Visites à la sainte Vierge
par saint Alphonse de Liguori

Chaque jour du mois du rosaire, si Dieu veut, je vous donnerai une méditation, extraite des visites au St Sacrement de saint Alphonse de Liguori, pour honorer la Très Sainte Vierge. Saint Pie X accorde une indulgence plénière à ceux qui récitent dans la journée (entre minuit et minuit) le rosaire entier pour le triomphe de l’Eglise.

Voici le texte de saint Alphonse pour aujourd’hui :

Tout le monde connaît cette sentence de saint Bernard, communément suivie par les théologiens : « Dieu veut que nous n’ayons rien qui n’ait passé par les mains de Marie. » Au témoignage du Père Suarez, l’Église universelle pense que l’intercession de Marie n’est pas seulement utile, mais nécessaire Un fondement solide de cette doctrine, c’est l’usage de l’Église de mettre sur les lèvres de Marie des paroles de la sainte Écriture, celles-ci par exemple : « En moi réside toute espérance de vie et de vertu. Venez tous à moi Et Marie ajoute : « Bienheureux l’homme qui m’écoute et veille chaque jour à mes portes » c’est-à-dire, bienheureux l’homme soucieux d’implorer ma puissante intercession. « En me trouvant, il trouvera la vie et le salut éternel. » C’est donc avec raison que l’Église veut que nous l’appelions notre commune espérance dans cette salutation : « Salut, ô notre espérance ! Spes nostra, salve ! »

Saint Bernard qui n’hésitait pas à proclamer Marie « tout le fondement de son espérance » disait : « Cherchons la grâce, mais cherchons-la par Marie La demander sans passer par Marie, ajoutait saint Antonin, c’est tenter de voler sans ailes C’est ne rien obtenir.

Dans son livre intitulé « Échange d’affections entre la Sainte Vierge et ses dévots serviteurs » le Père Auriemma rapporte les grâces innombrables par lesquelles la Mère de Dieu a récompensé la pratique éminemment salutaire de visiter ses églises ou ses images. Entre autres faveurs, cet hommage valut au Bienheureux Albert le Grand ~ l’Abbé Rupert au Père Suarez »le don d’intelligence ; ce don leur permit d’acquérir cette science qui les rendit si célèbres dans l’Église. Quelles grâces ne fit pas Marie à saint Jean Berchmans qui avait pris l’habitude de la visiter chaque jour dans une chapelle du Collège Romain ! Il déclarait renoncer à tous les amours de la terre pour n’aimer, après Dieu, que la très Sainte Vierge. Au bas d’une image de sa bien-aimée Souveraine, il avait écrit : « Je n’aurai nul repos que je n’aie obtenu un tendre amour pour ma Mère Quelles faveurs n’accorda-t-elle pas à saint Bernardin de Sienne ! Jeune homme, il se rendait chaque jour dans l’une de ses chapelles, à l’entrée de la ville : « Cette dame, disait-il, s’est emparée de mon cœur. » Il la proclamait sa bien-aimée et déclarait ne pouvoir se passer de lui faire de fréquentes visites. Par son intercession il obtint la grâce de quitter le monde, de devenir un grand saint et l’apôtre de l’Italie.

Tâchez donc de joindre chaque jour à la Visite au Saint Sacrement la visite à Marie, soit dans une église, soit dans votre maison au pied d’une dévote image. Faites-la avec amour et confiance : dès lors, vous pourrez espérer de grands biens en retour. Notre très gracieuse Souveraine, assure André de Crète, « répond ordinairement par des faveurs signalées à qui lui offre le moindre hommage » Tendre Marie, doux espoir de ma vie, Qui peut de votre amour perdre le souvenir ? A mes maux, grande Reine, oh ! daignez compatir.

Première visite à Marie
devant son image

Réjouissons-nous, nous pouvons encore puiser à une autre source les biens surnaturels : en Marie notre Mère. Source si féconde, affirme saint Bernard, qu’il « n’est âme ici-bas qui ne reçoive de sa surabondance » Dieu remplit en effet de sa grâce la très sainte Vierge Marie, comme en fait foi la salutation de l’ange : « Je vous salue, ô pleine de grâce ! » Mais cette extrême abondance de biens célestes, elle ne l’a pas seulement reçue pour elle, mais pour nous, pour en faire part à tous ses dévots serviteurs. « La Vierge, dit saint Pierre Chrysologue, a reçu la grâce pour donner le salut à tous les siècles Oraison jaculatoire. Cause de notre joie, priez pour nous.

Prière de saint Éphrem

Ô Vierge immaculée et toute pure, Marie, Mère de Dieu, vous êtes élevée au-dessus de tous les saints, vous êtes l’unique espérance des Patriarches, l’allégresse des justes. C’est par vous que nous avons été réconciliés avec Dieu. Auguste Princesse, Mère de Dieu, couvrez-nous des ailes de votre miséricorde, ayez pitié de nous. Nous nous sommes donnés à vous, consacrés à votre culte ; nous portons le titre de vos serviteurs : ne permettez pas que Lucifer nous entraîne dans l’abîme éternel. Ô Vierge immaculée, nous sommes sous votre protection : aussi recourons-nous uniquement à vous et vous supplions-nous d’empêcher votre Fils, irrité par nos crimes, de nous abandonner à l’empire du démon Prière à Marie

Vierge très sainte, Vierge immaculée, ô ma Mère Marie, c’est à vous, Mère de mon Dieu et Reine du monde, avocate, espérance et refuge des pécheurs, que je recours aujourd’hui, moi le plus misérable des hommes. Je vous honore par-dessus toutes les créatures, ô grande Reine. Je vous remercie de m’avoir obtenu jusqu’aujourd’hui tant de grâces, mais surtout de m’avoir délivré de l’enfer que j ‘ai tant de fois mérité. Je vous aime, ô Souveraine tout aimable, et, parce que je vous aime, je vous promets de vous servir toujours avec fidélité et de faire tout mon possible pour porter mon prochain à vous aimer aussi. Je vous confie toutes mes espérances, toutes les affaires de mon salut. Daignez m’accepter pour votre serviteur et prenez-moi sous votre protection, ô Mère de miséricorde. Vous qui êtes si puissante auprès de Dieu, délivrez-moi de toutes les tentations, ou bien obtenez-moi la force de les vaincre jusqu’à la mort. De vous j’implore le véritable amour de Jésus Christ ; de vous j ‘implore la grâce de faire une bonne mort. Ô ma Mère, au nom de votre amour pour Dieu, je vous en prie, secourez-moi toujours, mais surtout au dernier moment de ma vie. Ne m’abandonnez pas que vous ne me voyiez enfin sauvé, vous bénissant dans le ciel et chantant vos miséricordes pour toute l’éternité. Qu’il en soit ainsi, telle est mon espérance. Amen.