L’autorité est faite pour la vérité
Sermon de Mgr Williamson à l’inauguration de La Villeneuve

Le 14 juillet 2015, lors de l’inauguration du prieuré de La Villeneuve, en présence de Mgr Faure, de nombreux prêtres de la Fidélité et de nombreux fidèles, Mgr Williamson prononça le sermon suivant.

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Monseigneur,
Cher Abbé Pivert,
Chers Prêtres,
Chers Fidèles,

C’est une occasion d’allé­gresse, une grande allégresse de voir une maison en campa­gne pas faite pour cela, mais en train d’être rendue au service de Dieu, à la gloire de Dieu et au service de la vérité. Et nous félicitons M. l’abbé Pivert, nous le félicitons tous et nous le re­mercions de son courage et d’avoir réussi à rassembler au­jourd’hui tant de fidèles dont plusieurs, sans doute, sont venus d’assez loin. Nous remer­cions aussi de leur présence les prêtres surtout, un grand nom­bre de prêtres, qui veulent se joindre à M. l’abbé Pivert pour l’inauguration de cette maison de Dieu. Leur présence donne évidemment de l’importance à cet événement.

Une grange devient une chapelle, une maison devient un prieuré, une ferme devient un lieu de Dieu. Pourquoi cette transformation ? En premier, pour la vérité.

Pour la vérité

Notre Seigneur vient de nous le dire dans l’évangile d’aujourd’hui, [celui de la fête du Christ-Roi]. Pilate lui de­mande : « Donc tu es Roi ? » et Jésus lui répond : « Tu le dis : Je suis Roi. Voici pourquoi je suis né, voici pourquoi je suis venu dans le monde, c’est pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la véri­té, entend ma voix. » Il n’y a aucune autre institution sur la terre que l’Église qui soit si purement et uniquement pour le service de la vérité. Plus une institution s’approche de l’Égli­se catholique, plus elle sera vouée au service de la vérité. Mais même la monar­chie fran­çaise qui a été quand même très proche de l’Église, n’a pas été une institution de vérité comme l’Église elle-même. On pense par exemple à un grand serviteur de la monar­chie fran­çaise, le Cardinal de Richelieu, qui n’a quand même pas su ser­vir en premier l’Église catholi­que et qui, par-là, a mis l’Euro­pe sur le chemin de son éloi­gnement de Dieu.

Et chaque fois qu’on s’éloi­gne de la vérité, on s’éloigne de Dieu. Et, s’éloignant de Dieu, la maison tombe. C’est le psalmis­te qui le dit : « Qui ne construit pas avec Dieu, va voir tomber son affaire ». Le psalmiste le dit plus élégamment, mais le sens est clair. Et lorsque l’Église elle-même, lorsque les hommes d’Église eux-mêmes quittent la vérité ou préfèrent l’autorité à la vérité, ce sera toujours la chute de l’Église ou la chute de ces hommes d’Église pour se faire remplacer tôt ou tard par des hommes qui serviront mieux la vérité. Et cela parce que Notre Seigneur est venu pour la vérité et qu’il a institué l’Église catholique pour la vérité.

Autorité et vérité

Entre l’autorité et la vérité, il y a des liens intimes. Les causes se causent mutuellement, causae sunt invicem causae, dit la vraie philoso­phie. La cause finale de l’Église catholique, c’est la vérité. La cause efficiente, c’est l’autorité. C’est l’au­to­rité qui effectue, qui produit, qui garantit, qui appuie la vérité. Et c’est la vérité qui est le but de l’auto­rité. Ce n’est pas l’autorité qui est le but de la vérité. L’autorité, même catho­li­que, n’est pas une fin en soi-même. Elle est finalisée par la vérité. La vérité s’exprime dans la doctrine.

Et c’est parce que Mgr Lefebvre était en premier un homme de doc­trine et qu’il mettait la cause finale à la place qui lui est due, c’est-à-dire maîtresse de l’autorité si on peut dire. C’est pour cela que son affaire a fleuri, si l’on peut dire, que la Congrégation qu’il a fondée a fleuri. Mais, dès sa mort, on a commencé à perdre de vue cette primauté de la doctrine, cette primauté de la vérité, la vérité du Christ-Roi, cette vérité affirmée et mise en premier par Notre Seigneur lui-même au mo­ment de sa Passion.

Lui n’étant plus là on a recom­mencé à mettre en avant l’autorité.

On a senti cette défaillance de l’autorité qui est due à ce Concile où l’autorité catholique s’est séparée de la vérité catholique. L’autorité a pré­féré s’allier au monde, se mettre au diapason du monde moderne. La vérité d’hier ne semblait plus bonne à ces hommes d’Église des années 1960, ne semblait plus bonne pour les hommes modernes. Il fallait adapter la vérité au monde moderne et mettre l’homme à la place de Dieu et, donc, l’Église a tout de suite com­mencé à chuter et à dépérir. L’auto­rité catholique, de par son prestige acquis dans le passé, avait encore et jusqu’aujourd’hui, beaucoup de force.

Mgr Lefebvre, étant un homme d’Église, a beaucoup insisté sur l’au­torité à l’intérieur de la Fraternité Saint Pie X, pour appuyer la vérité, pour effectuer, pour être la cause qui protège et assure la vérité. Pour lui c’était toujours la vérité qui était la fin et donc pas de grand problème tant qu’il vivait.

Et on voit dans la Fraternité éga­lement la force de l’autorité. Tout est parallèle entre ce qui s’est passé à Vatican II et ce qui se passe aujour­d’hui dans la Fraternité Saint Pie X. C’est exactement le même processus qui se déroule. Tout comme dans l’Église officielle jusqu’aujourd’hui, les hommes d’Église gardent une grande autorité même s’ils ont trahi essentiellement la vérité, de même dans la Fraternité, les supérieurs gardent encore une grande autorité même s’ils sont en train de trahir la vérité. Les supérieurs de la Fraterni­té ne sont pas nés pour servir l’hom­me, ni pour servir le Concile, ni pour servir les autorités égarées de l’Égli­se. Ils sont nés pour rendre témoi­gnage à la vérité, c’est pour cela que Mgr Lefebvre les a institués. Ils ne le font plus et, donc, c’est la chute de la Fraternité. Comme l’Église officielle, l’Église de Vatican II, elle n’est pas encore complètement tombée, mais elle glisse. Tous les jours, elle glisse.

Et donc de là, la nécessité, la né­cessité absolue pour la vérité, qu’il y ait des maisons, des fermes, des maisons de campagne, des lieux où la vérité est remise à l’honneur, à la place qui lui est due, la première place. Vous le savez, M. l’abbé Pivert est un homme de doctrine. On l’a vu dans les deux livres qu’il a publiés dernièrement : un livre qui cite ex­tensivement les textes de Mgr Le­febvre et un autre livre où il expose les méfaits des autorités de la Fra­ternité qui quittent la vérité, qui ne mettent plus la cause finale au-dessus de la cause efficiente.

Jésus-Christ et la vérité

La vérité est la correspondance entre l’intelligence et la réalité. Alors, lorsque que Notre Seigneur dit : « C’est pour la vérité que je suis né et que je suis venu dans le mon­de », que veut-il dire ? Il veut dire qu’il est là pour révéler aux hommes la plénitude de la vérité, sur la vie, sur l’homme, sur l’Enfer, sur le Ciel, sur Dieu surtout, Père, Fils et Saint-Esprit, sur l’Eucharistie, tous ces grands mystères de notre foi. Et l’on se souvient de son propre exemple.

La vérité est divine

Au VIe chapitre de l’Évangile se­lon saint Jean, on est dans la syna­gogue de Capharnaüm où Notre Seigneur expose, annonce la vérité sur la Sainte Eucharistie. C’est un mystère qui dépasse absolument notre intelligence, nous autres petits hommes. Saint Thomas dira que ce mystère dépasse l’intelligence des anges. Aucune créature ne peut comprendre par elle-même ce mys­tère. Nous le croyons, mais ce mys­tère nous dépasse complètement. Notre Seigneur l’annonce dans la synagogue de Capharnaüm, et beau­coup de braves gens le suivaient pour l’écouter. Il y avait sûrement quelques ennemis dans l’assistance, mais la grande partie de l’assistance était là parce qu’on suivait Notre Seigneur. On voulait l’écouter. Il an­nonce cette grande vérité et la foule commence à murmurer : ce n’est pas possible cela, manger sa chair ! Il dit que nous ne pouvons pas nous sau­ver si nous ne man­geons pas sa chair et si nous ne buvons pas son sang, c’est de la folie ! C’est du can­nibalisme ! Et c’est en quelque sorte le bon sens qui dicte cela : manger la chair de quelqu’un, c’est le canniba­lisme. Eh bien le bon nombre, le nom­bre quit­te Notre Seigneur. Le nombre ne le suit plus. Le nombre, le grand nom­bre de la foule com­mence à sortir de la syna­go­gue. Il est fou ! On l’a bien aimé, on l’a bien ap­précié, il nous a dit beaucoup de choses, il a accueilli nos enfants, il a guéri nos malades, nos maladies, ma foi, mais cela c’est le comble, c’est trop. Alors le nom­bre le quitte. Est-ce que Notre Sei­gneur rétrocède, est-ce qu’il bat en retraite, est-ce qu’il dit : Ah non, non, revenez, re­venez, je ne veux pas dire ce que je viens de vous dire. Il aurait trouvé une explication ambi­guë, gentille, doucereuse, n’est-ce pas ? Non, non, non il est là pour la vérité et finale­ment il ne reste pres­que que les apô­tres. Et Notre Sei­gneur de leur poser la question : est-ce que vous aussi vous me quitte­rez ?

Jusque-là Notre Seigneur semble prêt à perdre même ses apôtres. Parce qu’il ne peut pas diminuer la vérité, la grandeur de ce mystère, même si le mystère dépasse complè­tement tous les hommes normaux, tous les hommes de bon sens, si on veut. Il est prêt à perdre ses apô­tres : la vérité en premier, la gran­deur de Dieu, les mystères de Dieu, l’infinité de Dieu, ce Dieu qui nous dépasse. Pas un Dieu qui cède à la mesure des hommes. Pas un Dieu rabaissé pour que les hommes le comprennent et pour que l’homme se sente son égal, non, non, non. Dieu comme il est. La réalité de Dieu. Un Dieu qui nous aime, d’un amour infini, prêt à inventer un mystère inimaginable par les hom­mes. Aucun d’entre nous, voulant montrer l’amour de Dieu envers les hommes, même en mettant des an­nées et des années, n’aurait in­venté cela, ce mystère par lequel Jésus se met entre les mains des hommes, à leur merci, non pas une seule fois comme au jardin de Geth­sémani, mais chaque fois que la communion est distribuée, car il s’expose au ris­que qu’il y aura des hommes indi­gnes qui le reçoivent. Et qu’est-ce que cela doit causer à Notre Sei­gneur dans toute sa gran­deur, tout son amour, toute sa véri­té, toute sa pureté, que de se livrer au pécheur ! Mais c’est ce qu’il a choisi, il le ferait même s’il n’y avait qu’un seul com­muniant qui commu­nierait digne­ment, un petit enfant, que sais-je ? Un enfant de sept, huit ans qui le re­cevrait dans toute sa simplicité et pureté. Notre Seigneur, pour s’unir divinement avec cette petite âme, s’exposerait à tous ceux qui ne se­raient peut-être pas dignes. Voilà l’amour de Dieu qui est égale­ment infini et qui nous dépasse. Et, donc, Notre Seigneur est prêt à per­dre ses apôtres.

Alors nous avons la sublime ré­ponse de saint Pierre, vous vous en souvenez bien : « Seigneur, c’est vous qui avez les paroles de la vie éternelle, à qui d’autre irions-nous ? » Les paroles de la vie éter­nelle, la vérité. Saint Pierre a bien compris. Ce que vient de dire Notre Seigneur le dépasse lui-aussi, mais il fait confiance parce qu’il sait que Notre Seigneur dit toujours la vérité. Ce sera quelque chose qui le dépas­se, mais qui n’en sera pas moins réel. Les apôtres restent donc avec Notre Seigneur qui continue son mi­nistère jusqu’à sa Passion. Sans doute il reprend probablement quel­ques-uns de ceux qui l’ont quitté, mais à condition que ceux qui veu­lent le suivre de nouveau, se sou­mettent à la vérité.

Saint Paul dit que la foi est une soumission de l’intelligence. Il faut soumettre son intelligence à ces vé­rités qui nous dépassent. C’est cela notre foi. Nous n’avons pas affaire à un Dieu qui est à notre niveau, mais à ce Dieu infini et qui nous dépasse infiniment. Donc la vérité est gran­de, infiniment grande, aussi grande que Dieu, parce que Dieu est réel, infini et réel. L’infinité est une réali­té. Donc, lorsque les hommes d’Égli­se quittent la vérité, leur autorité s’effrite. Elle commence tout de suite à s’effriter. Parce que l’autorité ne sert plus la vérité. Le but même de l’autorité, l’essence de l’autorité, c’est la vérité. Et donc chaque fois qu’on délaisse la vérité, Notre Seigneur suscitera des voix pour la prononcer.

Vous vous souvenez aussi de cette citation du temps de la Passion de Notre Seigneur. C’est le diman­che des Rameaux, si je ne me trom­pe, où les Pharisiens, les ennemis de Notre Seigneur, lui reprochent de se faire applaudir par les femmes et les enfants. Et Notre Seigneur de ré­pondre : si ces enfants venaient à se taire, (ils crient Hosanna, Fils de David), les pierres même de la rue se mettraient à crier la vérité. La vérité ne peut pas être tue. La vérité catholique ne peut pas être tue. Elle se fera entendre jusqu’à la fin du monde.

La vérité
ne disparaîtra jamais

À la fin du monde, Notre Sei­gneur dit : trouverai-je encore la foi sur la terre ? C’est dire qu’alors l’Église sera très réduite, très, très réduite. Comme aujourd’hui. Et ce n’est pas la réduction du nombre qui fera taire la vérité. L’Église sera tou­jours là parce que Notre Seigneur a dit : je serai avec vous jusqu’à la fin du monde. Mais elle sera très petite, très petite comme aujourd’hui. Au­jourd’hui, on peut penser que c’est la répétition générale de la fin du monde. Ce n’est pas encore la fin du monde, c’est peut-être plutôt la fin des temps, mais on voit que Notre Seigneur suscite la vérité dans la Tradition. Mais pas seulement dans les catholiques de la Tradition, il y a des gens qui viennent du dehors, il y a des païens qui se convertissent, qui entendent la voix de la vérité. Il y a des catho­li­ques de l’Église offi­cielle qui ont été égarés et qui arri­vent à com­prendre et qui se mettent à suivre les voix de la vérité. Tou­jours et de partout viendront ces hommes éclai­rés par Dieu avec le sens de la vérité et le désir de la véri­té, des hommes qui ne veulent plus être trompés par le monde de men­songe qui nous en­toure, qui nous opprime, qui nous abat, qui nous corrompt, qui nous assassine. Les mensonges assassins : les journaux, les medias, les politi­ciens, les uni­versités, plein de men­songes. Et il y aura toujours des gens qui ne veu­lent pas le men­songe et qui cherche­ront la vérité. Rien que chercher la vérité est déjà un don et une grâce de Dieu. « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais pas déjà trouvé », dit Notre Seigneur c’est-à-dire « Tu ne chercherais pas la vérité si je ne t’avais pas déjà trouvé » dit Notre Seigneur, car c’est bien la grâce de Dieu qui mène.

Notre vraie force est dans la vérité,
non dans l’autorité

Alors, nous remercions du fond du cœur les prêtres comme M. l’abbé Pivert et les prêtres qui l’entourent dont chacun cherche à établir un centre de vérité. On leur reproche : « Vous n’avez pas d’auto­rité, vous n’avez pas de structure, vous n’avez pas d’organisation, vous n’avez pas de supérieur, vous n’en faites qu’à votre tête ». Non, non. Non, non. Si ces prêtres se sont don­né la peine de sortir de la Fraternité Saint Pie X, s’ils ont sauté du canot de sauvetage qu’était, que devait être, et qu’est encore dans une cer­taine mesure la Fraternité Saint Pie X, pour se lancer dans l’océan, un océan en furie, ce n’est pas pour le confort, ni pour l’argent, ni pour le plaisir. Tous ils l’ont fait d’une façon ou d’une autre parce qu’ils veulent rester fidèles au but même de l’autorité, même si cela signifie qu’ils doivent quitter, qu’ils doivent sortir, sortir de la soumission à l’au­torité qui les protégeait, qui les gui­dait, qui les maintenait jusque-là. Mais cette autorité catholique qui quitte la vérité, devient insupporta­ble parce qu’elle sera nécessaire­ment plus ou moins au service du mensonge. C’est logique.

Et, sous cette autorité, comme exactement au moment de Vati­can II, l’argument sera toujours l’o­béis­sance, la soumission à l’auto­rité et l’unité. « Ne cassez pas l’unité de la Fraternité. Restez unis, restez dans la Fraternité. Il faut que nous res­tions unis. La force de la Frater­nité c’est l’unité. » Non ! La force de la Fraternité Saint Pie X, c’est la véri­té ! Et si elle quitte la vérité, elle perd sa force, sa grande force. Sur­tout lorsque la Fraternité s’oppose aux autorités de l’Église, qui sont encore aujourd’hui très fortes, ce n’est pas l’autorité qui fera sa force, parce que, si on est prêt à désobéir au Pape, au grand Pape de l’Église uni­verselle, pourquoi ne pas déso­béir au petit Supérieur Général de la petite Fraternité ?

Si la Fraternité a su, en suivant Mgr Lefebvre, désobéir, désobéir en apparence1 aux autorités de l’Église, ce n’est pas l’obéissance apparente qui fera sa force. Ce qui a fait la for­ce de Mgr Lefebvre, ce qui lui a valu l’autorité qu’il a eue dans la Tradi­tion, c’était sa fidélité à la vérité, à la doctrine de vérité.

Alors, il est parfaitement logique que resurgisse une Fraternité à l’in­térieur de la Fraternité, si on peut dire. Et c’est ce que nous voyons dans ce qu’on appelle la Résistance, ce mouvement de Résistance dont nous avons bon nombre des prêtres ici parmi nous. Ce n’est qu’une poi­gnée, ce n’est rien. Une poignée pour un nombre insignifiant, com­me la Fraternité dans le temps par rapport à l’Église universelle. Même si la Fraternité Saint Pie X disposait de quelques cinq cents, six cents prêtres, ce n’était rien à côté du nombre de prêtres dans le monde entier. Mais ces prêtres avaient la vérité. C’était cela leur force. Et si ces prêtres sont en train d’être mal­menés, égarés par des autorités qui mettent autre chose que la vérité en premier, ils vont à la déchéance et ce sont les prêtres de ladite Résistance qui – pour autant qu’on restera fidè­le – qui porteront le flambeau de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Il n’est pas nécessaire de reconstituer une organisation

Alors, mes Chers Amis, soyons très reconnaissants, non seulement à M. l’abbé Pivert, mais à chacun de cette poignée de prêtres, de ce petit nombre de prêtres qui restent fidè­les à la vérité. Et, assurons-leur notre soutien et suivons-les et prions. On peut très bien prier pour qu’ils finissent par s’organiser, par se mettre en rangs serrés avec une autorité, avec une conduite. Très bien, très bien, mais ce n’est pas l’es­sentiel.

Et même, en s’organisant, ils pourraient se rendre d’autant plus vulnérables à l’infiltration par exem­ple. Dieu sait si l’Église universelle a été infiltrée par ses ennemis de la Franc-maçonnerie. Et Dieu sait s’il y a eu des éléments à l’intérieur de la Fraternité qui ont été mis – ou en­couragés, en tout cas – par la Maçonnerie pour la désamorcer. Parce que les ennemis de Notre Seigneur sont souvent plus intelli­gents que ses amis. Notre Seigneur nous dit : « Les fils des Ténèbres sont plus malins que les fils de la Lumière ». Et donc les ennemis de l’Église reconnaissent rapidement où est le vrai danger pour eux, c’est-à-dire dans la vraie fidélité à Notre Seigneur Jésus-Christ. Et ils met­tront tout, ils rôderont autour com­me le dia­ble, pour cher­cher la fente par laquelle entrer là-dedans, infil­trer et faire tourner ou diluer, cor­rompre. Parce que la dilution de la vérité suffira pour diminuer d’au­tant la force, la force qui est intrin­sèque à la vérité, à la plénitude, à la pureté de la vérité. Donc, si en cons­tituant une organisation, on devait se ren­dre d’autant plus vulnérable à l’infil­tration – ce qui est bien possi­ble – alors, il vaut mieux rester ainsi pour le moment, parce que cette situation actuelle ne peut pas durer très long­temps.

C’est invivable. C’est insuppor­table. C’est diabolique et Dieu va interve­nir. On ne sait pas quand, car Dieu ne révèle pas son calendrier et il a de bonnes raisons pour cela. Et donc, pour l’intervalle jusqu’à son intervention, cela peut être dans sa volonté qu’on ne s’organise pas. Tout naturellement on a tendance à s’organiser parce que c’est naturel, c’est normal pour les catholiques d’avoir des supérieurs, d’obéir à une hiérarchie, à des supérieurs. L’obéis­sance est tout à fait normale. Les catholiques ont un instinct pour cela, les bons prêtres aussi, mais peut-être faut-il s’en passer dans la situation actuelle. Parce que le dan­ger de l’infiltration n’est pas diri­mant, mais il existe certainement. Alors sachons, comme disait tou­jours Mgr Lefebvre, sachons suivre la Providence et non pas la mener.

La volonté de Dieu

Avec le Chapitre Général de 2012 qui fut comme Vatican II dans la Fraternité, on a pu penser qu’il y au­rait eu beaucoup plus de prêtres à réagir ouvertement en se désolidari­sant d’une Fraternité traîtresse – le mot est fort, mais objectivement c’est le cas –, on aurait pu penser qu’il y aurait bien plus que seule­ment une demi-douzaine de prêtres ici en France, pour le moment pas beaucoup plus qu’une demi-douzaine. Mais non, la Providence ne l’a pas voulu, sinon elle se serait arrangée pour l’obtenir. Je veux bien que ce soit la malice des hommes, leurs péchés, qui ont entravé l’œuvre de la Providence, oui, mais la Provi­dence c’est Dieu. Dieu est Dieu. Et si Dieu avait voulu un beaucoup plus grand nombre de prêtres, il aurait trouvé le moyen de les mettre sur pied. Il n’a pas voulu. La situation dont nous souffrons actuellement, si on veut, c’est sa Volonté, sa Volonté de permission en tout cas.

Et alors sachons suivre Dieu et sachons lire dans la situation la colè­re de Dieu, si on veut, la colère de Dieu à qui ne plaît pas ce qui était en place, ce qui est encore en place. Si ceux qui le servent ouvertement et courageusement sont si insigni­fiants, il doit y avoir là une leçon de Dieu. Et, entre autres, la leçon sera celle-ci : « Que celui qui se tient debout fasse attention à ne pas tom­ber. » C’est une citation de saint Paul dans la 1ère aux Corinthiens Qui stat, videat ne cadat. Chacun d’en­tre nous, nous pouvons tomber. Et comment ! Donc prions Dieu pour la grâce de rester debout. Soyons reconnaissants à Dieu pour tout ce qu’il nous donne encore. Il n’a pas permis que la voix de la vérité se taise. La preuve. Et prions Dieu pour qu’il y ait encore des prêtres, un bon nombre, prions pour qu’il y ait un bon nombre de prêtres qui recon­naissent la réalité de la situation et qui agissent courageusement – qu’ils s’attachent à ce mouvement de la Résistance ou non. Ce sera peut-être plus facile s’il n’y a pas d’organisation, d’autres au contraire pensent que ce sera plus facile pour eux s’il y a une organisation. Cela laissons-le entre les mains de Dieu. Mais soyons reconnaissants. Dieu ne nous a pas abandonnés, c’est cer­tain. Et il est également certain qu’il ne va pas nous abandonner non plus. Le nombre sera encore plus réduit qu’actuellement. On ne dirait pas, on dirait que le nombre va aug­menter, mais comme la Providence voudra. Nous nous soumettons à la Volonté de Dieu et nous le remer­cions donc.

Merci, Monsieur l’abbé Pivert, merci mes Chers Confrères dans le mouvement de la Résistance et prions la Très Sainte Vierge, Vierge fidèle, Vierge très fidèle. Prions-la pour qu’elle nous garde dans la fidé­lité et dans l’amour et dans le service de son Divin Fils. Et pour cela, tou­jours, toujours, la recommandation du Saint Rosaire, la prière du saint Rosaire, du chapelet et du saint Rosaire. Le chapelet dans le foyer, le Rosaire pour les adultes dans le monde. Et elle nous protégera.

Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.


Sermon de saint Augustin

Ne vous laissez pas troubler par ceux qui aiment le monde.
Ne vous laissez pas tromper, ne vous laissez pas séduire.

L’oppressions des tourments présents ne constitue pas des scandales.
Soyez justes, et ce seront des épreuves.

La tribulation arrive : elle sera ce que tu voudras, épreuve ou condamnation.
Elle sera ce qu’elle t’aura trouvé.

La tribulation est un feu : Elle te trouve or ? elle t’enlève tes impuretés.
Elle te trouve paille ? elle te réduit en cendres.

Sermon 81, 7