Mes Bien chers Frères,
Nous finissons en beauté notre contemplation des mystères de la Genèse en admirant la piété filiale de Joseph. Élevé au faîte de la gloire il montre une vénération touchante envers son père, qui la lui rend par sa confiance. Et c’est ainsi que Joseph est la figure du Messie. Quand le Messie parût c’est à sa ressemblance avec Joseph qu’on le reconnut. Et nous aussi, c’est à notre ressemblance avec Joseph qu’on reconnaîtra que nous sommes des vrais chrétiens et non des hypocrites.
Résumé du sermon
Texte de la Genèse
Résumé du sermon
Or Jacob envoya Juda devant lui vers Joseph pour l’avertir de sa venue, afin qu’il vînt au-devant de lui en la terre de Gessen.
Quand Jacob y fut arrivé, Joseph fit atteler son char, et vint au même lieu au-devant de son père ; et le voyant, il se jeta à son cou, et l’embrassa en pleurant.
Et Jacob dit à Joseph : Je puis mourir â présent ; puisque j’ai vu ton visage. Car tu vis encore. J’ai obtenu ce que je désirais ; j’ai goûté un bonheur auquel je ne m’attendais plus ; ce que j’avais cessé d’espérer se réalise ; j’ai assez vécu, car j’ai vu celui que je pleurais, et il suffit à mon plein contentement de savoir que tu vis encore, toi que je croyais mort depuis longtemps et dévoré par les bêtes féroces. C’est la parole d’un père, parole pleine de tendresse, et propre à manifester le trésor d’affection qui était en réserve dans son âme.
Joseph dit à ses frères et à toute la maison de son père : Je m’en vais dire au Pharaon que mes frères et tous ceux de la maison de mon père sont venus me trouver de la terre de Chanaan où ils demeuraient ;
Il présenta aussi au roi cinq de ses frères ;
Joseph introduisit ensuite son père devant le roi, et il le lui présenta. Jacob salua le Pharaon, et le bénit.
Comme il vit que le jour de sa mort approchait, il appela son fils Joseph, et lui dit : Si j’ai trouvé grâce devant vous, mettez votre main sous ma cuisse, et donnez-moi cette marque de bonté, de me promettre avec vérité que vous ne m’enterrerez point en Égypte ;
Mais que je reposerai avec mes pères, que vous me transporterez hors de ce pays, et me mettrez dans le sépulcre de mes ancêtres. Joseph lui répondit : Je ferai ce que vous me commandez.
Jurez-le-moi donc, dit Jacob. Et pendant que Joseph jurait, Israël adora Dieu, se tournant vers le chevet de son lit.
Texte grec : « Et Israël s’inclina profondément devant le bâton de commandement que portait Joseph. » Voyez ce vieillard, ce patriarche, chargé d’années, témoigner en s’inclinant devant Joseph, toute la vénération qu’il a pour lui, et accomplir ainsi la vision.
Après cela on vint dire un jour à Joseph que son père était malade ; alors prenant avec lui ses deux fils Manassé et Éphraïm, il l’alla voir.
Joseph, les ayant retirés d’entre les bras de son père, adora en se prosternant à terre.
Puis Joseph fit des funérailles triomphales à son père.
Certes, les Égyptiens tenaient à honorer le père de leur vice-roi, mais là encore nous voyons une démonstration de respect.
Mais surtout, en honorant son père, Joseph honorait Dieu, source de toute bénédiction et de toute autorité. Car, Jacob fut non seulement un très grand saint — il fut un patriarche qui transmis fidèlement ce qu’il avait reçu de ses pères qui l’avaient eux-mêmes reçu de Dieu — il reçut le don de prophétie.
Texte sacré de la Genèse
Jacob et sa famille en Égypte
Israël partit donc avec tout ce qu’il avait, et vint au Puits du serment ; et ayant immolé en ce lieu des victimes au Dieu de son père Isaac, il L’entendit dans une vision, pendant la nuit, qui l’appelait, et qui lui disait : Jacob, Jacob.
Il Lui répondit : Me voici.
Et Dieu ajouta : Je suis le Dieu très puissant de votre père, ne craignez point ; allez en Égypte, parce que Je vous y rendrai le chef d’un grand peuple. J’irai là avec vous, et Je vous en ramènerai lorsque vous en reviendrez, Joseph aussi vous fermera les yeux de ses mains.
Jacob étant donc parti du Puits du serment, ses enfants l’amenèrent avec ses petits-enfants et leurs femmes, dans les chariots que le Pharaon avait envoyés pour porter ce vieillard,
Avec tout ce qu’il possédait au pays de Chanaan ; et il arriva en Égypte avec toute sa race,
Ses fils, ses petits-fils, ses filles, et tout ce qui était né de lui.
…
Ainsi toutes les personnes de la maison de Jacob qui vinrent en Égypte furent au nombre de soixante-dix.
Or Jacob envoya Juda devant lui vers Joseph pour l’avertir de sa venue, afin qu’il vînt au-devant de lui en la terre de Gessen.
Quand Jacob y fut arrivé, Joseph fit atteler son char, et vint au même lieu au-devant de son père ; et le voyant, il se jeta à son cou, et l’embrassa en pleurant.
Jacob dit à Joseph : Je mourrai maintenant avec joie, puisque j’ai vu votre visage, et que je vous laisse après moi.
Joseph dit à ses frères et à toute la maison de son père : Je m’en vais dire au Pharaon que mes frères et tous ceux de la maison de mon père sont venus me trouver de la terre de Chanaan où ils demeuraient ; que ce sont des pasteurs de brebis, qui s’occupent à nourrir des troupeaux, et qu’ils ont amené avec eux leurs brebis, leurs bœufs et tout ce qu’ils pouvaient avoir.
Et lorsque le Pharaon vous fera venir, et vous demandera : Quelle est votre occupation ? Vous lui répondrez : Vos serviteurs sont pasteurs depuis leur enfance jusqu’à présent, et nos pères l’ont toujours été comme nous. Vous direz cela pour pouvoir demeurer dans la terre de Gessen, parce que les Égyptiens ont en abomination tous les pasteurs de brebis.
La famille de Jacob dans la région de Gosen
Joseph, étant donc allé trouver le Pharaon, lui dit : Mon père et mes frères sont venus du pays de Chanaan avec leurs brebis, leurs troupeaux, et tout ce qu’ils possèdent, et ils se sont arrêtés en la terre de Gessen.
Il présenta aussi au roi cinq de ses frères ;
Et le roi leur ayant demandé : À quoi vous occupez-vous ? Ils lui répondirent : Vos serviteurs sont pasteurs de brebis, comme l’ont été nos pères. Nous sommes venus passer quelque temps dans vos terres, parce que la famine est si grande dans le pays de Chanaan, qu’il n’y a plus d’herbe pour les troupeaux de vos serviteurs. Et nous vous supplions d’agréer que vos serviteurs demeurent dans la terre de Gessen.
Le roi dit donc à Joseph : Votre père et vos frères sont venus vous trouver. Vous pouvez choisir dans toute l’Égypte ; faites-les demeurer dans l’endroit du pays qui vous paraîtra le meilleur, et donnez-leur la terre de Gessen. Que si vous connaissez qu’il y ait parmi eux des hommes habiles, donnez-leur l’intendance sur mes troupeaux.
Joseph introduisit ensuite son père devant le roi, et il le lui présenta. Jacob salua le Pharaon, et le bénit.
Le roi lui ayant demandé quel âge il avait,
Il lui répondit : Les jours de ma pérégrination sont de cent trente ans ; ils ont été peu nombreux et mauvais, et ils n’ont point atteint ceux de la pérégrination de mes pères.
Et après avoir souhaité toute sorte de bonheur au roi, il se retira.
Joseph, selon le commandement du Pharaon, mit son père et ses frères en possession de Ramessès, dans le pays le plus fertile de l’Égypte. Et il les nourrissait avec toute la maison de son père, donnant à chacun ce qui lui était nécessaire pour vivre. Car le pain manquait dans tout le pays, et la famine affligeait toute la terre, mais principalement l’Égypte et le pays de Chanaan.
Joseph, ayant amassé tout l’argent qu’il avait reçu des Égyptiens et des Chananéens pour le blé qu’il leur avait vendu, le porta au trésor du roi.
Et lorsqu’il ne resta plus d’argent à personne pour en acheter, tout le peuple de l’Égypte vint dire à Joseph : Donnez-nous du pain. Pourquoi nous laissez-vous mourir faute d’argent ?
Joseph leur répondit : Si vous n’avez plus d’argent, amenez vos troupeaux, et je vous donnerai du blé en échange.
Ils lui amenèrent donc leurs troupeaux, et il leur donna du blé pour le prix de leurs chevaux, de leurs brebis, de leurs bœufs et de leurs ânes ; et il les nourrit cette année-là pour les troupeaux qu’il reçut d’eux en échange.
Ils revinrent l’année d’après, et ils lui dirent : Nous ne vous cacherons point, mon seigneur, que l’argent nous ayant manqué d’abord, nous n’avons également plus de troupeaux. Et vous n’ignorez pas qu’excepté nos corps et nos terres nous n’avons rien.
Pourquoi donc mourrons-nous sous vos yeux ? Nous nous donnons à vous, nous et nos terres : achetez-nous pour être les esclaves du roi, et donnez-nous de quoi semer, de peur que la terre ne demeure en friche, si vous laissez périr ceux qui peuvent la cultiver.
Ainsi Joseph acheta toutes les terres de l’Égypte, chacun vendant tout ce qu’il possédait, à cause de l’extrémité de la famine : et il acquit de cette sorte au Pharaon toute l’Égypte, avec tous les peuples, depuis une extrémité du royaume jusqu’à l’autre.
Excepté les seules terres des prêtres, qui leur avaient été données par le roi : car on leur fournissait une certaine quantité de blé des greniers publics ; c’est pourquoi ils ne furent point obligés de vendre leurs terres.
Après cela Joseph dit au peuple : Vous voyez que vous êtes au Pharaon, vous et toutes vos terres. Je vais donc vous donner de quoi semer, et vous ensemencerez vos champs,
Afin que vous puissiez recueillir des grains. Vous en donnerez la cinquième partie au roi ; et je vous abandonne les quatre autres pour semer les terres, et pour nourrir vos familles et vos enfants.
Ils lui répondirent : Notre salut est entre vos mains. Regardez-nous seulement, mon seigneur, d’un œil favorable, et nous servirons le roi avec joie.
Depuis ce temps-là jusqu’à ce jour, on paye aux rois dans toute l’Égypte la cinquième partie du revenu des terres, et cela est comme passé en loi ; excepté la terre des prêtres, qui est demeurée exempte de cette sujétion.
Israël demeura donc en Égypte, c’est-à-dire dans la terre de Gessen, dont il jouit comme de son bien propre, et où sa famille s’accrut et se multiplia extraordinairement.
Il y vécut dix-sept ans, et tout le temps de sa vie fut de cent quarante-sept ans.
Comme il vit que le jour de sa mort approchait, il appela son fils Joseph, et lui dit : Si j’ai trouvé grâce devant vous, mettez votre main sous ma cuisse, et donnez-moi cette marque de bonté, de me promettre avec vérité que vous ne m’enterrerez point en Égypte ;
Mais que je reposerai avec mes pères, que vous me transporterez hors de ce pays, et me mettrez dans le sépulcre de mes ancêtres. Joseph lui répondit : Je ferai ce que vous me commandez.
Jurez-le-moi donc, dit Jacob. Et pendant que Joseph jurait, Israël adora Dieu, se tournant vers le chevet de son lit.
Texte grec : « Et Israël s’inclina profondément devant le bâton de commandement que portait Joseph. » Voyez ce vieillard, ce patriarche, chargé d’années, témoigner en s’inclinant devant Joseph, toute la vénération qu’il a pour lui, et accomplir ainsi la vision.
Jacob bénit les deux fils de Joseph
Après cela on vint dire un jour à Joseph que son père était malade ; alors prenant avec lui ses deux fils Manassé et Éphraïm, il l’alla voir.
On dit donc à Jacob : Voici votre fils Joseph qui vient vous voir. Jacob, reprenant ses forces, se mit sur son séant dans son lit.
Et il dit à Joseph lorsqu’il fut entré : Le Dieu tout-puissant m’a apparu à Luza, qui est au pays de Chanaan ; et m’ayant béni,
Il m’a dit : Je ferai croître et multiplier beaucoup votre race ; Je vous rendrai le chef d’une multitude de peuples, et Je vous donnerai cette terre, et à votre race après vous, afin que vous la possédiez à jamais.
C’est pourquoi vos deux fils Éphraïm et Manassé, que vous avez eus en Égypte avant que je vinsse ici auprès de vous, seront à moi, et ils seront mis au nombre de mes enfants, comme Ruben et Siméon.
Mais les autres que vous aurez après eux seront à vous, et ils porteront le nom de leurs frères dans les terres qu’ils posséderont.
Car lorsque je revenais de Mésopotamie je perdis Rachel, qui mourut en chemin, au pays de Chanaan : c’était au printemps, à l’entrée d’Ephrata, et je l’enterrai sur le chemin d’Ephrata, qui s’appelle aussi Bethléem.
Alors Jacob, voyant les fils de Joseph, lui demanda : Qui sont ceux-ci ?
Joseph lui répondit : Ce sont mes enfants, que Dieu m’a donnés dans ce pays. Approchez-les de moi, dit Jacob, afin que je les bénisse.
Car les yeux d’Israël s’étaient obscurcis à cause de sa grande vieillesse, et il ne pouvait bien voir. Les ayant donc fait approcher de lui, il les embrassa et les baisa ;
Et il dit à son fils : Dieu m’a voulu donner la joie de vous voir, et Il y ajoute encore celle de voir vos enfants.
Joseph, les ayant retirés d’entre les bras de son père, adora en se prosternant à terre.
Et ayant mis Éphraïm à sa droite, c’est-à-dire à la gauche d’Israël, et Manassé à sa gauche, c’est-à-dire à la droite de son père, il les approcha tous deux de Jacob ;
Lequel, étendant sa main droite, la mit sur la tête d’Éphraïm, qui était le plus jeune, et mit sa main gauche sur la tête de Manassé, qui était l’aîné, changeant ainsi ses deux mains de place.
Et bénissant les enfants de Joseph, il dit : Que le Dieu en la présence de qui ont marché mes pères Abraham et Isaac, le Dieu qui me nourrit depuis ma jeunesse jusqu’à ce jour ;
Que l’Ange qui m’a délivré de tous maux, bénisse ces enfants ; qu’ils portent mon nom, et les noms de mes pères Abraham et Isaac, et qu’ils se multiplient de plus en plus sur la terre.
Mais Joseph, voyant que son père avait mis sa main droite sur la tête d’Éphraïm, en eut de la peine ; et prenant la main de son père, il tâcha de la lever de dessus la tête d’Éphraïm, pour la mettre sur la tête de Manassé,
En disant à son père : Vos mains ne sont pas bien, mon père, car celui-ci est l’aîné. Mettez votre main droite sur sa tête.
Mais, refusant de le faire, il lui dit : Je le sais, mon fils, je le sais ; lui aussi sera chef de peuples, et sa race se multipliera ; mais son frère, qui est plus jeune, sera plus grand que lui, et sa postérité se multipliera dans les nations.
Jacob les bénit donc alors, et dit : Israël sera béni en vous, et on dira : Que Dieu vous bénisse comme Éphraïm et Manassé. Ainsi il mit Éphraïm avant Manassé.
Il dit ensuite à Joseph son fils : Vous voyez que je vais mourir, Dieu sera avec vous, et Il vous ramènera au pays de vos pères.
Je vous donne de plus qu’à vos frères cette part de mon bien que j’ai gagnée sur les Amorrhéens avec mon épée et mon arc.
Bénédiction et mort de Jacob
Or Jacob appela ses enfants, et leur dit : Assemblez-vous tous, afin que je vous annonce ce qui doit vous arriver dans les derniers temps.
Venez tous ensemble, et écoutez, enfants de Jacob, écoutez Israël votre père.
Ruben, mon premier-né, ma force, et la principale cause de ma douleur : tu devais être le plus favorisé dans les dons, et le plus grand en autorité.
Mais tu t’es répandu comme l’eau. Puisses-tu ne point croître, parce que tu es monté sur le lit de ton père, et que tu as souillé sa couche.
Siméon et Lévi sont frères, instruments d’un carnage plein d’injustice.
À Dieu ne plaise que mon âme ait aucune part à leurs conseils, et que ma gloire soit ternie en me liant avec eux ; parce qu’ils ont signalé leur fureur en tuant des hommes, et leur volonté criminelle en renversant une ville.
Que leur fureur soit maudite, parce qu’elle est opiniâtre, et que leur colère soit en exécration, parce qu’elle est dure. Je les diviserai dans Jacob, et je les disperserai dans Israël.
Juda, tes frères te loueront, ta main sera sur le cou de tes ennemis ; les enfants de ton père se prosterneront devant toi.
Juda est un jeune lion. Tu t’es levé, mon fils, pour ravir la proie. En te reposant, tu t’es couché comme un lion et une lionne ; qui osera le réveiller ?
Le sceptre ne sera point ôté de Juda, ni le prince de sa postérité, jusqu’à ce que soit venu celui qui doit être envoyé ; et c’est lui qui sera l’attente des nations.
Il liera son ânon à la vigne, il liera, ô mon fils, son ânesse à la vigne. Il lavera sa robe dans le vin, et son manteau dans le sang des raisins.
Ses yeux sont plus beaux que le vin, et ses dents plus blanches que le lait.
Zabulon habitera sur le rivage de la mer et près du port des navires, et il s’étendra jusqu’à Sidon.
Issachar, comme un âne robuste, se tient couché dans son étable.
Et voyant que le repos est bon et que la terre est excellente, il a baissé l’épaule sous les fardeaux, et il s’est assujetti à payer les tributs.
Dan gouvernera son peuple aussi bien que les autres tribus d’Israël.
Que Dan devienne comme un serpent dans le chemin, et comme un céraste dans le sentier, qui mord le pied du cheval, afin que celui qui le monte tombe à la renverse.
Seigneur, j’attendrai Votre salut.
Gad combattra tout armé à la tête d’Israël, et il retournera ensuite couvert de ses armes.
Le pain d’Aser sera excellent, et les rois y trouveront leurs délices.
Nephthali sera comme un cerf qui s’échappe, et la grâce sera répandue sur ses paroles.
Joseph croîtra et se multipliera de plus en plus. Il est agréable à contempler ; ses rameaux courent le long de la muraille.
Mais ceux qui étaient armés de dards l’ont exaspéré, l’ont querellé, et lui ont porté envie.
Il a mis son arc et sa confiance dans le Très Fort, et les chaînes de ses mains et de ses bras ont été rompues par la main du Tout-Puissant de Jacob. De là est sorti le pasteur et le rocher d’Israël.
Le Dieu de ton père sera ton protecteur, et le Tout-Puissant te comblera des bénédictions du haut du ciel, des bénédictions de l’abîme des eaux d’en bas, des bénédictions du lait des mamelles et du fruit des entrailles.
Les bénédictions que te donne ton père surpassent celles qu’il a reçues de ses pères ; et elles dureront, jusqu’à ce que le désir des collines éternelles soit accompli. Que ces bénédictions se répandent sur la tête de Joseph, et sur le haut de la tête de celui qui est un nazaréen entre ses frères.
Benjamin sera un loup ravissant ; il dévorera la proie le matin, et le soir il partagera les dépouilles.
Ce sont là les chefs des douze tribus d’Israël. Leur père leur parla en ces termes, et il bénit chacun d’eux en leur donnant les bénédictions qui leur étaient propres.
Il leur donna aussi cet ordre, et il leur dit : Je vais être réuni à mon peuple ; ensevelissez-moi avec mes pères dans la caverne double qui est dans le champ d’Ephron Héthéen,
Laquelle est en face de Mambré, au pays de Chanaan, et qu’Abraham acheta d’Ephron Héthéen, avec tout le champ où elle est, pour y avoir son sépulcre.
C’est là qu’il a été enseveli avec Sara sa femme. C’est là qu’aussi Isaac a été enseveli avec Rébecca sa femme, et que Lia est pareillement ensevelie.
Après avoir achevé de donner ces ordres et ces instructions à ses enfants, il joignit ses pieds sur son lit, et mourut ; et il fut réuni à son peuple.
Joseph, voyant son père mort, se jeta sur son visage, et le baisa en pleurant.
Il commanda aux médecins qu’il avait à son service d’embaumer le corps de son père.
Et ils exécutèrent l’ordre qu’il leur avait donné ; ce qui dura quarante jours, parce que c’était la coutume d’employer ce temps pour embaumer les morts. Et l’Égypte pleura Jacob soixante-dix jours.
Le temps du deuil étant passé, Joseph dit aux officiers du Pharaon : Si j’ai trouvé grâce devant vous, je vous prie de représenter au roi que mon père m’a dit : Tu vois que je me meurs ; promets-moi sous le serment que tu m’enseveliras dans mon sépulcre que je me suis préparé au pays de Chanaan. J’irai donc ensevelir mon père, et je reviendrai aussitôt.
Le Pharaon lui dit : Allez, et ensevelissez votre père selon qu’il vous y a engagé par serment.
Et lorsque Joseph y alla, les premiers officiers de la maison du Pharaon, et les plus grands de l’Égypte l’y accompagnèrent tous.
Avec la maison de Joseph et tous ses frères qui le suivirent, laissant au pays de Gessen leurs petits enfants et tous leurs troupeaux.
Il y eut aussi des chariots et des cavaliers qui le suivirent ; et il se trouva là une grande multitude de personnes.
Lorsqu’ils furent venus à l’aire d’Atad, qui est située au delà du Jourdain, ils y célébrèrent les funérailles pendant sept jours avec beaucoup de pleurs et de grands cris.
Ce que les habitants du pays de Chanaan ayant vu, ils dirent : Voilà un grand deuil parmi les Égyptiens. C’est pourquoi ils nommèrent ce lieu le Deuil d’Égypte.
Les enfants de Jacob accomplirent donc ce qu’il leur avait commandé ;
Et l’ayant porté au pays de Chanaan, ils l’ensevelirent dans la caverne double qu’Abraham avait achetée d’Ephron Héthéen, avec le champ qui regarde Mambré, pour en faire le lieu de son sépulcre.
Aussitôt que Joseph eut enseveli son père, il retourna en Égypte avec ses frères et toute sa suite.
Après la mort de Jacob, les frères de Joseph eurent peur, et ils s’entredirent : Joseph pourrait bien maintenant se souvenir de l’injure qu’il a soufferte, nous rendre tout le mal que nous lui avons fait.
Ils lui envoyèrent donc dire : Votre père, avant de mourir, nous a commandé de vous dire de sa part : Je te conjure d’oublier le crime de tes frères, et cette noire malice dont ils ont usé contre toi. Nous vous conjurons aussi de pardonner cette iniquité aux serviteurs du Dieu de votre père. Joseph pleura en entendant ces paroles.
Et ses frères, étant venus le trouver, se prosternèrent devant lui, et lui dirent : Nous sommes vos serviteurs.
Il leur répondit : Ne craignez point ; pouvons-nous résister à la volonté de Dieu ?
Vous avez eu le dessein de me faire du mal ; mais Dieu a changé ce mal en bien, afin de m’élever comme vous voyez maintenant, et de sauver plusieurs peuples.
Ne craignez point ; je vous nourrirai, vous et vos enfants. Et il les consola en leur parlant avec beaucoup de douceur et de tendresse.
Mort de Joseph
Il demeura dans l’Égypte avec toute la maison de son père, et il vécut cent dix ans. Il vit les enfants d’Éphraïm jusqu’à la troisième génération. Machir, fils de Manassé, eut aussi des enfants, qui naquirent sur les genoux de Joseph.
Joseph dit ensuite à ses frères : Dieu vous visitera après ma mort, et Il vous fera passer de cette terre à celle qu’Il avait juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob.
Et il exigea d’eux une promesse sous le sceau du serment, et il leur dit : Dieu vous visitera ; transportez mes os avec vous hors de ce lieu.
Il mourut ensuite âgé de cent dix ans accomplis ; et son corps, ayant été embaumé, fut mis dans un cercueil en Égypte.
