Suite à concert de musique techno organisé par le prêtre portugais, Guilherme Peixoto DJ de réputation internationale, à Buenos Aires en l’honneur de Bergoglio, le 18 avril, auquel participaient plus de 100 000 personnes en hommage au pape François, de jeunes catholiques ont écrit à l’archevêque de Buenos Aires cette lettre ouverte qu’ils ont envoyée au clergé argentin.
« Au vu des événements publics qui se sont déroulé le 18 avril dernier sur la Plaza de Mayo à l’occasion de l’anniversaire du décès du pape François, pour l’âme duquel nous prions, nous avons décidé de nous exprimer en toute sincérité dans cette lettre. En tant que jeunes catholiques, nous nous adressons à vous afin de manifester notre rejet d’un spectacle aussi déshonorant que celui qui s’est produit, car il nous a profondément scandalisés. Comme si cela ne suffisait pas, le fait que notre évêque juge cet acte honteux comme un « spectacle sérieux » destiné à « toucher la jeunesse » nous laisse douloureusement perplexes.
Nous regrettons profondément que l’on sous-estime ainsi la jeunesse, que l’on croie que ce qui nous « touche », ce sont les raves avec de la musique et une ambiance propice à la débauche, à la consommation de substances et au mépris des lieux publics. Nous ne sommes pas non plus attirés par les prêtres qui cherchent à s’adapter aux critères du monde, ni par la banalisation de notre foi pour laquelle tant d’hommes ont versé et continuent de verser leur sang.
Soucieux de préserver l’honneur de la dignité épiscopale, l’honneur de la foi et le bien des âmes, face à ce grave scandale et à cette immense confusion, nous souhaitons saisir cette occasion pour exprimer ce qui nous « touche » réellement et ce que nous demandons publiquement à nos pasteurs :
1) Qu’ils nous transmettent intégralement la doctrine de l’Église, car c’est un droit des fidèles de la recevoir sans restriction (CIC 747-755). Nous ne supportons plus qu’on nous dise que « l’enfer n’existe pas ou qu’il est vide », que « Dieu accepte chacun tel qu’il est », que « c’est ce que disait l’Église autrefois ».
2) Qu’ils abandonnent les critères politiquement corrects. Nous voulons qu’ils nous prêchent clairement la nécessité de vivre dans la pureté. Comment est-il possible de ne pas affirmer haut et fort que les relations sexuelles avant le mariage sont un péché et, au contraire, de les justifier sous le couvert d’un faux « amour » ? Comment est-il possible de nous dire que « la masturbation n’est pas un péché » ? (sixième commandement de la loi de Dieu).
3) Qu’on ne nous transmette pas un message confus sur l’homosexualité. Nous demandons des déclarations qui ne laissent place à aucun doute : « les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés ». Comment est-il possible qu’un organisme placé sous la responsabilité de Mgr Colombo, actuel président de la CEA, ait adhéré à la marche LGBT du 1er février 2025 ? Comment est-il possible d’omettre la nécessité de la conversion et même de justifier les couples de même sexe ?
4) Qu’on nous enseigne explicitement qu’en dehors de l’Église catholique, il n’y a pas de salut. Nous sommes remplis de douleur et d’indignation d’entendre des prêtres affirmer que toutes les religions mènent à Dieu, défiant ainsi le Christ qui enseigne catégoriquement le contraire : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par Moi » (Jn 14, 6).
5) Qu’ils mettent fin aux abus liturgiques. Nous voulons que la Sainte Messe soit célébrée de manière solennelle, digne et respectueuse, sans applaudissements, guitares, danses et/ou chansons des années 70. Nous sommes horrifiés par l’Eucharistie distribuée comme un biscuit et par le mépris envers ceux qui souhaitent communier à genoux. La messe n’est pas une attraction et ne peut être soumise aux caprices du célébrant ; elle est le renouvellement du sacrifice du Christ sur la croix.
6) Qu’on nous enseigne que pour recevoir le Christ dans la sainte communion, nous devons être en état de grâce (1 Co 11, 27). C’est un sacrilège qui crie vengeance au Ciel que l’on donne la communion à des personnes vivant en concubinage ou qui, après avoir divorcé, cohabitent maritalement avec des personnes autres que leur conjoint. De même, il est effrayant que l’on admette au sacrement des personnalités publiques qui agissent ouvertement contre la doctrine et la morale de l’Église.
7) Qu’on nous prêche le danger des trois ennemis de l’âme : le démon, le monde et la chair. Qu’on ne nous cache pas qu’il existe un combat spirituel dont dépend notre destin éternel (Éph 6,11-12 ; 1 P 5,8 ; 1 Jn 2,15-16 ; Ga 5,17).
8) Qu’on nous exhorte aux œuvres de miséricorde, à veiller sur les plus démunis sans se plier aux agendas du monde. Pour nous soucier de notre prochain, nous n’avons pas besoin de flirter avec les idéologies ni de vénérer des prêtres tiers-mondistes.
Il nous suffit d’être catholiques et d’être exhortés à vivre la charité chrétienne comme l’a demandé le pape Léon XIII, dont l’actuel Souverain Pontife tire son nom, au point 41 de Rerum Novarum. Nous sommes conscients qu’il y a de nombreux jeunes qui se sont éloignés de l’Église, et que ces huit points risquent de les heurter.
Nous sommes les premiers à vivre cette situation déchirante. On ne les attire pas en leur donnant ce qu’ils ont déjà, car « si le sel perd sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? » (Mt 5, 13). On n’attire pas ceux qui sont éloignés en édulcorant la vérité, précisément parce que, comme le dit l’Évangile lui-même, le sel ayant perdu sa saveur ne sert plus qu’à être piétiné par les hommes. Épurer la vérité les amène à ne pas prendre notre religion au sérieux et à ignorer ce vers quoi on veut les attirer. Ce qui « touche » vraiment, c’est la radicalité chrétienne que Jésus nous demande : le renoncement à soi-même et l’acceptation aimante et courageuse de la croix (cf. Mt 16, 24).
Ne pensez-vous pas que, si les jeunes ne se sentent pas attirés, c’est à cause de ce passage de saint Jean 10,5 : « Mais ils ne suivront pas un étranger ; au contraire, ils s’enfuiront loin de lui, car ils ne connaissent pas la voix des étrangers » ? Ne pensez-vous pas que, si les brebis se dispersent et n’entrent pas dans la bergerie, c’est à cause de l’intrusion de brigands, de voleurs, de mercenaires et de salariés (cf. Jn 10, 8-12) qui se nourrissent eux-mêmes en laissant le troupeau à la merci des bêtes sauvages (cf. Ez 34, 1-10) ? L’unité du troupeau et la recherche de la brebis perdue ne peuvent se réaliser que dans la charité, et la charité ne peut se réaliser que dans la vérité. L’unité n’est pas un simple rassemblement, une agglomération de quantités : c’est la suite de la voix du Bon Pasteur.
Nous vous supplions, ainsi que tous les évêques et prêtres qui ont reçu ce message, de tout mettre en œuvre pour remédier à cette tragédie majeure. Accomplissez la mission pour laquelle vous avez été consacrés : prêcher la vérité, célébrer les sacrements avec dignité et nous conduire vers la sainteté. Nous voulons qu’on nous invite à l’héroïsme et qu’on nous rappelle que la grâce divine rend possible l’impossible (cf. Lc 18, 27).
Nous voulons qu’on nous exhorte à imiter le Christ, à tendre vers la perfection (cf. Mt 5, 48), et non qu’on bénisse notre manière erronée de vivre. Nous voulons être le sel de la terre et la lumière du monde pour la gloire du Père céleste. C’est là le « désordre » que, en tout état de cause, nous voulons semer. Cordialement dans le Christ.
Jeunes catholiques argentins.
