Mes bien chers Frères,
En cette fête de l’Ascension, nous désirons tous aller au Ciel. Le psaume 23 nous décrit le triomphe du Christ et de ceux qui l’accompagnent et il nous donne la « recette » pour cela. C’est celle de Job dont l’Esprit Saint nous dit qu’il était simple et droit, craignant Dieu et fuyant le mal.
Puissions-nous tous vivre selon ces recommandations pour nous retrouver tous au Ciel avec ceux que nous aurons entraînés avec nous.
Pour cela, récitons le Rosaire.
Résumé du sermon
Psaume de l’Ascension :
Qui montera sur la montagne du Seigneur ? * ou qui se tiendra dans Son lieu saint ?
Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur, * qui n’a pas livré son âme à la vanité, ni fait à son prochain un serment trompeur.
Celui-là recevra la bénédiction du Seigneur, * et la miséricorde de Dieu, son Sauveur.
Telle est la race de ceux qui Le cherchent, * de ceux qui cherchent la face du Dieu de Jacob.
Job était simple et droit. Les deux sont nécessaires.
Il est en effet des gens qui sont tellement simples qu’ils ignorent ce qui est droit ; mais ne s’élevant pas jusqu’à la vertu de droiture, ils délaissent la candeur de la vraie simplicité ; ignorant la prudence qu’impliqué la droiture, ils se rendent incapables de persévérer dans l’innocence de leur simplicité. Aussi saint Paul exhorte-t-il ses disciples : « Je veux que vous soyez ingénieux pour le bien, ingénus pour le mal », et : « Ne soyez pas des enfants pour ce qui est du jugement, mais pour la malice, soyez comme de petits enfants » ; et la Vérité en personne prescrit-elle à ses disciples : « Soyez prudents comme des serpents et simples comme des colombes » : c’est dans un même précepte que les deux vertus sont jointes comme nécessaires : la prudence du serpent doit guider la simplicité de la colombe ; et à son tour, la simplicité de la colombe modérer la prudence du serpent. Le Saint-Esprit s’est manifesté aux hommes non seulement sous forme de colombe, mais aussi de feu signifiant la simplicité par la colombe et le zèle par le feu ; il s’est manifesté sous ces deux aspects, parce que ceux qui sont remplis de lui, gardent une douceur empreinte de bonhomie, tout en s’enflammant du zèle de la justice contre les fautes des coupables.
Quiconque aspire à l’éternelle patrie vit, sans aucun doute, dans la droiture et la simplicité : simple dans ses œuvres, droit dans sa foi ; simple dans le bien qu’il fait ici-bas, droit dans l’élévation de ses sentiments intimes. Il y a en effet des gens qui dans leurs bonnes œuvres manquent de simplicité : ils ne cherchent pas une récompense au dedans, mais des avantages au dehors. Un sage a dit d’eux : « Malheur au pécheur qui marche sur la terre par deux chemins ». Le pécheur marche sur la terre par deux chemins, quand ses actes paraissent être de Dieu, mais que ses intentions sont du monde.
Craignant Dieu et s’éloignant du mal.
Craindre Dieu, c’est ne rien omettre de tout le bien qu’on doit faire, selon le mot de Salomon : « Celui qui craint Dieu ne néglige rien ». Mais parce qu’il y a des hommes qui font du bien sans pourtant s’interdire le moins du monde certaines mauvaises actions, après avoir dit que Job craignait Dieu, l’Écriture ajoute qu’il s’éloignait du mal, selon qu’il est écrit : « Éloignez-vous du mal et faites le bien ». Nos bonnes actions ne sont pas agréées de Dieu si, à ses yeux, le mal s’y mêle pour les souiller. Aussi Salomon disait : « Celui qui manque à un seul précepte perdra beaucoup de biens », et saint Jacques : « Quiconque observe toute la Loi, mais la viole en un point est responsable de tout », et saint Paul : « Un peu de levain contamine toute la pâte ». C’est donc nous montrer la parfaite pureté du bienheureux Job dans la prospérité que de marquer avec soin son éloignement du mal.
