Charte sacerdotale
de la Confrérie Sacerdotale Marcel Lefebvre
DANS les circonstances exceptionnelles de notre ministère, nous voulons rappeler quelle est notre place dans la sainte Église, quels sont nos liens et quels sont les principes qui dirigent nous et notre ministère.
Rien ne nous a paru théologiquement plus simple, clair et concis comme définition de l’Église que celle du catéchisme de saint Pie X : « L’Église catholique est la société ou la réunion de tous les baptisés qui, vivant sur la terre, professent la même foi et la même loi de Jésus-Christ, participent aux mêmes sacrements et obéissent aux pasteurs légitimes, principalement au Pontife Romain. » (Grand catéchisme, 9e article, § 2, 1ère question)
Cette définition de l’Église définit ce que sont les fidèles et les pasteurs. Voici comment nous y serons fidèles.
1. Quant à la doctrine
Le dépôt sacré de la foi a été protégé face aux erreurs modernes principalement par le Syllabus, l’encyclique Pascendi et le serment antimoderniste, puis rappelé et défendu par Mgr Lefebvre, principalement quant à la doctrine du Christ-Roi et à l’importance du sacrifice de la croix. Nous renouvelons notre serment d’y être fidèles, de le défendre et de le propager.
2. Quant à la loi
Le code de droit canonique traditionnel de 1917, fruit et synthèse de 2000 ans de tradition juridique et morale de l’Église ne peut avoir été aboli par le code moderniste de prétendu droit publié en 1983, fruit et application du Concile Vatican II. Ce concile, Mgr Lefebvre l’a jugé « le plus grand désastre de ce siècle et de tous les siècles passés, depuis la fondation de l’Église » et ce code il l’a jugé plus grave que le concile.[1]
En conséquence, le code de 1917 est et doit demeurer la norme tant pour notre vie que pour notre ministère.
En particulier nous rappelons les obligations à nous faites par le canon 124 : « Les clercs doivent mener une vie intérieure et extérieure plus sainte que celle des laïcs et servir à ceux-ci d’exemple par leur vertu et par la rectitude de leurs actions » ; ainsi que celles que nous imposent les canons suivants, à savoir : – l’oraison mentale, la visite au Saint Sacrement, le chapelet, l’examen de conscience, le bréviaire quotidiens, – la confession fréquente, la retraite spirituelle, l’exercice du ministère, l’étude de la doctrine sacrée.
Nous constatons que les canons de 1983 relatifs au mariage sont contraires au droit divin, expression du personnalisme, fruits du modernisme. Nous ne reconnaissons pas et nous ne reconnaîtrons jamais les déclarations de nullité de mariage fondées sur ce code, non plus que les mariages subséquents à ces déclarations.
Il ne s’agit là ni d’un choix ni de notre volonté propre, mais de la vérité qui s’impose à tous et chacun.
3. Quant aux sacrements
Nous constatons quelle grâce de Dieu envers nous est d’avoir dû quitter la Fraternité Saint Pie X. Cette séparation nous a préservés et libérés.
Nous incitons les fidèles à faire de même, tout d’abord afin de se préserver, eux-mêmes et leurs familles, du libéralisme et de la contagion moderniste. C’était le principe énoncé par Mgr Lefebvre : il faut fuir tout ce qui peut corrompre la foi et la vie de foi. Par là ils découvriront ce qu’est la vraie liberté des enfants de Dieu et la force de la grâce.
Nous engageons les fidèles à former des groupes de prière et de vie chrétienne pour se soutenir dans les épreuves et pour maintenir la vie de l’Église.
Nous les engageons, pour eux et pour leurs enfants, non seulement à résister à l’influence délétère du monde, mais à se rendre apôtres de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Nous les engageons à réciter quotidiennement le chapelet et même le rosaire. C’est par lui qu’ils conserveront la foi, auront le courage nécessaire dans l’épreuve et la séparation, que naîtront et se développeront les groupes de prière, que les enfants deviendront des serviteurs du Christ-Roi.
Nous renouvelons notre engagement à soutenir, aider et former en tout premier ceux – fidèles de la première heure ou nouveaux venus, connus ou inconnus – qui voudront mettre en œuvre ce programme de vie chrétienne.
4. Quant aux pasteurs
Nous nous mettons sous la sage conduite des dignes successeurs de Mgr Lefebvre dans la défense de la foi.
Novembre 2018
Suivent les signatures.
[1] Le concile Vatican II plus grande catastrophe : Ils L’ont découronné Introduction, 2e paragraphe.
Le code plus grave que le concile : Mgr Tissier de Mallerais résumant la pensée de Mgr Lefebvre sur le nouveau code dans sa biographie de Mgr Lefebvre, p. 558, ch. 19
