isaac, apporte-moi à manger de ta chasse, afin que je te bénisse. Jacob lui en présenta ; et après qu’il en eut mangé, il lui présenta aussi du vin qu’il but.
Isaac lui dit ensuite : Approche-toi de moi, mon fils, et viens me (donne-moi un) baiser. Il s’approcha donc de lui, et le baisa. Et Isaac, aussitôt qu’il eut senti la bonne odeur qui sortait de ses habits, lui dit en le bénissant : (Voici que) L’odeur qui sort de mon fils est semblable à celle d’un champ plein (de fleurs) que le Seigneur a comblé de ses bénédictions.
Que Dieu te donne une abondance de blé et de vin, de la rosée du ciel et de la graisse de la terre. Que les peuples te soient assujettis, et que les tribus se prosternent devant toi. Sois le seigneur de tes frères, et que les enfants de ta mère se courbent devant toi. Que celui qui te maudira, soit maudit lui-même ; et que celui qui te bénira, soit comblé de bénédictions.
Isaac ne faisait que d’achever ces paroles, et Jacob était à peine sorti dehors, lorsqu’Esaü entra et que, présentant à son père ce qu’il avait apprêté de sa chasse, il lui dit : Levez-vous, mon père, et mangez de la chasse de votre fils, afin que vous me donniez votre bénédiction.
Isaac lui dit : Qui es-tu donc ? Esaü lui répondit : Je suis Esaü votre fils aîné (premier né).
Isaac fut frappé d’un profond étonnement ; et, admirant (surpris) au delà de tout ce qu’on peut croire (de) ce qui était arrivé, il lui dit : Qui est donc celui qui m’a déjà apporté de ce qu’il avait pris à la chasse, et qui m’a fait manger de tout avant que tu vinsses ? (et) je lui ai donné ma bénédiction, et il sera béni.
Esaü, à ces paroles de son père, jeta un cri furieux ; et, étant dans une extrême consternation, il lui dit : Donnez-moi aussi votre bénédiction, mon père.
Isaac lui répondit : Ton frère m’est venu surprendre (frauduleusement), et il a reçu la bénédiction qui t’était due.
C’est avec raison, dit Esaü, qu’il a été appelé Jacob ; car voici la seconde fois qu’il m’a supplanté. Il m’a enlevé auparavant mon droit d’aînesse ; et présentement il vient encore de me dérober la bénédiction qui m’était due. Mais, mon père, ajouta Esaü, ne m’avez-vous point réservé aussi une bénédiction ?
Isaac lui répondit : Je l’ai établi ton seigneur, et j’ai assujetti à sa domination tous ses frères. Je l’ai affermi dans la possession du blé et du vin ; et après cela, mon fils, que me reste-t-il que je puisse faire pour toi ?
Esaü lui repartit : N’avez-vous donc, mon père, qu’une seule bénédiction ? Je vous conjure de me bénir aussi. Il jeta ensuite de grands cris mêlés de larmes.
Et Isaac, en étant touché, lui dit : Ta bénédiction sera dans la graisse de la terre et dans la rosée du ciel qui vient d’en haut. Tu vivras de l’épée, tu serviras ton frère, et le temps viendra que tu secoueras son joug, et que tu t’en délivreras.
Esaü haïssait donc constamment Jacob, à cause de cette bénédiction qu’il avait reçue de son père ; et il disait en lui-même : Le temps de la mort de mon père viendra, et alors je tuerai mon frère Jacob.
Résumé du sermon
1. L’histoire
Jacob est un homme intérieur
Esaü veut que Dieu bénisse son amour des biens de la terre.
2. le sens prophétique : les deux peuples le plus petit domine le plus grand.
3. le sens moral : les deux espèces d’homme. Le plus petit aux yeux du monde dominera le plus grand aux yeux du monde.
4. applications pratiques
Mgr Williamson le plus petit avec sa petite Fidélité Catholique. La Fraternité Saint Pie X la plus grande. L’un a la foi, l’autre laisse tomber la foi (lettre de l’abbé Pagliarani) et part à la chasse.
Pour un plat de lentilles, elle vend son droit d’aînesse qu’elle avait reçu de Mgr Lefebvre. Ct Mgr Williamson qui le recueille.
Mgr Williamson, avec l’aide de Rebecca, c’est-à-dire de la Très Sainte Vierge, prépare des chevreaux au goût d’Isaac (Jésus-Christ).
Lorsque la Fraternité Saint Pie X-Esaü s’aperçoit qu’elle a perdu la bénédiction, elle rugit pour que Dieu bénisse quand même son amour du monde. Et elle reçoit : « Ta bénédiction sera dans la graisse de la terre et dans la rosée du ciel qui vient d’en haut. Tu vivras de l’épée, tu serviras ton frère, et le temps viendra que tu secoueras son joug, et que tu t’en délivreras. »
Pourquoi les deux reçoivent-ils une bénédiction dans la graisse de la terre ? parce que « cherchez le royaume de Dieu et le reste vous sera donné par surcroît. » Mais celle de Jacob s’accompagne de la richesse du rayonnement de la foi, celle d’Esaü s’accompagne de l’épée et de la révolte.
