Exercices préparatoires à la consécration à Marie
Préalable : se vider du monde

Je vous conseille vivement de vous procurer le livre que nous publions ici par parties. Il vaut toujours mieux lire un livre que de consulter une page d’ordinateur. Il est en vente à notre librairie. Les exercices préparatoires à la consécration à Marie selon saint L. M. Grignion de Montfort par le Père Dayet, montfortain.

Quatrième Jour
JÉSUS-CHRIST ET SON ESPRIT DE DÉTACHEMENT

À l’esprit de possession des mondains soyons heureux d’opposer l’esprit de détachement du Sauveur. Quelle force pour nos âmes chrétiennes ! Et aussi quelle sécurité ! Nous sommes assurés d’avancer dans le droit chemin, à la suite du Maître qui ne trompe pas.

Comme précédemment à notre méditation du deuxième jour, nous considèrerons :

1. L’exemple que Jésus nous donne,
2. Et les enseignements de son Évangile.

Prions la Très sainte Vierge de mettre dans notre cœur les sentiments d’admiration, les élans d’amour qu’elle éprouvait, ici-bas, en voyant et en écoutant son divin Fils.

I

Celui que, depuis de longs siècles, l’humanité entière attendait comme son Libérateur de la tyrannie de Satan, a voulu donner dès sa naissance l’EXEMPLE d’un sublime détachement vis-à-vis des biens de ce monde. Roi du Ciel et de la terre, il aurait pu venir au milieu des splendeurs d’un palais. Il a préféré la pauvreté d’une étable. C’est le signalement que donnent les anges aux bergers des campagnes de Bethléem : Il vous est né un Sauveur… Vous trouverez un petit enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche (Luc, 2, 12).

La Vierge Marie elle-même n’avait pas rêvé pour son enfant une telle venue parmi nous, Elle avait espéré le recevoir dans sa maison de Nazareth, une demeure bien pauvre sans doute, mais où il y aurait eu pour le nouveau-né une chambre close, la douceur du ménage, l’intimité du foyer familial, la facilité des soins à donner.

Et voici que, contrainte par les circonstances, elle le voit venir loin de cette maison de famille, dans une grotte ouverte à tous les vents, en pleine nuit d’hiver. Entrant aussitôt cependant dans l’intelligence de ce mystère, elle adora la volonté de son divin Fils, Elle comprit que, s’incarnant pour tous les hommes, il devait servir d’exemple aux plus délaissés et déshérités d’entre eux. Ceux qu’affligera la misère, par suite de fautes ou d’injustices et de violences, pourront regarder vers son étable de Bethléem et se dire : Lui, le Souverain Maître, il aurait pu choisir autre chose comme lieu de naissance ; s’il ne l’a pas fait, c’est pour que les malheureux puissent trouver, dans son souvenir toujours vivant, la force de faire face à l’épreuve qui accable.

Et la Vierge pensait aussi que les autres – ceux que ne touchera pas le malheur – seront quand même attirés vers la crèche du Sauveur, pour y recueillir une première leçon de détachement vis-à-vis des biens dont ils jouissent. Puisque celui qui possède tout n’a pas voulu, dès sa naissance, profiter des avantages que procure la richesse, pourquoi ceux qui possèdent quelque chose y attacheraient-ils leur cœur ?

Avec la Vierge Marie, comprenons et apprécions la valeur de cette grâce que nous offre Jésus naissant.


Si nous continuons de regarder le divin Modèle, soit pendant les mois de son exil en Egypte, soit surtout durant les années de Nazareth, nous le trouvons aux prises avec les mêmes difficultés d’existence. Ceux de son voisinage, en Galilée, qui le connaissent et l’observent, ont à lui rendre des services ou à lui demander du travail, tous le considèrent comme appartenant en vérité à une famille de pauvres. Non pas des indigents ou des miséreux, car la misère n’et pas une qualité : mais des pauvres laborieux, honnêtes et dignes, qui s’assurent une très modeste aisance, suffisante au jour le jour, comme fruit de leur incessant et souvent pénible labeur.

Cet assujettissement à un travail manuel quotidien, cet éloignement voulu et aimé de la richesse, cette absence de confort, de bien-être temporel, n’est-ce pas ce qui apparaissait alors au premier plan des journées de Jésus ? Ses compatriotes ne pouvaient pas percevoir les splendeurs spirituelles de cette existence si commune, mais ils se rendent compte et ils témoignent que ce jeune homme est le fils d’un charpentier de village et charpentier lui-même (Marc, 6, 3), un simple ouvrier sur bois, qui doit peiner du matin au soir.

Constatation bienfaisante pour nous, qui n’ignorons plus le pourquoi d’une telle pauvreté volontaire.


Durant sa vie publique, Jésus n’aura même plus un logement à lui. « Ayant quitté Nazareth, il vint habiter sur les bords de la mer de Tibériade, à Capharnaüm » (Math. 4, 13). C’est là que ses disciples exercent leur métier de pêcheurs. L’une de leurs maisons – celle de Simon-Pierre, pense-t-on – sera son logis d’emprunt. Une habitation sans apparence, dénuée e tout confort, dans un quartier populeux de la ville, au voisinage du port. Le mobilier est rudimentaire. Le sol est en terre battue. Pas d’étage. Un toit si peu élevé et si léger qu’on le défoncera facilement pour faire passer un jour par l’ouverture un paralytique sur son grabat (Marc, 2, 4).

Ainsi réapparaît, dans cette installation de petites gens laborieux, cet esprit de détachement que l’on trouve à toutes les étapes de la vie du Sauveur. Un refuge de bergers à Béthléem, une échoppe d’artisan à Nazareth, et maintenant sur les rives du lac, une masure de bateliers. Il y est hébergé pendant les deux années de ses tournées apostoliques à travers la Galilée. Lorsqu’il quittera cette province pour se rapprocher de la Judée, à l’autre extrémité de la Palestine, aucune demeure fixe ne s’offrira plus à le recevoir. Lui et ses apôtres ne sauront plus le matin où ils coucheront la nuit suivante. Et la nuit venue, ils ne seront pas toujours mieux assurés. En traversant tel village de Samarie, les maisons ont refusé l’une après l’autre de s’ouvrir devant eux.

Aussi, lorsqu’un jour de ces cheminements sur les routes détrempées par les pluies d’automne, un scribe – un lettré – vint demander au Sauveur à le suivre, sans avoir mesuré d’avance quelles privations pouvaient l’attendre, Jésus lui répondit : « Les renards ont leurs tanières, les petits des oiseaux leurs nids ; mais le Fils de l’Homme (moins riche qu’eux) n’a pas où reposer sa tête. » (Luc, IX, 57-58). C’était vrai, à la lettre. Jésus s’en allait alors vers Jérusalem pour la dernière Pâque, la Pâque sanglante. Là seulement – après l’accueil amical d’une soirée à Béthanie – il aura de quoi reposer sa tête, et ce sera sur le bois de la croix. Ainsi, de la naissance à la mort, quel exemple de progressif détachement nous donne-t-il en sa Personne !

Ô Marie, qui avez suivi les étapes de ce détachement, faites que nous gardions comme vous les yeux fixés sur le divin Modèle. Puisqu’il a voulu –bien qu’étant le Roi du ciel et de la terre – se contenter de si peu de chose, durant les années de son passage parmi nous, apprenez-nous, à son exemple, à n’user que toujours modérément des biens temporels mis par sa Providence à notre disposition. Alors, plus dégagés et désencombrés, nos avancerons d’un cœur léger et d’un pas rapide vers la possession des biens impérissables.

II

Nous goûterons mieux aussi les ENSEIGNEMENTS que Jésus nous a laissés tout au long des pages de son Évangile. Le sermon sur la montagne commence par exalter le bonheur de ceux qui portent au dedans d’eux-mêmes une âme de pauvreté. Beati pauperes spiritu (Matth., V, 3). Au premier plan, les petits et les humbles, les déshérités de ce monde, qui acceptent leur condition modeste dans un sentiment de soumission et d’abandon à la Providence. Après eux, les favorisés des biens de la fortune, mais qui attachent du prix uniquement aux biens de l’âme. Les uns et les autres se rejoignent comme amants de cette pauvreté qui est une vertu, beaucoup plus qu’une situation de fait : la pauvreté intérieure, le détachement des richesses, l’esprit de pauvreté.

De toute évidence, Notre-Seigneur n’a pas voulu béatifier la seule pauvreté matérielle. Celui qui est pauvre, mais qui envie la richesse, qui la désire ardemment, qui met en elle son bonheur, qui se croit malheureux aussi longtemps qu’il ne la possède pas, n’est pas pauvre au sens de Jésus et ne peut pas être appelé par lui bienheureux. Hélas ! que de pauvres, envieux, révoltés, voleurs, homicides !

Jésus n’a pas davantage condamné la richesse en elle-même. La fortune proprement dite n’est pas chose condamnable, puisqu’elle peut comporter l’essentiel de la pauvreté spirituelle. Les Mages, accourus à la crèche, étaient riches. Joseph d’Arimathie est signalé dans l’Évangile comme un riche personnage de Jérusalem, membre du Sanhédrin, homme juste et bon. Ils ont mis leurs biens au service du Christ. Ils demeuraient pauvres par le dedans, par leurs dispositions intérieures. Ils détenaient la promesse du royaume des Cieux.

Il n’en reste pas moins vrai qu’en proclamant sa première Béatitude, le divin Maître a voulu déclarer privilégiés ceux qui sont pauvres en esprit et en fait. À ceux-là il donne ses préférences. Lui-même, nous l’avons vu, s’est rangé de leur côté dès sa naissance. Et dès qu’il aborde sa vie publique, il vient à eux. Bien plus, il annonce son attitude à leur égard comme un signe de sa mission, conformément à la prédiction d’Isaïe : « Dieu m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux malheureux… les pauvres sont évangélisés » (Luc, 4, 18-19).

Réjouissons-nous donc si nous sommes dénués ou peu favorisés des biens de la fortune. Raison de plus pour nous détacher de ce peu et pour accepter chrétiennement les souffrances de notre condition. Si nous possédons, au contraire, quelques biens au soleil, ne cherchons point à y trouver notre satisfaction ; mais veillons à en user avec une âme de pauvre. Ainsi nous conformerons-nous à l’esprit de Jésus-Christ. – Il importe aussi de distinguer cette pauvreté, qui est béatitude, de la pauvreté de conseil. La première, on le voit, est nécessaire au salut. L’autre est laissée au livre choix de ceux qui veulent être parfaits : elle ajoute le dépouillement réel des biens temporels.


Dans la suite de son enseignement, si notre divin Sauveur n’a jamais condamné la richesse, il a cependant beaucoup insisté sur la difficulté pour les riches de faire leur salut. Ceux-ci sont plus portés à oublier Dieu et la vie à venir, à cause de la facilité de trouver en ce monde toutes les satisfactions qu’ils désirent.

Aussi Notre-Seigneur recommande-t-il à ses disciples de se prémunir contre la passion des richesses : « Soyez attentifs et gardez-vous de toute cupidité. Car l’homme a beau se trouver dans l’abondance, sa vie ne dépend pas des biens qu’il possède » (Luc, XII, 15). Notre vie s’appuie sur Dieu ; s’il y a abondance, c’est lui qui la donne, c’est lui aussi qui la retire ; reconnaissons notre dépendance vis-à-vis de lui. Le danger des richesses vient précisément de ce qu’elles font oublier la source de tous les biens et le seul trésor d’une créature intelligente.

Il n’en voulait pas convenir, ce riche de Palestine, dont les champs avaient beaucoup rapporté et qui, n’ayant plus de place pour serrer ses récoltes, songeait déjà à construire de nouveaux greniers. Malgré ses multiples soucis, il se racontait sa joie à lui-même : « Mon âme, tu as de grands biens en réserve pour de nombreuses années : repose-toi, mange, bois, prends du bon temps ». Mais la mort vient soudainement ruiner ces beaux calculs, où pas la moindre part n’était faite à Dieu et aux pauvres : « Insensé, lui dit le Maître de la vie et de la mort, cette nuit on viendra te réclamer ton âme. Ce que tu as préparé, pour qui sera-ce ?… (Luc, 12).


Comme si cette leçon ne suffisait pas, Jésus y ajoutera la terrifiante parabole du mauvais riche. Plusieurs Pères de l’Église ont cru qu’il s’agissait d’une histoire réelle. L’enseignement demeure le même. Cet homme est voué aux flammes inextinguibles pour avoir gardé son or en égoïste et refusé du pain à un mendiant : « Souviens-toi que tu as reçu des biens pendant ta vie, et que ce pauvre n’a connu que des maux durant la sienne. Maintenant, il est consolé : et toi, livré pour toujours à la souffrance » (Luc, 16).

N’a-t-on pas remarqué que les seuls damnés dont parle l’Évangile sont damnés pour n’avoir pas su se soustraire à la tyrannie de l’argent ? Au sein même du collège apostolique, le malheureux Judas s’en ira vers sa perte, en préférant sa bourse à l’amour du Christ et des âmes. Preuve tragique que la conciliation entre ces deux amours est chose impossible. « Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Math. 6, 24).

« Bon Maître, demandait un jour à Jésus un jeune homme, dont l’âme était bien orientée, que dois-je faire pour acquérir la vie éternelle ? ». Il avait observé tous les commandements. Sa fidélité, son innocence s’accordaient à la réponse du divin Maître. Et pourtant, il lui manquait quelque chose, car il sent au plus intime de lui-même monter un appel vers une vie plus parfaite. C’est pourquoi Jésus le regarda affectueusement et lui dit :

« Il ne te manque plus qu’une chose, en effet : va vendre tout ce que tu possèdes, distribue-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le Ciel. Puis reviens, et suis-moi. »

C’est alors que le visage de l’adolescent s’assombrit, car il possédait de grands biens. Il refusa d’acheter le trésor des Cieux au prix de leur sacrifice… Combien d’âmes bien nées ont ainsi passé à côté de la perfection, du véritable bonheur, uniquement parce qu’elles étaient en possession de richesses matérielles.

Redisons-le : être riche n’est pas un péché ; mais l’attachement exagéré à la richesse peut faire avorter toute une vie.

Tandis que le jeune homme s’éloignait avec son chagrin, Jésus s’attrista lui aussi en parcourant du regard le cercle de ses disciples, il leur dit : « Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le royaume des Cieux !… Plus facilement un chameau passerait-il par le trou d’une aiguille ». (Luc, 18).

Sans doute faut-il entendre cette comparaison comme une sorte de proverbe oriental ; il reste qu’elle nous livre dans une lumière crue la pensée du divin Maître. Il y a impossibilité morale, non plus seulement de perfection, mais encore de salut, pour le riche prisonnier et victime de la fortune. Seul l’enseignement du Christ, seule la grâce du Christ pourra obtenir ce miracle : détacher un cœur de ses biens, même sans les lui enlever. Bienheureux tous ceux qui portent en eux-mêmes cette âme de pauvreté.


Appliquons-nous donc à garder toujours notre cœur hautement détaché, même du peu que nous pouvons posséder, dans l’abandon de la Providence du Père des Cieux. Et si parfois nous étions tentés de jeter un regard d’envie sur ceux à qui rien ne semble manquer, remettons de suite notre âme en présence de l’exemple et des enseignements de Jésus-Christ.

Lui qui était riche infiniment, il a laissé là-haut son trésor pour se faire mendiant avec nous (II Cor., VIII, 9) ; et il a promis aux siens un bonheur et des richesses que « la rouille ne peut ronger ni les voleurs ravir » (Luc, XII, 33). La mort elle-même, cette grande spoliatrice qui emporte tout, sera impuissante à nous dépouiller de nos biens d’éternité.

C’est pourquoi nous retrouverons là-haut, entre les mains de notre divine Mère et Reine, le mérite de notre pauvreté angélique transformé en gloire ; et, parallèlement, tous les autres mérites que nous lui aurons confiés en vertu de notre Consécration. Sans compter qu’un tel détachement de nos biens spirituels eux-mêmes ne peut que nous faire pénétrer chaque jour plus profondément dans la joie de la première Béatitude proclamée sur la montagne.

Savourons notre bonheur en compagnie de saint Louis-Marie de Montfort, ce pauvre entre les pauvres, dont l’âme pleine de cantiques chantait encore sur le lit d’agonie :

Allons, mes chers amis, Allons en paradis :
Quoi qu’on gagne en ces lieux, Le Paradis vaut mieux.

Le paradis, la possession du royaume des cieux, c’était la récompense de tous ses renoncements joyeux aux biens d’ici-bas. Ce sera un jour la nôtre, si nous laissons Marie nous emplir de plus en plus de l’esprit de détachement de son divin Fils.

LECTURES

ÉVANGILE selon saint Matthieu, chap. 5, versets 33 à 48 : La loi nouvelle, complément de la loi ancienne (suite). IMITATION de Jésus-Christ, livre I, chap. V : De la lecture des Saintes Écritures.

Évangile

Saint Matthieu, 5, 33-48

« Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens :

« Vous ne parjurerez point, mais vous accomplirez vos serments faits devant Dieu. » – Et Moi Je vous dis : Ne faites point de serment ; ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu ; ni par la terre, car c’est l’escabeau de Ses pieds, ni par Jérusalem, car c’est la ville du Grand Roi. Vous ne jurerez point non plus par votre tête, car vous ne pouvez rendre un de vos cheveux blanc ou noir. Dites simplement : « Cela est, – cela n’est pas. » Tout ce que l’on ajoute vient du Mauvais.

« Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. »

Imitation de Jésus-Christ
De la lecture de l’Écriture sainte

1. Il faut chercher la vérité dans l’Écriture sainte et non l’éloquence. Toute l’Écriture doit être lue dans le même esprit qui l’a dictée. Nous devons y chercher l’utilité plutôt que la délicatesse du langage.

Nous devons lire aussi volontiers des livres simples et pieux que les livres profonds et sublimes.

Ne vous prévenez point contre l’auteur ; mais, sans vous inquiéter s’il a peu ou beaucoup de science, que le pur amour de la vérité vous porte à le lire. Considérez ce qu’on vous dit, sans chercher qui le dit.

2. Les hommes passent, mais la vérité du Seigneur demeure éternellement.

Dieu nous parle en diverses manières, et par des personnes très diverses.

Dans la lecture de l’Écriture sainte, souvent notre curiosité nous nuit, voulant examiner et comprendre lorsqu’il faudrait passer simplement.

Si vous voulez en retirer du fruit, lisez avec humilité, avec simplicité, avec foi, et ne cherchez jamais à passer pour habile.

Aimez à interroger ; écoutez en silence les paroles des saints, et ne méprisez point les sentences des vieillards, car elles ne sont pas proférées en vain.