Le chemin de la Croix
Recommandations

LES INDULGENCES DU CHEMIN DE LA CROIX

Les brefs et constitutions des Papes Innocent X, Innocent XII, Benoit XIII, Clément XII, Benoit XIV, déclarent que ceux qui font le Chemin de la Croix avec les dispositions convenables gagnent toutes les indulgences accordées aux fidèles qui visitent en personne les Saints Lieux, et ces indulgences sont applicables aux défunts.

Or les indulgences, tant plénières que partielles, accordées par les Souverains Pontifes aux pèlerins de Jérusalem, furent nombreuses.

Quand on ne fait ce pieux exercice qu’une seule fois le jour on obtient toutes les indulgences plénières et partielles qui y sont attachées ; parmi ces indulgences plénières, on n’en peut gagner qu’une seule pour soi-même, mais on peut appliquer toutes les autres aux âmes du purgatoire.

Si, le même jour, on fait le Chemin de la Croix à différentes reprises, on ne peut pas, il est vrai, en gagner plusieurs fois les indulgences plénières ; mais on peut à chaque fois gagner de nouveau pour soi-même ou pour les âmes du purgatoire toutes les indulgences partielles qui y sont attachées.

Deux conditions sont nécessaires pour gagner ces indulgences.

La première, c’est de parcourir toutes les stations sans en omettre aucune. Il faut donc que l’on change de place et qu’on aille d’une station à l’autre. Toutefois, si pour cause d’infirmité, ou en raison de l’exiguïté du lieu, ou parce que la foule est trop nombreuse on ne pouvait changer de place, il faudrait au moins faire un mouvement (aliquem corporis motum) et se tourner vers la station dont on médite le mystère. C’est ainsi que, sans sortir du sanctuaire, et même de la tribune, on pourrait suivre le chemin de la croix en faisant le mouvement requis, et en se plaçant, quoiqu’à distance, en face des différentes stations.

Il est même permis, quand le Chemin de la Croix se fait publiquement, de se conformer à la méthode suivie par Saint Léonard de Port-Maurice, et que l’Église a approuvée en l’adoptant. Le prêtre, accompagné des clercs ou des chantres, parcourt seul les stations, et les fidèles restent à leur place, se levant et s’agenouillant à chaque station et répondant aux prières.

Il faut que toutes les stations soient parcourues successivement, sans interruption notable, de sorte que le Chemin de la Croix, dans son ensemble, soit un seul et même exercice. Une interruption légère, qui ne détruirait pas l’unité morale de la méditation prescrite, n’empêcherait pas de gagner les indulgences ; par exemple, si l’on adressait quelques paroles, ou si on rendait un léger service à une personne qui se trouve sur le passage. D’après une décision de la Sacrée-Congrégation, l’unité morale ne cesserait pas si quelqu’un interrompait l’exercice du Chemin de la Croix pour entendre la messe, recevoir la communion, se confesser (16 Décembre 1760).

La seconde condition pour gagner les indulgences du Chemin de la Croix, c’est de méditer la Passion du Sauveur en parcourant les quatorze stations. Mais une méditation générale sur les souffrances de Notre Seigneur semble suffire, et il n’est pas rigoureusement nécessaire de méditer sur le mystère spécial représenté par chaque station. C’est ce qui résulte d’un décret de la Congrégation des Indulgences où il est dit qu’une méditation même courte, sur la Passion du Seigneur, est l’œuvre prescrite pour gagner les indulgences.

De la sorte, même les personnes simples qui ne sont pas capables de faire une méditation suivie, peuvent remplir cette condition en pensant affectueusement à quelque circonstance de la Passion.

Toutefois la méthode la plus ordinaire et peut-être la plus facile est de méditer sur le mystère représenté par chaque station.

La confession et la communion ne sont pas nécessaires pour gagner les indulgences du Chemin de la Croix ; il suffit d’être en état de grâce, et d’avoir un sincère repentir de ses fautes.

Aucune prière vocale n’est exigée, ni le Pater, ni l’Ave, ni l’Adoramus te Christe, ni les autres invocations, ni les pieuses réflexions qui se trouvent dans les livres composés sur le Chemin de la Croix. Nous le répétons, la seule chose requise est la méditation des souffrances de Notre Seigneur. Mais ces prières et ces réflexions, pouvant aider la dévotion des fidèles, il leur est habituellement très utile de s’en servir.

REMARQUES

Le chemin de la vie est un chemin de croix…

Entre les diverses stations de la Voie douloureuse et les différentes étapes de la vie humaine il y a de remarquables ressemblances et d’harmonieux rapports.

La raison en est bien simple : C’est que, pendant sa Passion, Jésus laisse voir tout particulièrement son humanité.

Jusque-là, le Dieu se révélait et s’affirmait par des prodiges sans nombre, et, même au Jardin des Olives, il terrassait encore d’un regard les soldats venus pour l’arrêter.

Mais dans les dernières heures de sa vie, qui commencent au prétoire et qui finissent au Calvaire, le Dieu reste voilé.

La divinité se cache, et l’homme seul apparaît pour endurer toutes les humiliations, toutes les tortures et la mort la plus cruelle.

C’est donc à ce moment de sa vie que Jésus personnifie mieux l’humanité ; c’est à ce moment qu’il ressemble davantage à chacun de nous, et Pilate a prononcé, sans le savoir, une grande et éloquente parole quand il a dit aux Juifs en leur présentant Jésus : Ecce homo ! Voilà l’homme !

Voilà la plus haute et la complète personnification de l’humanité ! Voilà l’homme type, l’homme modèle, l’homme idéal, à l’image duquel tous les autres ont été faits. Aussi tous les actes de Jésus dans le chemin de la croix sont-ils les leçons les plus touchantes qu’il nous ait laissées, pour nous apprendre à marcher sans faiblir dans le chemin douloureux de la vie.

PRIÈRES FACULTATIVES
AVANT ET APRÈS CHAQUE STATION

  • AVANT

v. Adoramus te, Christe, et benedicimus tibi.   v. Nous vous adorons, ô Jésus, et nous vous bénissons.
r. Quia per sanctam crucem tuam redemisti mundum.   r. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte croix.

  • APRÈS

Pater Noster, etc.   Notre Père, etc.
Ave Maria, etc.   Je vous salue, Marie, etc.
Gloria, Patri, etc.   Gloire au Père, etc.
v. Miserere nostri, Domine.   v. Ayez pitié de nous, Seigneur.
r. Miserere nostri.   r. Ayez pitié de nous.
v. Fidelium animæ per misericordiam Dei requiescant in pace.   v. Que par la miséricorde de Dieu les âmes des fidèles trépassés reposent en paix.
r. Amen.   r. Ainsi soit-il.

 

On peut omettre ces prières, et lire seulement les Méditations, ou bien réciter seulement les prières, sans lire les Méditations, mais en méditant les sujets qui y sont développés.