Sermon ~ La Genèse
36. Joseph modèle de soumission à la suite du Christ

Mes bien chers Frères,

Il me semble que pour bien mettre en application dans nos vies chrétiennes l’exemple de Joseph, il faut montrer en quoi et comment il a suivi le Christ. Suivi ? Oui, sous l’action du Saint-Esprit, Joseph reproduit par avance ce que sera notre modèle à tous, le Christ.

Je vous explique notamment dans ce sermon comment Dieu bénit Joseph, c’est-à-dire comment le Christ règne par nos vertus.

Profiterez-vous de la retraite de consécration à Notre Dame selon saint L. M. Grignion de Montfort ? Il est encore temps !

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Résumé du sermon
Texte de la Genèse

Résumé du sermon

Nous avons vu que Dieu est avec Joseph. Le Saint-Esprit nous montre maintenant deux vertus de Joseph. Si celui-ci y est fidèle, les bénédiction de Dieu porteront un grand fruit, s’il n’avait pas été fidèle, Dieu l’abandonnait et c’était la mort, la mort de l’âme, pire que celle du corps, mais aussi la mort dans l’histoire de l’Église.

Ces vertus sont : premièrement obéissance et humilité — deuxièmement chasteté. Le fruit est de recevoir le gouvernement, mais surtout de sauver le peuple.

Joseph figure du Messie

Esclave dans son Incarnation. Sa vertu lui gagne les cœurs. Factus obediens usque ad mortem crucis, propter quod Deus exaltavit illum et dedit ei nomen quod est super omne nomen., Le Christ s’est fait obéissant jusqu’à la mort de la Croix, c’est pourquoi Dieu l’a élevé et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom.

Il laisse son manteau entre les mains des pécheurs : il laisse sa chair mortelle entre les mains de ses bourreaux.

Ce faisant, il tire le bien du mal et sauve les pécheurs. (les Égyptiens et ses frères).

Joseph bon esclave et bon prisonnier, modèle pour nous

Joseph se donna tout entier au service de son maître ; et ayant reçu de lui l’autorité sur toute sa maison, il la gouvernait avec tout ce qui lui avait été mis entre les mains. Le Seigneur bénit la maison de l’Égyptien à cause de Joseph, et Il multiplia tout son bien, tant à la ville qu’à la campagne ;

Accepter les épreuves — bien faire ce que Dieu nous demande de faire.

Dieu était avec Joseph — Par une providence spéciale, — mais aussi par la vertu. C’est la vertu qui mène le monde.

Le vice ne peut pas mener le monde : tout royaume divisé contre lui-même va à sa ruine.

On n’est pas vertueux pour recevoir une récompense, on est vertueux pour être vertueux et cela porte du fruit, c’est-à-dire engendre la vertu.

Les deux voisines de Poméranie sous l’invasion russe. L’une n’a plus que deux pains et rien pour en cuire d’autre. Sa voisine n’a plus aucun pain et, ignorant la situation de sa voisine, vient lui en demander. La première aussitôt lui donne un de ses deux pains. Un officier russe se trouve à passer chez la première et, découvrant sa situation de misère, due à ses soldats, lui apporte un grand sac de farine, un sac de sucre et je ne sais plus quoi encore.

Celle qui a donné son pain ne l’a pas fait pour être secourue et elles furent nombreuses dans la même situation qui ne furent pas secourues. Mais Dieu a récompensé celle-ci.

La vertu porte quelquefois un résultat immédiat, tangible comme pour Joseph, par exemple certaines femmes qui convertissent leur mari. Il n’y a pas d’autre moyen pour une femme de convertir son mari que de le servir avec vertu.

Mais quelquefois, le résultat se fait attendre comme dans les persécutions des premiers siècles de l’Église.

Dans tous les cas le Seigneur est avec l’homme vertueux et il maudit le vicieux.

Ne pas tricher avec le monde moderne. Le libéral triche : un peu de vertu, un peu d’accord avec le monde, c’est-à-dire avec le vice.

Texte de la Genèse

Chapitre 39 Joseph chez Putiphar

Joseph ayant donc été mené en Égypte, Putiphar, Égyptien, eunuque du Pharaon et général de ses troupes, l’acheta des Ismaélites, qui l’y avaient conduit.

Le Seigneur était avec lui, et tout lui réussissait heureusement. Il demeurait dans la maison de son maître, qui savait très bien que le Seigneur était avec lui, et qu’Il le favorisait et le bénissait en toutes ses actions.

Joseph, ayant donc trouvé grâce devant son maître, se donna tout entier à son service ; et ayant reçu de lui l’autorité sur toute sa maison, il la gouvernait avec tout ce qui lui avait été mis entre les mains.

Le Seigneur bénit la maison de l’Égyptien à cause de Joseph, et Il multiplia tout son bien, tant à la ville qu’à la campagne ; En sorte que Putiphar n’avait d’autre soin que de se mettre à table et de manger.

Or Joseph était beau de visage et très agréable. Longtemps après, sa maîtresse jeta les yeux sur lui et lui dit : Dormez avec moi.

Mais Joseph, ayant horreur de consentir à une action si criminelle, lui dit : Vous voyez que mon maître m’a confié toutes choses, qu’il ne sait pas même ce qu’il a dans sa maison ; Qu’il n’y a rien qui ne soit en mon pouvoir, et que m’ayant mis tout entre les mains, il ne s’est réservé que vous seule, qui êtes sa femme. Comment donc pourrais-je commettre un si grand crime, et pécher contre mon Dieu ?

Cette femme continua durant plusieurs jours à solliciter Joseph par de semblables paroles, et lui à résister à son infâme désir.

Or il arriva un jour que Joseph étant entré dans la maison, et y remplissant quelque fonction sans que personne fût présent, sa maîtresse le prit par son manteau et lui dit : Dormez avec moi. Alors Joseph, lui laissant le manteau entre les mains, s’enfuit et sortit au dehors.

Cette femme, voyant le manteau entre ses mains, et se voyant elle-même méprisée, appela les gens de sa maison et leur dit : Voyez, il nous a amené ici cet Hébreu pour nous insulter. Il est venu à moi dans le dessein de me séduire ; mais je me suis mise à crier, Et lorsqu’il a entendu ma voix, il m’a laissé son manteau, que je tenais, et s’est enfui dehors.

Lorsque son mari fut de retour à la maison, elle lui montra ce manteau, qu’elle avait retenu comme une preuve de sa fidélité, Et lui dit : Cet esclave hébreu que vous nous avez amené est venu pour me faire violence ; Et m’ayant entendu crier, il m’a laissé son manteau, que je tenais, et s’est enfui dehors.

Le maître, trop crédule aux accusations de sa femme, entra, à ces paroles, dans une grande colère, Et il fit mettre Joseph dans la prison où l’on gardait ceux que le roi faisait arrêter. Il était donc renfermé en ce lieu-là.

Joseph en prison

Mais le Seigneur fut avec Joseph ; Il en eut compassion, et Il lui fit trouver grâce devant le gouverneur de la prison,

Qui lui remit le soin de tous ceux qui y étaient enfermés. Il ne se faisait rien que par son ordre.

Et le gouverneur, lui ayant tout confié, ne prenait connaissance de quoi que ce soit, parce que le Seigneur était avec Joseph et qu’Il le faisait réussir en toutes choses.