Charte sacerdotale

Dans le prochain Chevalier du Christ-Roi qui va bientôt sortir après s’être longtemps fait attendre, je publie la charte que plusieurs prêtres de la Fidélité Catholique ont reconnue pour leur. Elle vous concerne directement et son importance ne vous échappera pas.

Avant de vous en donner le texte ci-après, il est bon de vous en donner la genèse.

Plusieurs prêtres de la Fidélité Catholique se sont réunis en novembre dernier pour une retraite sacerdotale. Mgr Williamson n’était pas présent, mais les a vivement encouragés à susciter entre eux les discussions qui leur permettraient de toujours mieux correspondre à ce que Dieu attend d’eux. Le plus urgent nous a paru être une charte qui rappelle quelle est notre place dans la sainte Église, quels sont nos liens et quels sont les principes qui dirigent nous et notre ministère. Chacun y a contribué et chaque paragraphe fut soumis à l’approbation de tous. Puis la charte complète fut de nouveau soumise à discussion en vue de son approbation, approbation qu’elle obtint à l’unanimité et sans réserves.

Elle n’a rien d’original ni d’extraordinaire et c’est l’un de ses mérites car, dans les circonstances terribles de l’Église aujourd’hui nous devons absolument nous méfier de toute originalité, de tout esprit personnel, de tout ce qui n’est pas pleinement conforme au sensus ecclesiae c’est-à-dire à la manière de sentir de l’Église.

Nous avons choisi de prendre notre temps pour la publier. Après M. l’abbé de Mérode qui la publia le premier sur son site, je le fais à mon tour, en mon nom et au nom de chaque membre de la communauté Notre-Dame du Christ-Roi. Vue son importance, elle sera en permanence accessible sur la page de présentation de mon site.

Abbé François Pivert +




Charte sacerdotale
des prêtres réunis pour leur retraite novembre 2018

DANS les circonstances exceptionnelles de notre ministère, nous voulons rappeler quelle est notre place dans la sainte Église, quels sont nos liens et quels sont les principes qui dirigent nous et notre ministère.

Rien ne nous a paru théologiquement plus simple, clair et concis comme définition de l’Église que celle du catéchisme de saint Pie X : « L’Église catholique est la société ou la réunion de tous les baptisés qui, vivant sur la terre, professent la même foi et la même loi de Jésus-Christ, participent aux mêmes sacrements et obéissent aux pasteurs légitimes, principalement au Pontife Romain. » (Grand catéchisme, 9e article, § 2, 1ère question)

Cette définition de l’Église définit ce que sont les fidèles et les pasteurs. Voici comment nous y serons fidèles.

1. Quant à la doctrine

Le dépôt sacré de la foi a été protégé face aux erreurs modernes principalement par le Syllabus, l’encyclique Pascendi et le serment antimoderniste, puis rappelé et défendu par Mgr Lefebvre, principalement quant à la doctrine du Christ-Roi et à l’importance du sacrifice de la croix. Nous renouvelons notre serment d’y être fidèles, de le défendre et de le propager.

2. Quant à la loi

Le code de droit canonique traditionnel de 1917, fruit et synthèse de 2000 ans de tradition juridique et morale de l’Église ne peut avoir été aboli par le code moderniste de prétendu droit publié en 1983, fruit et application du Concile Vatican II. Ce concile, Mgr Lefebvre l’a jugé « la plus grande catastrophe de l’histoire » et ce code il l’a jugé « pire que le concile ».

En conséquence, le code de 1917 est et doit demeurer la norme tant pour notre vie que pour notre ministère.

En particulier nous rappelons les obligations à nous faites par le canon 124 : « Les clercs doivent mener une vie intérieure et extérieure plus sainte que celle des laïcs et servir à ceux-ci d’exemple par leur vertu et par la rectitude de leurs actions » ; ainsi que celles que nous imposent les canons suivants, à savoir : – l’oraison mentale, la visite au Saint Sacrement, le chapelet, l’examen de conscience, le bréviaire quotidiens, – la confession fréquente, la retraite spirituelle, l’exercice du ministère, l’étude de la doctrine sacrée.

Nous constatons que les canons de 1983 relatifs au mariage sont contraires au droit divin, expression du personnalisme, fruits du modernisme. Nous ne reconnaissons pas et nous ne reconnaîtrons jamais les déclarations de nullité de mariage fondées sur ce code, non plus que les mariages subséquents à ces déclarations.

Il ne s’agit là ni d’un choix ni de notre volonté propre, mais de la vérité qui s’impose à tous et chacun.

3. Quant aux sacrements

Nous constatons quelle grâce de Dieu envers nous est d’avoir dû quitter la Fraternité Saint Pie X. Cette séparation nous a préservés et libérés.

Nous incitons les fidèles à faire de même, tout d’abord afin de se préserver, eux-mêmes et leurs familles, du libéralisme et de la contagion moderniste. C’était le principe énoncé par Mgr Lefebvre : il faut fuir tout ce qui peut corrompre la foi et la vie de foi. Par là ils découvriront ce qu’est la vraie liberté des enfants de Dieu et la force de la grâce.

Nous engageons les fidèles à former des groupes de prière et de vie chrétienne pour se soutenir dans les épreuves et pour maintenir la vie de l’Église.

Nous les engageons, pour eux et pour leurs enfants, non seulement à résister à l’influence délétère du monde, mais à se rendre apôtres de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous les engageons à réciter quotidiennement le chapelet et même le rosaire. C’est par lui qu’ils conserveront la foi, auront le courage nécessaire dans l’épreuve et la séparation, que naîtront et se développeront les groupes de prière, que les enfants deviendront des serviteurs du Christ-Roi.

Nous renouvelons notre engagement à soutenir, aider et former en tout premier ceux – fidèles de la première heure ou nouveaux venus, connus ou inconnus – qui voudront mettre en œuvre ce programme de vie chrétienne.

4. Quant aux pasteurs

Nous constatons et voyons en Mgr Williamson le digne successeur de Mgr Lefebvre dans la défense de la foi et, pour ne pas être orphelins, nous nous mettons sous la sage conduite de ce digne père.